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19:» Ô @ / . La reproduction des articles inédits publiés par [Initiation est formellement interdite. à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réseryée à l’exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) LA. EONSTI‘I‘IITIÛN de L’HOMME et L’IMMOBTALI’I‘E CONFÉRENCE FAITE LE 12 FÉVRlER 1901 A SAINT-PÉTERSBOURG POUR LA socrÉrÉ D'ÉTUDES PSYCHO-PHYSIQUES Peu d’objets ont autant intéressé les esprits à toute époque que cette question de la constitution de l’Être humain. On ne compte plus les définitions et les sys tèmes proposés à cet effet. Cela provient de la multi plicité même des problèmes à résoudre et une revue rapide des conceptions diverses va nous permettre de mieux nous rendre compte de cette difficulté. Pour le physiologz’ste, en effet, l’homme ne com prend que les fonctions de sa portion matérielle et immédiatement accessible au scalpel ou à l’expéri mentation, c’est-à-dire le corps physique. C’est tout au plus si le physiologiste admet la division des or ganes en volontaires, fonctionnant pendant la veille 13
2t 94 L'INITIATION [mans .._,__,,1 et en involontaires, ou mieux, inconscients, fonc— - tionnant pendant le sommeil et alors que les pre miers cessent leur fonction. Cette dualité dans le fonctionnement physique de l’être humain peut tou tefois nous être utile et nous la noterons en passant. Un autre fait que nous demanderons au physiolo giste de nous confirmer, c’est celui du changement incessant des cellules qui viennent d’accomplir leur fonction, ce qui nous permet de constater que l’orga nisme matériel de l’homme se renouvelle totalement en une période qu’on peut estimer à. sept ans et que les cellules ne sont que le voile transitoire qui cons tituel’aspect extérieur de l’homme, puisqu’une per— sonne que nous voyons au bout de sept ans conserve sa physionomie, alors qu’aucune des cellules maté rielles de jadis ne subsiste plus et que certaines d’entre elles se sont renouvelées des millions de fois. Il est surtout intéressant de noter ce fait pour les cel lules nerveuses du cerveau dont Claude Bernard a étudié la transformation chimique et la disparition après chaque travail accompli. Or, une pensée dont nous nous souvenons trois ans après son enregistre ment dans la mémoire a été supportée depuis cette époque par des milliers de cellules difiérentes, ce qui nous indique bien quelamatièrecérébrale ne fabrique pas la pensée, mais ne fait que lui servir de sup port. Quel est donc ce principe qui, en dehors des cel lules matérielles, présiderait à l’entretien et à la con servation des formes organiques et des idées? C’est ce que nous allons essayer d’abord de demander au
31901] LA CONSTITUTION DE L’HOMME Igb Philosophe. Le philosophe classique semble appelé à disparaître ou tout au moins à se transformer presque complètement. Cela tient à ce qu’il a voulu étudier l’homme sans s’occuper de ses organes matériels et en s’intéressant à un seul principe : l’esprit. Or, nos habitudes nouvelles nous poussent à considérer comme songes creux toutes les déductions qui décri vent le fonctionnement d’une partie de l’homme sans tenir compte des réactions et des fonctions des or ganes physiques. Aussi le philosophe classique devra t«il faire marcher de pair les études anatomiques des centres nerveux avec ses déductions. Si notre faiseur de systèmes ignore donc volontairement le corps, par contre, il connaît bien mieux qu’aucun physiolo giste les rouages de la pensée et de ses multiples transformations. Son mépris de l’anatomie l’empêche de bien analyser les sentiments et lui ferme presque totalement la marche des instincts que, par contre, le physiologiste possède si bien qu’il veut fourrer ses réflexes instinctifs partout. Aussi n’est-il pas de sujet où l’antagonisme des deux rivaux éclate mieux que dans la question de l’origine des idées de l’homme. Les idées sont—elles innées comme les traducteurs le font dire à Platon, ou ne sont—elles que le produit ré flexe des sensations comme le prétentent les psycho— physiologistes contemporains? La solution, même , approchée, de ce problème est importante pour la suite de notre étude, et nous nous y arrêterons d’au— tant plus volontiers que c’està Claude de Saint—Martin que revient l’honneur d‘avoir donné la solution vraie de cette difficile contestation. ll-a fait remarqueravec
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
19:» Ô @ / . La reproduction des articles inédits publiés par [Initiation est formellement interdite. à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réseryée à l’exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) LA. EONSTI‘I‘IITIÛN de L’HOMME et L’IMMOBTALI’I‘E CONFÉRENCE FAITE LE 12 FÉVRlER 1901 A SAINT-PÉTERSBOURG POUR LA socrÉrÉ D'ÉTUDES PSYCHO-PHYSIQUES Peu d’objets ont autant intéressé les esprits à toute époque que cette question de la constitution de l’Être humain. On ne compte plus les définitions et les sys tèmes proposés à cet effet. Cela provient de la multi plicité même des problèmes à résoudre et une revue rapide des conceptions diverses va nous permettre de mieux nous rendre compte de cette difficulté. Pour le physiologz’ste, en effet, l’homme ne com prend que les fonctions de sa portion matérielle et immédiatement accessible au scalpel ou à l’expéri mentation, c’est-à-dire le corps physique. C’est tout au plus si le physiologiste admet la division des or ganes en volontaires, fonctionnant pendant la veille 13
2t 94 L'INITIATION [mans .._,__,,1 et en involontaires, ou mieux, inconscients, fonc— - tionnant pendant le sommeil et alors que les pre miers cessent leur fonction. Cette dualité dans le fonctionnement physique de l’être humain peut tou tefois nous être utile et nous la noterons en passant. Un autre fait que nous demanderons au physiolo giste de nous confirmer, c’est celui du changement incessant des cellules qui viennent d’accomplir leur fonction, ce qui nous permet de constater que l’orga nisme matériel de l’homme se renouvelle totalement en une période qu’on peut estimer à. sept ans et que les cellules ne sont que le voile transitoire qui cons tituel’aspect extérieur de l’homme, puisqu’une per— sonne que nous voyons au bout de sept ans conserve sa physionomie, alors qu’aucune des cellules maté rielles de jadis ne subsiste plus et que certaines d’entre elles se sont renouvelées des millions de fois. Il est surtout intéressant de noter ce fait pour les cel lules nerveuses du cerveau dont Claude Bernard a étudié la transformation chimique et la disparition après chaque travail accompli. Or, une pensée dont nous nous souvenons trois ans après son enregistre ment dans la mémoire a été supportée depuis cette époque par des milliers de cellules difiérentes, ce qui nous indique bien quelamatièrecérébrale ne fabrique pas la pensée, mais ne fait que lui servir de sup port. Quel est donc ce principe qui, en dehors des cel lules matérielles, présiderait à l’entretien et à la con servation des formes organiques et des idées? C’est ce que nous allons essayer d’abord de demander au
31901] LA CONSTITUTION DE L’HOMME Igb Philosophe. Le philosophe classique semble appelé à disparaître ou tout au moins à se transformer presque complètement. Cela tient à ce qu’il a voulu étudier l’homme sans s’occuper de ses organes matériels et en s’intéressant à un seul principe : l’esprit. Or, nos habitudes nouvelles nous poussent à considérer comme songes creux toutes les déductions qui décri vent le fonctionnement d’une partie de l’homme sans tenir compte des réactions et des fonctions des or ganes physiques. Aussi le philosophe classique devra t«il faire marcher de pair les études anatomiques des centres nerveux avec ses déductions. Si notre faiseur de systèmes ignore donc volontairement le corps, par contre, il connaît bien mieux qu’aucun physiolo giste les rouages de la pensée et de ses multiples transformations. Son mépris de l’anatomie l’empêche de bien analyser les sentiments et lui ferme presque totalement la marche des instincts que, par contre, le physiologiste possède si bien qu’il veut fourrer ses réflexes instinctifs partout. Aussi n’est-il pas de sujet où l’antagonisme des deux rivaux éclate mieux que dans la question de l’origine des idées de l’homme. Les idées sont—elles innées comme les traducteurs le font dire à Platon, ou ne sont—elles que le produit ré flexe des sensations comme le prétentent les psycho— physiologistes contemporains? La solution, même , approchée, de ce problème est importante pour la suite de notre étude, et nous nous y arrêterons d’au— tant plus volontiers que c’està Claude de Saint—Martin que revient l’honneur d‘avoir donné la solution vraie de cette difficile contestation. ll-a fait remarqueravec
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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