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114 l'initiation phoses de la lumière fermée au monde terrestre. Ail leurs, des cassolettes sont figurées, d'où la flamme s'élève en se recourbant, faisant, disent les légendes écrites en marge du tableau, « monter et descendre la vie», élevant vers le ciel les atomes des vies dis soutes, pour être réincarnés dans le mystère ; puis,, les ramenant à leur ancien support. Dans la magie gréco-romaine, le vase divinatoire, dont le miroir n'est qu'une variante, occupait tout na turellement la première place ; auprès de lui figuraient les lampes. Quel était le principe de cette magie? L'évocation du Double, désigné alors sous le nom d'esprit. La sorcière appelait les fantômes. Cela faisait partie inhérente de son métier. A qui s'adressait-elle pourcela ? AAnubis, assimilé par les Grecs à Hermès, le guide et le protecteur des morts, dans la région de l'Au-delà ; le Her-Shéta, — le maître des secrets — du monde invisible, que les inscriptions des syringes thébaines du dix-huitième siècle avant notre ère ap pellent encore le grand Shaï, — le Destin. C'est par lambeaux que nous reconstituons les pra tiques de cette magie hellénique, grâce aux satiriques et aux historiens, car l'objectif s'était modifié ; la science occulte n'était plus le principe même de la civilisation du pays, la force vive de son exis tence. Le secret était perdu, la source était tarie ; ce n'était plus que sortilèges, où la composition des philtres et les sabbats occupaient le premier rang. C'est dans Pline, Plutarque, Horapollon, Dio
2LA SÉPULTURE DE MYRITHIS l5 dore. Apulée, qu'il faut en rechercher la trace ; et, cela fait, démêler, à travers leurs récits, le rituel des opérations. Bas-relief du temple d'Aménophis III. Les génies de l'est et de l'ouest (Horus et Set) faisant l'acte Khou, cest-à-dire élevant et abaissant les principes de l'existence. La coupe divinatoire avait été employée en Egypte, au temps des Ptolémées sans doute, témoin ce passage de Pline : Tingit et JEgyptus argentum ut in vasis Anubidem suum spectet. Aussi, Anubis était-il alors identifié à Kronos par les initiés et à ladivinité Panthée parles Gnostiques. Sa forme symbolique, de chacal gardien de la région infernale, était la seule employée au cours de ces
3f6 l'initiation opérations. Juvénal fait remarquer que Oppida tota canem venerentur, ce qui fait s'écrier le poète chré tien Prudence : quœ caniformem Latrar.temque throno cœli praponat Anubem. L'empereur Commode n'en portait pas moins l'image de cet Anubis aux fêtes d'Isis ; et, vers la même date, les Gnostiques l'associaient au Dieu bi blique. C'est qu'aussi l'hérédité voulait qu'étant Je maître des secrets du ciel et de l'enfer, il demeurât le révélateur par excellence pour les Alexandrins. Plutarque en donne la définition en ces termes : « Le dieu qui fait connaître les rapports des substances célestes avec les substances de la région funéraire est appelé tantôt Anubis, tantôt Hermanubis. Le pre mier de ces noms désigne les relations des substances supérieures; le second, celles des substances infé rieures. » Cette déformation du culte de vie en un dogme nouveau séduisit le monde gréco-latin. « Depuis qu'Apollon a établi, à Delphes, un bureau de pro phètes, — dit Lucien — ; qu'Esculapetientà Pergame une boutique de médecine ; que la Thrace a élevé un Bendidéon, l'Egypte, un Anubidéon, et Éphèse, un Artémiséon, tout le monde court à ces dieux nou veaux. » Si le principe qui présidait ainsi à l'évocation de meure obscur, le formulaire de celle-ci nous est parenu par les papyrus d'époque romaine. .Les textes
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
114 l'initiation phoses de la lumière fermée au monde terrestre. Ail leurs, des cassolettes sont figurées, d'où la flamme s'élève en se recourbant, faisant, disent les légendes écrites en marge du tableau, « monter et descendre la vie», élevant vers le ciel les atomes des vies dis soutes, pour être réincarnés dans le mystère ; puis,, les ramenant à leur ancien support. Dans la magie gréco-romaine, le vase divinatoire, dont le miroir n'est qu'une variante, occupait tout na turellement la première place ; auprès de lui figuraient les lampes. Quel était le principe de cette magie? L'évocation du Double, désigné alors sous le nom d'esprit. La sorcière appelait les fantômes. Cela faisait partie inhérente de son métier. A qui s'adressait-elle pourcela ? AAnubis, assimilé par les Grecs à Hermès, le guide et le protecteur des morts, dans la région de l'Au-delà ; le Her-Shéta, — le maître des secrets — du monde invisible, que les inscriptions des syringes thébaines du dix-huitième siècle avant notre ère ap pellent encore le grand Shaï, — le Destin. C'est par lambeaux que nous reconstituons les pra tiques de cette magie hellénique, grâce aux satiriques et aux historiens, car l'objectif s'était modifié ; la science occulte n'était plus le principe même de la civilisation du pays, la force vive de son exis tence. Le secret était perdu, la source était tarie ; ce n'était plus que sortilèges, où la composition des philtres et les sabbats occupaient le premier rang. C'est dans Pline, Plutarque, Horapollon, Dio
2LA SÉPULTURE DE MYRITHIS l5 dore. Apulée, qu'il faut en rechercher la trace ; et, cela fait, démêler, à travers leurs récits, le rituel des opérations. Bas-relief du temple d'Aménophis III. Les génies de l'est et de l'ouest (Horus et Set) faisant l'acte Khou, cest-à-dire élevant et abaissant les principes de l'existence. La coupe divinatoire avait été employée en Egypte, au temps des Ptolémées sans doute, témoin ce passage de Pline : Tingit et JEgyptus argentum ut in vasis Anubidem suum spectet. Aussi, Anubis était-il alors identifié à Kronos par les initiés et à ladivinité Panthée parles Gnostiques. Sa forme symbolique, de chacal gardien de la région infernale, était la seule employée au cours de ces
3f6 l'initiation opérations. Juvénal fait remarquer que Oppida tota canem venerentur, ce qui fait s'écrier le poète chré tien Prudence : quœ caniformem Latrar.temque throno cœli praponat Anubem. L'empereur Commode n'en portait pas moins l'image de cet Anubis aux fêtes d'Isis ; et, vers la même date, les Gnostiques l'associaient au Dieu bi blique. C'est qu'aussi l'hérédité voulait qu'étant Je maître des secrets du ciel et de l'enfer, il demeurât le révélateur par excellence pour les Alexandrins. Plutarque en donne la définition en ces termes : « Le dieu qui fait connaître les rapports des substances célestes avec les substances de la région funéraire est appelé tantôt Anubis, tantôt Hermanubis. Le pre mier de ces noms désigne les relations des substances supérieures; le second, celles des substances infé rieures. » Cette déformation du culte de vie en un dogme nouveau séduisit le monde gréco-latin. « Depuis qu'Apollon a établi, à Delphes, un bureau de pro phètes, — dit Lucien — ; qu'Esculapetientà Pergame une boutique de médecine ; que la Thrace a élevé un Bendidéon, l'Egypte, un Anubidéon, et Éphèse, un Artémiséon, tout le monde court à ces dieux nou veaux. » Si le principe qui présidait ainsi à l'évocation de meure obscur, le formulaire de celle-ci nous est parenu par les papyrus d'époque romaine. .Les textes
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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