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1YVES D'ALVEYDRE SON ŒUVRE Par Ch. Barlet. Ce n'est pas seulement en hommage à une longue et précieuse amitié ; ce n'est pas seulement dans un sentiment de profonde admiration, c’est dans un esprit de piété véritable qu'a été tenté ce simple et insuffisant résumé d'une si grande œuvre. Si grande, en effet, que bien peu l'ont osée et que, de ceux qui l’ont entreprise aucun n’a su la com prendre ou la traiter, comme l’a fait Saint-Yves, dans toute l'ampleur, dans toute l’immensité majes tueuse de son étendue. Je ne parle pas de Fabre d’Olivet, on a pu voir assez l’insuffisance de son ébauche sociale tout ar chaïque et païenne ; toute contraire à nos aspirations les plus vives. Plus près de nous, qu’ont fait les so ciologues les plus justement célèbres? On se rappelle l’éclatant échec du Fouriérisme fondé (ij Ces pages sont extraites du volume de Barlet (SaintYves d'Alveydre, sa vie, son œuvre. Prix : 3 fr. 5o) que vient d’éditer Henri Durville fils, 3o, boulevard de Strasbourg. Paris, 1910.
21 2 l'initiation sur les passions et dévoré par elles; Saint-Simon n’a pas été beaucoup plus heureux en s’appuyant sur la Science industrielle. Proudhon, avec plus de logique, n'a conservé de cette base que le principe qu'elle masquait assez mal, celui de l’intérêt personnel ; mais que pouvait engen drer l'égoïsme, ainsi divisé, autre chose que l’anar chie dont il se réclamait, la guerre implacable des classes déjà commencée, ou la lutte plus féroce encore pour les jouissances purement matérielles ? Comte, Spencer, disciples de Saint-Simon, bien supérieurs à leurs maîtres, ont seuls embrassé la synthèse sociale dans toute son étendue ; aussi sont-ils encore, depuis un demi-siècle, les maîtres véritables de notre époque ; mais on ne voit que trop déjà à quelle faillite aboutit leur régime qui livre à toutes ses pires faiblesses l’orgueil de l’Homme divinisé par lui-même. Également impuissants à maîtriser ou à satisfaire les passions où leurs émules ont péri et dont ils deviennent les esclaves à leur tour, ils commen cent à percevoir eux-mêmes, mais trop tard, vers quels abîmes sanglants ils ont dirigé l'Humanité qui leur échappe. Effet inévitable de tout sectarisme exclusif ! Animé au contraire du plus large esprit de tolé rance, d’indépendance même ; érudit et fidèle à l’an tiquité comme Fabre d’Olivet; savant comme SaintSimon, Comte et Spencer, et plus enflammé qu’eux peut-être d’amour et d’admiration pour l’Humanité; économiste autant que Proudhon ; vibrant et vivant comme Fourrier, Saint-Yves arrive seul à rassembler
3SAINT-YVES d’aLVEYDRE l3 dans une harmonie superbe tous les éléments sociaux que ses rivaux n'ont réussi qu'à mettre en lutte : Science, Economie, Gouvernement, Politique, Mo rale, Religion, sa doctrine embrasse tout, comprend tout, rénove tout non seulement sans rien troubler, mais dans l’esprit le plus libéral, le plus progressif, le plus humanitaire; par une synthèse assez com plète, assez vraie pour tout satisfaire parce que chaque élément concourt à l'harmonieuse unité de l’ensemble. La raison en est simple autant que profonde; c’est que Saint-Yves s’appuie sur la Tradition centrale, uni que, révélée à l'homme de son origine, pour lui tracer sa voie à travers les siècles ; conservée depuis avec une pitié jalouse à l’abri de tous les écarts de la raison et de la liberté humaine, et dont il avait mérité dès sa jeu nesse, de recevoir le dépôt sacré, sans doute parce qu’il avait mission, de par sa naissance même, de nous en rappeler la profondeur et l’harmonieuse fécondité. Il y a plus encore, cette doctrine si synthétique, si large, si universelle, est cependant, en même temps, tout à fait occidentale et même tout à fait française. Elle est occidentale parce qu’elle est empruntée à la forme occidentale de la Tradition unique, et par là elle projette une clarté admirable sur la religion d’amour qui en est issue ; aussi lui est-il plus aisé qu’à toute autre et de faire ressortir son identité avec celles de l’Orient, et de satisfaire cependant aux aspirations d’activité libre qui nous caractérisent ; et d’embrasser l’Humanité tout entière dans une Fraternité qui n’a rien de factice ou d’illusoire : Saint-Yves a magistrale ment développé toute cette puissance. t
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1YVES D'ALVEYDRE SON ŒUVRE Par Ch. Barlet. Ce n'est pas seulement en hommage à une longue et précieuse amitié ; ce n'est pas seulement dans un sentiment de profonde admiration, c’est dans un esprit de piété véritable qu'a été tenté ce simple et insuffisant résumé d'une si grande œuvre. Si grande, en effet, que bien peu l'ont osée et que, de ceux qui l’ont entreprise aucun n’a su la com prendre ou la traiter, comme l’a fait Saint-Yves, dans toute l'ampleur, dans toute l’immensité majes tueuse de son étendue. Je ne parle pas de Fabre d’Olivet, on a pu voir assez l’insuffisance de son ébauche sociale tout ar chaïque et païenne ; toute contraire à nos aspirations les plus vives. Plus près de nous, qu’ont fait les so ciologues les plus justement célèbres? On se rappelle l’éclatant échec du Fouriérisme fondé (ij Ces pages sont extraites du volume de Barlet (SaintYves d'Alveydre, sa vie, son œuvre. Prix : 3 fr. 5o) que vient d’éditer Henri Durville fils, 3o, boulevard de Strasbourg. Paris, 1910.
21 2 l'initiation sur les passions et dévoré par elles; Saint-Simon n’a pas été beaucoup plus heureux en s’appuyant sur la Science industrielle. Proudhon, avec plus de logique, n'a conservé de cette base que le principe qu'elle masquait assez mal, celui de l’intérêt personnel ; mais que pouvait engen drer l'égoïsme, ainsi divisé, autre chose que l’anar chie dont il se réclamait, la guerre implacable des classes déjà commencée, ou la lutte plus féroce encore pour les jouissances purement matérielles ? Comte, Spencer, disciples de Saint-Simon, bien supérieurs à leurs maîtres, ont seuls embrassé la synthèse sociale dans toute son étendue ; aussi sont-ils encore, depuis un demi-siècle, les maîtres véritables de notre époque ; mais on ne voit que trop déjà à quelle faillite aboutit leur régime qui livre à toutes ses pires faiblesses l’orgueil de l’Homme divinisé par lui-même. Également impuissants à maîtriser ou à satisfaire les passions où leurs émules ont péri et dont ils deviennent les esclaves à leur tour, ils commen cent à percevoir eux-mêmes, mais trop tard, vers quels abîmes sanglants ils ont dirigé l'Humanité qui leur échappe. Effet inévitable de tout sectarisme exclusif ! Animé au contraire du plus large esprit de tolé rance, d’indépendance même ; érudit et fidèle à l’an tiquité comme Fabre d’Olivet; savant comme SaintSimon, Comte et Spencer, et plus enflammé qu’eux peut-être d’amour et d’admiration pour l’Humanité; économiste autant que Proudhon ; vibrant et vivant comme Fourrier, Saint-Yves arrive seul à rassembler
3SAINT-YVES d’aLVEYDRE l3 dans une harmonie superbe tous les éléments sociaux que ses rivaux n'ont réussi qu'à mettre en lutte : Science, Economie, Gouvernement, Politique, Mo rale, Religion, sa doctrine embrasse tout, comprend tout, rénove tout non seulement sans rien troubler, mais dans l’esprit le plus libéral, le plus progressif, le plus humanitaire; par une synthèse assez com plète, assez vraie pour tout satisfaire parce que chaque élément concourt à l'harmonieuse unité de l’ensemble. La raison en est simple autant que profonde; c’est que Saint-Yves s’appuie sur la Tradition centrale, uni que, révélée à l'homme de son origine, pour lui tracer sa voie à travers les siècles ; conservée depuis avec une pitié jalouse à l’abri de tous les écarts de la raison et de la liberté humaine, et dont il avait mérité dès sa jeu nesse, de recevoir le dépôt sacré, sans doute parce qu’il avait mission, de par sa naissance même, de nous en rappeler la profondeur et l’harmonieuse fécondité. Il y a plus encore, cette doctrine si synthétique, si large, si universelle, est cependant, en même temps, tout à fait occidentale et même tout à fait française. Elle est occidentale parce qu’elle est empruntée à la forme occidentale de la Tradition unique, et par là elle projette une clarté admirable sur la religion d’amour qui en est issue ; aussi lui est-il plus aisé qu’à toute autre et de faire ressortir son identité avec celles de l’Orient, et de satisfaire cependant aux aspirations d’activité libre qui nous caractérisent ; et d’embrasser l’Humanité tout entière dans une Fraternité qui n’a rien de factice ou d’illusoire : Saint-Yves a magistrale ment développé toute cette puissance. t
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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