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1100 L’INITIATION w .-—.,;.,... que le cadavre de Millery avait été .considéré comme un inconnu vulgaire et, de ce fait, jeté avec trois autres dans une fosse commune, un garçon d’amphithéâtre eut l’idée de lui mettre un chapeau. Pourquoi cette idée de mettre une coiffure à un des trois cadavres, et justement à celui-là? Ceux qui savent que le hasard n’existe pas pourront méditer sur ce point. D’où vient aussi que le chef de la sûreté ait été hanté par l’idée qu’il n’avait pas vérifié l’existence ou la disparition d’une mollaire de cet inconnu de Millery, à tel point qu’il retourna là-bas, qu’il fit déterrer le cadavre (reconnaissable au fameux chapeau) et qu’il constata avec étonnement que son idée était juste et qu’il avait eu raison d’obéir à l‘obsession. N’oublions pas mon plus que la Lanterne avait publié quatre mois à l’avance les révélations d’une «somnambule annonçant que les assassins se livre raient au mois de janvier, ce qui a eu lieu. Cette; somnambule est M“‘° veuve Auffinger, la mère du directeur de la Chaîne Magnétique. Voilà de bien curieuses explications, n’est-ce pas? Elles paraîtront à tous les hommes de bon sens dignes d’un pensionnaire des petites maisons. Son— geons toutefois qu’elles ont le mérite de chercher à expliquer quelque chose alors qu’on affecte, de nos jours, de ne rien expliquer que par des mots inexpli— cables eux-mêmes, et voyons les applications qu’a faites de cette donnée occulte Stanislas de Guaita dans l’étude suivante. PAPUS.
2%muumnaä PARTIE INITIATIQUE äes Îfiystères de la finlitude (“ LE SERPENT DE LA GENÈSE ”, LIVRE II, CHAP. 2 ) Ërx neuvième clef du Tarot ouvre à l’intelligence affranchie les mystères de la solitude. Un ermite à barbe inculte, la main gauche appuyée sur sa canne, se guide aux clartés d’une lanterne qu’il soulève de la droite et dissimule un peu sous les plis de son large manteau. — Voilà l’emblème. Le sens en est multiple, comme celui de tous les hiéroglyphes. Nous nous attacherons à la significa— tion moyenne, celle qui se propose naturellement à l’esprit. Néanmoins, dans la sphère même où notre interprétation se limite, le pantacle peut s’éclairer de deux jours très différents, selon qu’on l’envisage de deux points de vue opposés. . L’ermite symbolisera toujours le solitaire; mais cet ermite peut être un sage —— ou un fou.
3102 L’INITIATION Sage, il s’isole dans sa science et sa pureté; drapé de la bure de sa vertu sereine, il brave toutes les contagions du dehors. Mais plein de sollicitude envers ce monde imparfait d’où il s’exile, et par égard pour les yeux faibles qu’aveuglerait une trop éblouis sante lumière, il cache aux trois quarts le foyer rayon nant du Vrai sous son manteau de prêtre, qui n’en laisse prudemment filtrer que des rayons affaiblis. Son bâton à sept nœuds, — emblème du Critérium infaillible que confère à l’initié l’intelligence du Grand Arcane, —— son bâton figure la verge de Moïse, la baguette des miracles, la crosse du parfait épiscope ; c’est le sceptre de l’Unité-synthèse. Autre version: Un fou protège à grand’peine la flamme vacillante de sa pauvre lanterne, lumière illu— soin: et décevante qu’éteindrait d’emblée le moindre souffle de cet instinct collectif des foules, qui a nom ; le sens commun. C’est que l’insensé a peuplé sa soli— tude d’hallucinations fugitives comme le rêve, de visions mensongères auxquelles son vouloir peut seul prêter un semblant d’existence, son obstination une apparence de durée. Il végète ainsi, cloîtré dans un séminaire de fantômes, dans un monde de formes vaines et vides qu’il prend pOur la réalité ; se fiant au faux jour de son système a priori, dont la lanterne est , le symbole. La canne P ne figure-t—elle point sa logique de maniaque, puissante, encore que dévoyée ;Sa dérai— son toujours méthodique et les artifices où son ima gination se dépense sans s’épuiser jamais, pour pro‘ longer l’illusion, et pouvoir se mentir à elle—même avec une conviction de jour en jour plus afl'ermie ?.. "i'l
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1100 L’INITIATION w .-—.,;.,... que le cadavre de Millery avait été .considéré comme un inconnu vulgaire et, de ce fait, jeté avec trois autres dans une fosse commune, un garçon d’amphithéâtre eut l’idée de lui mettre un chapeau. Pourquoi cette idée de mettre une coiffure à un des trois cadavres, et justement à celui-là? Ceux qui savent que le hasard n’existe pas pourront méditer sur ce point. D’où vient aussi que le chef de la sûreté ait été hanté par l’idée qu’il n’avait pas vérifié l’existence ou la disparition d’une mollaire de cet inconnu de Millery, à tel point qu’il retourna là-bas, qu’il fit déterrer le cadavre (reconnaissable au fameux chapeau) et qu’il constata avec étonnement que son idée était juste et qu’il avait eu raison d’obéir à l‘obsession. N’oublions pas mon plus que la Lanterne avait publié quatre mois à l’avance les révélations d’une «somnambule annonçant que les assassins se livre raient au mois de janvier, ce qui a eu lieu. Cette; somnambule est M“‘° veuve Auffinger, la mère du directeur de la Chaîne Magnétique. Voilà de bien curieuses explications, n’est-ce pas? Elles paraîtront à tous les hommes de bon sens dignes d’un pensionnaire des petites maisons. Son— geons toutefois qu’elles ont le mérite de chercher à expliquer quelque chose alors qu’on affecte, de nos jours, de ne rien expliquer que par des mots inexpli— cables eux-mêmes, et voyons les applications qu’a faites de cette donnée occulte Stanislas de Guaita dans l’étude suivante. PAPUS.
2%muumnaä PARTIE INITIATIQUE äes Îfiystères de la finlitude (“ LE SERPENT DE LA GENÈSE ”, LIVRE II, CHAP. 2 ) Ërx neuvième clef du Tarot ouvre à l’intelligence affranchie les mystères de la solitude. Un ermite à barbe inculte, la main gauche appuyée sur sa canne, se guide aux clartés d’une lanterne qu’il soulève de la droite et dissimule un peu sous les plis de son large manteau. — Voilà l’emblème. Le sens en est multiple, comme celui de tous les hiéroglyphes. Nous nous attacherons à la significa— tion moyenne, celle qui se propose naturellement à l’esprit. Néanmoins, dans la sphère même où notre interprétation se limite, le pantacle peut s’éclairer de deux jours très différents, selon qu’on l’envisage de deux points de vue opposés. . L’ermite symbolisera toujours le solitaire; mais cet ermite peut être un sage —— ou un fou.
3102 L’INITIATION Sage, il s’isole dans sa science et sa pureté; drapé de la bure de sa vertu sereine, il brave toutes les contagions du dehors. Mais plein de sollicitude envers ce monde imparfait d’où il s’exile, et par égard pour les yeux faibles qu’aveuglerait une trop éblouis sante lumière, il cache aux trois quarts le foyer rayon nant du Vrai sous son manteau de prêtre, qui n’en laisse prudemment filtrer que des rayons affaiblis. Son bâton à sept nœuds, — emblème du Critérium infaillible que confère à l’initié l’intelligence du Grand Arcane, —— son bâton figure la verge de Moïse, la baguette des miracles, la crosse du parfait épiscope ; c’est le sceptre de l’Unité-synthèse. Autre version: Un fou protège à grand’peine la flamme vacillante de sa pauvre lanterne, lumière illu— soin: et décevante qu’éteindrait d’emblée le moindre souffle de cet instinct collectif des foules, qui a nom ; le sens commun. C’est que l’insensé a peuplé sa soli— tude d’hallucinations fugitives comme le rêve, de visions mensongères auxquelles son vouloir peut seul prêter un semblant d’existence, son obstination une apparence de durée. Il végète ainsi, cloîtré dans un séminaire de fantômes, dans un monde de formes vaines et vides qu’il prend pOur la réalité ; se fiant au faux jour de son système a priori, dont la lanterne est , le symbole. La canne P ne figure-t—elle point sa logique de maniaque, puissante, encore que dévoyée ;Sa dérai— son toujours méthodique et les artifices où son ima gination se dépense sans s’épuiser jamais, pour pro‘ longer l’illusion, et pouvoir se mentir à elle—même avec une conviction de jour en jour plus afl'ermie ?.. "i'l
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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