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1CONGRÈS DE PSYCHOLOGIE 195 ment formaient une réserve compacte destinée à ahurir légèrement le bureau s’il avait fallu émettre un vote quelconque. Enfin toutes nos dispositions étaient également prises pour faire appel à la presse quoti— dienne'si cela avait été nécessaire. Nos personnalités disparaissaientcomme nos écoles devant le but à atteindre et nous pensons que voilà le vrai moyen de montrer comment nous sommes tous prêts à nous unir quand cela est nécessaire, non pas en théorie, mais bien pratiquement. Enfin il ne faut parler d’un concours inattendu au tant que piquant : celui des ecclésiastiques. Quand, dans le cours de la discussion, on en vint à parler de la possibilité de l’existence dans l’homme d’un élément autre que la matière, etque cette idée fut défendue avec énergie par tous, les spiritualistes pré— sents, MM. les ecclésiastiques, professeurs de philoso phie pour la plupart, furent bien obligés de marcher avec ceux qu’ils considèrent comme une bande de dé— moniaques. Le contraste était assez piquant. Telle était notre organisation avec l’appui inattendu de ces auxiliaires, aussi étonnés de marcher dans notre sens que nous de les voir marcher à nos côtés, voyons maintenant les phases du combat. * 1‘! ' On nous avait groupés avec les hypnotiseurs dans une section n° 5 dénommée: « Hypnotisme et Ques tions connexes » sous la présidence du professeur Bernheim, de Nancy, à la courtoisie duquel nous nous plaisons à rendre hommage.
2196 L'INITIATION Les élèves de Bernheim, groupés autour de leur maître, espéraient bien que la question « Hypno tisme » aurait le pas sur celle des « Questions con nexes » et c’est le contraire qui a eu lieu. Dans son discours d’inauguration. le P' Bernheim commence le feu en déclarant « que le moment est venu de passer de la phase d‘obscurité occultiste à celle de la lumière positiviste et qu’après les ânonne— ments du Magnétisme, l'Hypnotisme devenait enfin une vraie science ». Tel est le sens général de ce dis cours. appuyé sur les redites habituelles que de même que la Chimie est venue des obscurités de l’Alchimie, de même l’Hypnotisme se crée en lais sant de côté toutes les jongleries des magnétiseurs. Nous ne dirons pas aux lecteurs de cette revue que l’Alchimie constitue la philosophie de la chimie à laquelle reviennent tous les chimistes contemporains, et que le Magnétisme est toujours le tuteur de l’Hyp— notisme et de ses petits bégaiements. Mais nous étions fixés: ces messieurs du Congrès psycholo gique ne connaissaient rien à nos questions, n’avaient étudié ni nos théories. ni nos expériences, alors que nous connaissions les leurs : la partie était trop belle pour la laisser échapper. Aussi dès le discours pro— noncé, nous avons commencé l’attaque. De plus, la chance nous a favorisés. L’ordre alphabétique faisait succéder les communications de MM. Delanne, Denis et du Dr Encausse. Nous avons pu ainsi accentuer la portée de nos coups. Nos adversaires firent tous leurs efforts pour fuir les « questions annexes »et pour revenir à « l'Hypnotisme, » mais ce fut en vain.
3CONGRÈS DE PSYCHOLOGIE 197 En dehors de notre section, une séance générale fut consacrée à ces études dans l'après-midi de mer— credi. Après une communication étincelante d’esprit du Pr Flournoy, de Genève, sur les médiums, et un discours remarquable en tous points du Pr Richet, M. Myers et d’autres orateurs ne traitèrent plus que de faits spirites, au grand désespoir des pontifes épouvan tés. Ces derniers, ne se souciant pas d’intervenir dans le combat d'une manière ouverte, déléguèrent un jeune docteur de Nancy 'en le chargeant de remettre tous cesgêneurs en place au nom de la Science (avec un grand S). Ce fut la joie dujeudi matin. Profitant d’une très savante communication du D“ Joire, de Lille, ce jeune médecin que je ne nom merai pas pour ne pas effaroucher sa modestie, fit une virulente sortie débutant par cet aphorisme exquis :'«- En dehors de ma communication et de celle du P' Bernheim, je n'ai rien entendu de scien tifique dans cette section. Il s’en prit ensuite aux orga— nisateurs du Congrès, tous professeurs, qui avaient osé recevoir ces communications sans le consulter, lui, simple docteur et congressiste comme noustous. Les règlements, qu'on nous appliquait strictement, n'autorisaient les réponses que pendant trois mi nutes. Au nom de la « Science », l’interrupteur parla plus de vingt-cinq minutes sur le même ton. Cela nous était du reste indifférent, car notre but était atteint. Nous les avions mis en colère et, ne pouvant s’élever contre la certitude des faits, ils s’écriaient : « Mais faites donc venir un esprit sur le bureau », à quoi Léon Denis leur répondit justement : « Faites m. ‘-.=. .—-w- . .va
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1CONGRÈS DE PSYCHOLOGIE 195 ment formaient une réserve compacte destinée à ahurir légèrement le bureau s’il avait fallu émettre un vote quelconque. Enfin toutes nos dispositions étaient également prises pour faire appel à la presse quoti— dienne'si cela avait été nécessaire. Nos personnalités disparaissaientcomme nos écoles devant le but à atteindre et nous pensons que voilà le vrai moyen de montrer comment nous sommes tous prêts à nous unir quand cela est nécessaire, non pas en théorie, mais bien pratiquement. Enfin il ne faut parler d’un concours inattendu au tant que piquant : celui des ecclésiastiques. Quand, dans le cours de la discussion, on en vint à parler de la possibilité de l’existence dans l’homme d’un élément autre que la matière, etque cette idée fut défendue avec énergie par tous, les spiritualistes pré— sents, MM. les ecclésiastiques, professeurs de philoso phie pour la plupart, furent bien obligés de marcher avec ceux qu’ils considèrent comme une bande de dé— moniaques. Le contraste était assez piquant. Telle était notre organisation avec l’appui inattendu de ces auxiliaires, aussi étonnés de marcher dans notre sens que nous de les voir marcher à nos côtés, voyons maintenant les phases du combat. * 1‘! ' On nous avait groupés avec les hypnotiseurs dans une section n° 5 dénommée: « Hypnotisme et Ques tions connexes » sous la présidence du professeur Bernheim, de Nancy, à la courtoisie duquel nous nous plaisons à rendre hommage.
2196 L'INITIATION Les élèves de Bernheim, groupés autour de leur maître, espéraient bien que la question « Hypno tisme » aurait le pas sur celle des « Questions con nexes » et c’est le contraire qui a eu lieu. Dans son discours d’inauguration. le P' Bernheim commence le feu en déclarant « que le moment est venu de passer de la phase d‘obscurité occultiste à celle de la lumière positiviste et qu’après les ânonne— ments du Magnétisme, l'Hypnotisme devenait enfin une vraie science ». Tel est le sens général de ce dis cours. appuyé sur les redites habituelles que de même que la Chimie est venue des obscurités de l’Alchimie, de même l’Hypnotisme se crée en lais sant de côté toutes les jongleries des magnétiseurs. Nous ne dirons pas aux lecteurs de cette revue que l’Alchimie constitue la philosophie de la chimie à laquelle reviennent tous les chimistes contemporains, et que le Magnétisme est toujours le tuteur de l’Hyp— notisme et de ses petits bégaiements. Mais nous étions fixés: ces messieurs du Congrès psycholo gique ne connaissaient rien à nos questions, n’avaient étudié ni nos théories. ni nos expériences, alors que nous connaissions les leurs : la partie était trop belle pour la laisser échapper. Aussi dès le discours pro— noncé, nous avons commencé l’attaque. De plus, la chance nous a favorisés. L’ordre alphabétique faisait succéder les communications de MM. Delanne, Denis et du Dr Encausse. Nous avons pu ainsi accentuer la portée de nos coups. Nos adversaires firent tous leurs efforts pour fuir les « questions annexes »et pour revenir à « l'Hypnotisme, » mais ce fut en vain.
3CONGRÈS DE PSYCHOLOGIE 197 En dehors de notre section, une séance générale fut consacrée à ces études dans l'après-midi de mer— credi. Après une communication étincelante d’esprit du Pr Flournoy, de Genève, sur les médiums, et un discours remarquable en tous points du Pr Richet, M. Myers et d’autres orateurs ne traitèrent plus que de faits spirites, au grand désespoir des pontifes épouvan tés. Ces derniers, ne se souciant pas d’intervenir dans le combat d'une manière ouverte, déléguèrent un jeune docteur de Nancy 'en le chargeant de remettre tous cesgêneurs en place au nom de la Science (avec un grand S). Ce fut la joie dujeudi matin. Profitant d’une très savante communication du D“ Joire, de Lille, ce jeune médecin que je ne nom merai pas pour ne pas effaroucher sa modestie, fit une virulente sortie débutant par cet aphorisme exquis :'«- En dehors de ma communication et de celle du P' Bernheim, je n'ai rien entendu de scien tifique dans cette section. Il s’en prit ensuite aux orga— nisateurs du Congrès, tous professeurs, qui avaient osé recevoir ces communications sans le consulter, lui, simple docteur et congressiste comme noustous. Les règlements, qu'on nous appliquait strictement, n'autorisaient les réponses que pendant trois mi nutes. Au nom de la « Science », l’interrupteur parla plus de vingt-cinq minutes sur le même ton. Cela nous était du reste indifférent, car notre but était atteint. Nous les avions mis en colère et, ne pouvant s’élever contre la certitude des faits, ils s’écriaient : « Mais faites donc venir un esprit sur le bureau », à quoi Léon Denis leur répondit justement : « Faites m. ‘-.=. .—-w- . .va
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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