Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1\ La reproduction des articles inédits publiée par l'lni_tiation est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. Ë‘ait scientifique et Ëait psychique Les personnes qui sont peu au courant des pra: tiques scientifiques se figurent volontiers que, lors qu’un fait a été constaté par un savant, digne de ce nom, les Académies doivent s’incliner et admettre comme une réalité l’affirmation de ce savant. C’est là une erreur ; et elle est à tel point répandue dans les milieux les plus divers, qu’il nous semble utile d’en démontrer l’origine et la portée. Cette erreur provient de deux fausses conceptions : la première relative au rôle desAcadémies, la seconde au caractère des faits susceptibles d’être enregistrés sans appel par lesdites académies. On a tôt fait d’accabler sous les sarcasmes les corps savants officiels et de rappeler leurs multiples bévues concernant les nouveautés industrielles et scientifi ques. Or, si l’on veut bien réfléchir un peu, on remarque facilement que le rôle des Académies est de rendre classiques les idées ou les faits qu’elles admet tent définitivement, et cette opération est analogue pour l’Université à celle de la sanctification pour l’Église catholique. Celle-ci attend en général cent ans avant de sanctifier quelqu’un, et l’Académie attend, toutes 7 warzæ-ææaæ
2t 94 L’INITIATXON [DÉCEMBRE ‘.'Z‘*‘-’Î*Ï""'“"‘*ÆÎ‘"’”"‘ proportions gardées, un temps équivalent avant de se laisser pénétrer par la nouveauté. A l’origine, les Académies ont bien été créées pour aider au progrès; mais, bien vite, elles sont tombées au rôle d’une société d’enregistrement des faits bien établis. Un exemple bien caractéristique de cette loi, c’est l’histoire du Collège de France, établi parFrançois I“ à cause du grec que la Sorbonne ne voulait pas ensei gner, c'est-à-dire créé comme une institution de pro grès et devenu depuis, sauf de très rares exceptions, le refuge des invalides de ladite Sorbonne. C’est à des sociétés libres, comme l’École des Hautes Études, les congrès scientifiques régio naux, etc., que des hommes d’avant-garde doivent s’adresser tout d’abord,etquele chercheurindépendant doit présenter en premier lieu ses nouvelles idées, et ce sont des sociétés scientifiques libres qui doivent contrôler et surveiller les faits psychiques qui intéres— sent tant de personnes aujourd’hui. En effet, devant l’indifférence obligée des savants officiels, le public adû s’adresser aux sources les plus variées pour connaîtreces faits psychiques Et alors on a vu des journalistes, n’ayantjamais mis les pieds dans un laboratoire scientifique, s’improviser infor— més, et Dieu sait comme! On a vu des jeunes gens qui ne connaissent des diplômes supérieurs que le nom et des centresvd’études que la porte extérieure, improviser, entre une lecture sur le corset et une causerie sur le costume de la femme chauffeur, une conférence sur les mystères de la psychologie! W
31898] FAIT SCIENTIFIQUE ET FAIT PSYCHIQUE 195 Les savants, dignes de ce nom, sollicités par les belles Madames de donner leur opinion sur des faits patronnés par de tels parrains, se sont enfuis épou vantés et sont retournés à leurs expériences, non psy— chiques, mais raisonnables, etàleurslaboratoires dont la porte estgardée par les examens. Le public cepen dant a droit à des informations sérieuses et il doit être mis en garde contre les accusations portées à la science par ceux quine la connaissentpas. Voyons donc ce qui différencie ce que nous appelons le fait psychique du fait scientifique (1). Commençons par ce dernier. Un savant allemand découvre que, dans certaines conditions, l’ampoule de Crookes donne naissance à des rayons douésde propriétés physiques particulières, et il nomme ces rayons rayons X, en indiquant la manière de les obtenir. Aussitôt l’expérience initiale est répétée dans tous les laboratoires de physique possédant les instruments nécessaires, et partout, en Europe comme en Amérique, elle donne les résultats annoncés. Voilà ce que j’appellerai UN FAIT SCIENTIFIQUE. C’est celui qui est susceptible d’être répétéà volonté en se plaçant dans les mêmes conditions que le premier opérateur. Prenons un exemple tout différent. M. de Rochas nous raconte qu’un sujet hypnotique peut passer de l’état de somnambulisme hypnotique (1) Il est entendu que nous ne nous occupons que des faits pouvant être reproduits par l’homme et non des faits se rap portant à l‘action de la nature. J.Wæz _’_‘-ÆhÇw ...‘....a.«
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1\ La reproduction des articles inédits publiée par l'lni_tiation est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. Ë‘ait scientifique et Ëait psychique Les personnes qui sont peu au courant des pra: tiques scientifiques se figurent volontiers que, lors qu’un fait a été constaté par un savant, digne de ce nom, les Académies doivent s’incliner et admettre comme une réalité l’affirmation de ce savant. C’est là une erreur ; et elle est à tel point répandue dans les milieux les plus divers, qu’il nous semble utile d’en démontrer l’origine et la portée. Cette erreur provient de deux fausses conceptions : la première relative au rôle desAcadémies, la seconde au caractère des faits susceptibles d’être enregistrés sans appel par lesdites académies. On a tôt fait d’accabler sous les sarcasmes les corps savants officiels et de rappeler leurs multiples bévues concernant les nouveautés industrielles et scientifi ques. Or, si l’on veut bien réfléchir un peu, on remarque facilement que le rôle des Académies est de rendre classiques les idées ou les faits qu’elles admet tent définitivement, et cette opération est analogue pour l’Université à celle de la sanctification pour l’Église catholique. Celle-ci attend en général cent ans avant de sanctifier quelqu’un, et l’Académie attend, toutes 7 warzæ-ææaæ
2t 94 L’INITIATXON [DÉCEMBRE ‘.'Z‘*‘-’Î*Ï""'“"‘*ÆÎ‘"’”"‘ proportions gardées, un temps équivalent avant de se laisser pénétrer par la nouveauté. A l’origine, les Académies ont bien été créées pour aider au progrès; mais, bien vite, elles sont tombées au rôle d’une société d’enregistrement des faits bien établis. Un exemple bien caractéristique de cette loi, c’est l’histoire du Collège de France, établi parFrançois I“ à cause du grec que la Sorbonne ne voulait pas ensei gner, c'est-à-dire créé comme une institution de pro grès et devenu depuis, sauf de très rares exceptions, le refuge des invalides de ladite Sorbonne. C’est à des sociétés libres, comme l’École des Hautes Études, les congrès scientifiques régio naux, etc., que des hommes d’avant-garde doivent s’adresser tout d’abord,etquele chercheurindépendant doit présenter en premier lieu ses nouvelles idées, et ce sont des sociétés scientifiques libres qui doivent contrôler et surveiller les faits psychiques qui intéres— sent tant de personnes aujourd’hui. En effet, devant l’indifférence obligée des savants officiels, le public adû s’adresser aux sources les plus variées pour connaîtreces faits psychiques Et alors on a vu des journalistes, n’ayantjamais mis les pieds dans un laboratoire scientifique, s’improviser infor— més, et Dieu sait comme! On a vu des jeunes gens qui ne connaissent des diplômes supérieurs que le nom et des centresvd’études que la porte extérieure, improviser, entre une lecture sur le corset et une causerie sur le costume de la femme chauffeur, une conférence sur les mystères de la psychologie! W
31898] FAIT SCIENTIFIQUE ET FAIT PSYCHIQUE 195 Les savants, dignes de ce nom, sollicités par les belles Madames de donner leur opinion sur des faits patronnés par de tels parrains, se sont enfuis épou vantés et sont retournés à leurs expériences, non psy— chiques, mais raisonnables, etàleurslaboratoires dont la porte estgardée par les examens. Le public cepen dant a droit à des informations sérieuses et il doit être mis en garde contre les accusations portées à la science par ceux quine la connaissentpas. Voyons donc ce qui différencie ce que nous appelons le fait psychique du fait scientifique (1). Commençons par ce dernier. Un savant allemand découvre que, dans certaines conditions, l’ampoule de Crookes donne naissance à des rayons douésde propriétés physiques particulières, et il nomme ces rayons rayons X, en indiquant la manière de les obtenir. Aussitôt l’expérience initiale est répétée dans tous les laboratoires de physique possédant les instruments nécessaires, et partout, en Europe comme en Amérique, elle donne les résultats annoncés. Voilà ce que j’appellerai UN FAIT SCIENTIFIQUE. C’est celui qui est susceptible d’être répétéà volonté en se plaçant dans les mêmes conditions que le premier opérateur. Prenons un exemple tout différent. M. de Rochas nous raconte qu’un sujet hypnotique peut passer de l’état de somnambulisme hypnotique (1) Il est entendu que nous ne nous occupons que des faits pouvant être reproduits par l’homme et non des faits se rap portant à l‘action de la nature. J.Wæz _’_‘-ÆhÇw ...‘....a.«
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.