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1CHARLES GOTTHELF DE HUND 199 PREMIER CONVENT. — Hund convoqua, en [764, à Altenberg, près Kahlà,un premier convent de l’Ordre, pour étudier la validité des affirmations de Becker. En faisant cela, il commettait, à notre avis, une grande faute ;‘car il introduisait dans son Ordre basé sur l’Illuminisme les procédés profanes des parle ments, c’est-à-dire l’action de l’inférieur sur le supé rieur. Les résultats ne sefirent pas longtemps attendre. Becker prit la fuite avec la caisse. Arrêté, pour d’autres faits, à Magdebourg,il fut mis en prison,ety mourut en I775. Les frères de l’Ordre, tout heureux d’être appelés .à censurer leurs directeurs, demandèrent de nouvelles lumières sur une foule de faits, et la division com_ mença. Un parti suivit Hund et persévéra dans son œuvre de réalisation. Ce fut la majorité. Mais un autre parti, bien que peu nombreux, se révolta sous la direction du chirurgien-major .Ellermann, et, avec l’aide de I Zinnendorf (.Equesa Iapide m'gro), fonda en 1766 un . système très sévère, bien que portant le nom d’Obéis sanceRélâchée ouLate Observance. Ce système,d’après lequel ont très longtemps fonctionné un grand nombre de loges maçonniques de la Prusse et du Mecklem— bourg, adopta presque entièrement les formes du rite suédois. ’ CONVENT DE 1772.. —— La majorité, sous la direction de Hund.convoqua un nouveau convent en I772, à_ Kohlo. Dans ce convent,le duc Charles de Brunswick (mort en I780).futélu grand maître, et l’on commença à rogner les pouvoirs du réalisateur de l’Ordre, Hund,
2200 L’INITIATION qui resta seulement à la tête de la direction de la Haute et de la Basse—Saxe. C’est là qu'un nouveau schisme se produisit sous l’influence de Gugumos (Egues a cygne triumpham‘e) qui se donnait pour un ancien envoyé du Saint-Siège dans l'île de Chypre, et qui groupa autour de lui un grand nombre de fidèles. CONVENTS DE WIESBADEN, DE BRUNSWICK. DE W01. FENBU’I‘I‘EL. -— Un nouveau couvent, convoqué àWies baden, le démasqua. Mais un frère très important de l’Ordre, Jeau-Chrétien Shubart (Eques a struthz‘one), fatigué de ces discussions, se retira avec éclat, d'où convocation de nouveaux conventsà Brunswick(t 775) et à Wolfenbuttel (I778). En même temps, le grand aumônier Stark, de Darmstadt (Egues ab aquz‘la fulva), se mit à combattre, de toutes ses forces, l’ori gine dite templière de l’Ordre. Le pauvre de Hund n’avait pu résister à toutes ces secousses et à toutes ces petites infamies. Il avait dépensé pour son œuvre plus de 500.000 thalers, il avait vendu toutes ses terres, et avait transformé la dernière en une rente viagère,que lui servait le comte Rœder de Kœnigsbrück. En I776, il s’était rendu à Meiningen, Il y mourut, le 8 novembre, à l’âge de cinquante-quatre ans._ Quant à son Ordre, il eut comme grand maître, à dater de I783, le duc Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick, qui avait succédé à son père, mort en 1780. Le duc Ferdinand de Brunswick, qui devait jouer un si grand rôle dans l’histoire del’llluminisme, con m—- u __ , V_ ' ' — ' h“-r‘-É—u‘IM
3CHARLES GOTTHELF DE HUND 201 voqua le couvent de Wilhemsbad, d'où sortit le régime rectifié, que suivent, encore aujourd’hui, plu sieursloges. Les anciens partisans de la Stricte Observance élurent, à Turin, un nouveau grand maître, Vernez, qui ne put jamais établir son influence en Allemagne. Telle est l’histoire de ce réalisateur. Nous avons négligé d’émailler ce récit de notes informant le lec teur des erreurs commises par les biographes de Hund, que les uns appellent baron, et dont d’autres ne con— naissent pas la famille. Notre mérite est en effet absolument nul; car nous avons résumé des docu— ments plus complets que les autres, et voilà tout. Tant que nous n’avons pas eu ces documents, nous avons fait les mêmes erreurs que d'aucuns, et c’est ce qui se passe, encore aujourd‘hui, pour les biographes de Saint-Martin et de Willermoz. 4 Ce qu’il importe, en terminant, c’est de faire remar quer aux Martinistes qu’ils doivent se garder de con fondre la chevalerie chrétienne, fondée par Claude de Saint—Martin, et dont les preuves de transmission existent, toutes imprimées à différentes époques,avec la Stricte Observance d’une part, etles llluminés de Weishaupt de l’autre. Certains Martinistes, comme Willermoz, ont fait partie des deux Ordres, comme d’autres Martinistes ont fait partie des loges ordinaires. Mais ce que l’histoire dira un jour, c’est que, chaque fois qu’un Martiniste est entré dans un autre Ordre ou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1CHARLES GOTTHELF DE HUND 199 PREMIER CONVENT. — Hund convoqua, en [764, à Altenberg, près Kahlà,un premier convent de l’Ordre, pour étudier la validité des affirmations de Becker. En faisant cela, il commettait, à notre avis, une grande faute ;‘car il introduisait dans son Ordre basé sur l’Illuminisme les procédés profanes des parle ments, c’est-à-dire l’action de l’inférieur sur le supé rieur. Les résultats ne sefirent pas longtemps attendre. Becker prit la fuite avec la caisse. Arrêté, pour d’autres faits, à Magdebourg,il fut mis en prison,ety mourut en I775. Les frères de l’Ordre, tout heureux d’être appelés .à censurer leurs directeurs, demandèrent de nouvelles lumières sur une foule de faits, et la division com_ mença. Un parti suivit Hund et persévéra dans son œuvre de réalisation. Ce fut la majorité. Mais un autre parti, bien que peu nombreux, se révolta sous la direction du chirurgien-major .Ellermann, et, avec l’aide de I Zinnendorf (.Equesa Iapide m'gro), fonda en 1766 un . système très sévère, bien que portant le nom d’Obéis sanceRélâchée ouLate Observance. Ce système,d’après lequel ont très longtemps fonctionné un grand nombre de loges maçonniques de la Prusse et du Mecklem— bourg, adopta presque entièrement les formes du rite suédois. ’ CONVENT DE 1772.. —— La majorité, sous la direction de Hund.convoqua un nouveau convent en I772, à_ Kohlo. Dans ce convent,le duc Charles de Brunswick (mort en I780).futélu grand maître, et l’on commença à rogner les pouvoirs du réalisateur de l’Ordre, Hund,
2200 L’INITIATION qui resta seulement à la tête de la direction de la Haute et de la Basse—Saxe. C’est là qu'un nouveau schisme se produisit sous l’influence de Gugumos (Egues a cygne triumpham‘e) qui se donnait pour un ancien envoyé du Saint-Siège dans l'île de Chypre, et qui groupa autour de lui un grand nombre de fidèles. CONVENTS DE WIESBADEN, DE BRUNSWICK. DE W01. FENBU’I‘I‘EL. -— Un nouveau couvent, convoqué àWies baden, le démasqua. Mais un frère très important de l’Ordre, Jeau-Chrétien Shubart (Eques a struthz‘one), fatigué de ces discussions, se retira avec éclat, d'où convocation de nouveaux conventsà Brunswick(t 775) et à Wolfenbuttel (I778). En même temps, le grand aumônier Stark, de Darmstadt (Egues ab aquz‘la fulva), se mit à combattre, de toutes ses forces, l’ori gine dite templière de l’Ordre. Le pauvre de Hund n’avait pu résister à toutes ces secousses et à toutes ces petites infamies. Il avait dépensé pour son œuvre plus de 500.000 thalers, il avait vendu toutes ses terres, et avait transformé la dernière en une rente viagère,que lui servait le comte Rœder de Kœnigsbrück. En I776, il s’était rendu à Meiningen, Il y mourut, le 8 novembre, à l’âge de cinquante-quatre ans._ Quant à son Ordre, il eut comme grand maître, à dater de I783, le duc Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick, qui avait succédé à son père, mort en 1780. Le duc Ferdinand de Brunswick, qui devait jouer un si grand rôle dans l’histoire del’llluminisme, con m—- u __ , V_ ' ' — ' h“-r‘-É—u‘IM
3CHARLES GOTTHELF DE HUND 201 voqua le couvent de Wilhemsbad, d'où sortit le régime rectifié, que suivent, encore aujourd’hui, plu sieursloges. Les anciens partisans de la Stricte Observance élurent, à Turin, un nouveau grand maître, Vernez, qui ne put jamais établir son influence en Allemagne. Telle est l’histoire de ce réalisateur. Nous avons négligé d’émailler ce récit de notes informant le lec teur des erreurs commises par les biographes de Hund, que les uns appellent baron, et dont d’autres ne con— naissent pas la famille. Notre mérite est en effet absolument nul; car nous avons résumé des docu— ments plus complets que les autres, et voilà tout. Tant que nous n’avons pas eu ces documents, nous avons fait les mêmes erreurs que d'aucuns, et c’est ce qui se passe, encore aujourd‘hui, pour les biographes de Saint-Martin et de Willermoz. 4 Ce qu’il importe, en terminant, c’est de faire remar quer aux Martinistes qu’ils doivent se garder de con fondre la chevalerie chrétienne, fondée par Claude de Saint—Martin, et dont les preuves de transmission existent, toutes imprimées à différentes époques,avec la Stricte Observance d’une part, etles llluminés de Weishaupt de l’autre. Certains Martinistes, comme Willermoz, ont fait partie des deux Ordres, comme d’autres Martinistes ont fait partie des loges ordinaires. Mais ce que l’histoire dira un jour, c’est que, chaque fois qu’un Martiniste est entré dans un autre Ordre ou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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