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1LE LIVRE ROUGE 2û3 moindre acquis il lui fut possible cependant de rap porter immédiatement les phénomènes les plus inex plicables à leurs circonstances occasionnelles, et par conséquent à pouvoir les reproduire toutes les fois qu’il en sentirait le besoin ou l’utilité. Ainsi, nous voyons dès les premiers âges du monde Hermès, Zoroastre et Moïse, ces trois grands législa teurs, ces pasteurs du peuple, comme ils s’appelaient dans leur langage mystique et figuré, nous les voyons, disons-nous, opérer des prodiges qui ont été à peine surpassés par ceux qui sont arrivés après eux. Zoroastre dessèche le bras d'un de ses ennemis, chasse devant lui une troupe de soldats envoyés pour l’assassiner : il suspend le cours de l’Euphrate par ht seule puissance de sa volonté. Moïse change l’eau en sang, fait produire des feuilles et des fleurs à la baguette de son frère Aaron ; il change la sienne en serpent , et fait mourir dans une nuit tous les pre miers-nés des familles égyptiennes. Hermès, le plus grands de tous, Hermès Trismégiste, qui a donné son nom aux sciences occultes que l’on désigne encore par le nom de sciences hermétiques, Hermès parut en même temps à plusieurs de ses disciples qui se trouvaient à des distances considérables les uns des autres. Il se rendait invisible et faisait de l’or en soufflant seulement sur de la terre ou du plomb. Nous ne finirions pas si nous voulions énumérer tous les prodiges opérés par ces grands génies et leurs successeurs immédiats. Ainsi donc il demeure établi que, dans des circonstances données, l’homme peut produire des phénomènes d’un ordre surnaturel.
2l’initiation 204 Mais nous voyons d'ici les hommes de la science et des Académies sourire de pitié à cette affirmation, et traiter de symboles et de fiction les récits histo riques qui remontent à une certaine antiquité. Sin gulière science vraiment que celle qui ne sait jamais voir qu’un côté de la question, qui s’imagine qu’un symbole n’est qu’une image reposant sur un fait fugitif, comme si, dans toute l’histoire du symbo lisme, on ne constatait pas invariablement la coexis tence du symbole avec le fait matériel sur lequel il repose; comme si le crucifiement du Christ était moins réel parce que la croix est devenue le symbole de la religion chrétienne ; comme si l’existence de Jérusalem et du temple de Salomon était devenue contestable parce qu’on en a fait le symbole de la cité éternelle. Mais que nous importe l’approbation ou l’impro bation de ce qu’on est convenu d’appeler aujour d’hui le monde savant ? n’avons-nous pas constaté tout à l'heure l’insuffisance des doctrines qui s’v professent lorsqu’il s’agit d’expliquer les plus ordi naires des phénomènes de la vie ? Certainement nous professons un grand respect pour le zèle persévérant avec lequel plusieurs des initiés aux sciences vul gaires poursuivent leurs investigations toutes natu relles,mais nous faisons peu de cas de leur jugement par cela même qu'ils se trouvent placés à un point de vue étroit et complètement insuffisant pour la détermination des lois qui régissent les phénomènes, à l’étude desquels ils ont borné toute leur ambition. D’ailleurs quelques-uns d’entre eux ont commencé à LE LIVRE ROUGE 205 reconnaître qu'il existe des puissances qui ont échappe jusqu’à ce jour à leur analyse, et nous nous tromperions tort si Al.
3Dumas, le plus avancé des chimistes contemporains, regardait encore l’alchimie et particulièrement la possibilité de faire de l’or comme une chimère. Et puis, pour nous consoler du dédain dans lequel sont tombées depuis quelque temps les sciences dont nous nous occupons spécia lement, n'avons-nous pas l'approbation et le concours des plus grands génies qui ont éclairé la marche de l’humanité: Dardanus, Hermès, Zoroastre, Isis et son fils Osiris, Moïse. Salomon, Pythagore, Socrate, Empédocle, Démocrite, Marie l’Égyptienne, Cléopâ tre, l’empereur Caligula, Apollonius de Thiane; et plus près de nous, saint Dominique, saint Thomas, Albert le Grand, Berthold Swartz, Kepler, Agrippa, Almohadi, Artéphius, Cardan, Michel Scott, Tempet reur Frédérick, Paracelse, Roger Bacon, Ereyne Philalète, Nicolas Flamel, Svedemborg, Mesmer, saint Martin... et, de nos jours, enfin Charles Fourier qui a su lire plus avant que pas un autre dans le livre mystique des lois de la nature ! Les sciences occultes furent dans tous les temps l’apanage des intelligencee privilégiées ; les premiers philosophes qui les ont étudiées avaient compris que c’était dans le silence et le recueillement, loin des intrigues politiques et religieuses, qu’elles deman daient à être cultivées. Ainsi les prêtres égyptiens avaient placé aux portes de leur sanctuaire les gryphes et les sphinx, symbole du silence et de l’impé nétrabilité dont leurs mystères devaient être enve20Ó l’initiation loppés.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LE LIVRE ROUGE 2û3 moindre acquis il lui fut possible cependant de rap porter immédiatement les phénomènes les plus inex plicables à leurs circonstances occasionnelles, et par conséquent à pouvoir les reproduire toutes les fois qu’il en sentirait le besoin ou l’utilité. Ainsi, nous voyons dès les premiers âges du monde Hermès, Zoroastre et Moïse, ces trois grands législa teurs, ces pasteurs du peuple, comme ils s’appelaient dans leur langage mystique et figuré, nous les voyons, disons-nous, opérer des prodiges qui ont été à peine surpassés par ceux qui sont arrivés après eux. Zoroastre dessèche le bras d'un de ses ennemis, chasse devant lui une troupe de soldats envoyés pour l’assassiner : il suspend le cours de l’Euphrate par ht seule puissance de sa volonté. Moïse change l’eau en sang, fait produire des feuilles et des fleurs à la baguette de son frère Aaron ; il change la sienne en serpent , et fait mourir dans une nuit tous les pre miers-nés des familles égyptiennes. Hermès, le plus grands de tous, Hermès Trismégiste, qui a donné son nom aux sciences occultes que l’on désigne encore par le nom de sciences hermétiques, Hermès parut en même temps à plusieurs de ses disciples qui se trouvaient à des distances considérables les uns des autres. Il se rendait invisible et faisait de l’or en soufflant seulement sur de la terre ou du plomb. Nous ne finirions pas si nous voulions énumérer tous les prodiges opérés par ces grands génies et leurs successeurs immédiats. Ainsi donc il demeure établi que, dans des circonstances données, l’homme peut produire des phénomènes d’un ordre surnaturel.
2l’initiation 204 Mais nous voyons d'ici les hommes de la science et des Académies sourire de pitié à cette affirmation, et traiter de symboles et de fiction les récits histo riques qui remontent à une certaine antiquité. Sin gulière science vraiment que celle qui ne sait jamais voir qu’un côté de la question, qui s’imagine qu’un symbole n’est qu’une image reposant sur un fait fugitif, comme si, dans toute l’histoire du symbo lisme, on ne constatait pas invariablement la coexis tence du symbole avec le fait matériel sur lequel il repose; comme si le crucifiement du Christ était moins réel parce que la croix est devenue le symbole de la religion chrétienne ; comme si l’existence de Jérusalem et du temple de Salomon était devenue contestable parce qu’on en a fait le symbole de la cité éternelle. Mais que nous importe l’approbation ou l’impro bation de ce qu’on est convenu d’appeler aujour d’hui le monde savant ? n’avons-nous pas constaté tout à l'heure l’insuffisance des doctrines qui s’v professent lorsqu’il s’agit d’expliquer les plus ordi naires des phénomènes de la vie ? Certainement nous professons un grand respect pour le zèle persévérant avec lequel plusieurs des initiés aux sciences vul gaires poursuivent leurs investigations toutes natu relles,mais nous faisons peu de cas de leur jugement par cela même qu'ils se trouvent placés à un point de vue étroit et complètement insuffisant pour la détermination des lois qui régissent les phénomènes, à l’étude desquels ils ont borné toute leur ambition. D’ailleurs quelques-uns d’entre eux ont commencé à LE LIVRE ROUGE 205 reconnaître qu'il existe des puissances qui ont échappe jusqu’à ce jour à leur analyse, et nous nous tromperions tort si Al.
3Dumas, le plus avancé des chimistes contemporains, regardait encore l’alchimie et particulièrement la possibilité de faire de l’or comme une chimère. Et puis, pour nous consoler du dédain dans lequel sont tombées depuis quelque temps les sciences dont nous nous occupons spécia lement, n'avons-nous pas l'approbation et le concours des plus grands génies qui ont éclairé la marche de l’humanité: Dardanus, Hermès, Zoroastre, Isis et son fils Osiris, Moïse. Salomon, Pythagore, Socrate, Empédocle, Démocrite, Marie l’Égyptienne, Cléopâ tre, l’empereur Caligula, Apollonius de Thiane; et plus près de nous, saint Dominique, saint Thomas, Albert le Grand, Berthold Swartz, Kepler, Agrippa, Almohadi, Artéphius, Cardan, Michel Scott, Tempet reur Frédérick, Paracelse, Roger Bacon, Ereyne Philalète, Nicolas Flamel, Svedemborg, Mesmer, saint Martin... et, de nos jours, enfin Charles Fourier qui a su lire plus avant que pas un autre dans le livre mystique des lois de la nature ! Les sciences occultes furent dans tous les temps l’apanage des intelligencee privilégiées ; les premiers philosophes qui les ont étudiées avaient compris que c’était dans le silence et le recueillement, loin des intrigues politiques et religieuses, qu’elles deman daient à être cultivées. Ainsi les prêtres égyptiens avaient placé aux portes de leur sanctuaire les gryphes et les sphinx, symbole du silence et de l’impé nétrabilité dont leurs mystères devaient être enve20Ó l’initiation loppés.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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