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1100 l’initiation on le supposera capable et désireux de recevoir dans toute son étendue l’enseignement préparé. Ainsi, réservant toutes autres des grandes questions théoriques ou politiques de la pédagogie, et, à plus forte raison ses questions secondaires, on se bornera à celle des matières de l’enseignement et de la distribu tion deces matières, en un mot à son Programme, ★ * + L’esprit de celui que l’on va proposer est tout dans le désir de donner à l’instruction une Unité qu’elle a perdue et qu’elle tend à perdre de plus en plus. L’unité, n’est-ce pas ce qui manque le plus à notre ■ enseignement ? L’antiquité païenne la trouvait dans, ses mystères ; l’Èglise avait aisément rapporté à ses dogmes des sciences, alors bien restreintes et bien im parfaites. La Renaissance l’avait demandée aux clas siques anciens desquels elle procédait, et les Pères Jésuites l’avaient ensuite complétée parleur méthode mnémotechnique. - Mais aujourd’hui tous ces moules ont éclaté, brisés par la vie exubérante de nos sciences modernes; ses fruits s’en échappent de tous côtés, en désordre, comme les graines d’une silique trop mûre, et nos pédagogues ne savent comment obvier à cette disper sion. On crie partout à la surcharge, avec trop de raison, ils le savent; mais comment réduire, comment élaguer sans mutiler, comment unifier ? Devant eux surgissent les insolubles questions de l’orthographe, du latin, de la prépondérance du grec, ou du prinl’instruction intégrale ioî cipe Multum aut multa, de la distinction des lettres et des sciences, et tant d’autres encore ! Ne pouvant diviser les matières, on divise l’ensei gnement, préparant ainsi pour l’avenir des castes qui ne peuvent qu’accroître les souffrances de notre démo cratie : enseignementprimaire. enseignement primaire supérieur, enseignement secondaire classique,, enseignementsecondaire moderne, enseignement supérieur, autant d’instructions spéciales qui n’ont peut-être de commun que leur défaut principal : la tendance utili taire, le manque d’idéal ! C’est qu’on ne voit pas où tend la multiplicité de nos sciences, sinon à un progrès qu’on ne perçoit clai rement que dans la sphère physique, et déjà nous pou vons pressentir de quelles catastrophes sociales nous menace une pareille restriction des horizons humains ! Comment donc retrouver l’unité dans ce chaos, l’unité utile, claire, propre à fournir à l’élève une règle de conduite intellectuelle et morale, sans imposer à son libre arbitre aucune contrainte sectaire ? Grave et difficile question que l’auteur du présent essai n’a nullement la prétention d’avoir résolue par lui-même. S’il en ose offrir une solution différente des programmes élaborés par nos savants les plus distingués, ce n’est que parce qu’il pense en avoir aperçu une assez inattendue, mais renouvelée plutôt que nouvelle, dans une sphère intellectuelle dont les circonstances ont fort éloigné notre siècle, à savoir dans les principes de synthèse de la science antique. L’unité de la Science était empruntée autrefois à un principe métaphysique universel qui a vivifié de
2102 l’initiation sa puissance les plus grands génies de tous les temps ; depuis la haute antiquité égyptienne, indienne ou chaldaïque, jusqu’à la philosophie contemporaine la plus élevée, depuis Hermès jusqu’à Schopenhauer, -Fichte, Hegel, Hartmann, après les Pythagore, les Platon, les Aristote, les Pères de ¡’Eglise (tels qu’Ori- ■gène), les saint Thomas, les Bcehm et tant d’autres. Je veux parler du principe de la Tri-Unité ! Il va donc s’agir ici d’une tentative de Synthèse tri- ■nitaire de nos Sciences, construite en vue de l’instruc tion à tous ses degrés, tentative qui s’avoue fort mo deste et qui n’a d’autre prétention que d’attirer l’at tention des penseurs vers cette source si féconde et si ■oubliée ! II Tout le monde connaît, ou en tout cas tout le monde peut accepter comme évident le ternaire an tique qui partage les objets de toutes nos connaissances en trois mondes : Le Monde physique, ou du phénomène ; Le Monde métaphysique, ou du noumène, des prin cipes premiers ; Et le Monde intelligible, ou des lois secondaires. . Il n’y aurait donc pas grand inconvénient à pour suivre les conséquences de cette distinction primor diale, considérée comme un fait suffisamment concor dant avec nos idées habituelles. Cependant, par respect pour les légitimes scrupules des lecteurs que l’à priori ne saurait contenter, on
3l’ínstructíon intégrale io3 croit utile d’ajouter ici quelques considérations plus approfondies, afin de justifier et d’expliquer le choix delà Trinité comme base d’un enseignement syn thétique. Libre à qui le préférera de laisser ces expli cations à l’arrière-plan, en franchissant le présent para graphe. * * ¥ Ce qui distingue la Trinité de tout autre ternaire, c’est qu’aucun de ses termes n’existe, dans sa pléni tude, que par sa coexistence avec chacun des deux autres, bien qu’il en diffère en quelque façon. Exem ple, la Trinité : le Vrai, le Bien, le Beau. La raison en est dans la nature de ses trois termes. Deux d’entre eux doivent être essentiellement con traires, antagonistes en quelque point, au moins, de façon que, tout en étant subordonnés l’un à l’autre par cet antagonisme même qui les caractérise, ils ten draient cependant à s’exclure comme contradictoires, si le troisième terme n’était de nature à les. rassem bler. Telle est, par exemple, la Trinité chimique : acide, base, sel ; ou encore celle, physique, de l’électricité positive, négative ou neutre. On remarquera que la réunion, caractéristique du troisième terme, peut être inerte ou active (statique ou dynamique), selon qu’il rassemble les contraires en les neutralisant, ou qu’il sert de passage de l’un vers l’autre. La Trinité électrique donne une image claire de ces deux cas par l’électricité neutre^du condenseur l’initiation 104 comparée à l’électricité du courant (1). Il en résulte qu’une Trinité peut se présenter à nous sous deux, et même, comme nous allons le voir, sous trois aspects qu’il est utile de reconnaître.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1100 l’initiation on le supposera capable et désireux de recevoir dans toute son étendue l’enseignement préparé. Ainsi, réservant toutes autres des grandes questions théoriques ou politiques de la pédagogie, et, à plus forte raison ses questions secondaires, on se bornera à celle des matières de l’enseignement et de la distribu tion deces matières, en un mot à son Programme, ★ * + L’esprit de celui que l’on va proposer est tout dans le désir de donner à l’instruction une Unité qu’elle a perdue et qu’elle tend à perdre de plus en plus. L’unité, n’est-ce pas ce qui manque le plus à notre ■ enseignement ? L’antiquité païenne la trouvait dans, ses mystères ; l’Èglise avait aisément rapporté à ses dogmes des sciences, alors bien restreintes et bien im parfaites. La Renaissance l’avait demandée aux clas siques anciens desquels elle procédait, et les Pères Jésuites l’avaient ensuite complétée parleur méthode mnémotechnique. - Mais aujourd’hui tous ces moules ont éclaté, brisés par la vie exubérante de nos sciences modernes; ses fruits s’en échappent de tous côtés, en désordre, comme les graines d’une silique trop mûre, et nos pédagogues ne savent comment obvier à cette disper sion. On crie partout à la surcharge, avec trop de raison, ils le savent; mais comment réduire, comment élaguer sans mutiler, comment unifier ? Devant eux surgissent les insolubles questions de l’orthographe, du latin, de la prépondérance du grec, ou du prinl’instruction intégrale ioî cipe Multum aut multa, de la distinction des lettres et des sciences, et tant d’autres encore ! Ne pouvant diviser les matières, on divise l’ensei gnement, préparant ainsi pour l’avenir des castes qui ne peuvent qu’accroître les souffrances de notre démo cratie : enseignementprimaire. enseignement primaire supérieur, enseignement secondaire classique,, enseignementsecondaire moderne, enseignement supérieur, autant d’instructions spéciales qui n’ont peut-être de commun que leur défaut principal : la tendance utili taire, le manque d’idéal ! C’est qu’on ne voit pas où tend la multiplicité de nos sciences, sinon à un progrès qu’on ne perçoit clai rement que dans la sphère physique, et déjà nous pou vons pressentir de quelles catastrophes sociales nous menace une pareille restriction des horizons humains ! Comment donc retrouver l’unité dans ce chaos, l’unité utile, claire, propre à fournir à l’élève une règle de conduite intellectuelle et morale, sans imposer à son libre arbitre aucune contrainte sectaire ? Grave et difficile question que l’auteur du présent essai n’a nullement la prétention d’avoir résolue par lui-même. S’il en ose offrir une solution différente des programmes élaborés par nos savants les plus distingués, ce n’est que parce qu’il pense en avoir aperçu une assez inattendue, mais renouvelée plutôt que nouvelle, dans une sphère intellectuelle dont les circonstances ont fort éloigné notre siècle, à savoir dans les principes de synthèse de la science antique. L’unité de la Science était empruntée autrefois à un principe métaphysique universel qui a vivifié de
2102 l’initiation sa puissance les plus grands génies de tous les temps ; depuis la haute antiquité égyptienne, indienne ou chaldaïque, jusqu’à la philosophie contemporaine la plus élevée, depuis Hermès jusqu’à Schopenhauer, -Fichte, Hegel, Hartmann, après les Pythagore, les Platon, les Aristote, les Pères de ¡’Eglise (tels qu’Ori- ■gène), les saint Thomas, les Bcehm et tant d’autres. Je veux parler du principe de la Tri-Unité ! Il va donc s’agir ici d’une tentative de Synthèse tri- ■nitaire de nos Sciences, construite en vue de l’instruc tion à tous ses degrés, tentative qui s’avoue fort mo deste et qui n’a d’autre prétention que d’attirer l’at tention des penseurs vers cette source si féconde et si ■oubliée ! II Tout le monde connaît, ou en tout cas tout le monde peut accepter comme évident le ternaire an tique qui partage les objets de toutes nos connaissances en trois mondes : Le Monde physique, ou du phénomène ; Le Monde métaphysique, ou du noumène, des prin cipes premiers ; Et le Monde intelligible, ou des lois secondaires. . Il n’y aurait donc pas grand inconvénient à pour suivre les conséquences de cette distinction primor diale, considérée comme un fait suffisamment concor dant avec nos idées habituelles. Cependant, par respect pour les légitimes scrupules des lecteurs que l’à priori ne saurait contenter, on
3l’ínstructíon intégrale io3 croit utile d’ajouter ici quelques considérations plus approfondies, afin de justifier et d’expliquer le choix delà Trinité comme base d’un enseignement syn thétique. Libre à qui le préférera de laisser ces expli cations à l’arrière-plan, en franchissant le présent para graphe. * * ¥ Ce qui distingue la Trinité de tout autre ternaire, c’est qu’aucun de ses termes n’existe, dans sa pléni tude, que par sa coexistence avec chacun des deux autres, bien qu’il en diffère en quelque façon. Exem ple, la Trinité : le Vrai, le Bien, le Beau. La raison en est dans la nature de ses trois termes. Deux d’entre eux doivent être essentiellement con traires, antagonistes en quelque point, au moins, de façon que, tout en étant subordonnés l’un à l’autre par cet antagonisme même qui les caractérise, ils ten draient cependant à s’exclure comme contradictoires, si le troisième terme n’était de nature à les. rassem bler. Telle est, par exemple, la Trinité chimique : acide, base, sel ; ou encore celle, physique, de l’électricité positive, négative ou neutre. On remarquera que la réunion, caractéristique du troisième terme, peut être inerte ou active (statique ou dynamique), selon qu’il rassemble les contraires en les neutralisant, ou qu’il sert de passage de l’un vers l’autre. La Trinité électrique donne une image claire de ces deux cas par l’électricité neutre^du condenseur l’initiation 104 comparée à l’électricité du courant (1). Il en résulte qu’une Trinité peut se présenter à nous sous deux, et même, comme nous allons le voir, sous trois aspects qu’il est utile de reconnaître.
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