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1Ig8 L‘INITIATION supérieures dans l’échelle de l’évolution) viennent se sacrifier pour l’évolution de la cellule végétale et pour sa transformation en chyle. En somme, toute montée dans la série, toute évolu— tion demandait le sacrifice d’une et plus souvent de deux forces supérieures. La doctrine de l’évolution . est incomplète. Elle ne représente qu’un côté du fait et néglige l’autre. Elle met à jour la loi de la lutte pour la vie. mais elle oublie la loi du sacrifice qui domine tous les phénomènes. Possédé par cette idée que je venais de mettre au jour et qui me tenait à cœur, je résolus d’approfondir de mon mieux ma découverte et je passai mes journées à la Bibliothèque nationale. J’étais externe des hôpi taux; un an de travail, deux au plus m’auraient per— mis de devenir interne et d'accomplir une carrière médicale peut-être fructueuse. J’ai consacré à l’étude des ouvrages des alchimistes, de vieux grimoires ma giques et des éléments de la langue hébraïque, ces années que mes collègues ont passées à étudier les œuvres des examinateurs, et, dès ce moment, s’est dessiné mon avenir. Cette découverte que je croyais avoir faite, je la retrouvai dans les œuvres de Louis Lucas, puis dans les textes hermétiques, puis dans les traditions indiennes et dans la Kabbale hébraïque. Le langage seul était différent et, où nous écrivons HCl, les alchimistes dessinaient un lion vert; et où nous écrivons 2HCl + Fe : FeCl2 + 2H, les alchimistes dessinaient un guerrier (Mars, le Fer) dévoré par le lion vert (l’acide).
2COMMENT JE DEVINS MYSTIQUE 199 En quelques mois ces fameux grimoires m’étaient aussi faciles à lire que les ouvrages, bien plus obs curs, de nos pédants chimistes contemporains. Et, de plus, j’apprenais à manier cette merveilleuse méthode analogique, si peu connue des philosophes modernes, qui permet de rattacher toutes les sciences en une commune synthèse et qui montre que les anciens ont été purement et simplement calomniés au point de vue scientifique, par l’ignorance historique inqua lifiable des professeurs de science de nos jours. * ut C’est en étudiant leslivres hermétiques que j’eus les premières révélations sur l’existence d’un principe en action dans l’être humain et qui rend compte si faci lement de tous les faits hypnotiques et spirites. J‘avais appris à l’École de médecine que toute ma— ladie correspond à une lésion cellulaire et qu’aucune fonction ne peut s’exercer sans un travail cellulaire. Tous les phénomènes psychiques, tous les faits de volition et d’idéation, tous les faits de mémoire cor— respondaient à un travail de certaines cellules ner— veuses, et la morale, les idées de Dieu et du Bien étaient le résultat mécanique produit par les effets del’héré dité ou du milieu sur l’évolution des cellules ner veuses. Quant aux philosophes dits « spiritualistes > et aux « théologiens », ils devaient être considérés soit comme des ignares ne sachant ni l’anatomie ni la philosophie, soit comme des aliénés plus ou moins malades suivant le cas. Un livre de psychologie n’avait quelque valeur que s’il était fait par un médecin et si
3200 L’INITIATION ce médecin appaftenait à l’École des gens «instruits » et raisohnables, c’est-à-dire à l’École matérialiste officielle. Et l’on disait aux naïfs qui croyaient encore à l’âme : « L’âme ne s’estjamais rencontrée sous votre scalpel. » Voilà en quelques mots le résumé des opi nions philosophiques qu’on nous enseignait. J’ai toujours eu la dangeureuse manie de n’accepter une idée qu’après l’avoir étudiée moi-même sous toutes ses faces. D’abord ravi par l'enseignement de‘l’École, j’en vins peu à peu à avoir quelques doutes que je demande la permission d'exposer. L'École enseignait que rien ne s‘accomplit sans la mise en action d’organes d’autant plus nombreux, que la diuz'sion du travail est mieux établie dans l’or ganisme. Or, lors de l’incendie de l’Hôtel-Dieu, on avait vu des paralytiques,dont les jambes étaient atro phiées et dont les nerfs n’existaient plus à l'état d’or ganes, recouvrer tout à coup l’usage des membres jusque-là inutiles. Mais ce n’était encore là qu’un faible argument. Les expériences de Flourens avaient démontré que nos cellules se renouvellent toutes en un temps qui, pour l’homme, n’excède pas trois ans. Quand je revois un ami trois ans après une visite antérieure, il n’y a plus en cet ami aucune des cellules matérielles qui existaient auparavant. Et cependant les formes du corps sont conservés, la ressemblance qui me permet de distinguer mon ami existe toujours. Quel est donc .1‘Organe qui a présidé à cette conservation des formes, alors qu’aucun organe du corps n’a échappé à cette .loi P Cet argument est un de ceux qui m‘ont toujours
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1Ig8 L‘INITIATION supérieures dans l’échelle de l’évolution) viennent se sacrifier pour l’évolution de la cellule végétale et pour sa transformation en chyle. En somme, toute montée dans la série, toute évolu— tion demandait le sacrifice d’une et plus souvent de deux forces supérieures. La doctrine de l’évolution . est incomplète. Elle ne représente qu’un côté du fait et néglige l’autre. Elle met à jour la loi de la lutte pour la vie. mais elle oublie la loi du sacrifice qui domine tous les phénomènes. Possédé par cette idée que je venais de mettre au jour et qui me tenait à cœur, je résolus d’approfondir de mon mieux ma découverte et je passai mes journées à la Bibliothèque nationale. J’étais externe des hôpi taux; un an de travail, deux au plus m’auraient per— mis de devenir interne et d'accomplir une carrière médicale peut-être fructueuse. J’ai consacré à l’étude des ouvrages des alchimistes, de vieux grimoires ma giques et des éléments de la langue hébraïque, ces années que mes collègues ont passées à étudier les œuvres des examinateurs, et, dès ce moment, s’est dessiné mon avenir. Cette découverte que je croyais avoir faite, je la retrouvai dans les œuvres de Louis Lucas, puis dans les textes hermétiques, puis dans les traditions indiennes et dans la Kabbale hébraïque. Le langage seul était différent et, où nous écrivons HCl, les alchimistes dessinaient un lion vert; et où nous écrivons 2HCl + Fe : FeCl2 + 2H, les alchimistes dessinaient un guerrier (Mars, le Fer) dévoré par le lion vert (l’acide).
2COMMENT JE DEVINS MYSTIQUE 199 En quelques mois ces fameux grimoires m’étaient aussi faciles à lire que les ouvrages, bien plus obs curs, de nos pédants chimistes contemporains. Et, de plus, j’apprenais à manier cette merveilleuse méthode analogique, si peu connue des philosophes modernes, qui permet de rattacher toutes les sciences en une commune synthèse et qui montre que les anciens ont été purement et simplement calomniés au point de vue scientifique, par l’ignorance historique inqua lifiable des professeurs de science de nos jours. * ut C’est en étudiant leslivres hermétiques que j’eus les premières révélations sur l’existence d’un principe en action dans l’être humain et qui rend compte si faci lement de tous les faits hypnotiques et spirites. J‘avais appris à l’École de médecine que toute ma— ladie correspond à une lésion cellulaire et qu’aucune fonction ne peut s’exercer sans un travail cellulaire. Tous les phénomènes psychiques, tous les faits de volition et d’idéation, tous les faits de mémoire cor— respondaient à un travail de certaines cellules ner— veuses, et la morale, les idées de Dieu et du Bien étaient le résultat mécanique produit par les effets del’héré dité ou du milieu sur l’évolution des cellules ner veuses. Quant aux philosophes dits « spiritualistes > et aux « théologiens », ils devaient être considérés soit comme des ignares ne sachant ni l’anatomie ni la philosophie, soit comme des aliénés plus ou moins malades suivant le cas. Un livre de psychologie n’avait quelque valeur que s’il était fait par un médecin et si
3200 L’INITIATION ce médecin appaftenait à l’École des gens «instruits » et raisohnables, c’est-à-dire à l’École matérialiste officielle. Et l’on disait aux naïfs qui croyaient encore à l’âme : « L’âme ne s’estjamais rencontrée sous votre scalpel. » Voilà en quelques mots le résumé des opi nions philosophiques qu’on nous enseignait. J’ai toujours eu la dangeureuse manie de n’accepter une idée qu’après l’avoir étudiée moi-même sous toutes ses faces. D’abord ravi par l'enseignement de‘l’École, j’en vins peu à peu à avoir quelques doutes que je demande la permission d'exposer. L'École enseignait que rien ne s‘accomplit sans la mise en action d’organes d’autant plus nombreux, que la diuz'sion du travail est mieux établie dans l’or ganisme. Or, lors de l’incendie de l’Hôtel-Dieu, on avait vu des paralytiques,dont les jambes étaient atro phiées et dont les nerfs n’existaient plus à l'état d’or ganes, recouvrer tout à coup l’usage des membres jusque-là inutiles. Mais ce n’était encore là qu’un faible argument. Les expériences de Flourens avaient démontré que nos cellules se renouvellent toutes en un temps qui, pour l’homme, n’excède pas trois ans. Quand je revois un ami trois ans après une visite antérieure, il n’y a plus en cet ami aucune des cellules matérielles qui existaient auparavant. Et cependant les formes du corps sont conservés, la ressemblance qui me permet de distinguer mon ami existe toujours. Quel est donc .1‘Organe qui a présidé à cette conservation des formes, alors qu’aucun organe du corps n’a échappé à cette .loi P Cet argument est un de ceux qui m‘ont toujours
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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