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1LA CRÉATION 103 Les Kabbalistes, étudiant l’action du Verbe dans , son extériorisation, le considèrent sous deux points de vue: comme être vivant et comme milieu. Le Verbe personnel, ils le désignent comme l’Adam dont nous avons parlé plus haut. Le Verbe substantiel, ils l’ap— pellent Aor, la lumière, mot que Fabre d’Olivet tra duit : élémentisationintelligible.Voici quelques textes kabbalistiques à l’appui de cette opinion : « La lumière primitive est appelée tôb, le bon. » (Zo/zar, fol. 22, col. 88.) « L’HOMME bon, c’est le Très-Saint, béni soit-il, qui est appelé bon, ainsi qu’il est écrit :Je’houa est bon pour tous. Ps. cxr.v,g. » (Ibid., fol. 48,c01. 190.) « ElDieu uz'tque la lumière était bonne (tôb). C’est la colonne du milieu (1). La lumière de ce TOB (bon) brille dans le ciel, sur la terre, dans les autres pro— priétés du mystère du nom Jehova; nom qui ren— ferme toutes les propriétés. » (Ibid., fol. 4, col. 16). « Et Dieu appela la Iumz‘èrejour. Que veut dire il appela P Il disposa cette lumière, pour faire sortir de cette lumière parfaite, qui se tient au milieu, une lumière qui est le fondement du monde, sur laquelle reposent les mondes. Et de cette lumière parfaite, colonne du milieu, dérive le fondement, celui qui vit éternellement, qui est le jour du côté droit. » (Ibid.) « Que la lumière soit. Toutce qui s’est produit ne (I) Les cabalistes désignent souvent de cette manière la deuxième hypostase. .. ,2_, .., » q1,‘k__,h ‘____kw\_, , ' k\æ*\‘\*‘\r"“"\.‘ä,..
2104 L’INITIATION s’est produit que par ce mystère, soit (le/12') qui se réduit au mystère du Père et de la Mère, renfermé dans les deux lettres [0d et Hé, et il s’absorbe ensuite dans le point primitif. » (Ibid.. fol. 3, col. 15) (I). Dans le même livre du Zohar. la première partie intitulée Siphra D;enioutha ou Livre du Mystère, va nous expliquer plus complètement l’acte double du Verbe créateur. ' On se rappelle quej’ai signalé, quelques pages plus haut, d’après Fabre d’Olivet, la lacune qui existe dans le Sepher de Moïse, relativement aux mystères théo goniques. Le Siphra Dçenioutha comble justement cette lacune par ses premiers versets, que nous allons reproduire et commenter (2) : , « V. 4. —— Le Livre du Mystère est le livre qui décrit l’équilibre de la Balance. » L’équilibre dont il s’agit ici est le plus universel que l’on puisse concevoir qui se perpétue à travers les éternités entre les deux plateaux de l’être et du Néant, et dont le balancement constitue la vie universelle, c’est—à-dire le grand Mystère de la production et de la disparition des choses. « V. 3. — Car, avant qu’il y eût équilibre, la face ne regardait pas la face, » c’est-à-dire, quand l’équi libre des forces qui soutiennent le monde n’existe pas, il n’y a ni être, ni Néant, mais seulement un chaos indéterminé où sont dissous les germes de toutes choses. (1) Cf. Daxcu, op. cit., pp. 299, 300, 301. (2) Le Zohar, trad. par HENRI CI—IATEAU; Paris, 1895, in-8. M._.._- ....0/«' ..-. ., ..E . fi; / . .. .
3LA CRÉATION 105 « V. 3. — Et les rois du temps/ancien moururent, et leurs couronnes ne furent point trouvées, et la terre fut désolée. » Ceci indique la dissolution des puis— sances de l‘ancien Univers, leur évanouissementdans le Néant originel et la Nudité absolue qui remplaça l’épanouissement de la Vie. Ainsi la théorie kabba listique enseigne que les Univers sortent et rentrent successivement de l’Ancien des Jours; qu’ils subsis tentipar « l’équilibre qui pend en ce lieu qui existe négativement», c’est—à-diredans lesein deCelui qu’on ne peut décrire que par la négation de toutes les idées que l’on s’imagine en Lui ; en Celui-là « montèrent, et en lui montent ceux qui ne sont pas, ceux qui sont et ceux qui seront ». La Tête del’Ancien desJours, c’est-à—dire le Principe (Réschit) est l’Occulte dans l’occulte; elleadix parties: le crâne, la peau, les cheveux, le front, les oreilles, l’oeil et les deux narines, qui sont les dix vertus agissant dans l'Univers et le régissant, ainsi que nous allons essayer de l’expliquer, en parlant des Séplziroth. Les cabbalistes donnent à la source infinie de toute la création le nom Aî'n-Soph; ce mot signifiel’abîme originel, le fonds incompréhensible d’où découlent toutes les formes. L’homme ne peut saisir cet Aïn Soph que dans sa manifestation ou sa splendeur, qui constitue les dix Séphirot/z ou numérations. Voici comment se constituent ces numérations (I) : Le Père, le Fils et l’Esprit sont les fondements de (I) Cf. PAPUS, Traité élémentaire de scienœ occulte; Paris, 1898, in«18, pp. 230 et suiv.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LA CRÉATION 103 Les Kabbalistes, étudiant l’action du Verbe dans , son extériorisation, le considèrent sous deux points de vue: comme être vivant et comme milieu. Le Verbe personnel, ils le désignent comme l’Adam dont nous avons parlé plus haut. Le Verbe substantiel, ils l’ap— pellent Aor, la lumière, mot que Fabre d’Olivet tra duit : élémentisationintelligible.Voici quelques textes kabbalistiques à l’appui de cette opinion : « La lumière primitive est appelée tôb, le bon. » (Zo/zar, fol. 22, col. 88.) « L’HOMME bon, c’est le Très-Saint, béni soit-il, qui est appelé bon, ainsi qu’il est écrit :Je’houa est bon pour tous. Ps. cxr.v,g. » (Ibid., fol. 48,c01. 190.) « ElDieu uz'tque la lumière était bonne (tôb). C’est la colonne du milieu (1). La lumière de ce TOB (bon) brille dans le ciel, sur la terre, dans les autres pro— priétés du mystère du nom Jehova; nom qui ren— ferme toutes les propriétés. » (Ibid., fol. 4, col. 16). « Et Dieu appela la Iumz‘èrejour. Que veut dire il appela P Il disposa cette lumière, pour faire sortir de cette lumière parfaite, qui se tient au milieu, une lumière qui est le fondement du monde, sur laquelle reposent les mondes. Et de cette lumière parfaite, colonne du milieu, dérive le fondement, celui qui vit éternellement, qui est le jour du côté droit. » (Ibid.) « Que la lumière soit. Toutce qui s’est produit ne (I) Les cabalistes désignent souvent de cette manière la deuxième hypostase. .. ,2_, .., » q1,‘k__,h ‘____kw\_, , ' k\æ*\‘\*‘\r"“"\.‘ä,..
2104 L’INITIATION s’est produit que par ce mystère, soit (le/12') qui se réduit au mystère du Père et de la Mère, renfermé dans les deux lettres [0d et Hé, et il s’absorbe ensuite dans le point primitif. » (Ibid.. fol. 3, col. 15) (I). Dans le même livre du Zohar. la première partie intitulée Siphra D;enioutha ou Livre du Mystère, va nous expliquer plus complètement l’acte double du Verbe créateur. ' On se rappelle quej’ai signalé, quelques pages plus haut, d’après Fabre d’Olivet, la lacune qui existe dans le Sepher de Moïse, relativement aux mystères théo goniques. Le Siphra Dçenioutha comble justement cette lacune par ses premiers versets, que nous allons reproduire et commenter (2) : , « V. 4. —— Le Livre du Mystère est le livre qui décrit l’équilibre de la Balance. » L’équilibre dont il s’agit ici est le plus universel que l’on puisse concevoir qui se perpétue à travers les éternités entre les deux plateaux de l’être et du Néant, et dont le balancement constitue la vie universelle, c’est—à-dire le grand Mystère de la production et de la disparition des choses. « V. 3. — Car, avant qu’il y eût équilibre, la face ne regardait pas la face, » c’est-à-dire, quand l’équi libre des forces qui soutiennent le monde n’existe pas, il n’y a ni être, ni Néant, mais seulement un chaos indéterminé où sont dissous les germes de toutes choses. (1) Cf. Daxcu, op. cit., pp. 299, 300, 301. (2) Le Zohar, trad. par HENRI CI—IATEAU; Paris, 1895, in-8. M._.._- ....0/«' ..-. ., ..E . fi; / . .. .
3LA CRÉATION 105 « V. 3. — Et les rois du temps/ancien moururent, et leurs couronnes ne furent point trouvées, et la terre fut désolée. » Ceci indique la dissolution des puis— sances de l‘ancien Univers, leur évanouissementdans le Néant originel et la Nudité absolue qui remplaça l’épanouissement de la Vie. Ainsi la théorie kabba listique enseigne que les Univers sortent et rentrent successivement de l’Ancien des Jours; qu’ils subsis tentipar « l’équilibre qui pend en ce lieu qui existe négativement», c’est—à-diredans lesein deCelui qu’on ne peut décrire que par la négation de toutes les idées que l’on s’imagine en Lui ; en Celui-là « montèrent, et en lui montent ceux qui ne sont pas, ceux qui sont et ceux qui seront ». La Tête del’Ancien desJours, c’est-à—dire le Principe (Réschit) est l’Occulte dans l’occulte; elleadix parties: le crâne, la peau, les cheveux, le front, les oreilles, l’oeil et les deux narines, qui sont les dix vertus agissant dans l'Univers et le régissant, ainsi que nous allons essayer de l’expliquer, en parlant des Séplziroth. Les cabbalistes donnent à la source infinie de toute la création le nom Aî'n-Soph; ce mot signifiel’abîme originel, le fonds incompréhensible d’où découlent toutes les formes. L’homme ne peut saisir cet Aïn Soph que dans sa manifestation ou sa splendeur, qui constitue les dix Séphirot/z ou numérations. Voici comment se constituent ces numérations (I) : Le Père, le Fils et l’Esprit sont les fondements de (I) Cf. PAPUS, Traité élémentaire de scienœ occulte; Paris, 1898, in«18, pp. 230 et suiv.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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