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1194 l’initiation * * * PREFACE Les derniers alchimistes, ces hommes de science et de génie qui travaillaient au Grand Œi vre, sont morts il y a bientôt cent ans, et depuis lors plus rien n’a paru sur cette science. L'oubli, cette poussière des temps, est venu recouvrir de ses impénétrables couches les bulletins de leurs espérances, de leurs travaux et de leurs souffrances. — Beaucoup de leurs précieux manuscrits, déshérités des faveurs de l’im pression, sont restés enfouis dans les catacombes des bibliothèques. La langue même de leur science a été oubliée. Semblable aux mystérieux hiéroglyphes des tEgyptiens, il ne se trouve plus personne maintenant pour la traduire ou l’expliquer. Triste retour des choses d’ici-bas ! Encore quelques années au train dont vont les hommes et les choses, et le magisme, la plus belle science qu’il soit donné à l’homme d’étudier, n'eùt plus été pour nous qu’un mythe, qu’un symbole. Lequel de nos savants pourrait nous dire, à l’heure où nous vivons, ce que faisaient les Égyptiens il y a six mille ans? quelles étaient leurs lois, leurs mœurs, leurs coutumes? jusqu’où enfin s’étendaient leurs connaissances et leurs sciences ? Les encyclopédistes, ces orgueilleux réformateurs qui, en croyant écrire de la science, n’ont su faire tout au plus que du scepticisme, de la raillerie ou de l’esprit, se sont mo qués de ^philosophie occulte et du magisme comme
2LE LIVRE ROUGE 195 d’une révoltante absurdité, et ce, parce que la peti tesse de leur raisonnement ne pouvait aller à la hauteur de ces deux immensités. Que n'ont-ils pas dit aussi du magnétisme ? De quelles grossières épi thètes ne se sont-ils pas servis pour invectiver Mes mer ! Mais LES HOMMES PASSENT ET LES VERITES RESTENT. Quant à nous qui tenons à la science parce que nous aimons la science, qui voulons la lumière parce qu’elle éclaire, nous avons fait ce livre, con vaincu que nous étions que le moment était venu pour le publier, et qu’il était temps de venger d'un siècle d’oubli et de dédain une science que trop peu d'hommes avaient voulu connaître et approfondir. Puisse le public nous en savoir gré ! Au milieu de matériaux épars çà et là, nous avons cherché à réunir et à grouper tous les éléments indis pensables à la reconstruction du magisme. Laissant de côté les misérables rapsodies qui encombrent nos quais, honteuses publications connues sous le nom de Secrets du grand et du petit Albert, nous avons puisé aux sources même et dans les manuscrits au thentiques des grands philosophes. C’est dans les sentences de Zoroastre, les hymnes d'Orphée et les symboles de Pythagore que nous avons su lire ; le temps, le travail, la persévérance et la volonté nous ont fait comprendre les emblèmes, les hiéroglyphes, les tables mystiques, les énigmes, les gryphes, les parœmies et tous les instruments dont ils se servaient pour voiler la vérité. Tous les ouvrages d’Hermès, sa Table d’émeraude, son Asclépius, son Minera mundi, Ylatro-mathematica, les sept chapitres du
3l’initiation 196 Lapidis philosophi n'ont point échappé à nos inves tigations. Nous avons traduit et commenté les ma nuscrits cophtes et hébreux. C’est après avoir com pulsé Aristote, Platon, Jean Pontife, Zozime, Démocrite, Olympiodore le Grand, Sophar le Perse, Synésius,Dioscorus, prêtre dugrand Sérapis à Alexandrie, Ostanès-l'Egyptien, Comarius, Marie, Cléopâtre, Porphyre, l'empereur Héraclius, Théophraste, Archélaüs, Claudius, Sergius, Memnon et tous les écrits qu’ont laissés ces grands philosophes que nous nous sommes sentis assez initiés pour oser écrire notre livre. A ceux qui pourraient nous demander pour quoi nous l’avons intitulé Le Livre Rouge, nous dirons que ce titre, symbole lui-même de la science hermétique, justifie pleinement le contenu du livre. Le rouge, par sa couleur, est l’image du feu, et par tout, dans tous les temps le feu fut regardé comme le représentant de la toute-puissance et de la science infuse. Chez les Grecs, Prométhée dérobant le feu du f ciel ;dans l’Inde, les Mages adorant le feu ; en Egypte, Hermès Trismégiste faisant bâtir le temple du soleil ; chez les Romains, les Vestales gardant le feu sacré, sont là comme autant de preuves traditionnelles que l’on ne saurait révoquer en doute, car elles sont du domaine de l’histoire. Un dernier mot maintenant : Le livre rouge sera-t-il compris par toutes les intelligences ? Pour atteindre ce but, le seul vraiment utile, nous avons fait tous nos efforts. Avons-nous réussi ? — Le public jugera ! LE LIVRE ROUGE 197 INTRODUCTION ET HISTORIQUE DES SCIENCES OCCULTES Si nous ouvrons un instant le grand livre de l’humanité, et que nous y jetions un coup d'œil, nous verrons que partout et dans tous les temps l’homme a continuellement cherché à étendre les limites de sa puissance.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1194 l’initiation * * * PREFACE Les derniers alchimistes, ces hommes de science et de génie qui travaillaient au Grand Œi vre, sont morts il y a bientôt cent ans, et depuis lors plus rien n’a paru sur cette science. L'oubli, cette poussière des temps, est venu recouvrir de ses impénétrables couches les bulletins de leurs espérances, de leurs travaux et de leurs souffrances. — Beaucoup de leurs précieux manuscrits, déshérités des faveurs de l’im pression, sont restés enfouis dans les catacombes des bibliothèques. La langue même de leur science a été oubliée. Semblable aux mystérieux hiéroglyphes des tEgyptiens, il ne se trouve plus personne maintenant pour la traduire ou l’expliquer. Triste retour des choses d’ici-bas ! Encore quelques années au train dont vont les hommes et les choses, et le magisme, la plus belle science qu’il soit donné à l’homme d’étudier, n'eùt plus été pour nous qu’un mythe, qu’un symbole. Lequel de nos savants pourrait nous dire, à l’heure où nous vivons, ce que faisaient les Égyptiens il y a six mille ans? quelles étaient leurs lois, leurs mœurs, leurs coutumes? jusqu’où enfin s’étendaient leurs connaissances et leurs sciences ? Les encyclopédistes, ces orgueilleux réformateurs qui, en croyant écrire de la science, n’ont su faire tout au plus que du scepticisme, de la raillerie ou de l’esprit, se sont mo qués de ^philosophie occulte et du magisme comme
2LE LIVRE ROUGE 195 d’une révoltante absurdité, et ce, parce que la peti tesse de leur raisonnement ne pouvait aller à la hauteur de ces deux immensités. Que n'ont-ils pas dit aussi du magnétisme ? De quelles grossières épi thètes ne se sont-ils pas servis pour invectiver Mes mer ! Mais LES HOMMES PASSENT ET LES VERITES RESTENT. Quant à nous qui tenons à la science parce que nous aimons la science, qui voulons la lumière parce qu’elle éclaire, nous avons fait ce livre, con vaincu que nous étions que le moment était venu pour le publier, et qu’il était temps de venger d'un siècle d’oubli et de dédain une science que trop peu d'hommes avaient voulu connaître et approfondir. Puisse le public nous en savoir gré ! Au milieu de matériaux épars çà et là, nous avons cherché à réunir et à grouper tous les éléments indis pensables à la reconstruction du magisme. Laissant de côté les misérables rapsodies qui encombrent nos quais, honteuses publications connues sous le nom de Secrets du grand et du petit Albert, nous avons puisé aux sources même et dans les manuscrits au thentiques des grands philosophes. C’est dans les sentences de Zoroastre, les hymnes d'Orphée et les symboles de Pythagore que nous avons su lire ; le temps, le travail, la persévérance et la volonté nous ont fait comprendre les emblèmes, les hiéroglyphes, les tables mystiques, les énigmes, les gryphes, les parœmies et tous les instruments dont ils se servaient pour voiler la vérité. Tous les ouvrages d’Hermès, sa Table d’émeraude, son Asclépius, son Minera mundi, Ylatro-mathematica, les sept chapitres du
3l’initiation 196 Lapidis philosophi n'ont point échappé à nos inves tigations. Nous avons traduit et commenté les ma nuscrits cophtes et hébreux. C’est après avoir com pulsé Aristote, Platon, Jean Pontife, Zozime, Démocrite, Olympiodore le Grand, Sophar le Perse, Synésius,Dioscorus, prêtre dugrand Sérapis à Alexandrie, Ostanès-l'Egyptien, Comarius, Marie, Cléopâtre, Porphyre, l'empereur Héraclius, Théophraste, Archélaüs, Claudius, Sergius, Memnon et tous les écrits qu’ont laissés ces grands philosophes que nous nous sommes sentis assez initiés pour oser écrire notre livre. A ceux qui pourraient nous demander pour quoi nous l’avons intitulé Le Livre Rouge, nous dirons que ce titre, symbole lui-même de la science hermétique, justifie pleinement le contenu du livre. Le rouge, par sa couleur, est l’image du feu, et par tout, dans tous les temps le feu fut regardé comme le représentant de la toute-puissance et de la science infuse. Chez les Grecs, Prométhée dérobant le feu du f ciel ;dans l’Inde, les Mages adorant le feu ; en Egypte, Hermès Trismégiste faisant bâtir le temple du soleil ; chez les Romains, les Vestales gardant le feu sacré, sont là comme autant de preuves traditionnelles que l’on ne saurait révoquer en doute, car elles sont du domaine de l’histoire. Un dernier mot maintenant : Le livre rouge sera-t-il compris par toutes les intelligences ? Pour atteindre ce but, le seul vraiment utile, nous avons fait tous nos efforts. Avons-nous réussi ? — Le public jugera ! LE LIVRE ROUGE 197 INTRODUCTION ET HISTORIQUE DES SCIENCES OCCULTES Si nous ouvrons un instant le grand livre de l’humanité, et que nous y jetions un coup d'œil, nous verrons que partout et dans tous les temps l’homme a continuellement cherché à étendre les limites de sa puissance.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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