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1196 L’INITIATION juste raison qu’il n’y apas dans la nature d’arbres innés, c’est-à-dire se présentant du premier coup avec toutes leurs feuilles et tous leurs fruits. Ce que la nature nous présente, ce sont des germes, des graines, que le terrain et les conditions climatériques développeront plus ou moins vite, surtout si le jardinier y met la main. Il en est de même pour les idées de l’homme. Les germes seuls des idées Sont innés et les sensations vont venir développer ces germes comme l’arrosage développe la plante. Ainsi on restitue à l’idée son ori gine supérieure et l’on rend à la sensation son rôle considérable dans la croissance et la direction des idées. Il reste encore, pour être complet, à’ étendre le domaine des sensations jusqu’aux limites de l’intui— tion et de la perception à distance, mais ce sera là le rôle de la science de demain et nous ne devons pas anticiper. Si donc le physiologiste nous apparaît comme s’occupant trop exclusivement du corps phy sique, le philosophe s’occupe aussi trop spécialement de l’esprit considéré en dehors du corps. Qui pourrait donc nous montrer maintenant quelque principe autre que le corps ou l’esprit ? Ne voulant pas de— mander encore cette question à l’occultiste, nous nous adresserons à un méconnu : le poète. Le poète est un amoureux comme l’amoureux est toujours un peu un poète. Aussi comme il a vite fait d’envoyer promener toutes ces froides classifications métaphysiques pour rester dans le plan véritable, c'est-à-dire vivant de la nature. Nous ne saurions avoir trop de reconnais sance au marquis de Saint—Yves d’Alveydre qui est venu, grâce à son archéomètre, mettre la vie vraie et
2LA CONSTITUTION DE L'HOMME 197 F-fi._,. ...... .. _ . _. , ... .. . .....vu. 4-..‘ , p .a.u claire à la place de toutes ces poussières du passé et de ces classifications pédantes qui obscurcissent les catégories mentales de} beaucoup de contemporains. Devinant dans la femme la portion de l’humanité qui a conservé la plus grande part de la transmission vi vante, le poète a franchi les limites étroites fixées par le philosophe autant que par le physiologiste. Il a senti vibrer en son âme toute cette partie sentimen— tale de la nature humaine qui est son seul pivot de révolution dans tous les plans, visibles aussi bien qu’invisibles de la nature. Le poète a trouvé du pre mier coup la réalité de la souffrance et du bonheur conscients de la plante et de la pierre, autant que de la femme. Il a senti penser le chêne altier comme l’humble violette et il a deviné le mystère de la vie . universelle enveloppée par l’amour. C’est à l’école de Lyon, auprès du Dr Philippe, que nous avons pu constater expérimentalement l’existence de ces mys tères de la vie qui renverseront bien des théories phi losophiques et qui nous montrent l’existence d’un principe autre que le corps et autre que l’esprit, d’un principe issu de la vie universelle, et nommé par saint Paul le principe qui anime : anima. C’est grâce à la perception de l’amour que le poète a évité la grossièreté du physiologiste et la sécheresse du philo sophe, c’est pour cela que,le révélateur religieux dans l’antiquité est toujours poète et que nous trouvons de si gracieuses autant que de vraies images dans les panthéistes conceptions de la philosophie orientale. « Ne profane pas l’arbre qui pousse devanttademeure, ditle poète révélateur; qui saitsi les cellules matérielles
3198 L’INITIATION du corps de tes ancêtres ne circulent pas dans sa sève? » < Fais comme le santal quiparfume en to Fais comme le santal quiparfume en tombant la cognée qui lui donne la mort, » dit un autre, et par tout les images évocatrices se dressent pour nous montrer le culte de la beauté marchant de pair avec la charité mystique de l’homme qui sait et qui reste humble. Est-ce le physiologiste si porté au matéria lisme, est—ce le philosophe si enclin au raisonnement vide et à la métaphysique qui vont nous analyser ces facultés encore mystérieuses de l’intuition, du pres— sentiment, de la vision à distance ainsique les songes révélateurs et les rêves prophétiques? Hélas 1 non. L’amour qui emplit le cœur du poète et seul pu lui faire décrire les émotions et les passions de cette âme qui relie le corps à l’esprit. Je sais bien que, si le savant est matérialiste, si le philosophe est métaphy— sicien, le poète sera porté à être panthéiste. C‘est le petit revers de cette très belle médaille, revers qui va nous pousser à chercher le réalisateur des facultés qu’on peut appeler supra—humaines, tant leur culture est rare, et nous allons nous adresser au mystique. Le mystique est le poète de la philosophie, tout comme le poète est l’idéalisateur de la physiologie. Aussi il faut voir de que] œil courroucé le considèrent savants et philosophes. Le mystique, c’est la protesta tion vivante contre l’inanité des affirmations matéria listes, c’est le démolisseur par le fait des systèmes creux et prétentieux du philosophe. .Sans vouloir chercher en ce moment l’origine des facultés supra-normales et souvent surhumaines ma nifestées par le mystique, voyons d’abord quelques faits très nets.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1196 L’INITIATION juste raison qu’il n’y apas dans la nature d’arbres innés, c’est-à-dire se présentant du premier coup avec toutes leurs feuilles et tous leurs fruits. Ce que la nature nous présente, ce sont des germes, des graines, que le terrain et les conditions climatériques développeront plus ou moins vite, surtout si le jardinier y met la main. Il en est de même pour les idées de l’homme. Les germes seuls des idées Sont innés et les sensations vont venir développer ces germes comme l’arrosage développe la plante. Ainsi on restitue à l’idée son ori gine supérieure et l’on rend à la sensation son rôle considérable dans la croissance et la direction des idées. Il reste encore, pour être complet, à’ étendre le domaine des sensations jusqu’aux limites de l’intui— tion et de la perception à distance, mais ce sera là le rôle de la science de demain et nous ne devons pas anticiper. Si donc le physiologiste nous apparaît comme s’occupant trop exclusivement du corps phy sique, le philosophe s’occupe aussi trop spécialement de l’esprit considéré en dehors du corps. Qui pourrait donc nous montrer maintenant quelque principe autre que le corps ou l’esprit ? Ne voulant pas de— mander encore cette question à l’occultiste, nous nous adresserons à un méconnu : le poète. Le poète est un amoureux comme l’amoureux est toujours un peu un poète. Aussi comme il a vite fait d’envoyer promener toutes ces froides classifications métaphysiques pour rester dans le plan véritable, c'est-à-dire vivant de la nature. Nous ne saurions avoir trop de reconnais sance au marquis de Saint—Yves d’Alveydre qui est venu, grâce à son archéomètre, mettre la vie vraie et
2LA CONSTITUTION DE L'HOMME 197 F-fi._,. ...... .. _ . _. , ... .. . .....vu. 4-..‘ , p .a.u claire à la place de toutes ces poussières du passé et de ces classifications pédantes qui obscurcissent les catégories mentales de} beaucoup de contemporains. Devinant dans la femme la portion de l’humanité qui a conservé la plus grande part de la transmission vi vante, le poète a franchi les limites étroites fixées par le philosophe autant que par le physiologiste. Il a senti vibrer en son âme toute cette partie sentimen— tale de la nature humaine qui est son seul pivot de révolution dans tous les plans, visibles aussi bien qu’invisibles de la nature. Le poète a trouvé du pre mier coup la réalité de la souffrance et du bonheur conscients de la plante et de la pierre, autant que de la femme. Il a senti penser le chêne altier comme l’humble violette et il a deviné le mystère de la vie . universelle enveloppée par l’amour. C’est à l’école de Lyon, auprès du Dr Philippe, que nous avons pu constater expérimentalement l’existence de ces mys tères de la vie qui renverseront bien des théories phi losophiques et qui nous montrent l’existence d’un principe autre que le corps et autre que l’esprit, d’un principe issu de la vie universelle, et nommé par saint Paul le principe qui anime : anima. C’est grâce à la perception de l’amour que le poète a évité la grossièreté du physiologiste et la sécheresse du philo sophe, c’est pour cela que,le révélateur religieux dans l’antiquité est toujours poète et que nous trouvons de si gracieuses autant que de vraies images dans les panthéistes conceptions de la philosophie orientale. « Ne profane pas l’arbre qui pousse devanttademeure, ditle poète révélateur; qui saitsi les cellules matérielles
3198 L’INITIATION du corps de tes ancêtres ne circulent pas dans sa sève? » < Fais comme le santal quiparfume en to Fais comme le santal quiparfume en tombant la cognée qui lui donne la mort, » dit un autre, et par tout les images évocatrices se dressent pour nous montrer le culte de la beauté marchant de pair avec la charité mystique de l’homme qui sait et qui reste humble. Est-ce le physiologiste si porté au matéria lisme, est—ce le philosophe si enclin au raisonnement vide et à la métaphysique qui vont nous analyser ces facultés encore mystérieuses de l’intuition, du pres— sentiment, de la vision à distance ainsique les songes révélateurs et les rêves prophétiques? Hélas 1 non. L’amour qui emplit le cœur du poète et seul pu lui faire décrire les émotions et les passions de cette âme qui relie le corps à l’esprit. Je sais bien que, si le savant est matérialiste, si le philosophe est métaphy— sicien, le poète sera porté à être panthéiste. C‘est le petit revers de cette très belle médaille, revers qui va nous pousser à chercher le réalisateur des facultés qu’on peut appeler supra—humaines, tant leur culture est rare, et nous allons nous adresser au mystique. Le mystique est le poète de la philosophie, tout comme le poète est l’idéalisateur de la physiologie. Aussi il faut voir de que] œil courroucé le considèrent savants et philosophes. Le mystique, c’est la protesta tion vivante contre l’inanité des affirmations matéria listes, c’est le démolisseur par le fait des systèmes creux et prétentieux du philosophe. .Sans vouloir chercher en ce moment l’origine des facultés supra-normales et souvent surhumaines ma nifestées par le mystique, voyons d’abord quelques faits très nets.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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