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1I 1o l'initiation sinus ou Pfeiffer, un compatriote, qui possédait la panacée universelle, et qu'un voyageur français vit encore à la fin du dix-septième siècle ( i ), nous serions assez disposé à inférer que le célèbre spagyriste con nut l'ordre de la Rose-Croix, sans en faire partie, alors que cet ordre était encore dans le sommeil. « Pendant que les guerres de religion ensanglan taient le monde, les sociétés secrètes de l'illuminisme, qui n'étaient que des écoles de théurgie et de haute magie, prenaient de la consistance en Allemagne. La plus ancienne de ces sociétés paraft avoir été celle des Rose-Croix, dont les symboles remontent au temps des Guelfes et des Gibelins, comme nous le voyons par les allégories du poème de Dante, et par les figures du Roman de la Rose. « La rose, qui a été de tout temps l'emblème de la beauté, de la vie, de l'amour et du plaisir, exprimait mystiquement la pensée secrète de toutes les protesta tions manifestées à la renaissance. C'était la chair révoltée contre l'oppression de l'esprit ; c'était la na ture se déclarant fille de Dieu, comme la grâce; c'était l'amour qui ne voulait pas être étouffé par le célibat ; c'était la vie qui ne voûtait plus être stérile; c'était l'humanité aspirant à une religion naturelle, toute de raison et d'amour, fondée sur la révélation des har monies de l'être, dont la rose était pour les initiés le symbole vivant et fleuri. « La rose, en effet, est un pantacle, elle est de forme circulaire, les feuilles de la corolle sont taillées en (i) A ureum Vellus. Rorsbacb, i5q8.
2ORIGINE DES ROSE-CROIX I I I cœur, et s'appuient harmonieusement les unes sur les autres ; sa couleur présente les nuances les plus douces des couleurs primitives, son calice est de pourpre et d'or. Nous avons vu que Flamel, ou plutôt le livre du Juif Abraham en faisait le signe hiéroglyphique de l'accomplissement du grand œuvre. Telle est la clef du roman de Clopine! et de Guillaume de Lorris. La conquête de la rose était le problème posé par l'ini tiation à la science pendant que la religion travaillait à préparer et à établir le triomphe universel, exclusif et définitif de la croix. « Réunir la rose à la croix, tel était le problème posé par la haute initiation, et en effet, la philosophie occulte étant la synthèse universelle, doit tenir compte de tous les phénomènes de l'Être. La reli gion, considérée uniquement comme un fait physio logique, est la révélation et la satisfaction d'un besoin des âmes. Son existence est un fait scientifique : la nier, ce serait nier l'humanité elle-même. Personne ne l'a inventée, elle s'est formée comme les lois, comme les civilisations, par les nécessités de la vie morale ; et considérée seulement à ce point de vue philosophique et restreint, la religion doit être regardée comme fatale si l'on explique tout par la fatalité, et comme divine si l'on admet une intelli gence suprême à la source des lois naturelles. Il suit de là que le caractère de toute religion proprement dite étant de relever directement de la divinité par une révélation surnaturelte, nul autre mode de trans mission ne donnant au dogme une sanction suffi sante, il faut en conclure que la vraie religion natu
3I 12 l'initiation relie c'est la religion révélée, c'est-à-dire qu'il est na turel de n'adopter une religion qu'en la croyant ré vélée, toute vraie religion exigeant des sacrifices, et l'homme n'ayant jamais ni le pouvoir, ni le droit d'en imposer à ses semblables, en dehors et sur tout au-dessus des conditions ordinaires de l'hu manité. «. C'est en partan t de ce principe rigoureusement ra tionnel que les Rose-Croix arrivaient au respect de la religion dominante, hiérarchique et révélée. Ils ne pouvaient par conséquent pas plus être les ennemis de la papauté que de la monarchie légitime, et s'ils conspiraient contre des papes et contre des rois, c'est qu'ils les considéraient personnellement comme des apostats du devoir et des fauteurs suprêmes de l'anarchie (i). » Les considérations philosophiques qu'on vient de lire représentent les opinions générales qu'on peut avoir sur le sujet. Les contemporains des Rose-Croix étaient plus incertains sur l'origine de ces mystérieux thaumaturges. Libavius reproduit l'avis commun que la R-f-C est un fruit paracelsique ; la théorie du paradis sur terre, ajoute-t-il, est anabaptiste ; comme il est dit que l'Antéchrist doit apporter la magnificence sur notre planète, il est probable que cette fraternité est antéchristique (2). Il se peut aussi que ce que dit la Fama au sujet de la réforme du monde et de leur collège (1) Eliphas Levi, Hist. de la magit. (2) Cf. Lud. Malvendus, Von der sonderbaren Geheimnissen des Antichrists, trad. en allemand par .-Egidius Albertinus; Munich, 16o4.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1I 1o l'initiation sinus ou Pfeiffer, un compatriote, qui possédait la panacée universelle, et qu'un voyageur français vit encore à la fin du dix-septième siècle ( i ), nous serions assez disposé à inférer que le célèbre spagyriste con nut l'ordre de la Rose-Croix, sans en faire partie, alors que cet ordre était encore dans le sommeil. « Pendant que les guerres de religion ensanglan taient le monde, les sociétés secrètes de l'illuminisme, qui n'étaient que des écoles de théurgie et de haute magie, prenaient de la consistance en Allemagne. La plus ancienne de ces sociétés paraft avoir été celle des Rose-Croix, dont les symboles remontent au temps des Guelfes et des Gibelins, comme nous le voyons par les allégories du poème de Dante, et par les figures du Roman de la Rose. « La rose, qui a été de tout temps l'emblème de la beauté, de la vie, de l'amour et du plaisir, exprimait mystiquement la pensée secrète de toutes les protesta tions manifestées à la renaissance. C'était la chair révoltée contre l'oppression de l'esprit ; c'était la na ture se déclarant fille de Dieu, comme la grâce; c'était l'amour qui ne voulait pas être étouffé par le célibat ; c'était la vie qui ne voûtait plus être stérile; c'était l'humanité aspirant à une religion naturelle, toute de raison et d'amour, fondée sur la révélation des har monies de l'être, dont la rose était pour les initiés le symbole vivant et fleuri. « La rose, en effet, est un pantacle, elle est de forme circulaire, les feuilles de la corolle sont taillées en (i) A ureum Vellus. Rorsbacb, i5q8.
2ORIGINE DES ROSE-CROIX I I I cœur, et s'appuient harmonieusement les unes sur les autres ; sa couleur présente les nuances les plus douces des couleurs primitives, son calice est de pourpre et d'or. Nous avons vu que Flamel, ou plutôt le livre du Juif Abraham en faisait le signe hiéroglyphique de l'accomplissement du grand œuvre. Telle est la clef du roman de Clopine! et de Guillaume de Lorris. La conquête de la rose était le problème posé par l'ini tiation à la science pendant que la religion travaillait à préparer et à établir le triomphe universel, exclusif et définitif de la croix. « Réunir la rose à la croix, tel était le problème posé par la haute initiation, et en effet, la philosophie occulte étant la synthèse universelle, doit tenir compte de tous les phénomènes de l'Être. La reli gion, considérée uniquement comme un fait physio logique, est la révélation et la satisfaction d'un besoin des âmes. Son existence est un fait scientifique : la nier, ce serait nier l'humanité elle-même. Personne ne l'a inventée, elle s'est formée comme les lois, comme les civilisations, par les nécessités de la vie morale ; et considérée seulement à ce point de vue philosophique et restreint, la religion doit être regardée comme fatale si l'on explique tout par la fatalité, et comme divine si l'on admet une intelli gence suprême à la source des lois naturelles. Il suit de là que le caractère de toute religion proprement dite étant de relever directement de la divinité par une révélation surnaturelte, nul autre mode de trans mission ne donnant au dogme une sanction suffi sante, il faut en conclure que la vraie religion natu
3I 12 l'initiation relie c'est la religion révélée, c'est-à-dire qu'il est na turel de n'adopter une religion qu'en la croyant ré vélée, toute vraie religion exigeant des sacrifices, et l'homme n'ayant jamais ni le pouvoir, ni le droit d'en imposer à ses semblables, en dehors et sur tout au-dessus des conditions ordinaires de l'hu manité. «. C'est en partan t de ce principe rigoureusement ra tionnel que les Rose-Croix arrivaient au respect de la religion dominante, hiérarchique et révélée. Ils ne pouvaient par conséquent pas plus être les ennemis de la papauté que de la monarchie légitime, et s'ils conspiraient contre des papes et contre des rois, c'est qu'ils les considéraient personnellement comme des apostats du devoir et des fauteurs suprêmes de l'anarchie (i). » Les considérations philosophiques qu'on vient de lire représentent les opinions générales qu'on peut avoir sur le sujet. Les contemporains des Rose-Croix étaient plus incertains sur l'origine de ces mystérieux thaumaturges. Libavius reproduit l'avis commun que la R-f-C est un fruit paracelsique ; la théorie du paradis sur terre, ajoute-t-il, est anabaptiste ; comme il est dit que l'Antéchrist doit apporter la magnificence sur notre planète, il est probable que cette fraternité est antéchristique (2). Il se peut aussi que ce que dit la Fama au sujet de la réforme du monde et de leur collège (1) Eliphas Levi, Hist. de la magit. (2) Cf. Lud. Malvendus, Von der sonderbaren Geheimnissen des Antichrists, trad. en allemand par .-Egidius Albertinus; Munich, 16o4.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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