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1La reproduction des articles inédits publiés par l'1nitiation est. formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE e euaru INTRODUCTION MESSIEURS, A quelque école que vous apparteniez, à quelque renommée que vous soyez parvenus, vous n’échappez guère, sans doute, aux rudesses de la critique. Maître ou disciples, classique orthodoxe ou novateur hété— rodoxe, il se trouve toujours quelque voix pour vous blesser dans les convictions qui vous ont dicté votre oeuvre. Comme vous, le public est dérouté par une foule de théories diverses; sollicité pour des admirations qui le déconcertent; raillé souvent dans ses goûts, taxé parfois d’ignorance grossière, il ne trouve plus dans l’Art ces enseignements fortifiants et sains qu’il accourt cependant pour lui demander. (1) Extrait d’un volume qui vient de paraître chez Chamuel ' (prix 2 fr.). Wnäu'm“ ':r.;:aæi ' .'v. .Ï_ ' ” ' 4
298 L’IN1TIATION IAOL‘T Troubles inutiles de la foi qui vous soutientcomme de celle qui nous attire vers vous, ces attaques de la critique qui nom ébranlent sont incapables cepen dant de nous guider. Ici vous l’entendez gémir que la Peinture est morte, que le génie périt submergé par la médiocrité, qu’à peine le talent surnage encore. prêt à sombrer. Là vous l‘entendez crier. au contraire. à l’écœure ment des traditions stériles, à l’asservissement de règles factices qui insultent à la nature. Et de part et d’autre les sarcasmes, les quolibets, les injures même parfois, se croisent, faisant dans vos esprits comme dans les nôtres la sombre nuit du scepticisme. Cependant la multiplicité, la vivacité de vos écoles, de vos expositions, de vos scissions, n’est-elle pas la meilleure preuve de votre activité?ll faut donc penser que c'est la critique elle-même qui s’égare en se mon— trant incapable de guider comme elle le devrait cette précieuse effervescence, en la comprenant si mal qu’elle la prend pour la fièvre de décomposition. Se laisserait-elle aller à ses diatribes stériles, si elle se savait en état de vous dire pourquoi tout ce tumulte en vos écoles, pourquoi cette dissémination de.vos énergies, où vous conduisent vos instincts inspirés, où retrouver ce grand Art que vous souhaitez tous, quel est cet idéal que vous évoquez jusque dans vos productions les plus réalistes ? Eh bien, ce que la critique ne vous dit pas, nous venons tenter de le faire apercevoir, comme nous ‘ croyons l’avoir vu nouscmêmes ; sans invectives
3[I 897 L’ART DE DEMAIN 99 contre personne parce que nous nous basons sur des principes acceptables, croyons—nous, par vous tous; sans préférences pour aucune école parce que nous pensons que toutes ont leur raison d’être et leur per fection spéciale. ' Convaincus que notre époque, en ses pénibles efforts, marche vers une synthèse superbe qui sera la forme nouvelle du grand Art, nous voulons essayer de vous montrer en quelques réflexions inédites par quelle voie vous pouvez marcher de concert vers cette synthèse, dont nul ne doit être exclu. Nous vous adressons ces quelques pages avec l’es poir de pouvoir jeter sur l’obscurité où vos écoles se heurtent et se blessent inutilement une lumière grâce à laquelle elles pourraient s’unir, dans une hiérarchie naturelle, en colonne puissante, vers l’Art de demain. Désireux d’abuser le moins longtemps possible de votre attention, nous nous bornerons à l’exposé ra pide et succinct des faits que nous avons à vous sou— l mettre. Il demanderaient de bien plus longs dévelop pements, mais vos esprits, accoutumés par la méditaj tion artistique à l’exercice de l’intuition, suppléeront j aisément à tout ce que nous pouvons à peine faire ‘ l entrevoir. Il doit nous suffire d’attirer vos réflexions sur les sources d’inspirations que nous désirons vous signaler. l Nous devrons d’abord vous indiquer la voie tracée depuis des siècles, mais oubliée aujourd’hui, quinous a conduits nous-mêmes à ces sources. En la parcou— rant, nous apprendrons ensemble à distinguer la na ture, l’origine, la raison d’être de vos écoles; nous . ;y. ' :A ‘ v- 1ML.,,,._...«» . 4..:....-.. 4a. .—-u .auL-..
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1La reproduction des articles inédits publiés par l'1nitiation est. formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE e euaru INTRODUCTION MESSIEURS, A quelque école que vous apparteniez, à quelque renommée que vous soyez parvenus, vous n’échappez guère, sans doute, aux rudesses de la critique. Maître ou disciples, classique orthodoxe ou novateur hété— rodoxe, il se trouve toujours quelque voix pour vous blesser dans les convictions qui vous ont dicté votre oeuvre. Comme vous, le public est dérouté par une foule de théories diverses; sollicité pour des admirations qui le déconcertent; raillé souvent dans ses goûts, taxé parfois d’ignorance grossière, il ne trouve plus dans l’Art ces enseignements fortifiants et sains qu’il accourt cependant pour lui demander. (1) Extrait d’un volume qui vient de paraître chez Chamuel ' (prix 2 fr.). Wnäu'm“ ':r.;:aæi ' .'v. .Ï_ ' ” ' 4
298 L’IN1TIATION IAOL‘T Troubles inutiles de la foi qui vous soutientcomme de celle qui nous attire vers vous, ces attaques de la critique qui nom ébranlent sont incapables cepen dant de nous guider. Ici vous l’entendez gémir que la Peinture est morte, que le génie périt submergé par la médiocrité, qu’à peine le talent surnage encore. prêt à sombrer. Là vous l‘entendez crier. au contraire. à l’écœure ment des traditions stériles, à l’asservissement de règles factices qui insultent à la nature. Et de part et d’autre les sarcasmes, les quolibets, les injures même parfois, se croisent, faisant dans vos esprits comme dans les nôtres la sombre nuit du scepticisme. Cependant la multiplicité, la vivacité de vos écoles, de vos expositions, de vos scissions, n’est-elle pas la meilleure preuve de votre activité?ll faut donc penser que c'est la critique elle-même qui s’égare en se mon— trant incapable de guider comme elle le devrait cette précieuse effervescence, en la comprenant si mal qu’elle la prend pour la fièvre de décomposition. Se laisserait-elle aller à ses diatribes stériles, si elle se savait en état de vous dire pourquoi tout ce tumulte en vos écoles, pourquoi cette dissémination de.vos énergies, où vous conduisent vos instincts inspirés, où retrouver ce grand Art que vous souhaitez tous, quel est cet idéal que vous évoquez jusque dans vos productions les plus réalistes ? Eh bien, ce que la critique ne vous dit pas, nous venons tenter de le faire apercevoir, comme nous ‘ croyons l’avoir vu nouscmêmes ; sans invectives
3[I 897 L’ART DE DEMAIN 99 contre personne parce que nous nous basons sur des principes acceptables, croyons—nous, par vous tous; sans préférences pour aucune école parce que nous pensons que toutes ont leur raison d’être et leur per fection spéciale. ' Convaincus que notre époque, en ses pénibles efforts, marche vers une synthèse superbe qui sera la forme nouvelle du grand Art, nous voulons essayer de vous montrer en quelques réflexions inédites par quelle voie vous pouvez marcher de concert vers cette synthèse, dont nul ne doit être exclu. Nous vous adressons ces quelques pages avec l’es poir de pouvoir jeter sur l’obscurité où vos écoles se heurtent et se blessent inutilement une lumière grâce à laquelle elles pourraient s’unir, dans une hiérarchie naturelle, en colonne puissante, vers l’Art de demain. Désireux d’abuser le moins longtemps possible de votre attention, nous nous bornerons à l’exposé ra pide et succinct des faits que nous avons à vous sou— l mettre. Il demanderaient de bien plus longs dévelop pements, mais vos esprits, accoutumés par la méditaj tion artistique à l’exercice de l’intuition, suppléeront j aisément à tout ce que nous pouvons à peine faire ‘ l entrevoir. Il doit nous suffire d’attirer vos réflexions sur les sources d’inspirations que nous désirons vous signaler. l Nous devrons d’abord vous indiquer la voie tracée depuis des siècles, mais oubliée aujourd’hui, quinous a conduits nous-mêmes à ces sources. En la parcou— rant, nous apprendrons ensemble à distinguer la na ture, l’origine, la raison d’être de vos écoles; nous . ;y. ' :A ‘ v- 1ML.,,,._...«» . 4..:....-.. 4a. .—-u .auL-..
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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