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1LES ÉNIGMES DES MARQUES D-IMPRIMEURS 1 I En résumé, ce signe signifiait: en divin, la Vo lonté ; en humain, le pouvoir ; en naturel, l'âme de l'univers. Nos savants éditeurs d'autrefois, en fixant leur choix, savaient donc très bien ce qu'ils voulaient exprimer d'une façon cachée. Au-dessous du 4 se trouvait souvent un double W. Il a même parfois dû être pris pour un monogramme mal fait de la Vierge M. Or c'est un schin hébreux, mais qui se ressent de son origine étrusque. C'est un schin hébreux qui se modifie suivant le double V dans l'éthiopien, le berbère, le phénicien, etc. (1). Le schin, c'est la vingt et unième lettre hébraïque, la figure « mat » du tarot (le fou). En magie noire il personnifie le mal. En hermétisme, c'est le mouve ment. Placé sous la croix, c'était une figuration qui, en clair, était équivalente à celle de la Vierge foulant le serpent du mal et en caché, c'était le mouvement, la vie vivifiant le monde figuré par ses 4 âmes : la croix ou le 4. Reste à définir les petits traits placés sur les axes. Ici encore, nous avons affaire à une véritable écriture normale à son origine, devenue hermétique dans la suite. C'est une trace laissée par les écritures ogamique et runique en usage chez les peuples de la Scandina vie, de l'Irlande, etc. Leur caractéristique principale étant de former des ( 1 ) Voir : Histoire de l'écriture dans l'antiquité, par Ph. Berger. (Imprimerie Nationale.)
2l'initiation lettres par de petits traits plus ou moins perpendicu laires au trait principal, généralement vertical. Dans le nord de l'Allemagne régnaient les écri tures, lorsque au quatrième siècle de notre ère Ulfilas, évêque des Goths, créa, pour sa traduction des évangiles, un nouvel alphabet ; l'alphabet gothique, composé de lettres onciales, auxquels il mêla quel ques caractères runiques. Pendant longtemps l'écri ture runique vécut côte à côte avec le nouvel alpha bet. Au moyen-âge on écrivait les manuscrits en caractères runiques. Peu à peu la gothique, supplanta le runique, qui finit comme beaucoup d'écritures anciennes, par devenir un alphabet magique dont la connaissance était réservée aux prêtres. En reléguant cette écriture dans le domaine des sciences merveil leuses, la religion ne faisait que lui rendre son carac tère primitif, mais si le sentiment de l'écriture runique s'est peu à peu perdu, le sentiment en est resté ( i ) profondément gravé dans l'esprit et dans les tradi tions populaires. Je possède un livre — en bois — gravé au cou teau provenant de l'Islande et de i6o5, sorte d'almanach magique, où on trouve l'alternance des carac tères ordinaires et des formes runiques avec traits, croix, etc., souvent les caractères latins sont dans des cartouches en formes de cœurs, de cercles, etc. La réplique du même ouvrage, que je possède éga lement est sous la forme d'un petit manuscrit enlu miné sur parchemin. Mêmes genres doubles de ca- (i) Histoire de l'Ecriture etc., citée.
3LES ÉNIGMES DES MARQUES û' IMPRIMEURS l3 ractères. Comme enluminures, surtout des têtes d'évêques, de prêtres, de princes de l'Église. On a voulu concilier le sacré et le profane pour ne pas dire plus. C'est l'usage de ces petits traits sur les axes en croix qui a fini par donner naissance aux nom breuses croix à croisillons plus ou moins multiples. (Saint- Benoist, Jérusalem, Lorraine, etc.). Il faudrait faire un long travail pour chercher à expliquer la signification exacte de ces additions va riables pour chaque libraire, mais il se pourrait qu'elles correspondent au IEVE du TARO, fort sou vent. En consultant un travail paru, il y a une cinquan taine d'années environ, dans le Magasin pittoresque sur les signatures du moyen-âge, on peut constater que tous les signes annexes étaient d'un usage cou rant même chez le peuple. Quant à la croix ajoutée elle y est presque toujours. La croix de nos illettrées en est le dernier vestige. La croix s'employait comme signe gravé bien avant le christianisme, c'était le signe solaire par excellence et le signe du feu (Swastika), or, le signe du feu devient en se modifiant un 4. En même temps que l'imprimerie prenait nais sance, la Réforme s'affirmait et la grande fraternité des Rose-Croix également se manifestait en Alle magne. Il nous suffit d'ouvrir l'ouvrage de le Couteul de Canteleu (i863), les Sectes et les Sociétés se crètes, pour remarquer aux pages des alphabets de Sociétés secrètes, qu'en dehors d'écritures avec axes
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES ÉNIGMES DES MARQUES D-IMPRIMEURS 1 I En résumé, ce signe signifiait: en divin, la Vo lonté ; en humain, le pouvoir ; en naturel, l'âme de l'univers. Nos savants éditeurs d'autrefois, en fixant leur choix, savaient donc très bien ce qu'ils voulaient exprimer d'une façon cachée. Au-dessous du 4 se trouvait souvent un double W. Il a même parfois dû être pris pour un monogramme mal fait de la Vierge M. Or c'est un schin hébreux, mais qui se ressent de son origine étrusque. C'est un schin hébreux qui se modifie suivant le double V dans l'éthiopien, le berbère, le phénicien, etc. (1). Le schin, c'est la vingt et unième lettre hébraïque, la figure « mat » du tarot (le fou). En magie noire il personnifie le mal. En hermétisme, c'est le mouve ment. Placé sous la croix, c'était une figuration qui, en clair, était équivalente à celle de la Vierge foulant le serpent du mal et en caché, c'était le mouvement, la vie vivifiant le monde figuré par ses 4 âmes : la croix ou le 4. Reste à définir les petits traits placés sur les axes. Ici encore, nous avons affaire à une véritable écriture normale à son origine, devenue hermétique dans la suite. C'est une trace laissée par les écritures ogamique et runique en usage chez les peuples de la Scandina vie, de l'Irlande, etc. Leur caractéristique principale étant de former des ( 1 ) Voir : Histoire de l'écriture dans l'antiquité, par Ph. Berger. (Imprimerie Nationale.)
2l'initiation lettres par de petits traits plus ou moins perpendicu laires au trait principal, généralement vertical. Dans le nord de l'Allemagne régnaient les écri tures, lorsque au quatrième siècle de notre ère Ulfilas, évêque des Goths, créa, pour sa traduction des évangiles, un nouvel alphabet ; l'alphabet gothique, composé de lettres onciales, auxquels il mêla quel ques caractères runiques. Pendant longtemps l'écri ture runique vécut côte à côte avec le nouvel alpha bet. Au moyen-âge on écrivait les manuscrits en caractères runiques. Peu à peu la gothique, supplanta le runique, qui finit comme beaucoup d'écritures anciennes, par devenir un alphabet magique dont la connaissance était réservée aux prêtres. En reléguant cette écriture dans le domaine des sciences merveil leuses, la religion ne faisait que lui rendre son carac tère primitif, mais si le sentiment de l'écriture runique s'est peu à peu perdu, le sentiment en est resté ( i ) profondément gravé dans l'esprit et dans les tradi tions populaires. Je possède un livre — en bois — gravé au cou teau provenant de l'Islande et de i6o5, sorte d'almanach magique, où on trouve l'alternance des carac tères ordinaires et des formes runiques avec traits, croix, etc., souvent les caractères latins sont dans des cartouches en formes de cœurs, de cercles, etc. La réplique du même ouvrage, que je possède éga lement est sous la forme d'un petit manuscrit enlu miné sur parchemin. Mêmes genres doubles de ca- (i) Histoire de l'Ecriture etc., citée.
3LES ÉNIGMES DES MARQUES û' IMPRIMEURS l3 ractères. Comme enluminures, surtout des têtes d'évêques, de prêtres, de princes de l'Église. On a voulu concilier le sacré et le profane pour ne pas dire plus. C'est l'usage de ces petits traits sur les axes en croix qui a fini par donner naissance aux nom breuses croix à croisillons plus ou moins multiples. (Saint- Benoist, Jérusalem, Lorraine, etc.). Il faudrait faire un long travail pour chercher à expliquer la signification exacte de ces additions va riables pour chaque libraire, mais il se pourrait qu'elles correspondent au IEVE du TARO, fort sou vent. En consultant un travail paru, il y a une cinquan taine d'années environ, dans le Magasin pittoresque sur les signatures du moyen-âge, on peut constater que tous les signes annexes étaient d'un usage cou rant même chez le peuple. Quant à la croix ajoutée elle y est presque toujours. La croix de nos illettrées en est le dernier vestige. La croix s'employait comme signe gravé bien avant le christianisme, c'était le signe solaire par excellence et le signe du feu (Swastika), or, le signe du feu devient en se modifiant un 4. En même temps que l'imprimerie prenait nais sance, la Réforme s'affirmait et la grande fraternité des Rose-Croix également se manifestait en Alle magne. Il nous suffit d'ouvrir l'ouvrage de le Couteul de Canteleu (i863), les Sectes et les Sociétés se crètes, pour remarquer aux pages des alphabets de Sociétés secrètes, qu'en dehors d'écritures avec axes
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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