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1LES RAYONS INVISIBLES 7 Voilà pourquoi nous applaudissons de tout cœur au superbe rapport publié sur la médiumnité d’Eusa pia par une commission de véritables savants non encore entachés d’occultisme ni de journalisme, et qui mérite de fixer maintenant et plus tard toute notre attention. Du 20 septembre 1895 jusqu’au 26, MM. le lieute nant-colonel de Rochas, ancien élève de l’École poly— technique ; Comte A. de Gramont, docteur ès sciences phy— siques; Sabatier, professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Montpellier ; Maxwell, substitut du procureur général à la cour d'appel de Limoges ; Baron C. de Watterille, licencié ès sciences phy siques et licencié en droit; Le Dr Dart‘ex, se sont réunis à la villa de I’Agnélas pour étudier les faits produits par Eusapia Palladino. Ces messieurs se sont entourés des plus minutieuses précautions contre la fraude, et à cet effet ils ont em— ployé le moyen le plus radical, qui consistait à tenir et à toujours contrôler les quatre membres et la tête du médium. Nous n’avons pas à insister pour nos lecteurs sur ce contrôle, car les occultistes sont assez avancés dans ces études pour admettre la réalité des phénomènes. Nous nous occuperons donc seulement des faits les plus importants produits, et nous passerons successi vement en revue par rapport à notre doctrine:
28 LÏNl'I‘lATION 1° Le médium ; 2° Les assistants; 3° Les actions extérieures. LE MÉDIUM Le médium étudié était Eusapia Palladino, dont nos lecteurs connaissent déjà le nom. La Commission, tout en cherchant à éviter toute fraude, était animée d’un excellent esprit, qui ressort clairement de l’extrait suivant de son remarquable rapport. Cela était, d’ailleurs, d’autant plus nécessaire que la Commission n’ignorait pas que tout sujet, médium ou autre, appelé à produire des phénomènes qui exigent de sa part des eiïo_rts pénibles et parfois même doulou reux, peut être tenté consciemmentou même inconsciem ment d’avoir recours à des moyens plus faciles d’obtenir les résultats demandés. C’est là une disposition essen tiellement humaine et naturelle, avec laquelle_ il faut d’au tant plus compter que l’on se trouve (et c’était ici le cas) en présence de personnes habituées dès longtemps à servir de sujets d’expérience, qui ont pu penser souvent aux moyens de faciliter leur tâche par la fraude et à en faire l’essai. Il y a là des habitudes de penser et d’agir qui prennent peu.à peu place dans la manière d’être du _ sujet, et qui peuvent aboutir, avec le temps et la répéti tion, à des tentatives inconscientes et presque innocentes de tromperie. Cette considération a son importance, car elle peut conduire à des conclusions négatives un observateur qui n’y attache pas une attention suffisante. Surprendre un médium en tentative de supercherie ne suffit pas pour nier d’une manière absolue et sans appel la réalité des phénomènes. A côté des essais de supercherie peuvent réellement
3LES RAYONS INVISIBLES 9 ....Î. exister les phénomènes sincères et positifs; et, quand on veut observer, dans l’ordre de faits qui nous préoccupe, on est tenu de penser qu’un phénomène obtenu par voie illégitime peut se mêler parfois à des faits sérieux et dignes de crédit. Il importe donc que les observateurs cherchent à saisir, à côté des observations douteuses ou suspectes, des observations faites avec la netteté et la rigueur de la méthode scientifique. DÉGAGEMENT DU CORPS ASTRAL DU MÉDIUM. — Syn chronisme des mouvements musculaires et des ac— tions produites. L’occultisme a toujours prétendu que la véritable cause de la plupart des phénomènes dits spirites était la sortie hors du médium de son « double » (ou corps astral, périsprit, etc.) et qu’il fallait voir là non pas un fait extranaturel, mais au contraire un fait se ratta— chant à la physiologie transcendante. Comme corollaire à notre affirmation, citons l’opi nion d’Eliphas Levi à ce sujet. ' « Dire par exemple que dans les soirées magnét1ques de M. Home il sort des tables des mains réelles et vivantes, de vraies mains que les uns voient, que les autres touchent et par lesquelles d’autres encore se sentent touchés sans les voir, dire que ces mains vrai ment corporelles sont des mains d’esprits, c’est parler comme des enfants ou comme des fous, c’est expli quer contradiction dans les termes. Mais avouer que telles ou telles apparences, telles ou telles sensations se produisent, c’est être simplement sincère et se moquer de la moquerie des prud’hommes, quand bien même ces prud’hommes auraient de l’esprit comme
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES RAYONS INVISIBLES 7 Voilà pourquoi nous applaudissons de tout cœur au superbe rapport publié sur la médiumnité d’Eusa pia par une commission de véritables savants non encore entachés d’occultisme ni de journalisme, et qui mérite de fixer maintenant et plus tard toute notre attention. Du 20 septembre 1895 jusqu’au 26, MM. le lieute nant-colonel de Rochas, ancien élève de l’École poly— technique ; Comte A. de Gramont, docteur ès sciences phy— siques; Sabatier, professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Montpellier ; Maxwell, substitut du procureur général à la cour d'appel de Limoges ; Baron C. de Watterille, licencié ès sciences phy siques et licencié en droit; Le Dr Dart‘ex, se sont réunis à la villa de I’Agnélas pour étudier les faits produits par Eusapia Palladino. Ces messieurs se sont entourés des plus minutieuses précautions contre la fraude, et à cet effet ils ont em— ployé le moyen le plus radical, qui consistait à tenir et à toujours contrôler les quatre membres et la tête du médium. Nous n’avons pas à insister pour nos lecteurs sur ce contrôle, car les occultistes sont assez avancés dans ces études pour admettre la réalité des phénomènes. Nous nous occuperons donc seulement des faits les plus importants produits, et nous passerons successi vement en revue par rapport à notre doctrine:
28 LÏNl'I‘lATION 1° Le médium ; 2° Les assistants; 3° Les actions extérieures. LE MÉDIUM Le médium étudié était Eusapia Palladino, dont nos lecteurs connaissent déjà le nom. La Commission, tout en cherchant à éviter toute fraude, était animée d’un excellent esprit, qui ressort clairement de l’extrait suivant de son remarquable rapport. Cela était, d’ailleurs, d’autant plus nécessaire que la Commission n’ignorait pas que tout sujet, médium ou autre, appelé à produire des phénomènes qui exigent de sa part des eiïo_rts pénibles et parfois même doulou reux, peut être tenté consciemmentou même inconsciem ment d’avoir recours à des moyens plus faciles d’obtenir les résultats demandés. C’est là une disposition essen tiellement humaine et naturelle, avec laquelle_ il faut d’au tant plus compter que l’on se trouve (et c’était ici le cas) en présence de personnes habituées dès longtemps à servir de sujets d’expérience, qui ont pu penser souvent aux moyens de faciliter leur tâche par la fraude et à en faire l’essai. Il y a là des habitudes de penser et d’agir qui prennent peu.à peu place dans la manière d’être du _ sujet, et qui peuvent aboutir, avec le temps et la répéti tion, à des tentatives inconscientes et presque innocentes de tromperie. Cette considération a son importance, car elle peut conduire à des conclusions négatives un observateur qui n’y attache pas une attention suffisante. Surprendre un médium en tentative de supercherie ne suffit pas pour nier d’une manière absolue et sans appel la réalité des phénomènes. A côté des essais de supercherie peuvent réellement
3LES RAYONS INVISIBLES 9 ....Î. exister les phénomènes sincères et positifs; et, quand on veut observer, dans l’ordre de faits qui nous préoccupe, on est tenu de penser qu’un phénomène obtenu par voie illégitime peut se mêler parfois à des faits sérieux et dignes de crédit. Il importe donc que les observateurs cherchent à saisir, à côté des observations douteuses ou suspectes, des observations faites avec la netteté et la rigueur de la méthode scientifique. DÉGAGEMENT DU CORPS ASTRAL DU MÉDIUM. — Syn chronisme des mouvements musculaires et des ac— tions produites. L’occultisme a toujours prétendu que la véritable cause de la plupart des phénomènes dits spirites était la sortie hors du médium de son « double » (ou corps astral, périsprit, etc.) et qu’il fallait voir là non pas un fait extranaturel, mais au contraire un fait se ratta— chant à la physiologie transcendante. Comme corollaire à notre affirmation, citons l’opi nion d’Eliphas Levi à ce sujet. ' « Dire par exemple que dans les soirées magnét1ques de M. Home il sort des tables des mains réelles et vivantes, de vraies mains que les uns voient, que les autres touchent et par lesquelles d’autres encore se sentent touchés sans les voir, dire que ces mains vrai ment corporelles sont des mains d’esprits, c’est parler comme des enfants ou comme des fous, c’est expli quer contradiction dans les termes. Mais avouer que telles ou telles apparences, telles ou telles sensations se produisent, c’est être simplement sincère et se moquer de la moquerie des prud’hommes, quand bien même ces prud’hommes auraient de l’esprit comme
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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