Fetching
One moment.
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1210 l'initiation io centimes par jour, et où aucun commissaire ne vint nous obliger à partager avec lui. C'était à l'époque de Pâques ; j'allai prier dans une église et demandai à Dieu si je devais rentrer en France ou rester encore ici, lorsqu'au-dessus du MaîtreAutel on me fit voir le coin de la rue de la Répu blique qui débouche sur le vieux pont. Luther m'avait dit : « Vous croyez, vous, protes tants, que le Christ se repose pendant les fêtes de Pâques ; c'est une erreur. On fait là-haut les mêmes cérémonies que dans les églises catholiques ; on cru cifie le Christ, et si tous les chrétiens savaient tout ce qu'il souffre encore pour l'humanité pendant ces jours-là, ils feraient comme l'église russe, qui est celle qui a le mieux compris la Résurrection. Le baiser de paix qui se donne en Russie est d'origine divine. Vous pouvez remarquer qu'ici, dans ce pays de soleil, ces jours sont nuageux, c'est bizarre : et bien cela vient de la Pâque qui est célébrée dans le Ciel, puis ces jours d'angoisse passés, le soleil redevient radieux. J'ai constaté cette chose qui est très vraie ; du reste les Espagnols l'enseignent et la font voir comme un signe certain de ce qu'ils avancent. Pour moi, j'avais cru jusqu'alors que cela était faux. Lorsque nous eûmes l'argent nécessaire à payer notre passage pourMarseille, nous nous embarquâmes, c'était une question de quelques heures, douze, je crois, mais nous avions compté sur un temps calme, car au moment où nous partîmes le soleil était beau et le temps très clair, mais il faisait du vent qui aug menta dans de telles proportions qu'une tempête
2BATAILLES 211 épouvantable s'éleva. Nous suivions la côte, il est vrai, mais nous avions un spectacle assez rare, celui de voir une tempête se déchaîner par un soleil radieux ; c'était merveilleux et imposant. Les vagues, hautes comme des montagnes, formaient ensuite des vallées profondes, notre bateau dansait, et comme nous sui vions une route très fréquentée, nous étions entourés d'autres bateaux de tous calibres qui dansaient comme de véritables coquilles de noix. Nous nous aperçûmes que trois navires avaient disparu, engloutis complètement sans qu'il fût pos sible de leur porter secours, tant la mer était dé montée. J'étais, moi, sujet au mal de mer et je souffrais horri blement. Je maugréais contre ma curiosité d'avoir voulu connaître la science occulte et je me disais : « Quelle est ma récompense ? j'étais heureux à Paris, et pour avoir voulu guérir des gens, je n'ai recueilli que de l'ingratitude et des déboires de toutes sortes et Marius est en ce moment sous le coup d'un envoûte ment qui peut le tuer. Je voyais notre dernière heure arriver ; eh bien ! dis-le enfin, mourir en mer ou ailleurs, je saurai la vérité puisque je serai dans l'au-delà, content presque de finir ma vie de misères. Je faisais ces réflexions accroupi sur le pont du navire, quand je me sentis toucher à l'épaule droite. Me retournant, je vis à mon côté Jésus-Christ qui me regardait de ce regard divin, si doux et si pénétrant qu'aucun peintre n'a pu rendre cette expression. En même temps, il me dit : « Dimanche soir, vous serez
32 1 2 L'INITIATION à Marseille : apprends à commander aux éléments, ils t'obéiront ». — Mais je ne sais rien, Seigneur, comment veux-tu qu'on m'obéisse ? — L'occulte ne donne rien sans travail ! Sur ces paroles, le Christ disparut. J'ai voulu répéter mot à mot ce que le Christ m'avait dit; je ne l'ai pas pu, car tout ce que j'avais entendu avait été compté. Au même instant, il se fit une dé tente dans l'air, et, dans tout le rayon visuel où sa voix avait porté, la mer se calma. Cela était très visible, la mer très unie sur un certain rayon autour de notre navire, et après ce rayon la tempête continuant à se déchaîner. Je n'ai jamais entendu une voix humaine aussi harmonieuse ; puis j'eus l'intuition qu'avec les clefs de la Bible, et en prononçant les paroles appropriées à la circonstance on peut, ainsi que l'a dit le Christ, soulever la plus haute montagne. « Savants qui croyez connaître toute la science, vous ne savez encore rien. » Enfin, j'étais guéri du mal de mer ; je me retirai dans un coin du bateau et ordonnai à la mer de se calmer. Au troisième com mandement, elle se calma. Si j'avais eu plus de foi, peut-être se serait-elle calmée au premier commande ment, mais elle était si furieuse qu'elle coula des navires dans le port même de Marseille. C'était le 27 avril 1903, je crois, et notre voyage avait duré plus de quarante-huit heures au lieu de douze heures qu'il faut habituellement. Dès mon arrivée à Marseille, je me rendis à l'église
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1210 l'initiation io centimes par jour, et où aucun commissaire ne vint nous obliger à partager avec lui. C'était à l'époque de Pâques ; j'allai prier dans une église et demandai à Dieu si je devais rentrer en France ou rester encore ici, lorsqu'au-dessus du MaîtreAutel on me fit voir le coin de la rue de la Répu blique qui débouche sur le vieux pont. Luther m'avait dit : « Vous croyez, vous, protes tants, que le Christ se repose pendant les fêtes de Pâques ; c'est une erreur. On fait là-haut les mêmes cérémonies que dans les églises catholiques ; on cru cifie le Christ, et si tous les chrétiens savaient tout ce qu'il souffre encore pour l'humanité pendant ces jours-là, ils feraient comme l'église russe, qui est celle qui a le mieux compris la Résurrection. Le baiser de paix qui se donne en Russie est d'origine divine. Vous pouvez remarquer qu'ici, dans ce pays de soleil, ces jours sont nuageux, c'est bizarre : et bien cela vient de la Pâque qui est célébrée dans le Ciel, puis ces jours d'angoisse passés, le soleil redevient radieux. J'ai constaté cette chose qui est très vraie ; du reste les Espagnols l'enseignent et la font voir comme un signe certain de ce qu'ils avancent. Pour moi, j'avais cru jusqu'alors que cela était faux. Lorsque nous eûmes l'argent nécessaire à payer notre passage pourMarseille, nous nous embarquâmes, c'était une question de quelques heures, douze, je crois, mais nous avions compté sur un temps calme, car au moment où nous partîmes le soleil était beau et le temps très clair, mais il faisait du vent qui aug menta dans de telles proportions qu'une tempête
2BATAILLES 211 épouvantable s'éleva. Nous suivions la côte, il est vrai, mais nous avions un spectacle assez rare, celui de voir une tempête se déchaîner par un soleil radieux ; c'était merveilleux et imposant. Les vagues, hautes comme des montagnes, formaient ensuite des vallées profondes, notre bateau dansait, et comme nous sui vions une route très fréquentée, nous étions entourés d'autres bateaux de tous calibres qui dansaient comme de véritables coquilles de noix. Nous nous aperçûmes que trois navires avaient disparu, engloutis complètement sans qu'il fût pos sible de leur porter secours, tant la mer était dé montée. J'étais, moi, sujet au mal de mer et je souffrais horri blement. Je maugréais contre ma curiosité d'avoir voulu connaître la science occulte et je me disais : « Quelle est ma récompense ? j'étais heureux à Paris, et pour avoir voulu guérir des gens, je n'ai recueilli que de l'ingratitude et des déboires de toutes sortes et Marius est en ce moment sous le coup d'un envoûte ment qui peut le tuer. Je voyais notre dernière heure arriver ; eh bien ! dis-le enfin, mourir en mer ou ailleurs, je saurai la vérité puisque je serai dans l'au-delà, content presque de finir ma vie de misères. Je faisais ces réflexions accroupi sur le pont du navire, quand je me sentis toucher à l'épaule droite. Me retournant, je vis à mon côté Jésus-Christ qui me regardait de ce regard divin, si doux et si pénétrant qu'aucun peintre n'a pu rendre cette expression. En même temps, il me dit : « Dimanche soir, vous serez
32 1 2 L'INITIATION à Marseille : apprends à commander aux éléments, ils t'obéiront ». — Mais je ne sais rien, Seigneur, comment veux-tu qu'on m'obéisse ? — L'occulte ne donne rien sans travail ! Sur ces paroles, le Christ disparut. J'ai voulu répéter mot à mot ce que le Christ m'avait dit; je ne l'ai pas pu, car tout ce que j'avais entendu avait été compté. Au même instant, il se fit une dé tente dans l'air, et, dans tout le rayon visuel où sa voix avait porté, la mer se calma. Cela était très visible, la mer très unie sur un certain rayon autour de notre navire, et après ce rayon la tempête continuant à se déchaîner. Je n'ai jamais entendu une voix humaine aussi harmonieuse ; puis j'eus l'intuition qu'avec les clefs de la Bible, et en prononçant les paroles appropriées à la circonstance on peut, ainsi que l'a dit le Christ, soulever la plus haute montagne. « Savants qui croyez connaître toute la science, vous ne savez encore rien. » Enfin, j'étais guéri du mal de mer ; je me retirai dans un coin du bateau et ordonnai à la mer de se calmer. Au troisième com mandement, elle se calma. Si j'avais eu plus de foi, peut-être se serait-elle calmée au premier commande ment, mais elle était si furieuse qu'elle coula des navires dans le port même de Marseille. C'était le 27 avril 1903, je crois, et notre voyage avait duré plus de quarante-huit heures au lieu de douze heures qu'il faut habituellement. Dès mon arrivée à Marseille, je me rendis à l'église
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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