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1LA SÉPULTURE DE MYRITH1S g résidence : le royaume d'Hathor, — l'étoile polaire, — pour venir habiter le tombeau et s'unir de nouveau à son ancien support, afin de lui infuser une exis tence nouvelle, celle du défunt dans l'Amenti, cette région de la montagne d'Occident, où Osiris s'était enfoncé. Les cérémonies des funérailles et du culte des morts sont là, qui nous prouvent ces relations du Double avec la momie, se prolongeant indéfiniment grâce à un rituel mystique. L'Égyptien savait déjà que, malgré la fin apparente de l'existence, la matière continue à vivre. 11 ne s'agissait que de parvenir à conserver le cadavre et de posséder le secret de le mettre en relations avec son Double pour lui assurer l'immortalité. Le problème fut résolu. On embauma les corps, on les conserva au fond des syringes ; et cette Egypte indestructible put défier les siècles, avec une population indéfiniment accrue, chaque mort lui fournissant un nouvel habitant. « Tu es affermi pour l'éternité », disent les litanies ; et cette phrase, qu'on a considérée comme une métaphore, est accostée des bras du Double, levés vers le ciel. Et ce geste, toujours d'après les litanies, « fait monter et des cendre la flamme », c'est-à-dire élève vers le ciel les atomes des existences dissoutes et les ramène ani mer, sous une forme nouvelle, l'être dont ils s'étaient séparés. On pourrait développer ce sujet à l'infini; chaque phrase des hymnes, chaque tableau des sanctuaires ou des tombes donne la démonstration de cette con naissance parfaite de l'occultisme, qui était l'essence Bas-relief relatif à la naissance d'Aménophis III. L'enfant et son Double allaités par les Hathor-Sat et la vache d'IIathor.
21 2 l'initiation même de la civilisation égyptienne. Il suffira d'avoir établi la chose en principe ; car entrer dans la démons tration demanderait des volumes, pour se borner à rechercher la filière de quelques-unes des pièces retrou vées dans la sépulture de Myrithis. Le tambourin, principalement, se rattachait aux cérémonies rituelliques du culte isiaque. Pour l'Égypte antique, le principe du mal se trouvait personnifié par les ténèbres, l'ombre dissolvante, que les textes nomment les sebahs. Pour pallier à leur action, les peintures nous montrent l'emploi du son des instru ments de musique. Les prêtres, les prêtresses agitent des sistres ou des tambourins aux processions de la statue d'Isis, la mère d'Horus, fils posthume d'Osiris, dont la tradition sacrée faisait le vainqueur du meur trier de son père, le dieu du mal et de la nuit, Set, dont le symbole était l'hippopotame des marais. La croyance du pays taisait du pharaon le fils de Dieu, « l'enfant de Ra », réincarnation terrestre d'Osi ris, dispensateur de l'existence. C'était lui, considéré comme l'intermédiaire direct entre son père et l'hom me, qui distribuait la vie à l'Égypte ; et, dans la célé bration des mystères, sa famille s'assimile à la triade divine ; la reine à Isis et leur fils à Horus. Aussi, dans les tableaux relatifs à la naissance d'Aménophis III, Isis en personne apparaît secouant ses sistres devant la reine Maut-m-Oua, afin d'écarter d'elle le mal, à la scène de la conception du nouvel Horus, qui, de même que celui de la légende divine, renou vellera son père et affermira l'équilibre de l'existence dans le pays.
3LA SÉPULTURE DE MYRITHIS l3 Les frises qui se déroulent aux murs des chapelles funéraires, y retracent les rites relatifs à cette rénova tion de l'être humain, appelé à la vie du Double. Nombre de scènes ont trait aux incantations accom plies par l'eau et le feu. C'est dans les cantons du mystère que s'opèrent les renaissances. Là, dans le «iiifii I I l * 7N V\ Les trois bassins du domaine de Khéper. domaine de Kheper, le dieu symbolisé sous la forme du scarabée, se trouvent trois bassins : celui de Sokar, le défunt, ce qui a été les atomes de la vie dissoute ; celui de Haquet, la déesse dont la forme animale est la grenouille, ce qui devient l'état embryonnaire, les atomes en voie de formation ; le bassin du Sca rabée, ce qui s'est transformé, les atomes rénovés. Des autels, en forme de chandeliers, se dressent audevant de chaque piscine, éclairant ces métamor
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LA SÉPULTURE DE MYRITH1S g résidence : le royaume d'Hathor, — l'étoile polaire, — pour venir habiter le tombeau et s'unir de nouveau à son ancien support, afin de lui infuser une exis tence nouvelle, celle du défunt dans l'Amenti, cette région de la montagne d'Occident, où Osiris s'était enfoncé. Les cérémonies des funérailles et du culte des morts sont là, qui nous prouvent ces relations du Double avec la momie, se prolongeant indéfiniment grâce à un rituel mystique. L'Égyptien savait déjà que, malgré la fin apparente de l'existence, la matière continue à vivre. 11 ne s'agissait que de parvenir à conserver le cadavre et de posséder le secret de le mettre en relations avec son Double pour lui assurer l'immortalité. Le problème fut résolu. On embauma les corps, on les conserva au fond des syringes ; et cette Egypte indestructible put défier les siècles, avec une population indéfiniment accrue, chaque mort lui fournissant un nouvel habitant. « Tu es affermi pour l'éternité », disent les litanies ; et cette phrase, qu'on a considérée comme une métaphore, est accostée des bras du Double, levés vers le ciel. Et ce geste, toujours d'après les litanies, « fait monter et des cendre la flamme », c'est-à-dire élève vers le ciel les atomes des existences dissoutes et les ramène ani mer, sous une forme nouvelle, l'être dont ils s'étaient séparés. On pourrait développer ce sujet à l'infini; chaque phrase des hymnes, chaque tableau des sanctuaires ou des tombes donne la démonstration de cette con naissance parfaite de l'occultisme, qui était l'essence Bas-relief relatif à la naissance d'Aménophis III. L'enfant et son Double allaités par les Hathor-Sat et la vache d'IIathor.
21 2 l'initiation même de la civilisation égyptienne. Il suffira d'avoir établi la chose en principe ; car entrer dans la démons tration demanderait des volumes, pour se borner à rechercher la filière de quelques-unes des pièces retrou vées dans la sépulture de Myrithis. Le tambourin, principalement, se rattachait aux cérémonies rituelliques du culte isiaque. Pour l'Égypte antique, le principe du mal se trouvait personnifié par les ténèbres, l'ombre dissolvante, que les textes nomment les sebahs. Pour pallier à leur action, les peintures nous montrent l'emploi du son des instru ments de musique. Les prêtres, les prêtresses agitent des sistres ou des tambourins aux processions de la statue d'Isis, la mère d'Horus, fils posthume d'Osiris, dont la tradition sacrée faisait le vainqueur du meur trier de son père, le dieu du mal et de la nuit, Set, dont le symbole était l'hippopotame des marais. La croyance du pays taisait du pharaon le fils de Dieu, « l'enfant de Ra », réincarnation terrestre d'Osi ris, dispensateur de l'existence. C'était lui, considéré comme l'intermédiaire direct entre son père et l'hom me, qui distribuait la vie à l'Égypte ; et, dans la célé bration des mystères, sa famille s'assimile à la triade divine ; la reine à Isis et leur fils à Horus. Aussi, dans les tableaux relatifs à la naissance d'Aménophis III, Isis en personne apparaît secouant ses sistres devant la reine Maut-m-Oua, afin d'écarter d'elle le mal, à la scène de la conception du nouvel Horus, qui, de même que celui de la légende divine, renou vellera son père et affermira l'équilibre de l'existence dans le pays.
3LA SÉPULTURE DE MYRITHIS l3 Les frises qui se déroulent aux murs des chapelles funéraires, y retracent les rites relatifs à cette rénova tion de l'être humain, appelé à la vie du Double. Nombre de scènes ont trait aux incantations accom plies par l'eau et le feu. C'est dans les cantons du mystère que s'opèrent les renaissances. Là, dans le «iiifii I I l * 7N V\ Les trois bassins du domaine de Khéper. domaine de Kheper, le dieu symbolisé sous la forme du scarabée, se trouvent trois bassins : celui de Sokar, le défunt, ce qui a été les atomes de la vie dissoute ; celui de Haquet, la déesse dont la forme animale est la grenouille, ce qui devient l'état embryonnaire, les atomes en voie de formation ; le bassin du Sca rabée, ce qui s'est transformé, les atomes rénovés. Des autels, en forme de chandeliers, se dressent audevant de chaque piscine, éclairant ces métamor
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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