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1DOM PERNETY '95 rien, sinon qu’il fit ses études religieuses, entra jeune dans les ordres et prononça ses vœux comme béné dictin de la Congrégation de Saint-Maur, à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Ses supérieurs l’employè rent à des travaux littéraires. C’est ainsi qu’il publia plusieurs ouvrages, et entre autres : le Manuel Béné dictin (i) en 1754 et le Dictionnaire portatif de pein ture, de sculpture et de gravure (2) en 1757. C’est également à cette époque qu’il publia ses ou9 vrages hermétiques : Les 'Fables Egyptiennes et Grec ques dévoilées (3) et le Dictionnaire mytho-hermétique (4). L’hermétisme et l’alchimie étaient alors en vogue. A l’instar d’un grand nombre de ses contemporains, et non des moindres, dom Pernety s’adonna à ces études. Persuadé qu’Homère avait appris l’alchimie en Égypte, il ne vit dans VIliade que des leçons allégo riques sur cet art, et dans V Odyssée, qu’une peinture des erreurs où tombent les adeptes avant de parvenir à la connaissance du Grand Œuvre; aussi ses Fables contiennent-elles une explication hermétique de VIliade et de V Odyssée. Dans le Dictionnaire mytho- (1) Manuel Bénédictin, 1 vol?in-8. Paris, 1754. (2) Dictionnaire portatif de peinture, de sculpture et de gravure. Paris 1757, in-8. Traduit en allemand. (3) Fables égyptiennes et grecques dévoilées. Paris, 2 vol. in-8, 1758. Réimprimés en 1786 et en 1795. (4) Dictionnaire Mytho-Hermétique, dans lequel on trouve les allégories fabuleuses des poètes, des métaphores, les énigmes et les termes barbares des Philosophes Hermétiques. Paris, 1758, fort in-12.
2l'initiation 196 hermétique, ¡1 s’applique surtout à expliquer les sym boles des anciens alchimistes. Il distingue aussi la chimie de l’alchimie : « La chymie vulgaire, dit-il, est l’art de détruire les com posés que la nature a formé, et la chymie hermétique est l’art de travailler avec la nature pour Jes perfec tionner. » Ce livre est la suite et comme le complé ment des Fables Égyptiennes. Nous savons également qu’en 1763, Pernety suivit, comme aumônier, le célèbre navigateur français Bou gainville, dans le voyage qu’il fit aux îles Malouines et au détroit de Magellan. De retour vers la fin de 1764, il rentra dans son monastère de Saint-Germain des Prés. Mais la vie monastique dut lui paraître lourde car il tenta d’en secouer le joug en signant la requête des 28 bénédic tins de ce couvent qui demandèrent le ¡5 juin 1765 a être dispensés de leurs règles. Us n’obtinrent aucun résultat, sinon celui d’être fortement réprimandés par leurs supérieurs. Le iï juillet suivant, Pernety et ses collègues se rétractèrent, mais sans changer d’avis. Toutefois, voyant l’inuti lité de ses efforts, et entièrement dégoûté de son état, Pernety quitta peu après l’habit religieux pour se rendre en 1765 a Avignon, où il organisa,en 1766, le régime maçonico-hermétique dit Rite de Pernety et dont les adeptes reçurent dans la suite le titre d’illu minés d’Avignon. Depuis quand Pernety faisait-il partie de la Franc-maçonnerie ? Où avait-il été initié ? Ce sontJà des questions que nous n’avons pu résoudre. Toujours est-il que cette même année 1766,
3DOM PERNETY 197 une loge était constituée à Avignon, sous les auspices de la « Mère Loge Ecossaise de Marseille » (i), la loge « Saint-Jean d’Ecosse de la Vertu persécutée » qui travaillait au nouveau régime institué par Pernety. Pernety créa en outre le grade de chevalier du Soleil. Obligé peu après de quitter Avignon par crainte de persécutions, Pernety se rendit en Prusse, à Berlin, où peu de temps après son arrivée il accepta les offres du roi Frédéric II qui le nomma, en 1767,Conserva teur de la Bibliothèque de Berlin et membre de l’Académie royale de cette ville avec 1200 rixdales d’appoin tements. Peu après, il reçut le bénéfice de l’abbaye de Burgel, en Thuringe. Or, chose singulière et drôlatiqueà la fois, il paraît qu’en lui offrant ce poste et ce titre, Frédéric II, égaré par la similitude des noms, avait cru adresser son invitation à l’abbé Joseph Pernety son oncle, l'auteur des Lettres philosophiques sur les Physionomies. dont nous avons parlé au début de cette notice 1 Néanmoins, en souvenir de l’oncle, le roi de Prusse traita bien le neveu ! C’est à Berlin que Pernety publia son Journal his- (1) Cette Mère Loge fut fondée le 27 août 1751 sous le nom de Saint Jean d’Ecosse par un Ecossais venu en France à la suite de Jacques II, George de Walnon. Ce n’est qu’en 1762 qu’elle prit le titre de Mère Loge Ecossaise de Marseille et plus tard celui de Mère Loge Ecossaise de France. Elle résista à toutes les tentatives faites par le G.-. O. *. pour la faire rentrer sous son obédience. Elle devint, d'autre part, la rivale de la G. *. L. *. anglaise de France. Elle constitua de nombreuses loges
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1DOM PERNETY '95 rien, sinon qu’il fit ses études religieuses, entra jeune dans les ordres et prononça ses vœux comme béné dictin de la Congrégation de Saint-Maur, à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Ses supérieurs l’employè rent à des travaux littéraires. C’est ainsi qu’il publia plusieurs ouvrages, et entre autres : le Manuel Béné dictin (i) en 1754 et le Dictionnaire portatif de pein ture, de sculpture et de gravure (2) en 1757. C’est également à cette époque qu’il publia ses ou9 vrages hermétiques : Les 'Fables Egyptiennes et Grec ques dévoilées (3) et le Dictionnaire mytho-hermétique (4). L’hermétisme et l’alchimie étaient alors en vogue. A l’instar d’un grand nombre de ses contemporains, et non des moindres, dom Pernety s’adonna à ces études. Persuadé qu’Homère avait appris l’alchimie en Égypte, il ne vit dans VIliade que des leçons allégo riques sur cet art, et dans V Odyssée, qu’une peinture des erreurs où tombent les adeptes avant de parvenir à la connaissance du Grand Œuvre; aussi ses Fables contiennent-elles une explication hermétique de VIliade et de V Odyssée. Dans le Dictionnaire mytho- (1) Manuel Bénédictin, 1 vol?in-8. Paris, 1754. (2) Dictionnaire portatif de peinture, de sculpture et de gravure. Paris 1757, in-8. Traduit en allemand. (3) Fables égyptiennes et grecques dévoilées. Paris, 2 vol. in-8, 1758. Réimprimés en 1786 et en 1795. (4) Dictionnaire Mytho-Hermétique, dans lequel on trouve les allégories fabuleuses des poètes, des métaphores, les énigmes et les termes barbares des Philosophes Hermétiques. Paris, 1758, fort in-12.
2l'initiation 196 hermétique, ¡1 s’applique surtout à expliquer les sym boles des anciens alchimistes. Il distingue aussi la chimie de l’alchimie : « La chymie vulgaire, dit-il, est l’art de détruire les com posés que la nature a formé, et la chymie hermétique est l’art de travailler avec la nature pour Jes perfec tionner. » Ce livre est la suite et comme le complé ment des Fables Égyptiennes. Nous savons également qu’en 1763, Pernety suivit, comme aumônier, le célèbre navigateur français Bou gainville, dans le voyage qu’il fit aux îles Malouines et au détroit de Magellan. De retour vers la fin de 1764, il rentra dans son monastère de Saint-Germain des Prés. Mais la vie monastique dut lui paraître lourde car il tenta d’en secouer le joug en signant la requête des 28 bénédic tins de ce couvent qui demandèrent le ¡5 juin 1765 a être dispensés de leurs règles. Us n’obtinrent aucun résultat, sinon celui d’être fortement réprimandés par leurs supérieurs. Le iï juillet suivant, Pernety et ses collègues se rétractèrent, mais sans changer d’avis. Toutefois, voyant l’inuti lité de ses efforts, et entièrement dégoûté de son état, Pernety quitta peu après l’habit religieux pour se rendre en 1765 a Avignon, où il organisa,en 1766, le régime maçonico-hermétique dit Rite de Pernety et dont les adeptes reçurent dans la suite le titre d’illu minés d’Avignon. Depuis quand Pernety faisait-il partie de la Franc-maçonnerie ? Où avait-il été initié ? Ce sontJà des questions que nous n’avons pu résoudre. Toujours est-il que cette même année 1766,
3DOM PERNETY 197 une loge était constituée à Avignon, sous les auspices de la « Mère Loge Ecossaise de Marseille » (i), la loge « Saint-Jean d’Ecosse de la Vertu persécutée » qui travaillait au nouveau régime institué par Pernety. Pernety créa en outre le grade de chevalier du Soleil. Obligé peu après de quitter Avignon par crainte de persécutions, Pernety se rendit en Prusse, à Berlin, où peu de temps après son arrivée il accepta les offres du roi Frédéric II qui le nomma, en 1767,Conserva teur de la Bibliothèque de Berlin et membre de l’Académie royale de cette ville avec 1200 rixdales d’appoin tements. Peu après, il reçut le bénéfice de l’abbaye de Burgel, en Thuringe. Or, chose singulière et drôlatiqueà la fois, il paraît qu’en lui offrant ce poste et ce titre, Frédéric II, égaré par la similitude des noms, avait cru adresser son invitation à l’abbé Joseph Pernety son oncle, l'auteur des Lettres philosophiques sur les Physionomies. dont nous avons parlé au début de cette notice 1 Néanmoins, en souvenir de l’oncle, le roi de Prusse traita bien le neveu ! C’est à Berlin que Pernety publia son Journal his- (1) Cette Mère Loge fut fondée le 27 août 1751 sous le nom de Saint Jean d’Ecosse par un Ecossais venu en France à la suite de Jacques II, George de Walnon. Ce n’est qu’en 1762 qu’elle prit le titre de Mère Loge Ecossaise de Marseille et plus tard celui de Mère Loge Ecossaise de France. Elle résista à toutes les tentatives faites par le G.-. O. *. pour la faire rentrer sous son obédience. Elle devint, d'autre part, la rivale de la G. *. L. *. anglaise de France. Elle constitua de nombreuses loges
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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