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1y.- ''''. '■■ ',.'' ■ LES CURIOSITÉS DE t’OCCULTE ' .1.97 dans le rituel d’Évreux des prières contre Taiguillette, ' nouée. . ' «Le nouement devient si commun, dit Pierre de F Ancre, qu’il n’y a guère d’hommes qui osent se marier, sinon à la dérobée. Ori se trouve lié sans sa- - voir par qui, et de tant de façons que le plus rusé ny . comprend rien. Tantôt le maléfice est pour l’homme, tantôt pour la femme, ou même-pour tous les deux. Il dure un jour, un mois, un an. L’on aime et n’est pas aimé ; les époux se mordent, s’égratignent, se - repoussent ; ou bien le diable interpose entre eux un fantôme. » - On trouve, dans Ovide et dans Virgile, des pro cédés employés par les noueurs d’aiguillette de leurs temps. Ils prenaient une petite figure de cire, sorte de Priape qu’ils entouraient de rubans, et prononçaient sur cette tête des conjurations en serrant les cordons l’un après l’autre. « Ramenez, charmes puissants, ramenez Daphnis de la ville en ces lieux. Amaryllis, serre de trois-nœuds ces bandelettes de trois cou leurs ; Amaryllis, serre-les à l’instant, et dis : « Je noue lés liens de Vénus. » (Virgile, Églogue VIII.) Ils lui enfonçaient ensuite, à la place du foie, des ai- 1 guilles ou des clous, et le charme était achevé. Voici, . à peu deéhoses près, le texte dé l’exorcisme qui dénoue Faiguillette et auquel on doit avoir recours poureffectuer la consommation du mariage en vertu du canon « Si per sortiarias, etc. »... « Que toute puissance . diabolique s’éteigne en toi. Sois délivré de toute.liga ture, fascination et maléfice de Satan et de ses minis tres. Qu’il te soit donné la fécondité, et la .grâce pour’ ’ >í. r. Z ó /v fl*#, si t.
2'‘.„que r-tu'..puisses user du mariage! Que s’éloignent et ' ^ig8 . ‘ ' l’initiation \ <ée.malé:fice,.en quelque lieu qu’il soit placé, nonobs- . tant tous ¡pactes conclus entre eux et les sorciers et . ■ sorcières qui les ont aidés- » . 'De nombreux rituels donnant des variantes exis- ' taient autrefois. Et dans son traité des Superstitions, ’ Thiers en énumère une grande partie, citant comme *’ :,un des plus-curieux le rituel de Chartres, datant J "de 1640. ■ - ,Le P. Crespet, prieur des Célestins, nous dit dans : son livre De la haynede Sathan : « Pour empescher le ■ nouement de l’aiguillette, il faut parfumer la chambre •à.'hyppericon serap.inum, porter la pierre magne, le cœur d’une tourtourelle, manger un oiseau .nommé pic,'boire de la tyriaque meslée avec le dit hyppericon, porter du corail, racine de péone, armoise, le cœur d’une caille, à scavoir : si c’est l’homme, qu'il porte le cœur du masle ; si c’est la femme qu’elle porte le cœur de la femelle. Mais je croys que toutes ces. receptes sont frivoles et supertitieuses. Il est vray que •le charme est comme une poison laquelle désire un antidote, de peur qu’elle ne fasse mourir, etc. » , « Les autres, ajoute-t-il, pour chasser le charme, se -servent d’autres.charmes, comme de la peau, du front de l’hyène, du bois de palme limé avec les dents, de ' l'herbe satyrion, -de l’alysse pendu au plancher de la : - maison-qui sert tant pour les hommes que pour les L : bestes. / y'' . . ■ ■ ■' ‘BvS « AutreS'Se- servent de rue ; Dé.mocrite se' servoit de disent que cela -sert de-'
3LES CURIOSITÉS .DE L’OCCULTE '■. 199;'’ contrechartne de cracher sur le pissat'qu’on vient de" ■ rendre, ou bien sur le soulier devant que de, le chausser; les uns portaient à leur col' l’effigie - du ' memb.re viril, pensant par, icelle qu’aucuns sorciers . ne leur pourraient nuire... les autres' portaient sur' ■ leur front, en forme de couronne,' la -fleur ■ qu’on '■ .appelle les gands Nostre-Dame, et en latin Bacchar...;. Les autres crachoient en leur sein, afin que le charme- .- ne leur sut nuire, comme il se trouve dans Théocrite, et au livre IV des Épigrammes grecs. » « Plusieurs, dit Roch le Baillif, tiennent avoir dénoué l’éguillette, qu’ils appellent, et remis les mariez en leur première force en faisant uriner l’homme par l’anneau nuptial au vendredi matin soleil levant, et dire ce motyewon par trois fois. » Le P. de F Ancre raconte les cas suivants : « Un jeune homme, en la ville de Saint-Geminian en Étrurie, s’amouracha si fort d’une sorcière, qlfii ■ abandonna sa femme et ses enfants pour venir demeurer avec elle et continua cest oubly jusques à ce que sa femme, advertie du maléfice, l’estant venu trouver, fureta si exactement par la .maison de la sorcière, qu’elle trouva., dessoubs sont lict, pour instrument de ce sort, un -crapaut enfermé, dedans un pot, ayant les yeux confus et bouchez, lequel elle prit et, luy ayant dessillé les yeux, elle le . fit brusleret, si à propos qu’anssitost l’amour et l’afifection de sa femme estant rappelés parla nature -dans sa mémoire et souvenir, il s’en retourna-chez. . lui et passa heureusement le reste de ses jours. • «Un comte de ■ Westravie, aux confins du diocèse ..
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1y.- ''''. '■■ ',.'' ■ LES CURIOSITÉS DE t’OCCULTE ' .1.97 dans le rituel d’Évreux des prières contre Taiguillette, ' nouée. . ' «Le nouement devient si commun, dit Pierre de F Ancre, qu’il n’y a guère d’hommes qui osent se marier, sinon à la dérobée. Ori se trouve lié sans sa- - voir par qui, et de tant de façons que le plus rusé ny . comprend rien. Tantôt le maléfice est pour l’homme, tantôt pour la femme, ou même-pour tous les deux. Il dure un jour, un mois, un an. L’on aime et n’est pas aimé ; les époux se mordent, s’égratignent, se - repoussent ; ou bien le diable interpose entre eux un fantôme. » - On trouve, dans Ovide et dans Virgile, des pro cédés employés par les noueurs d’aiguillette de leurs temps. Ils prenaient une petite figure de cire, sorte de Priape qu’ils entouraient de rubans, et prononçaient sur cette tête des conjurations en serrant les cordons l’un après l’autre. « Ramenez, charmes puissants, ramenez Daphnis de la ville en ces lieux. Amaryllis, serre de trois-nœuds ces bandelettes de trois cou leurs ; Amaryllis, serre-les à l’instant, et dis : « Je noue lés liens de Vénus. » (Virgile, Églogue VIII.) Ils lui enfonçaient ensuite, à la place du foie, des ai- 1 guilles ou des clous, et le charme était achevé. Voici, . à peu deéhoses près, le texte dé l’exorcisme qui dénoue Faiguillette et auquel on doit avoir recours poureffectuer la consommation du mariage en vertu du canon « Si per sortiarias, etc. »... « Que toute puissance . diabolique s’éteigne en toi. Sois délivré de toute.liga ture, fascination et maléfice de Satan et de ses minis tres. Qu’il te soit donné la fécondité, et la .grâce pour’ ’ >í. r. Z ó /v fl*#, si t.
2'‘.„que r-tu'..puisses user du mariage! Que s’éloignent et ' ^ig8 . ‘ ' l’initiation \ <ée.malé:fice,.en quelque lieu qu’il soit placé, nonobs- . tant tous ¡pactes conclus entre eux et les sorciers et . ■ sorcières qui les ont aidés- » . 'De nombreux rituels donnant des variantes exis- ' taient autrefois. Et dans son traité des Superstitions, ’ Thiers en énumère une grande partie, citant comme *’ :,un des plus-curieux le rituel de Chartres, datant J "de 1640. ■ - ,Le P. Crespet, prieur des Célestins, nous dit dans : son livre De la haynede Sathan : « Pour empescher le ■ nouement de l’aiguillette, il faut parfumer la chambre •à.'hyppericon serap.inum, porter la pierre magne, le cœur d’une tourtourelle, manger un oiseau .nommé pic,'boire de la tyriaque meslée avec le dit hyppericon, porter du corail, racine de péone, armoise, le cœur d’une caille, à scavoir : si c’est l’homme, qu'il porte le cœur du masle ; si c’est la femme qu’elle porte le cœur de la femelle. Mais je croys que toutes ces. receptes sont frivoles et supertitieuses. Il est vray que •le charme est comme une poison laquelle désire un antidote, de peur qu’elle ne fasse mourir, etc. » , « Les autres, ajoute-t-il, pour chasser le charme, se -servent d’autres.charmes, comme de la peau, du front de l’hyène, du bois de palme limé avec les dents, de ' l'herbe satyrion, -de l’alysse pendu au plancher de la : - maison-qui sert tant pour les hommes que pour les L : bestes. / y'' . . ■ ■ ■' ‘BvS « AutreS'Se- servent de rue ; Dé.mocrite se' servoit de disent que cela -sert de-'
3LES CURIOSITÉS .DE L’OCCULTE '■. 199;'’ contrechartne de cracher sur le pissat'qu’on vient de" ■ rendre, ou bien sur le soulier devant que de, le chausser; les uns portaient à leur col' l’effigie - du ' memb.re viril, pensant par, icelle qu’aucuns sorciers . ne leur pourraient nuire... les autres' portaient sur' ■ leur front, en forme de couronne,' la -fleur ■ qu’on '■ .appelle les gands Nostre-Dame, et en latin Bacchar...;. Les autres crachoient en leur sein, afin que le charme- .- ne leur sut nuire, comme il se trouve dans Théocrite, et au livre IV des Épigrammes grecs. » « Plusieurs, dit Roch le Baillif, tiennent avoir dénoué l’éguillette, qu’ils appellent, et remis les mariez en leur première force en faisant uriner l’homme par l’anneau nuptial au vendredi matin soleil levant, et dire ce motyewon par trois fois. » Le P. de F Ancre raconte les cas suivants : « Un jeune homme, en la ville de Saint-Geminian en Étrurie, s’amouracha si fort d’une sorcière, qlfii ■ abandonna sa femme et ses enfants pour venir demeurer avec elle et continua cest oubly jusques à ce que sa femme, advertie du maléfice, l’estant venu trouver, fureta si exactement par la .maison de la sorcière, qu’elle trouva., dessoubs sont lict, pour instrument de ce sort, un -crapaut enfermé, dedans un pot, ayant les yeux confus et bouchez, lequel elle prit et, luy ayant dessillé les yeux, elle le . fit brusleret, si à propos qu’anssitost l’amour et l’afifection de sa femme estant rappelés parla nature -dans sa mémoire et souvenir, il s’en retourna-chez. . lui et passa heureusement le reste de ses jours. • «Un comte de ■ Westravie, aux confins du diocèse ..
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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