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1206 L’lNITIATION par Yoga, peut, dit—on, y arriver. Pour que la pensée fût partout à la fois, que faudrait-il P Simplement qu’elle pût s’épancher avec conscience de son épan chement. La donnée indoue rend immédiatement compte du phénomène qu’on appelle improprement transmission de pensée et qui est une coïncidence de conscience; elle en rend compte par évidence; par elle, ce qu’on tient pour merveilleux apparaît comme très nature], tout simple et ne pouvant pas être autrement. Et voyez quelle confirmation, physique pour ainsi dire, elle donne à la conception que toute existence vient de la pensée; peut-il exister quelque chose qui soit hors de l'espace, qui n’ait pas de l’espace dans sa constitution ? L’Espace étant la Pensée même, il s’en— suit que tout a pour condition d’existence la pensée, que tout est pensée, comme disent les idéalistes, et par là l’idéalisme devient réalisme. Les Indous sont nos aînés en savoir philosophique et leur étude ne peut être que profitable à notre enten dement. GUYMIOT. Ë’Ër‘t tl’uhliær Dans la chimie des temps futurs, on reconnaîtra que la pensée est une substance tout aussi bien que les acides, les oxydes et tous les autres corps chimi ques actuels.
2L’ART D’OUBLIER 207 iÿÿ-_ÿ -x_. - .. . ... __.——.,.—_.- ___:. Il n’y a pas de lacune entre ce que nous nommons l’esprit et la matière. L’un et l’autre sont substantiels, et sont unies l’un à l’autre d’une manière impercep— tible. En réalité, le monde matériel n’est que la forme visible des éléments plus subtils que nous nommons l’esprit. Notre pensée invisible et irrévélée émane incessam ment de nous en tant qu’élément et force, aussi réelle que le flot de l’eau que nous voyons, que le courant électrique que nous ne voyons pas. Elle se combine avec la pensée des autres, et il en résulte un produit nouveau, exactement comme en chimie la combinai son des corps produit des substances nouvelles. Lorsqu’on émet des pensées de tourment, d’irrita tion, de haine ou de tristesse, on met en œuvre des forces nuisibles à la fois au corps et à l’esprit. La faculté d’oublier implique celle de chasser les pensées déplaisantes et pénibles et de les remplacer par un élément profitable destinéà édifier au lieu de détruire. La nature des pensées que nous émettons influe favorablement ou défavorablement sur nos affaires, et influence les autres en notre faveur ou contre nous. C’est une force que les autres ressentent agréa blement ou désagréablement, leur inspirant confiance ou méfiance. L’état mental dominant, ou caractère de la pensée, façonne le corps et les traits. Il nous rend laids ou agréables, attractifs ou répulsifs. Notre pensée façonne nos gestes, nos manières, notre démarche. Le moindre mouvement d’un muscle est dirigé par une modalité mentale. Une intelligence toujours décidée a toujours . —r..a.n...;.p . ,,.,.T_æ?. .:
3208 L’INITIATION une démarche décidée. Une intelligence débile, changeante, vacillante, rend la démarche chancelante, agitée, incertaine. L‘esprit de décision agit sur tous les muscles. Considérez un homme mécontent, taciturne, mélan colique et maussade, et vous verrez sur son visage les preuves de l’action de la force silencieuse de sa pensée malsaine le façonnant, le travaillant, le burinant tel qu’il apparaît. Cet homme ne sera jamais en bonne santé, car cette force agit sur lui comme un poison, et détermine une forme quelconque de maladie. Une pen sée constamment dirigée sur un but déterminé, sur tout si ce but est le bonheur des autres aussi bien que le nôtre, emplira de force tout le système nerveux. C’est un sage égoïsme que de travailler pour les autres en même temps que pour nous-mêmes, parce que nous sommes tous unis en esprit. Nous sommes des forces qui agissent et réagissent l’une sur l’autre, en bien ou en mal, à travers ce que l‘ignorance nomme 1’ « espace vide ». Il existe des nerfs invisibles reliant les uns aux autres les hommes et les êtres. C’est dans ce sens qu’on peut dire que toutes les formes de la vie sont solidaires. Nous sommes tous membres d’un même corps. Une mauvaise pensée ou une mauvaise action est une pulsation douloureuse vibrant à travers des myriades d’organismes. Une pensée aimable et une bonne action produisent exactement l'effet con traire. C’est donc une loi de lanature et de la science que le bien ou le mal que nous ferons à autrui retom bera sur nous—mêmes. Se chagriner d’une perte, soit celle d’un ami, ou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1206 L’lNITIATION par Yoga, peut, dit—on, y arriver. Pour que la pensée fût partout à la fois, que faudrait-il P Simplement qu’elle pût s’épancher avec conscience de son épan chement. La donnée indoue rend immédiatement compte du phénomène qu’on appelle improprement transmission de pensée et qui est une coïncidence de conscience; elle en rend compte par évidence; par elle, ce qu’on tient pour merveilleux apparaît comme très nature], tout simple et ne pouvant pas être autrement. Et voyez quelle confirmation, physique pour ainsi dire, elle donne à la conception que toute existence vient de la pensée; peut-il exister quelque chose qui soit hors de l'espace, qui n’ait pas de l’espace dans sa constitution ? L’Espace étant la Pensée même, il s’en— suit que tout a pour condition d’existence la pensée, que tout est pensée, comme disent les idéalistes, et par là l’idéalisme devient réalisme. Les Indous sont nos aînés en savoir philosophique et leur étude ne peut être que profitable à notre enten dement. GUYMIOT. Ë’Ër‘t tl’uhliær Dans la chimie des temps futurs, on reconnaîtra que la pensée est une substance tout aussi bien que les acides, les oxydes et tous les autres corps chimi ques actuels.
2L’ART D’OUBLIER 207 iÿÿ-_ÿ -x_. - .. . ... __.——.,.—_.- ___:. Il n’y a pas de lacune entre ce que nous nommons l’esprit et la matière. L’un et l’autre sont substantiels, et sont unies l’un à l’autre d’une manière impercep— tible. En réalité, le monde matériel n’est que la forme visible des éléments plus subtils que nous nommons l’esprit. Notre pensée invisible et irrévélée émane incessam ment de nous en tant qu’élément et force, aussi réelle que le flot de l’eau que nous voyons, que le courant électrique que nous ne voyons pas. Elle se combine avec la pensée des autres, et il en résulte un produit nouveau, exactement comme en chimie la combinai son des corps produit des substances nouvelles. Lorsqu’on émet des pensées de tourment, d’irrita tion, de haine ou de tristesse, on met en œuvre des forces nuisibles à la fois au corps et à l’esprit. La faculté d’oublier implique celle de chasser les pensées déplaisantes et pénibles et de les remplacer par un élément profitable destinéà édifier au lieu de détruire. La nature des pensées que nous émettons influe favorablement ou défavorablement sur nos affaires, et influence les autres en notre faveur ou contre nous. C’est une force que les autres ressentent agréa blement ou désagréablement, leur inspirant confiance ou méfiance. L’état mental dominant, ou caractère de la pensée, façonne le corps et les traits. Il nous rend laids ou agréables, attractifs ou répulsifs. Notre pensée façonne nos gestes, nos manières, notre démarche. Le moindre mouvement d’un muscle est dirigé par une modalité mentale. Une intelligence toujours décidée a toujours . —r..a.n...;.p . ,,.,.T_æ?. .:
3208 L’INITIATION une démarche décidée. Une intelligence débile, changeante, vacillante, rend la démarche chancelante, agitée, incertaine. L‘esprit de décision agit sur tous les muscles. Considérez un homme mécontent, taciturne, mélan colique et maussade, et vous verrez sur son visage les preuves de l’action de la force silencieuse de sa pensée malsaine le façonnant, le travaillant, le burinant tel qu’il apparaît. Cet homme ne sera jamais en bonne santé, car cette force agit sur lui comme un poison, et détermine une forme quelconque de maladie. Une pen sée constamment dirigée sur un but déterminé, sur tout si ce but est le bonheur des autres aussi bien que le nôtre, emplira de force tout le système nerveux. C’est un sage égoïsme que de travailler pour les autres en même temps que pour nous-mêmes, parce que nous sommes tous unis en esprit. Nous sommes des forces qui agissent et réagissent l’une sur l’autre, en bien ou en mal, à travers ce que l‘ignorance nomme 1’ « espace vide ». Il existe des nerfs invisibles reliant les uns aux autres les hommes et les êtres. C’est dans ce sens qu’on peut dire que toutes les formes de la vie sont solidaires. Nous sommes tous membres d’un même corps. Une mauvaise pensée ou une mauvaise action est une pulsation douloureuse vibrant à travers des myriades d’organismes. Une pensée aimable et une bonne action produisent exactement l'effet con traire. C’est donc une loi de lanature et de la science que le bien ou le mal que nous ferons à autrui retom bera sur nous—mêmes. Se chagriner d’une perte, soit celle d’un ami, ou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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