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11 2 l'initiation « épreuves matérielles, était une allégorie vivante, « accessible à tous, où les intelligences les moins cul- « tivées pouvaient trouver un aliment à leur espé- « rance (i). » Ce mythe fut surtout en faveur à Rome vers les deuxième et troisième siècles de l'ère chrétienne. Cette mosaïque est antérieure, c'est un signe précurseur. Sa présence sur les marbres grecs-romains n'a rien qui doive surprendre. Les sarcophages romains pré sentent une sorte d'enseignement moral, souvent en veloppé et confus, parfois très net, comme dans ce cas. La Grèce n'a pas inventé l'immortalité de l'âme, cela remonte bien plus haut, l'origine en est inconnue, et Amélineau a pu dire avec justesse dans Vidée de l'âme dans l'ancienne Egypte : « Que les anciens Egyptiens avaient inscrit sur les monuments funèbres et sur les papyrus placés près des cadavres : Et maintenant son corps est dans la terre, son âme est au ciel. Et il conclut : «Je ne dirais pas que l'Egypte a inventé la première ces idées (croyance à l'immor talité), parce que je ne sais pas si une autre nation ne les a pas eues concurremment avec l'Egypte et anté rieurement à elle; mais je dis que l'idée d'âme a eu, en Egypte, l'origine et l'évolution que je viens de faire connaître et j'ajoute qu'il est plus vraisemblable, qu'il est même moralement certain que la Grèce n'a fait qu'emprunter à l'Egypte les idées qui avaient cours dans la vallée du Nil (2). » (1) COLLIGnOn, lOC. Cit. (2) Initiation, juin 19o2.
2ÉTUDE DE SYMBOLISME l3 C'est en Egypte que les sages de la Grèce étaient venu recevoir l'Initiation. Le passage suivant indique bien le travail progressif que firent les mythes orien taux dans les contrées civilisées de l'Europe. « Tandis que la Grèce, moins troublée, assistant à un travail paisible de fusion entre les mythes an ciens et une philosophie plus raisonnable, trouvait le calme dans les souvenirs toujours vivants de ses légendes, l'esprit romain aspirait à des doctrines plus précises et demandait aux croyances les plus diverses des émotions religieuses et parfois une direction mo rale. Si les uns s'adressaient aux rites bouffons ou sanguinaires de l'Orient, les autres se faisaient jour dans le courant des mythes païens. L'indécision même des croyances antiques servait cette sorte de rénovation du paganisme. Le mythe de Psyché, les mystères de Bacchus apportaient des idées d'immor talité étrangères à l'ancienne religion ; le besoin de croire donnait à ces symboles un accent et une portée qui équivalaient à une véritable renaissance. « On ne doit point s'étonner de voir parfois, mêlées et confondues, les croyances du mythe et celles des mystères dionysiaques. « Les monuments figurés montrent souvent Psyché associée aux scènes joyeuses que traduisent, pour les croyants des mystères, les promesses de rénovation et de vie future. Aux yeux de la foule, les nuances délicates de la morale du mythe pouvaient bien se confondre avec les doctrines plus grossières et plus sensuelles du culte de Bacchus ; mais cette confusion est pour nous un enseignement précieux, elle témoi
314 l'initiation gne que le mythe de Psyché doit prendre place auprès d'une des croyances qui furent les plus chères aux derniers païens du paganisme. « Un des caractères les plus originaux du mythe de Psyché, c'est qu'il a pu fournir au christianisme des symboles destinés à déguiser, aux yeux des païens, les dogmes de la foi nouvelle. Il n'y a pas d'exemple qui fasse mieux comprendre combien la limite est mal définie, à l'origine, entre le christia nisme et le paganisme (i). » Ce qu'il faut penser de ce dessin au point de vue : i° Chrétien ; 2° Gnostique ; 3° Cabbalistique (Tarot) ; 4° Franc-maçonnique. i° Chrétien. L'Initiation de juillet 19o2 renferme l'idée chré tienne donnée par M. Cari Michelsen à cette mo saïque. Il l'interprète comme un vrai texte écrit en écriture figurative. Au cours de cet article, comme dans ce qui suivra, j'ai fait voir que je n'étais pas de cet avis. Les yeux et les oreilles jouent un rôle capital dans sa manière de voir. Or je n'ai pu découvrir d'yeux au ci âne, et les oreilles même sont bien problématiques. J'indiquerais que les vases à offrande à Priape étaient des vases munis d'oreilles humaines. Il y au rait peut-être des rapprochements à faire. Dans les conclusions, je donnerai la part qui peut être faite aux idées chrétiennes. 2° Gnostique. (l) COLLIGnOn, toc. Cl/.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
11 2 l'initiation « épreuves matérielles, était une allégorie vivante, « accessible à tous, où les intelligences les moins cul- « tivées pouvaient trouver un aliment à leur espé- « rance (i). » Ce mythe fut surtout en faveur à Rome vers les deuxième et troisième siècles de l'ère chrétienne. Cette mosaïque est antérieure, c'est un signe précurseur. Sa présence sur les marbres grecs-romains n'a rien qui doive surprendre. Les sarcophages romains pré sentent une sorte d'enseignement moral, souvent en veloppé et confus, parfois très net, comme dans ce cas. La Grèce n'a pas inventé l'immortalité de l'âme, cela remonte bien plus haut, l'origine en est inconnue, et Amélineau a pu dire avec justesse dans Vidée de l'âme dans l'ancienne Egypte : « Que les anciens Egyptiens avaient inscrit sur les monuments funèbres et sur les papyrus placés près des cadavres : Et maintenant son corps est dans la terre, son âme est au ciel. Et il conclut : «Je ne dirais pas que l'Egypte a inventé la première ces idées (croyance à l'immor talité), parce que je ne sais pas si une autre nation ne les a pas eues concurremment avec l'Egypte et anté rieurement à elle; mais je dis que l'idée d'âme a eu, en Egypte, l'origine et l'évolution que je viens de faire connaître et j'ajoute qu'il est plus vraisemblable, qu'il est même moralement certain que la Grèce n'a fait qu'emprunter à l'Egypte les idées qui avaient cours dans la vallée du Nil (2). » (1) COLLIGnOn, lOC. Cit. (2) Initiation, juin 19o2.
2ÉTUDE DE SYMBOLISME l3 C'est en Egypte que les sages de la Grèce étaient venu recevoir l'Initiation. Le passage suivant indique bien le travail progressif que firent les mythes orien taux dans les contrées civilisées de l'Europe. « Tandis que la Grèce, moins troublée, assistant à un travail paisible de fusion entre les mythes an ciens et une philosophie plus raisonnable, trouvait le calme dans les souvenirs toujours vivants de ses légendes, l'esprit romain aspirait à des doctrines plus précises et demandait aux croyances les plus diverses des émotions religieuses et parfois une direction mo rale. Si les uns s'adressaient aux rites bouffons ou sanguinaires de l'Orient, les autres se faisaient jour dans le courant des mythes païens. L'indécision même des croyances antiques servait cette sorte de rénovation du paganisme. Le mythe de Psyché, les mystères de Bacchus apportaient des idées d'immor talité étrangères à l'ancienne religion ; le besoin de croire donnait à ces symboles un accent et une portée qui équivalaient à une véritable renaissance. « On ne doit point s'étonner de voir parfois, mêlées et confondues, les croyances du mythe et celles des mystères dionysiaques. « Les monuments figurés montrent souvent Psyché associée aux scènes joyeuses que traduisent, pour les croyants des mystères, les promesses de rénovation et de vie future. Aux yeux de la foule, les nuances délicates de la morale du mythe pouvaient bien se confondre avec les doctrines plus grossières et plus sensuelles du culte de Bacchus ; mais cette confusion est pour nous un enseignement précieux, elle témoi
314 l'initiation gne que le mythe de Psyché doit prendre place auprès d'une des croyances qui furent les plus chères aux derniers païens du paganisme. « Un des caractères les plus originaux du mythe de Psyché, c'est qu'il a pu fournir au christianisme des symboles destinés à déguiser, aux yeux des païens, les dogmes de la foi nouvelle. Il n'y a pas d'exemple qui fasse mieux comprendre combien la limite est mal définie, à l'origine, entre le christia nisme et le paganisme (i). » Ce qu'il faut penser de ce dessin au point de vue : i° Chrétien ; 2° Gnostique ; 3° Cabbalistique (Tarot) ; 4° Franc-maçonnique. i° Chrétien. L'Initiation de juillet 19o2 renferme l'idée chré tienne donnée par M. Cari Michelsen à cette mo saïque. Il l'interprète comme un vrai texte écrit en écriture figurative. Au cours de cet article, comme dans ce qui suivra, j'ai fait voir que je n'étais pas de cet avis. Les yeux et les oreilles jouent un rôle capital dans sa manière de voir. Or je n'ai pu découvrir d'yeux au ci âne, et les oreilles même sont bien problématiques. J'indiquerais que les vases à offrande à Priape étaient des vases munis d'oreilles humaines. Il y au rait peut-être des rapprochements à faire. Dans les conclusions, je donnerai la part qui peut être faite aux idées chrétiennes. 2° Gnostique. (l) COLLIGnOn, toc. Cl/.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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