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118g8] LA LITTÉRATURE ET L’OCCULTISME 227 le sens ordinaire, sous cette réservequ’entre les divers états il n’y a pas d’autre différence que celle des de— (grès — nous sontà peu prèsinconnues, tantdans notre état d’imperfection, les manifestations en sont rares, subtiles et fugitives. Le rêve, la méditation, l’absorp— tion, le recueillement, la contemplation en sont les formes les plus connues et se confondent trop sou vent avec l‘engourdissement physique et moral. Mais quand, soit par nature de constitution, soit par effort d’adaptation, ces états sont réellement manasiques, alors les éléments spirituels viennent d’eux-mêmes exciter l‘appareil cérébral, et la pensée jaillit, vérita blement originale, parfois géniale. Combien de littérateurs, pour adopter le mot, re— çoivent ces effluves supérieurs? Le nombre en est des plus restreints, bien que l’orgueil le croie beaucoup plus important. Chezles uns ce ne sont que banalités qu'on décore du titre de belles pensées; chez les autres, c’est un désordre d’idées mal équilibrées. Ce qu’ils prennent peur de l’inspiration ou du génie n’est qu’un état pathologique, fièvre d’un candidat à la folie. . Les idées sont des êtres vivants qui peuplent l’as tral. Elles peuvent traverser des millions de cerveaux sans y laisser de trace. Quelques-uns— et on peut ra pidement les compter — reçoivent ces entités spiri tuelles, les élaborent, les fécondent et les restituent dans leur beauté complète et développée. Quand, aux prédispositions ataviques, s’ajoute la volonté, quand l’imprégnation de l‘astral est fréquente et persistante, quand elle crée ce mode réflexe de tra
2328 L’INITIATION vail cérébral qui s’appelle l’intuition ou plus vulgai rement l’inspiration, l’écrivain est au-dessus de tous les hommes: prophète comme Moïse, patriote comme Eschyle, railleur comme Aristophane, philosophe comme Platon, moraliste comme Jésus, médecin comme Paracelse, évocateur comme Homère, comme Shakespeare, comme Hugo, démolisseur comme Vol taire ou raisonneur didactique comme Descartes, illu— miné comme Saint-Martin, Bœhme et Fabre d’Oli— vet, il doit aux forces inconnues, occultes, la puis sance qu‘il exerce sur ses contemporains et sur ses successeurs. Son cerveau a été un miroir d’astra1 et en a reflété quelques rayons sur l’humanité. Ainsi de tous les hommes qui ont jeté dans le monde une idée, un progrès, un mot de justice et de vérité , tous ont été des intermédiaires généraux entre l’astrai et le ma tériel, tous ont pénétré dansle spirituel et nous en ont rapporté un reflet. Ainsi se confirme cette affirmation: la littérature n’est qu’une des branches de l’occultisr_ne. * Iga D’autre part, il est évident que tout homme qui se consacre à l’étude età la méditation est plus apte que tout autre à développer sa propre réceptivité, quant à l’astral. Ce qu’on définit esprit d’assimilation n’est pas autre chose que cette facilité d’adaptation plus ou moins développée, applicable à des idées différentes et de valeur diverse. En général, les assimilateurs ne produisent rien de génial, parce que leur cerveau ré
3LA LITTÉRATURE ET L’OCCULTISME 229 cepteur estun crible à travers lequel tout passe sans qu’aucune élaboration transformatrice s’exerce. Mais il en est au contraire chez qui l'assimilation a pour corollaire la préhension de matériaux sans nombre que leur cerveau concasse, triture, presse en quelque sorte pour en exprimer l‘essence. Au premierrangdeceux-là,ilfautplacerShakespeare. Ce cerveau fut à la fois le plus assimilateur et le plus créateur qui jamais fonctionne sous le crâne d’un homme. Il n'en est pas qui aitmontré plus nettement ces deux qualités en apparence antithétiques, l’exalta tion et la pohdération. Chez lui — état des plus rares — l’intuition s’allia avec la mesure, la puissance d'émotion avec la précision de l’observation. Certes Shakespeare étudia beaucoup. mais une exis tence d‘homme — et la sienne fut courte —- ne suffi rait pas à expliquer son étonnante érudition, si l’in tuition n’était venue à son aide. De tous les points du monde intellectuel de son temps, les entités astrales convergèrent en ce cerveau, préparé par la nature et modelé par un travail constant. Shakespeare, nous dit—on, écrivait vite, sur le pre mier coin venu d’une table de taverne, et l’œuvre, comme fond et comme forme, jaillissait parfaite de sa plume. Il tenait les yeux à demi fermés, les pru— nelles en haut, à ce point qu’on ne voyait que le blanc de la sclérotique. C'est que Shakespeare enten— dait, écoutait la voix muette de l‘astral, le murmure silencieux mais pénétrant de l’inspiration. L'inconnu lui dictait, et il n'était en quelque sorte qu’un secré taire de l'astral. .__._..._—__—.—
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
118g8] LA LITTÉRATURE ET L’OCCULTISME 227 le sens ordinaire, sous cette réservequ’entre les divers états il n’y a pas d’autre différence que celle des de— (grès — nous sontà peu prèsinconnues, tantdans notre état d’imperfection, les manifestations en sont rares, subtiles et fugitives. Le rêve, la méditation, l’absorp— tion, le recueillement, la contemplation en sont les formes les plus connues et se confondent trop sou vent avec l‘engourdissement physique et moral. Mais quand, soit par nature de constitution, soit par effort d’adaptation, ces états sont réellement manasiques, alors les éléments spirituels viennent d’eux-mêmes exciter l‘appareil cérébral, et la pensée jaillit, vérita blement originale, parfois géniale. Combien de littérateurs, pour adopter le mot, re— çoivent ces effluves supérieurs? Le nombre en est des plus restreints, bien que l’orgueil le croie beaucoup plus important. Chezles uns ce ne sont que banalités qu'on décore du titre de belles pensées; chez les autres, c’est un désordre d’idées mal équilibrées. Ce qu’ils prennent peur de l’inspiration ou du génie n’est qu’un état pathologique, fièvre d’un candidat à la folie. . Les idées sont des êtres vivants qui peuplent l’as tral. Elles peuvent traverser des millions de cerveaux sans y laisser de trace. Quelques-uns— et on peut ra pidement les compter — reçoivent ces entités spiri tuelles, les élaborent, les fécondent et les restituent dans leur beauté complète et développée. Quand, aux prédispositions ataviques, s’ajoute la volonté, quand l’imprégnation de l‘astral est fréquente et persistante, quand elle crée ce mode réflexe de tra
2328 L’INITIATION vail cérébral qui s’appelle l’intuition ou plus vulgai rement l’inspiration, l’écrivain est au-dessus de tous les hommes: prophète comme Moïse, patriote comme Eschyle, railleur comme Aristophane, philosophe comme Platon, moraliste comme Jésus, médecin comme Paracelse, évocateur comme Homère, comme Shakespeare, comme Hugo, démolisseur comme Vol taire ou raisonneur didactique comme Descartes, illu— miné comme Saint-Martin, Bœhme et Fabre d’Oli— vet, il doit aux forces inconnues, occultes, la puis sance qu‘il exerce sur ses contemporains et sur ses successeurs. Son cerveau a été un miroir d’astra1 et en a reflété quelques rayons sur l’humanité. Ainsi de tous les hommes qui ont jeté dans le monde une idée, un progrès, un mot de justice et de vérité , tous ont été des intermédiaires généraux entre l’astrai et le ma tériel, tous ont pénétré dansle spirituel et nous en ont rapporté un reflet. Ainsi se confirme cette affirmation: la littérature n’est qu’une des branches de l’occultisr_ne. * Iga D’autre part, il est évident que tout homme qui se consacre à l’étude età la méditation est plus apte que tout autre à développer sa propre réceptivité, quant à l’astral. Ce qu’on définit esprit d’assimilation n’est pas autre chose que cette facilité d’adaptation plus ou moins développée, applicable à des idées différentes et de valeur diverse. En général, les assimilateurs ne produisent rien de génial, parce que leur cerveau ré
3LA LITTÉRATURE ET L’OCCULTISME 229 cepteur estun crible à travers lequel tout passe sans qu’aucune élaboration transformatrice s’exerce. Mais il en est au contraire chez qui l'assimilation a pour corollaire la préhension de matériaux sans nombre que leur cerveau concasse, triture, presse en quelque sorte pour en exprimer l‘essence. Au premierrangdeceux-là,ilfautplacerShakespeare. Ce cerveau fut à la fois le plus assimilateur et le plus créateur qui jamais fonctionne sous le crâne d’un homme. Il n'en est pas qui aitmontré plus nettement ces deux qualités en apparence antithétiques, l’exalta tion et la pohdération. Chez lui — état des plus rares — l’intuition s’allia avec la mesure, la puissance d'émotion avec la précision de l’observation. Certes Shakespeare étudia beaucoup. mais une exis tence d‘homme — et la sienne fut courte —- ne suffi rait pas à expliquer son étonnante érudition, si l’in tuition n’était venue à son aide. De tous les points du monde intellectuel de son temps, les entités astrales convergèrent en ce cerveau, préparé par la nature et modelé par un travail constant. Shakespeare, nous dit—on, écrivait vite, sur le pre mier coin venu d’une table de taverne, et l’œuvre, comme fond et comme forme, jaillissait parfaite de sa plume. Il tenait les yeux à demi fermés, les pru— nelles en haut, à ce point qu’on ne voyait que le blanc de la sclérotique. C'est que Shakespeare enten— dait, écoutait la voix muette de l‘astral, le murmure silencieux mais pénétrant de l’inspiration. L'inconnu lui dictait, et il n'était en quelque sorte qu’un secré taire de l'astral. .__._..._—__—.—
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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