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1’_ La reproduction des articles inédits publiés pur l’1nitiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l’exposé des idées de la Direction, des Mambre: du Comité de Rédaction et d la reproduction des classiques anciens.) Ë"®CWILTE A rÿxrrmsnmr LES AISSAOUAHS La légende raconte que Sidi-Ben-Ai‘ssa, le fonda teur de la confrérie des Aïssaouahs, fonda son ordre en appelant à lui ceux qui avaient un tel mépris de la mort, qu’après avoir vu couler le sang et entendu les râles des hommes entrés dans la tente un par un, avant eux, ils avaient voulu sans crainte subir le même sort. Vingt se présentèrent ainsi sur 2.000 assistants. La cérémonie terminée, la tente s’ouvrit et on aperçut, vivants, ceux que l’on croyait égorgés. Un mouton avait chaque fois remplacé chacun des futurs initiés et son sang avait ruisselé au dehors pour éloigner ceux qui craignaient la mort. Grâce aux paroles secrètes et aux pratiques trans mises, de génération en génération, par Sidi-Ben-Ai’ssa, ces hommes et leurs initiés peuvent dominer la souf france physique et l’annihiler. En 1889, j’avais commencé une étude sur les Aïssaouahs et j’avais été appelé, comme médecin, 1
22 L'INITIATION [JUILLET à constater que l’un d’eux sortait bien son œil hors de l’orbite au moyen d'un poignard, alors que quelques « beaux esprits » prétendaient que c’était un œil de verre. Justement cet opérateur, alors simple membre, est devenu le chef de la petite section de six hommes envoyés à l’Exposition de 1900. Il m’a été d’autant plus facile de renouveler connaissance que le jeune chef, très intelligent, parle couramment le français et l’espagnol. C’est ainsi que, dans nos conversations prépara— toires à l’organisation d'une séance réservée à nos élèves de l’École hermétique, j’ai pu obtenir d’inté— ressants détails sur l’entrée dans l’ordre et l’affirma tion de ce fait que les chrétiens comme les musul mans peuvent y être initiés et acquérir les pouvoirs des adeptes, en presque totalité composés de musulmans. « Un de nos membres, ayant la plus grande foi en Sidi-Ben-Aïssa,‘ a même été un Français (chrétien), » m’a dit mon interlocuteur. Quoi qu’il en soit, étudions non pas les théories, mais les faits et décrivons la séance tout à fait spé— ciale organisée pour nos élèves, le dimanche 24 juin. J’y joindrai mes remarques antérieures et, s’il est nécessaire, je reviendrai plus tard sur cet intéressant sujet. ’ La préparation à la séance se fait de la façon sui vante: les six membres, assis à l’ombre en demi cercle et faisant face aux spectateurs, font la prière, les paumes des mains tournées en dehors. _ C’est après cela que commence la séance propreg
31900] L‘OCCULTE A L’EXPOSITION ‘3 ment dite et qu’il est procédé à la mise en état d’in .sensibilité d’un. des opérateurs. Je ne dis pas hypno tisatz‘on ; car il s’agit ici d’autres faits que de ceux de l’hypnotisme classique et nous allons noter les diverses phases du phénomène. A. En premier lieu, la musique formée de grands tambours plats que manient les opérateurs et sur les quels ils frappent avec leurs doigts, comme on joue sur le tambour de basque. Le rythme de cette musique est d’abord lent, puis il s’accentue progressivement jusqu’à entraîner le -cerveau de l’opérateur dans un vertige particulier. B. La musique est accompagnée de litanies en arabe et de psalmodies de versets du Coran, ainsi que de la récitation, par les adeptes, des formules secrètes de l’ordre. ' ' C. Celui qui doit opérer sort alors du demi—cercle ; il s’accroupit devant un réchaud placé en face du ' chef et contenant du charbon allumé sur lequel on .répand du benjoin. L’opérateur, aspirant violemment la fumée du benjoin, ralentit son expiration et agit exactement comme le yogui dans la première phase de son entraînement. Après avoir aspiré le benjoin et reçu l’attouchement du chef, l’opérateur se relève et, toujours soutenu par les chants et la musique, il commence une danse pendant laquelle il secoue la tête et le corps d’avant en arrière, de manière à transmettre ses secousses rythmiques au cervelet et aux centres sympathiques. Après quelques minutes de cette danse, un 'cri annonce que l’insensibilité est obtenue et la musique
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1’_ La reproduction des articles inédits publiés pur l’1nitiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l’exposé des idées de la Direction, des Mambre: du Comité de Rédaction et d la reproduction des classiques anciens.) Ë"®CWILTE A rÿxrrmsnmr LES AISSAOUAHS La légende raconte que Sidi-Ben-Ai‘ssa, le fonda teur de la confrérie des Aïssaouahs, fonda son ordre en appelant à lui ceux qui avaient un tel mépris de la mort, qu’après avoir vu couler le sang et entendu les râles des hommes entrés dans la tente un par un, avant eux, ils avaient voulu sans crainte subir le même sort. Vingt se présentèrent ainsi sur 2.000 assistants. La cérémonie terminée, la tente s’ouvrit et on aperçut, vivants, ceux que l’on croyait égorgés. Un mouton avait chaque fois remplacé chacun des futurs initiés et son sang avait ruisselé au dehors pour éloigner ceux qui craignaient la mort. Grâce aux paroles secrètes et aux pratiques trans mises, de génération en génération, par Sidi-Ben-Ai’ssa, ces hommes et leurs initiés peuvent dominer la souf france physique et l’annihiler. En 1889, j’avais commencé une étude sur les Aïssaouahs et j’avais été appelé, comme médecin, 1
22 L'INITIATION [JUILLET à constater que l’un d’eux sortait bien son œil hors de l’orbite au moyen d'un poignard, alors que quelques « beaux esprits » prétendaient que c’était un œil de verre. Justement cet opérateur, alors simple membre, est devenu le chef de la petite section de six hommes envoyés à l’Exposition de 1900. Il m’a été d’autant plus facile de renouveler connaissance que le jeune chef, très intelligent, parle couramment le français et l’espagnol. C’est ainsi que, dans nos conversations prépara— toires à l’organisation d'une séance réservée à nos élèves de l’École hermétique, j’ai pu obtenir d’inté— ressants détails sur l’entrée dans l’ordre et l’affirma tion de ce fait que les chrétiens comme les musul mans peuvent y être initiés et acquérir les pouvoirs des adeptes, en presque totalité composés de musulmans. « Un de nos membres, ayant la plus grande foi en Sidi-Ben-Aïssa,‘ a même été un Français (chrétien), » m’a dit mon interlocuteur. Quoi qu’il en soit, étudions non pas les théories, mais les faits et décrivons la séance tout à fait spé— ciale organisée pour nos élèves, le dimanche 24 juin. J’y joindrai mes remarques antérieures et, s’il est nécessaire, je reviendrai plus tard sur cet intéressant sujet. ’ La préparation à la séance se fait de la façon sui vante: les six membres, assis à l’ombre en demi cercle et faisant face aux spectateurs, font la prière, les paumes des mains tournées en dehors. _ C’est après cela que commence la séance propreg
31900] L‘OCCULTE A L’EXPOSITION ‘3 ment dite et qu’il est procédé à la mise en état d’in .sensibilité d’un. des opérateurs. Je ne dis pas hypno tisatz‘on ; car il s’agit ici d’autres faits que de ceux de l’hypnotisme classique et nous allons noter les diverses phases du phénomène. A. En premier lieu, la musique formée de grands tambours plats que manient les opérateurs et sur les quels ils frappent avec leurs doigts, comme on joue sur le tambour de basque. Le rythme de cette musique est d’abord lent, puis il s’accentue progressivement jusqu’à entraîner le -cerveau de l’opérateur dans un vertige particulier. B. La musique est accompagnée de litanies en arabe et de psalmodies de versets du Coran, ainsi que de la récitation, par les adeptes, des formules secrètes de l’ordre. ' ' C. Celui qui doit opérer sort alors du demi—cercle ; il s’accroupit devant un réchaud placé en face du ' chef et contenant du charbon allumé sur lequel on .répand du benjoin. L’opérateur, aspirant violemment la fumée du benjoin, ralentit son expiration et agit exactement comme le yogui dans la première phase de son entraînement. Après avoir aspiré le benjoin et reçu l’attouchement du chef, l’opérateur se relève et, toujours soutenu par les chants et la musique, il commence une danse pendant laquelle il secoue la tête et le corps d’avant en arrière, de manière à transmettre ses secousses rythmiques au cervelet et aux centres sympathiques. Après quelques minutes de cette danse, un 'cri annonce que l’insensibilité est obtenue et la musique
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