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1106 L‘INITIATION chacun des trois mondes ; et chaque monde se con tient lui-même plus un reflet de chacun des deux autres. On obtient ainsi un triple ternaire, tonalisé soit par l’unité principiante, soit par l’unité principiée, ainsi quele montre le tableau ci-contre. Chacune de ces dix séphiroth ou numérations, re— présentant symboliquement les phases successives de l’action du Créateur, peut servir et sert en même temps de clé pour l’organisation générale de la science et d'instrument analogique de recherche pour étendre le champ de cette science, dans n’importe lequel de ses ordres. Je'ne pense pas que de plus longues expli cations faciliteraient l’intelligence de ce système; il faut, pour s’en assimiler le fonctionnement, le réduire de suite en pratique, quelque lents qu’en puissent être les résultats au début. Peu à peu, par l’effet d’une sorte de vision intuitive, on arrivera à le saisir de mieux en mieux dans son essence et dans sa forme. En application morale, voici les conclusions de ce système : La vie soupire sans cesse vers l’unité ; les êtres élé mentaires ne sont susceptibles d’aucune vie spirituelle; ils ascendent mais ne peuvent évoluer: chez aucun d’eux, l’extérieur ne vient se perdre dans l'intérieur, le réel dans l’idéal. L’être qui couronne l’ensemble et qui lui donne en même temps sa haute initiative, c’est l’homme, par ticipant des trois mondes, lentille concentrant les êtres pour en {reverser sur le monde un faisceau de glorifi cation.
2LA CRÉATION 107 Aïn Soph UNITÉ PRINCIPIANTE l MONDES TROISIÈME PREMIER DEUXIÈME I I \ PÈRE Kether La Couronne Reflet du z. PREMIER Hochmah Reflet du 3° La Sagesse Binah I L'Intelligence Reflet du X" Tipheret/z La Beauté ' FILS DEUXIÈME Hesed Pechad La Miséricorde La Crainte Reflet du 3° Reflet du l‘-‘" Iesod Le Fondement \ Reflet du 2° TROISILME Netxah Hod La Victoire La Gloire ESPRIT UNITÉ PRINCXPIÉE Mal/math Le Royaume 108 LÏNI'HAIION Dieu se sert de l‘homme pour attirer la créature au cœur de son amour. Ainsi la créature a une double vocation: construire librement son unité et répondre aux conditions de son existence et aux vues infinies de l‘amour éternel. Enfin l’homme qui résiste absolument aux moyens de retour ou de réintégration que lui offre la grâce, est lancé pour jamais dans un orbite sans fin, hors du cercle de l’harmonie (l). THÉORIE ALCHIMIQUE Outre les nombreux hiéroglyphes et figures symbo liques dont les alchimistes ont parsemé leurs livres nous avons la bonne fortune de posséder la source d’où ils ont tiré leur science et leur art: c’est la Table d'Émeraude. Sans nous attarder à discuter l’âge et l’authenticité de ce monument, nous allons en repro duire tout ce qui a trait au sujet de notre étude. et nous compléterons cette citation par quelques brefs commentaires. La meilleure version française de ce vieux texte est celle qu’en a donnée le très savant et très regretté marquis de Guaita dans son dernier livre, la Clé de la Magie Noire (2); en voici les extraits, d’après la version latine de Henri Khunrath : « Il est vrai (en principe), il est certain (en théorie), (1) D‘après Mouron, Philosophie de la Tradition, traduit de l‘allemand. par X. QURIS, Paris, 1837, in-8. (2) Or. in-8. Paris, 1898; pp. 105 et suiv. l
3LA CRÉATION 109 il est réel (en application): Que (ce qui est en bas (le monde physique et matériel) est comme ce qui est en haut (analogue et proportionnel au monde spirituel et intelligible) et ce qui est en haut comme ce qui est en bas (réciprocité complémentaire) pour l’accomplis sement des miracles de la chose unique (loi suprême en vertu de quoi se parfont les harmonies de la créa— tion universelle en son unité). « Et, de même que toutes choses se sontfaités d’un seul (accomplies, réalisées, en vertu d’un seul p;in cipe), par la médiation d'un seul (par le ministère d’un seul agent), ainsi toutes choses sont nées de cette même unique chose, par adaptation (ou par une sorte de copulation) (I). « Le Soleil (condensateur de l’irradiation positive ou de la Lumière au rouge, od) est son père (élément producteur actif de cet agent) ; la Lune (miroir de la réverbération négative ou de la Lumière au bleu, 0b) est sa mère; le vent (atmosphère éthérique ambula— toire) l’a porté dans son uentrey(lui a servi ou lui sert de véhicule). La terre (envisagée comme type des centres de condensation matérielle) est sa nourrice (l’athanor de son élaboration) (2). _ « C’est là le père (élément producteur) de l’univer— sel 7e'lesme (perfection, but final à atteindre) du Monde entier (de l’Univers vivant) . (1) <<Per conjunctionem », variante de la version Glauber, (miraculum Mundi, de mercurio philosophorum, Amstel., 1653, in-8, p. 74) (2) Le Soleil, la Lune, le Vent et la Terre désignent içi les éléments Ç" .nme types des quatre modes du Mouvement uni- . versel. (Bu ' S.) à?
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1106 L‘INITIATION chacun des trois mondes ; et chaque monde se con tient lui-même plus un reflet de chacun des deux autres. On obtient ainsi un triple ternaire, tonalisé soit par l’unité principiante, soit par l’unité principiée, ainsi quele montre le tableau ci-contre. Chacune de ces dix séphiroth ou numérations, re— présentant symboliquement les phases successives de l’action du Créateur, peut servir et sert en même temps de clé pour l’organisation générale de la science et d'instrument analogique de recherche pour étendre le champ de cette science, dans n’importe lequel de ses ordres. Je'ne pense pas que de plus longues expli cations faciliteraient l’intelligence de ce système; il faut, pour s’en assimiler le fonctionnement, le réduire de suite en pratique, quelque lents qu’en puissent être les résultats au début. Peu à peu, par l’effet d’une sorte de vision intuitive, on arrivera à le saisir de mieux en mieux dans son essence et dans sa forme. En application morale, voici les conclusions de ce système : La vie soupire sans cesse vers l’unité ; les êtres élé mentaires ne sont susceptibles d’aucune vie spirituelle; ils ascendent mais ne peuvent évoluer: chez aucun d’eux, l’extérieur ne vient se perdre dans l'intérieur, le réel dans l’idéal. L’être qui couronne l’ensemble et qui lui donne en même temps sa haute initiative, c’est l’homme, par ticipant des trois mondes, lentille concentrant les êtres pour en {reverser sur le monde un faisceau de glorifi cation.
2LA CRÉATION 107 Aïn Soph UNITÉ PRINCIPIANTE l MONDES TROISIÈME PREMIER DEUXIÈME I I \ PÈRE Kether La Couronne Reflet du z. PREMIER Hochmah Reflet du 3° La Sagesse Binah I L'Intelligence Reflet du X" Tipheret/z La Beauté ' FILS DEUXIÈME Hesed Pechad La Miséricorde La Crainte Reflet du 3° Reflet du l‘-‘" Iesod Le Fondement \ Reflet du 2° TROISILME Netxah Hod La Victoire La Gloire ESPRIT UNITÉ PRINCXPIÉE Mal/math Le Royaume 108 LÏNI'HAIION Dieu se sert de l‘homme pour attirer la créature au cœur de son amour. Ainsi la créature a une double vocation: construire librement son unité et répondre aux conditions de son existence et aux vues infinies de l‘amour éternel. Enfin l’homme qui résiste absolument aux moyens de retour ou de réintégration que lui offre la grâce, est lancé pour jamais dans un orbite sans fin, hors du cercle de l’harmonie (l). THÉORIE ALCHIMIQUE Outre les nombreux hiéroglyphes et figures symbo liques dont les alchimistes ont parsemé leurs livres nous avons la bonne fortune de posséder la source d’où ils ont tiré leur science et leur art: c’est la Table d'Émeraude. Sans nous attarder à discuter l’âge et l’authenticité de ce monument, nous allons en repro duire tout ce qui a trait au sujet de notre étude. et nous compléterons cette citation par quelques brefs commentaires. La meilleure version française de ce vieux texte est celle qu’en a donnée le très savant et très regretté marquis de Guaita dans son dernier livre, la Clé de la Magie Noire (2); en voici les extraits, d’après la version latine de Henri Khunrath : « Il est vrai (en principe), il est certain (en théorie), (1) D‘après Mouron, Philosophie de la Tradition, traduit de l‘allemand. par X. QURIS, Paris, 1837, in-8. (2) Or. in-8. Paris, 1898; pp. 105 et suiv. l
3LA CRÉATION 109 il est réel (en application): Que (ce qui est en bas (le monde physique et matériel) est comme ce qui est en haut (analogue et proportionnel au monde spirituel et intelligible) et ce qui est en haut comme ce qui est en bas (réciprocité complémentaire) pour l’accomplis sement des miracles de la chose unique (loi suprême en vertu de quoi se parfont les harmonies de la créa— tion universelle en son unité). « Et, de même que toutes choses se sontfaités d’un seul (accomplies, réalisées, en vertu d’un seul p;in cipe), par la médiation d'un seul (par le ministère d’un seul agent), ainsi toutes choses sont nées de cette même unique chose, par adaptation (ou par une sorte de copulation) (I). « Le Soleil (condensateur de l’irradiation positive ou de la Lumière au rouge, od) est son père (élément producteur actif de cet agent) ; la Lune (miroir de la réverbération négative ou de la Lumière au bleu, 0b) est sa mère; le vent (atmosphère éthérique ambula— toire) l’a porté dans son uentrey(lui a servi ou lui sert de véhicule). La terre (envisagée comme type des centres de condensation matérielle) est sa nourrice (l’athanor de son élaboration) (2). _ « C’est là le père (élément producteur) de l’univer— sel 7e'lesme (perfection, but final à atteindre) du Monde entier (de l’Univers vivant) . (1) <<Per conjunctionem », variante de la version Glauber, (miraculum Mundi, de mercurio philosophorum, Amstel., 1653, in-8, p. 74) (2) Le Soleil, la Lune, le Vent et la Terre désignent içi les éléments Ç" .nme types des quatre modes du Mouvement uni- . versel. (Bu ' S.) à?
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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