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12 Ôo ; l’initiation argentin ois,, ayant esté lié par .une sienne concubine avec un chauderon enchanté, par le moyen d’une h'magicienne ou sorcière, laquelle l’avoitjetté dans la cour du chasteau du comte, il fut charmé de façon qu’il demeura trois ans lié, sans qu’il peut avoir nulle accointance avec sa femme. Enfin, elle l’estant un jour allé voir, par fortune luy ayant demandé comme par risée s’il avoit des enfants, il luy fit accroire qu’il ./ ■ . en avait trois fort beaux, et sa femme preste à accoucher. De quoy elle fut si étonnée, qu’elle ne se peut tenir de dire : « Maudite soit la sorcière qui m’apprint. « si malheureusement à jetter le chauderon dans le « puits, enfin que' vous ne puissiez connoistre votre « femme ! » Et luy ayan conté le tout plus au long, il part aussitost et fit tirer du puits ce chauderon charmé, et llayant brisé et fait brusler la sorcière il consomma son mariage et eut de très beaux enfants. « Et, au diocèse de Lausanne, une sorcière, ayant caché un serpent d’airain soubs le seuil d’une porte, rendit toute une famille impuissante, si bien que non pas même les animaux ny les juments ne pouvoient concevoir ny rendre à perfection leurs petits. Et la ■ ■■ maistresse de la maison fit sept abortifs avec de . grandes douleurs, jusqu’à ce, que le sortilège fût découvert. « Or, .s’il n’y eut eu de liaison magique, ajoute l’auteur, et que c’eust esté la seule imagination qui eut opéré cet effet, elle ne pouvoit estre semblable ny préjudicier à tous ceux de la famille; car l’imagi nation n’est pas chose héréditaire. » Le P. Lebrun nous dit, dans son Histoire criLES CURIOSITÉS DE l’ûCCULTE < ¿01 . tique de pratiques supertitiëuses : « On ne peut douter que ¡’imagination ne puisse empêcher l’usage du mariage. On a cru très anciennement qu’il y avait des noueurs d’aiguillette. Hérodote et Tacite en parlent et il y a longtemps que des personnes ont recouru à des secrets, soit naturels, soit superstitieux, pour s’opposer au mauvais effet des prétendus noueurs d’aiguillette. C’est pourquoi ¡.’Église en a fait mention depuis très longtemps dans les rituels et a déclaré excommuniés tous ces noueurs. « L’abbé Guibert de Nogent dit que son père et sa mère avoient été arrêtés par un semblable maléfice pendant sept ans, et qu’apr.ès cet intervalle une vieille femme rompit le maléfice qui leur laissa libre l’usage du mariage. Cet auteur ajoute que s’il y a plusieurs secrets de magie fort cachés, celui des noueurs du mariage était connu et mis en pratique par les igno rons et le bas peuple. » . De nos jours encorç, dans le Bas-Languedoc, la liga ture est quelque peu mise en pratique. On dit commu nément en patois :Nousa loucourejou (1), ou bien : Y an fach lou coure} ou, se dit d’une personne frappée d'impuissance la nuit de ses noces. On m’a faict voir, dit le P. de ¡’Ancre, une sorcière, laquelle faict merveille à deslier, car elle a deslié une jeune mariée qui couroit journellement les champs de plain jour comme un lycanthrope et avoit des convulsions et des cris et eslans si furieux et dér naturez, qu’on eust dict qu’elle estoit possédée... Elle (1) Nousa lou courejou, nouer le lacet.
2;A\';A2î©2^a<■<; l’initiation .• . commanda à une femme, liée pour la génération seuk;;r dement :et non pour la copulation, d’écrire quelque / ’.chose qu’elle lui. diroit et mettre une espée soubz la / cpitte de son lit, lorsqu’elle et son mary seroîent couchez ensemble, ce qu’elle n’a jamais voulu faire, se :■ ■ doublant bien que cet escrit n’estoit que la promesse que.le diable vouloit exiger d’elle... Elle vivoit dans lé village où elle habitait, sans estre aucunement inquiétée par la justice, parce qu’elle prétendoit employer ;. seulement son art à délier les maléfices... Mais elle a '■•dict à.plusieurs personnes dignes de foy, qui me l’ont . a'sseuré, que, voulant deslier, entre autres bagatelles que le diable a toujours coutume de mesler en la guérison de toute sorte de gens maleficiez, elle couchoit une nuict avec le mary maléïicié dans son lit nuptial, et lui apprenoit des tours et retours qui reviennent et semblent se rapporter au Fescennins . des anciens. Ce qui est grandement fâcheux à celuy qui doi.bt entrer en licence avec une vieille hideuse et espouvantable , et la se laisser conduire, et tous les membres de son corps, à des embrassements dia boliques... Pour celle-ci, elle n’est ny trop vieille, ny : trop affreuse. Tout ce que je trouve de plus estrange, ‘ c’est qu’elle employé sa fille, qui est jeune et mariée, à mesme mestier et exercice : ayant si bien estourdy ■ les pensées de son mary, et lié le parler, et la langue ..de tous ceux de son village, soubs prétexte de ce .. . qu’on ne voict le mal qu’elle faict, ains seulement le : .’■■■ ' bien de ses.cures et guérisons, q-ue ny l’une ny l’autre \ ne sont recherchées de la justice,ains elles sont appe- ■ • ■ où à mon advis r,- ■ / a;
3LES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE ' 2OS elles font et deffont, lient et deslient, ou procurent quelque autre mal parfois pire et plus préjudiciable ■ que celuy-là. » •' . Citons encore quelques mirifiques recettes extraites des Secrets merveilleux de Petit Albert: Nos anciens assurent que l'oiseau que l’on appelle pivert est un souverain remède contre le sortilège de l'aiguillette, nouée, si on le mange rôti, à jeun, avec du sel béni. Un autre remède se fait en respirant la fumée de ladent brûlée d’un homme mort depuis peu. Le même effet se produit si on met du vif argent dans un cha lumeau de 'paille d’avoine et qu’on mette ce chalu meau sous le chevet du lit de celui qui est maléficié. « Ayez la verge d’un loup nouvellement tué, et, étant proche de la portée de celui que vous voulez lier, vous l’appellerez par son nom, et aussitôt qu’il aura répondu, vous lierez la.dite verge avec un lacet de fil blanc, et il sera si impuissant à l’acte de Vénus, qu’il ne le seroît pas davantage s’il étoit châtré. De bonnes expériences ont fait connoitre que, pour remédier et même pour empescher cette espèce d’enchantement, il n’y a qu’à porter un anneau dans lequel soit en châssé l’œil droit d’une belette. « Enfin, pour modérer le trop grand désir de l’action de Vénus dans la femme: Réduisez en poudre le membre génital d’un taureau roux, et donnez le poids d’un écu de cette poudre dans un bouillon composé de veau, de pourpier et de laitue à la femme trop convoiteuse et l’on n’en sera plus importuné, mais au contraire elle aura aversion de l’action vénérienne. » « Pour connoitre si une fille a esté, corrompue, vous
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
12 Ôo ; l’initiation argentin ois,, ayant esté lié par .une sienne concubine avec un chauderon enchanté, par le moyen d’une h'magicienne ou sorcière, laquelle l’avoitjetté dans la cour du chasteau du comte, il fut charmé de façon qu’il demeura trois ans lié, sans qu’il peut avoir nulle accointance avec sa femme. Enfin, elle l’estant un jour allé voir, par fortune luy ayant demandé comme par risée s’il avoit des enfants, il luy fit accroire qu’il ./ ■ . en avait trois fort beaux, et sa femme preste à accoucher. De quoy elle fut si étonnée, qu’elle ne se peut tenir de dire : « Maudite soit la sorcière qui m’apprint. « si malheureusement à jetter le chauderon dans le « puits, enfin que' vous ne puissiez connoistre votre « femme ! » Et luy ayan conté le tout plus au long, il part aussitost et fit tirer du puits ce chauderon charmé, et llayant brisé et fait brusler la sorcière il consomma son mariage et eut de très beaux enfants. « Et, au diocèse de Lausanne, une sorcière, ayant caché un serpent d’airain soubs le seuil d’une porte, rendit toute une famille impuissante, si bien que non pas même les animaux ny les juments ne pouvoient concevoir ny rendre à perfection leurs petits. Et la ■ ■■ maistresse de la maison fit sept abortifs avec de . grandes douleurs, jusqu’à ce, que le sortilège fût découvert. « Or, .s’il n’y eut eu de liaison magique, ajoute l’auteur, et que c’eust esté la seule imagination qui eut opéré cet effet, elle ne pouvoit estre semblable ny préjudicier à tous ceux de la famille; car l’imagi nation n’est pas chose héréditaire. » Le P. Lebrun nous dit, dans son Histoire criLES CURIOSITÉS DE l’ûCCULTE < ¿01 . tique de pratiques supertitiëuses : « On ne peut douter que ¡’imagination ne puisse empêcher l’usage du mariage. On a cru très anciennement qu’il y avait des noueurs d’aiguillette. Hérodote et Tacite en parlent et il y a longtemps que des personnes ont recouru à des secrets, soit naturels, soit superstitieux, pour s’opposer au mauvais effet des prétendus noueurs d’aiguillette. C’est pourquoi ¡.’Église en a fait mention depuis très longtemps dans les rituels et a déclaré excommuniés tous ces noueurs. « L’abbé Guibert de Nogent dit que son père et sa mère avoient été arrêtés par un semblable maléfice pendant sept ans, et qu’apr.ès cet intervalle une vieille femme rompit le maléfice qui leur laissa libre l’usage du mariage. Cet auteur ajoute que s’il y a plusieurs secrets de magie fort cachés, celui des noueurs du mariage était connu et mis en pratique par les igno rons et le bas peuple. » . De nos jours encorç, dans le Bas-Languedoc, la liga ture est quelque peu mise en pratique. On dit commu nément en patois :Nousa loucourejou (1), ou bien : Y an fach lou coure} ou, se dit d’une personne frappée d'impuissance la nuit de ses noces. On m’a faict voir, dit le P. de ¡’Ancre, une sorcière, laquelle faict merveille à deslier, car elle a deslié une jeune mariée qui couroit journellement les champs de plain jour comme un lycanthrope et avoit des convulsions et des cris et eslans si furieux et dér naturez, qu’on eust dict qu’elle estoit possédée... Elle (1) Nousa lou courejou, nouer le lacet.
2;A\';A2î©2^a<■<; l’initiation .• . commanda à une femme, liée pour la génération seuk;;r dement :et non pour la copulation, d’écrire quelque / ’.chose qu’elle lui. diroit et mettre une espée soubz la / cpitte de son lit, lorsqu’elle et son mary seroîent couchez ensemble, ce qu’elle n’a jamais voulu faire, se :■ ■ doublant bien que cet escrit n’estoit que la promesse que.le diable vouloit exiger d’elle... Elle vivoit dans lé village où elle habitait, sans estre aucunement inquiétée par la justice, parce qu’elle prétendoit employer ;. seulement son art à délier les maléfices... Mais elle a '■•dict à.plusieurs personnes dignes de foy, qui me l’ont . a'sseuré, que, voulant deslier, entre autres bagatelles que le diable a toujours coutume de mesler en la guérison de toute sorte de gens maleficiez, elle couchoit une nuict avec le mary maléïicié dans son lit nuptial, et lui apprenoit des tours et retours qui reviennent et semblent se rapporter au Fescennins . des anciens. Ce qui est grandement fâcheux à celuy qui doi.bt entrer en licence avec une vieille hideuse et espouvantable , et la se laisser conduire, et tous les membres de son corps, à des embrassements dia boliques... Pour celle-ci, elle n’est ny trop vieille, ny : trop affreuse. Tout ce que je trouve de plus estrange, ‘ c’est qu’elle employé sa fille, qui est jeune et mariée, à mesme mestier et exercice : ayant si bien estourdy ■ les pensées de son mary, et lié le parler, et la langue ..de tous ceux de son village, soubs prétexte de ce .. . qu’on ne voict le mal qu’elle faict, ains seulement le : .’■■■ ' bien de ses.cures et guérisons, q-ue ny l’une ny l’autre \ ne sont recherchées de la justice,ains elles sont appe- ■ • ■ où à mon advis r,- ■ / a;
3LES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE ' 2OS elles font et deffont, lient et deslient, ou procurent quelque autre mal parfois pire et plus préjudiciable ■ que celuy-là. » •' . Citons encore quelques mirifiques recettes extraites des Secrets merveilleux de Petit Albert: Nos anciens assurent que l'oiseau que l’on appelle pivert est un souverain remède contre le sortilège de l'aiguillette, nouée, si on le mange rôti, à jeun, avec du sel béni. Un autre remède se fait en respirant la fumée de ladent brûlée d’un homme mort depuis peu. Le même effet se produit si on met du vif argent dans un cha lumeau de 'paille d’avoine et qu’on mette ce chalu meau sous le chevet du lit de celui qui est maléficié. « Ayez la verge d’un loup nouvellement tué, et, étant proche de la portée de celui que vous voulez lier, vous l’appellerez par son nom, et aussitôt qu’il aura répondu, vous lierez la.dite verge avec un lacet de fil blanc, et il sera si impuissant à l’acte de Vénus, qu’il ne le seroît pas davantage s’il étoit châtré. De bonnes expériences ont fait connoitre que, pour remédier et même pour empescher cette espèce d’enchantement, il n’y a qu’à porter un anneau dans lequel soit en châssé l’œil droit d’une belette. « Enfin, pour modérer le trop grand désir de l’action de Vénus dans la femme: Réduisez en poudre le membre génital d’un taureau roux, et donnez le poids d’un écu de cette poudre dans un bouillon composé de veau, de pourpier et de laitue à la femme trop convoiteuse et l’on n’en sera plus importuné, mais au contraire elle aura aversion de l’action vénérienne. » « Pour connoitre si une fille a esté, corrompue, vous
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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