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1SUR LA PHYSIOLOGIE SPIRITUELLE 103 une créature individuelle et intelligente. De même dans l’homme un globule de matière est entraîné dans les océans des vaisseaux artériels, dans le lacis sans fin, pour sa petitesse, des capillaires; cette cellule micros copique suit des chemins, tout comme l’âme qui anime le corps dont elle fait partie et à travers lequel elleévo lue. Voilà pourquoi le Maître des Sèigneurs a pu dire: Je suis la VOIE, la vérité et la vie. ' Choisissons un exemple purement matériel: suppo sons un homme qui va se restaurer avec une excellente soupe aux choux; l‘idée pourra sembler puérile, mais, 'au pointde vue invisible, il est certain qu’il existe une relation spéciale entre la famille à laquelle appar tiennent les esprits des cellules matérielles de notre dîneur et la famille spirituelle du chou qui va être in géré. Il est également certain que ce végétal et t0utes les cellules qui le constituent possèdent une certaine intelligence, ces cellules végétales vont donc accepter, par une sorte de pacte conclu avec leur régent, lequel est l’esprit collectif de leur règne, d’évoluer en passant de la Sphère d’existence infra-humaine à la sphère hu— maine. L’esprit de cette plante et les esprits de toutes les cellules composantes savent donc, chacun selon son degré, que, pour parfaire cette évolution, il leur faudra mourir à l’état de vie qu’ils ont expérimenté jusqu‘à présent, pour renaître à l’état de chyle, de lyInphe, de cellules musculaires, osseuses ou sangui nes en passant par toutes les douleurs de la désinté— gration qu'elles vont subir pendant que le bol alimen taire ser'a digéré par le feu gastrique. Si telles cellules sont plus spécialement apparentées au règne minéral,
2104 L’INITIATION -- "v uv m elles iront dans les os, et ce n’est qu’après un stage plus ou moins long dans ce plan d’existence qu’une nouvelle mort transformera leur tension vitale, c’est-à dire placera leur esprit dans un nouvel appartement ou dans un nouveau département de l’organisme hu— main. Leur paradis à elles sera atteint quand elles seront devenues aptes à entrer en communication avec l’univers extérieur: par exemple quand, entraî— nées dans le lacis des capillaires, elles remonteront par les veines jusqu’aux poumons, pour recevoir de l‘air atmosphérique une énergie nouvelle, ce que les alchi— mistes appellent une teinture, par l’infusion de la quelle il leur sera permis de devenir pour le corps tout entier une puissance biologique. La voie de l’initiation de l’esprit humain est de tout point semblable. Attaché à un corps physique, s’il veut s’évader de la prison de la matière, il faut qu’il meure à tout ce qui constitue sa personnalité dans le plan de cette matière; mais c’est là un but idéal: le sommet de l’évolution que puisse attendre un ego in carné. La cellule osseuse peut être entraînée dans un courant de l’organisme, et revenir à sa place, elle peut s’incorporer complètement dans ce courant. De même l’homme—esprit peut être admis dans l’lnvisible, à titre de simple spectateur, ou comme participant à la vie spirituelle; et, de plus, l’admission à la porte des dif— férents appartements ne nécessite pas toujours une transformation radicale de la personnalité humaine. Nous allons essayer d’expliquer ces différences. L’invisible, lorsqu’il se révèle à un être humain, ne peut le faire qu’en déterminant dans la conscience de.
3SUR LA PHYSIOLOGIE SPIRITUELLE 105“ cet être un changement, une orientation nouvelle, en la transportant au delà de son état habituel, en provo-— quant, en un mot, une extase. Mais il y a beaucoup . d’extases; il y en a autant, en réalité, que de plans dans l’univers; l’initiation humaine ne peut donner que des méthodes générales, des procédés que chaque néophyte réalise selon ses capacités particulières. Ainsi, par exemple, le Yogui qui, selon la lettre ex térieure des traités mystiques, prononce l’Aum, le ma-» gicien qui crée le pentagramme, font ces choses selon l’esprit et non pas selon le corps: prononcer l’Aum en esprit, c’est exalter sa conscience individuelle jus qu’au plan de la mère universelle; dresser le penta gramme, ce n’est pas dessiner une figure géométrique à une heure donnée, avec des encres et des objets con sacrés, c’est se tenir debout en esprit dans l’Invisible : la tâche n’est plus aussi facile. Le mystique lui—même, lorsqu’il prie, prosterné au fond del’abîme de l’humi lité, ne profère pas de paroles, mais la faim de son âme perce à travers les serpents invisibles, jusqu’à la source de toute vie. Ces trois exemples représentent à peu près exacte ment les trois grandes voies par lesquelles il est donné à l’homme de vivre de la vie spirituelle. Le Yogi suprême ne tend pas à autre chose qu’à devenir la cellule qui, dans l’éternité prochaine de la terre, c’est-à-dire dans le prochain Manvantara, recevra un germe vivant venu du Père; c’est le même chemin par lequel, dans le corps de la femme, des cellules vont passer, pour nourrir l’enfant futur qu’elle mettra au jour après une période régie comme les périodes brahmaniques, par
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1SUR LA PHYSIOLOGIE SPIRITUELLE 103 une créature individuelle et intelligente. De même dans l’homme un globule de matière est entraîné dans les océans des vaisseaux artériels, dans le lacis sans fin, pour sa petitesse, des capillaires; cette cellule micros copique suit des chemins, tout comme l’âme qui anime le corps dont elle fait partie et à travers lequel elleévo lue. Voilà pourquoi le Maître des Sèigneurs a pu dire: Je suis la VOIE, la vérité et la vie. ' Choisissons un exemple purement matériel: suppo sons un homme qui va se restaurer avec une excellente soupe aux choux; l‘idée pourra sembler puérile, mais, 'au pointde vue invisible, il est certain qu’il existe une relation spéciale entre la famille à laquelle appar tiennent les esprits des cellules matérielles de notre dîneur et la famille spirituelle du chou qui va être in géré. Il est également certain que ce végétal et t0utes les cellules qui le constituent possèdent une certaine intelligence, ces cellules végétales vont donc accepter, par une sorte de pacte conclu avec leur régent, lequel est l’esprit collectif de leur règne, d’évoluer en passant de la Sphère d’existence infra-humaine à la sphère hu— maine. L’esprit de cette plante et les esprits de toutes les cellules composantes savent donc, chacun selon son degré, que, pour parfaire cette évolution, il leur faudra mourir à l’état de vie qu’ils ont expérimenté jusqu‘à présent, pour renaître à l’état de chyle, de lyInphe, de cellules musculaires, osseuses ou sangui nes en passant par toutes les douleurs de la désinté— gration qu'elles vont subir pendant que le bol alimen taire ser'a digéré par le feu gastrique. Si telles cellules sont plus spécialement apparentées au règne minéral,
2104 L’INITIATION -- "v uv m elles iront dans les os, et ce n’est qu’après un stage plus ou moins long dans ce plan d’existence qu’une nouvelle mort transformera leur tension vitale, c’est-à dire placera leur esprit dans un nouvel appartement ou dans un nouveau département de l’organisme hu— main. Leur paradis à elles sera atteint quand elles seront devenues aptes à entrer en communication avec l’univers extérieur: par exemple quand, entraî— nées dans le lacis des capillaires, elles remonteront par les veines jusqu’aux poumons, pour recevoir de l‘air atmosphérique une énergie nouvelle, ce que les alchi— mistes appellent une teinture, par l’infusion de la quelle il leur sera permis de devenir pour le corps tout entier une puissance biologique. La voie de l’initiation de l’esprit humain est de tout point semblable. Attaché à un corps physique, s’il veut s’évader de la prison de la matière, il faut qu’il meure à tout ce qui constitue sa personnalité dans le plan de cette matière; mais c’est là un but idéal: le sommet de l’évolution que puisse attendre un ego in carné. La cellule osseuse peut être entraînée dans un courant de l’organisme, et revenir à sa place, elle peut s’incorporer complètement dans ce courant. De même l’homme—esprit peut être admis dans l’lnvisible, à titre de simple spectateur, ou comme participant à la vie spirituelle; et, de plus, l’admission à la porte des dif— férents appartements ne nécessite pas toujours une transformation radicale de la personnalité humaine. Nous allons essayer d’expliquer ces différences. L’invisible, lorsqu’il se révèle à un être humain, ne peut le faire qu’en déterminant dans la conscience de.
3SUR LA PHYSIOLOGIE SPIRITUELLE 105“ cet être un changement, une orientation nouvelle, en la transportant au delà de son état habituel, en provo-— quant, en un mot, une extase. Mais il y a beaucoup . d’extases; il y en a autant, en réalité, que de plans dans l’univers; l’initiation humaine ne peut donner que des méthodes générales, des procédés que chaque néophyte réalise selon ses capacités particulières. Ainsi, par exemple, le Yogui qui, selon la lettre ex térieure des traités mystiques, prononce l’Aum, le ma-» gicien qui crée le pentagramme, font ces choses selon l’esprit et non pas selon le corps: prononcer l’Aum en esprit, c’est exalter sa conscience individuelle jus qu’au plan de la mère universelle; dresser le penta gramme, ce n’est pas dessiner une figure géométrique à une heure donnée, avec des encres et des objets con sacrés, c’est se tenir debout en esprit dans l’Invisible : la tâche n’est plus aussi facile. Le mystique lui—même, lorsqu’il prie, prosterné au fond del’abîme de l’humi lité, ne profère pas de paroles, mais la faim de son âme perce à travers les serpents invisibles, jusqu’à la source de toute vie. Ces trois exemples représentent à peu près exacte ment les trois grandes voies par lesquelles il est donné à l’homme de vivre de la vie spirituelle. Le Yogi suprême ne tend pas à autre chose qu’à devenir la cellule qui, dans l’éternité prochaine de la terre, c’est-à-dire dans le prochain Manvantara, recevra un germe vivant venu du Père; c’est le même chemin par lequel, dans le corps de la femme, des cellules vont passer, pour nourrir l’enfant futur qu’elle mettra au jour après une période régie comme les périodes brahmaniques, par
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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