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One moment.
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1202 i."mmA1'1oN pas. Tout s`élucide en effet par l'intervention permanente de la puissance qui est au fond de la vie, et s'ingénie àla perfectionner pour la détruire, s'efforçant en chemin, puisqu'elle est forcée d°exploiter ce triste domaine, d'en tirer tout le bien qu'elle peut, et de faire ce monde le moins mauvais et le moins laid possible. Ainsi s'explique le côté esthétique des choses, ces merveilles de formes et de couleurs qui se trouvent jusque dans les organismes rudimentaires cachés au fond des océans, luxe de la nature pour la nature, qui nous semble une folle dépense. C"est l'Inconscient qui dore ses chaînes, et, dans les premières associations de cellules vivantes, fait naître ce besoin de produire la beauté qui se développera avec la vie et se fixera dans les espèces, jusqu'à la pleine conscience de l'homme,où le goût du beau se connaît, þÿ s ' aû " i r m e , et, s'aidant des leçons de la nature, devient créateur à son tour. L'art est né, bien longtemps avant nous, avec le premier nuage qu'éclaira le soleil, avec la première þÿû e u r marine conçue, avant d'éclore, dans la pensée préexistante. Et ce culte des harmonies esthétiques, instinctif ou raisonné, joignant l'utile à Pagréable, va présider, par la sélection sexuelle, à la reproduction des êtres et à leur progression nécessaire, tant il est vrai que l'économie divine sait tirer parti de tout, et ne perd jamais de vue son but et ses þÿû n s . Car þÿ e nû n , il faut bien le dire, ce Un-Tout qui vit dans la vie, cet inconscient qui est en nous, dirigeant le travail secret de nos organes et venant, jusque dans I wi. ij? .', -,z
2L,lNCONSClEN'l` EN ALLEMAGNE 203 le siège de nos consciences, susciter les pressentiments et les intuitions de la pensée, ce n'est pas seulement le Dieu du Panthéisme, le Parabhram de l'Inde Esotérique, la Nature de Spinosa, l'Idée pure d'l-Iégel : c'est le Dieu du théisme, le Dieu des chrétiens, le Tout-Puissant, l'Omniscient, Plntelligence, la Raison, la Providence qui conduit et gouverne tout par sa sagesse impeccable, aussi bien le processus de Phumanité que celui de la nature, intervenant de son initiative personnelle à toutes les phases de notre histoire, faisant naître au moment voulu les conquérants , les législateurs , les révélateurs , Moïse , Alexandre, Jésus, Attila, Pierre l'Hermite, tous les remueurs d'hommes par Faction ou par la pensée, tous les brasseurs de la fournaise humaine, le Dieu du miracle þÿ e nû n , sans cesse actif, et mû par cette Volonté suprême : anéantir la vie. Il est vrai que nous avons déjà sa volonté occupée àvouloir vivre. Mais, j'en demande bien pardon à M. de Hartmann, il est impossible de ne pas voir aussi une Volonté dans cette résolution opiniàtre de supprimer le monde, et, malgré Pingéniosité de sa logique, trop ingénieuse peut-être, il lui sera difficile de nous ôter de l'esprît que ce ' Dieu, tel qu'il nous le montre, peu conséquent avec lui-même, veut ce qu'il ne veut pas, et ne veut pas ce qu"il veut. Schopenhauer évite cette contradiction au sein de l'Absolu, en lui refusant Pintelligence. Le Vouloir qui ne veut plus vivre est un produit de la vie même, dû, comme elle, au pur hasard, car le père du pessimismelgermain ne s'est pas contenté de mettre à la
3204 1.'1NmA'noN base ce facteur étrange et commode : il l'a introduit partout. Pour lui, la Volonté seule constituant l'ètre du monde, l'idée, lalogique, n'est qu'un produit accidentel du cerveau. S'il se rencontre, ici-bas et ail-" leurs, un peu de raison, d'ordre, de bon sens, le hasard seul en est l'auteur, puisque le principe est inintelligent, dénué de tout sens et aveugle. L'intellect conscient n'est qu'un parasite apporté on ne sait d'oû, par le hasard, au sein de l'absolue inintelligence. Voilà où mène l'esprit de système, quand un hasard, venu on ne sait d'où, l'a fait entrer dans la cervelle d`un métaphysicien allemand. r A plus forte raison ici que dans les autres branches du Panthéisme moderne, on comprend que l'lndividu n'existe pas pour lui-même, et n'est qu'une passagère manifestation de l'Un-Tout qui a besoin de s'émietter pour la fin que nous savons. Uêtre particulier n'est qu'un phénomène, non une substance; la conscience, qu'une fonction du cerveau. Nous passons comme Parc-en-ciel et le mirage. Cela nous contrarie presque tous; mais Auguste Comte a tort de nous reprocher ce désir égoïste de persévérer dans l'existence. Ce n'est pas notre faute: nous cédons à la pression de la Volonté aveugle qui est en nous et continue de vouf loir vivre. Cela ne durera pas. Le processus commence à entrer dans une bonne voie, gràce au pessimisme þÿ s c i e n t iû q u e , qui démontre par A+B que la vie n'est qu'une déception. Encore quelques générations de phénomènes, après quoi le positivisme lui-même, cessant de considérer Phumanité comme une subs»
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1202 i."mmA1'1oN pas. Tout s`élucide en effet par l'intervention permanente de la puissance qui est au fond de la vie, et s'ingénie àla perfectionner pour la détruire, s'efforçant en chemin, puisqu'elle est forcée d°exploiter ce triste domaine, d'en tirer tout le bien qu'elle peut, et de faire ce monde le moins mauvais et le moins laid possible. Ainsi s'explique le côté esthétique des choses, ces merveilles de formes et de couleurs qui se trouvent jusque dans les organismes rudimentaires cachés au fond des océans, luxe de la nature pour la nature, qui nous semble une folle dépense. C"est l'Inconscient qui dore ses chaînes, et, dans les premières associations de cellules vivantes, fait naître ce besoin de produire la beauté qui se développera avec la vie et se fixera dans les espèces, jusqu'à la pleine conscience de l'homme,où le goût du beau se connaît, þÿ s ' aû " i r m e , et, s'aidant des leçons de la nature, devient créateur à son tour. L'art est né, bien longtemps avant nous, avec le premier nuage qu'éclaira le soleil, avec la première þÿû e u r marine conçue, avant d'éclore, dans la pensée préexistante. Et ce culte des harmonies esthétiques, instinctif ou raisonné, joignant l'utile à Pagréable, va présider, par la sélection sexuelle, à la reproduction des êtres et à leur progression nécessaire, tant il est vrai que l'économie divine sait tirer parti de tout, et ne perd jamais de vue son but et ses þÿû n s . Car þÿ e nû n , il faut bien le dire, ce Un-Tout qui vit dans la vie, cet inconscient qui est en nous, dirigeant le travail secret de nos organes et venant, jusque dans I wi. ij? .', -,z
2L,lNCONSClEN'l` EN ALLEMAGNE 203 le siège de nos consciences, susciter les pressentiments et les intuitions de la pensée, ce n'est pas seulement le Dieu du Panthéisme, le Parabhram de l'Inde Esotérique, la Nature de Spinosa, l'Idée pure d'l-Iégel : c'est le Dieu du théisme, le Dieu des chrétiens, le Tout-Puissant, l'Omniscient, Plntelligence, la Raison, la Providence qui conduit et gouverne tout par sa sagesse impeccable, aussi bien le processus de Phumanité que celui de la nature, intervenant de son initiative personnelle à toutes les phases de notre histoire, faisant naître au moment voulu les conquérants , les législateurs , les révélateurs , Moïse , Alexandre, Jésus, Attila, Pierre l'Hermite, tous les remueurs d'hommes par Faction ou par la pensée, tous les brasseurs de la fournaise humaine, le Dieu du miracle þÿ e nû n , sans cesse actif, et mû par cette Volonté suprême : anéantir la vie. Il est vrai que nous avons déjà sa volonté occupée àvouloir vivre. Mais, j'en demande bien pardon à M. de Hartmann, il est impossible de ne pas voir aussi une Volonté dans cette résolution opiniàtre de supprimer le monde, et, malgré Pingéniosité de sa logique, trop ingénieuse peut-être, il lui sera difficile de nous ôter de l'esprît que ce ' Dieu, tel qu'il nous le montre, peu conséquent avec lui-même, veut ce qu'il ne veut pas, et ne veut pas ce qu"il veut. Schopenhauer évite cette contradiction au sein de l'Absolu, en lui refusant Pintelligence. Le Vouloir qui ne veut plus vivre est un produit de la vie même, dû, comme elle, au pur hasard, car le père du pessimismelgermain ne s'est pas contenté de mettre à la
3204 1.'1NmA'noN base ce facteur étrange et commode : il l'a introduit partout. Pour lui, la Volonté seule constituant l'ètre du monde, l'idée, lalogique, n'est qu'un produit accidentel du cerveau. S'il se rencontre, ici-bas et ail-" leurs, un peu de raison, d'ordre, de bon sens, le hasard seul en est l'auteur, puisque le principe est inintelligent, dénué de tout sens et aveugle. L'intellect conscient n'est qu'un parasite apporté on ne sait d'oû, par le hasard, au sein de l'absolue inintelligence. Voilà où mène l'esprit de système, quand un hasard, venu on ne sait d'où, l'a fait entrer dans la cervelle d`un métaphysicien allemand. r A plus forte raison ici que dans les autres branches du Panthéisme moderne, on comprend que l'lndividu n'existe pas pour lui-même, et n'est qu'une passagère manifestation de l'Un-Tout qui a besoin de s'émietter pour la fin que nous savons. Uêtre particulier n'est qu'un phénomène, non une substance; la conscience, qu'une fonction du cerveau. Nous passons comme Parc-en-ciel et le mirage. Cela nous contrarie presque tous; mais Auguste Comte a tort de nous reprocher ce désir égoïste de persévérer dans l'existence. Ce n'est pas notre faute: nous cédons à la pression de la Volonté aveugle qui est en nous et continue de vouf loir vivre. Cela ne durera pas. Le processus commence à entrer dans une bonne voie, gràce au pessimisme þÿ s c i e n t iû q u e , qui démontre par A+B que la vie n'est qu'une déception. Encore quelques générations de phénomènes, après quoi le positivisme lui-même, cessant de considérer Phumanité comme une subs»
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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