Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1LA VIE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 199 1‘" janvier 1786. A cette date le Philosophe part pour Paris avec Zinnowief. Nous voyons nommer le marquis de Bory, M. de Saint-Didier, M. de Polomieu (qu’il appelle irrespec tueusement la Grande Minette) ; le F. Barberin ; puis nous apprenons que, sur les récits, prudents cepen dant, de Saint—Martin, plusieurs frères, entre autres Savalette de Langes, veulent se rendre à Lyon. Quelle prudence ne devait pas montrer Saint-Martin dans le récit des faits qu’il avait été appelé à voir aux Brotteaiux et dans le choix des oreilles à qui il pouvait conter ces faits I Dans le premier moment d’enthou— siasme on se figure que le récit véridique des faits oc cultes, énoncé avec ardeur et conviction, va entraîner l’assentiment de l’auditeur. On expose les phéno— mènes avec toute la rigueur désirable, on parle, grisé .par son propre consentement — puis vient le réveil. L’auditeur n’est pas apte à s'élever si haut. Il se persuade aisément que l’imagination a dû être pour beaucoup dans ces faits qui déconcertent ses catégories mentales. Et loin d’être persuadé, il devient plus dé fiant et plus sceptique. On a compromis le maître visible ou invisible, on a fait fausse route et il faut toute l'humilité de notre philosophe pour se jeter à genoux en reconnaissant ses fautes et en se rappelant la remarque pyt'hago tienne qu’on a une seule bouche et deux oreilles. Hélas l que celui qui n’a pas péché jette la première pierre au philosophe! Pour nous, nous savons com bien l’expérience du silence lui fut dure, pour ne pas excuser de grand cœur le jeune maître. '
2zoo L’INITIATION VOYAGE A LONDRES Un mois après, le 15 janvier 1787, il est à Londres, où il est arrivé le 10. après une mauvaise traversée pendant laquelle il a fait connaissance avec le mal de mer. Le but de son voyage? Apparemment de re trouver Tieman et Zinnowief qui sont à Londres aussi. D’Hauterive, rencontré par hasard, a été froid. Il ne veut pas regarder comme frères (Martinésistes) ceux qui appartiennent à la Maçonnerie. Saint-Martin fit, àLondres, la connaissance du mys tique Law et surtout de M. Belz, un voyant remar— quable, dont notre philosophe décrit avec enthou siasme les facultés dans cette lettre. D’autre part, M. Matter signale (pp. 132 et 299) les connaissances aristocratiques de Saint-Martin, parmi lesquelles nous remarquons le comte de Divonne, M. de Coislin, milord Beauchamps, puisle savant Herschell chez qui notre auteur a déjeuné avec M. de Lauzun, M. Dutens et M. Horseley. Ce Dutens est le célèbre auteur des Découvertes des anciens attribuées aux modernes qui ont demandé une érudition et des recherches considérables. « Je demeurais, nous dit Saint-Martin, chezle prince « Galitzin et Tieman qui eurent tant de bontés pour « moi que j’en ai honte. » Le prince Galitzin a-t—il été un des agents actifs de l'introduction du Martinisme (de Saint-Martin) en Russie? Je l’ignore. Mais ce qui est sûr, c‘est que l’Ordre Martiniste prit une telle extension en Russie 4 -!"—
3LA VIE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 201 que le théâtre impérial, un peu, dit-on, par ordre de la Grande Catherine, mit une attaque des Martinistes en scène et qu’aujourd‘hui encore on peut voir exposés à Moscou les bijoux et les cordons des Mar tinistes de cette époque. Les noms russes cités par Saint—Martin sont les sui vants (Matter, p. 136) : prince Galitzin, Kachelof, Markof, Zinnowief, Stavronski, Vorrontzofi, comte Rasonmoski. Nos amis de Russie feront bien de rechercher dans ces familles les traces de l’action de notre maître. A l’encontre de M. Matter, je ne crois pas qu’il s‘agisse là des disciples de Martines, mais bien de ceux de Saint-Martin. Notre philosophe cite lui-même les noms de Doyen, Granville, Poisy, Millanois, Auchat. PARIS, AMBOISE, L’ITALIE Le séjour de Londres' est bientôt terminé, car le 20 juillet 1787 nous retrouvons Saint-Martin à Paris arrivant de Bussang. Son père est paralysé et il part à Amboise. Les frères Giraud et Millanois sont encore cités dans cette lettre. Bientôt Saint-Martin part pour l’Italie et il passe par Lyon en septembre I787. Il fait le voyage d’ltalie, nous dit M. Matter, avec le prince Galitzin. Notre philosophe dans sa lettre de Lyon parle surtout de M. Giraud et le reste se rapporte à des mots convenus au sujet de l’impression de ses ouvrages. .1txànut.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LA VIE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 199 1‘" janvier 1786. A cette date le Philosophe part pour Paris avec Zinnowief. Nous voyons nommer le marquis de Bory, M. de Saint-Didier, M. de Polomieu (qu’il appelle irrespec tueusement la Grande Minette) ; le F. Barberin ; puis nous apprenons que, sur les récits, prudents cepen dant, de Saint—Martin, plusieurs frères, entre autres Savalette de Langes, veulent se rendre à Lyon. Quelle prudence ne devait pas montrer Saint-Martin dans le récit des faits qu’il avait été appelé à voir aux Brotteaiux et dans le choix des oreilles à qui il pouvait conter ces faits I Dans le premier moment d’enthou— siasme on se figure que le récit véridique des faits oc cultes, énoncé avec ardeur et conviction, va entraîner l’assentiment de l’auditeur. On expose les phéno— mènes avec toute la rigueur désirable, on parle, grisé .par son propre consentement — puis vient le réveil. L’auditeur n’est pas apte à s'élever si haut. Il se persuade aisément que l’imagination a dû être pour beaucoup dans ces faits qui déconcertent ses catégories mentales. Et loin d’être persuadé, il devient plus dé fiant et plus sceptique. On a compromis le maître visible ou invisible, on a fait fausse route et il faut toute l'humilité de notre philosophe pour se jeter à genoux en reconnaissant ses fautes et en se rappelant la remarque pyt'hago tienne qu’on a une seule bouche et deux oreilles. Hélas l que celui qui n’a pas péché jette la première pierre au philosophe! Pour nous, nous savons com bien l’expérience du silence lui fut dure, pour ne pas excuser de grand cœur le jeune maître. '
2zoo L’INITIATION VOYAGE A LONDRES Un mois après, le 15 janvier 1787, il est à Londres, où il est arrivé le 10. après une mauvaise traversée pendant laquelle il a fait connaissance avec le mal de mer. Le but de son voyage? Apparemment de re trouver Tieman et Zinnowief qui sont à Londres aussi. D’Hauterive, rencontré par hasard, a été froid. Il ne veut pas regarder comme frères (Martinésistes) ceux qui appartiennent à la Maçonnerie. Saint-Martin fit, àLondres, la connaissance du mys tique Law et surtout de M. Belz, un voyant remar— quable, dont notre philosophe décrit avec enthou siasme les facultés dans cette lettre. D’autre part, M. Matter signale (pp. 132 et 299) les connaissances aristocratiques de Saint-Martin, parmi lesquelles nous remarquons le comte de Divonne, M. de Coislin, milord Beauchamps, puisle savant Herschell chez qui notre auteur a déjeuné avec M. de Lauzun, M. Dutens et M. Horseley. Ce Dutens est le célèbre auteur des Découvertes des anciens attribuées aux modernes qui ont demandé une érudition et des recherches considérables. « Je demeurais, nous dit Saint-Martin, chezle prince « Galitzin et Tieman qui eurent tant de bontés pour « moi que j’en ai honte. » Le prince Galitzin a-t—il été un des agents actifs de l'introduction du Martinisme (de Saint-Martin) en Russie? Je l’ignore. Mais ce qui est sûr, c‘est que l’Ordre Martiniste prit une telle extension en Russie 4 -!"—
3LA VIE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 201 que le théâtre impérial, un peu, dit-on, par ordre de la Grande Catherine, mit une attaque des Martinistes en scène et qu’aujourd‘hui encore on peut voir exposés à Moscou les bijoux et les cordons des Mar tinistes de cette époque. Les noms russes cités par Saint—Martin sont les sui vants (Matter, p. 136) : prince Galitzin, Kachelof, Markof, Zinnowief, Stavronski, Vorrontzofi, comte Rasonmoski. Nos amis de Russie feront bien de rechercher dans ces familles les traces de l’action de notre maître. A l’encontre de M. Matter, je ne crois pas qu’il s‘agisse là des disciples de Martines, mais bien de ceux de Saint-Martin. Notre philosophe cite lui-même les noms de Doyen, Granville, Poisy, Millanois, Auchat. PARIS, AMBOISE, L’ITALIE Le séjour de Londres' est bientôt terminé, car le 20 juillet 1787 nous retrouvons Saint-Martin à Paris arrivant de Bussang. Son père est paralysé et il part à Amboise. Les frères Giraud et Millanois sont encore cités dans cette lettre. Bientôt Saint-Martin part pour l’Italie et il passe par Lyon en septembre I787. Il fait le voyage d’ltalie, nous dit M. Matter, avec le prince Galitzin. Notre philosophe dans sa lettre de Lyon parle surtout de M. Giraud et le reste se rapporte à des mots convenus au sujet de l’impression de ses ouvrages. .1txànut.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.