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11 12 L’INITIATION même aussi un moine qui entretient un commerce charnel n’est plus un moine, il n’est pds un disciple du fils des Sakyas. De cela tu dois t’abstenir ta vie durant. « A un moine ordonné, il est défendu de prendre ce qui ne lui est pas donné, ce qu'on qualifie vol, pas même un brin d’herbe, etc. « A un moine ordonné, il est défendu de priver sciemment un être de sa vie, pas même un ver ou une fourmi. Le moine quiprive sciemment un être humain de sa vie quand ce ne serait que par la destruction d’unfœtus, celui—là n’est plus un moine, etc. « A un moine ordonné, il est défendu de se vanter daucune perfection surhumaine, pas même jusqu’à dire : «Je demeure volontiers dans une maison vide. » Le moine qui dans un mauvais dessein et par avidité se vante faussement et mensongèrement d’une perfec— tion surhumaine, que ce soit un état de méditation ou de ravissement, ou de concentration, ou d’éléva tion, ou du chemin de la délivrance, ou du fruit de la délivrance, celui—là n’est plus un moine, etc. (I). En périodes de purification, on adjoint aux obs er vances précédentes les trois suivantes : Ne faire qu’un repas par jour, à midi. N’écouter, ne regarder, n’exécuter aucune danse, chant, ou musique profanes, aucune représentation théâtrale. Ne porter ni bijoux, ni parure, n’user d’aucun (I) OLDENBERG, le Bouddha, sa vie, sa doctrine, sa commu nauté, traduit par A. Faucher. Paris, Alcan, I894, in-8, PP- 349. 350. 599.
2SUR LA MORALE BOUDDHIQUE 113 parfum. Un détachement plus profond des objets du goût, de la vue, de l’ouïe et de l'odorat est ainsi obtenu. Enfin, lorsque le fidèle passe de l’état de novice à celui de moine, il prend en outre les deux résolutions de ne dormir que sur un lit bas et dur (1), et de vivre en état de pauvreté volontaire. — Le contrôle sur le sommeil, et l’agrandissement duchamp de la cons— cience est facilité par la première résolution, et la seconde résume toutes les neuf précédentes. On trouvera dans le précieux recueil l’1milaz‘z’on de Bouddha toutes les illustrations désirables de ces préceptes. Essayons de résumer le but envisagé par ces pres— criptions. Ce but est d’arriver à la suppression de la douleur; or la douleur est causée par l’existence, et l’existence par l’effet de la loi de Karma et de la volonté de vivre (Tarz’ka). Les vœux énoncés plus haut sont des préservatifs employés contre ces deux forces sur le plan physique, et le « chemin à huit branches » que nous allons décrire tout à l’heure sera le remède approprié au plan spirituel. Sans être partisan d’une continence absolue, ou peut reconnaître l’influence prépondérante qu’exerce cette pratique sur le développement du corps astral inférieur. En même temps, lorsqu’elle est observée par l’effet d’une extinction radicale des désirs, et non par celui d’une volonté exaltée, cette pratique anni— (1) Certaines sectes obligent même à ne dormir qu’assis.
31 14 L’lNITIATION hile toute une grande partie des tendances sensuelles: autant d’auxiliaires enlevés à la volonté de vivre (1) ; autant de facteurs puissants éliminés pour un nou veau Karma. Le respect de la propriété détruit également la pos sessivité; ses effets sont si évidents qu’il est inutile de s’y arrêter davantage. Il en est de même du respect de toute existence; dans toute créature est emprisonné. l’embryon spi rituel appelé plus tard à l’immortalité consciente; détruire une des formes de cette pure lumière divine, c’est se mettre en opposition avec le grand courant d’Évolution du Kosmos; c’est imiter les Mages Noirs; tôt ou tard, l’imprudent sera broyé fatalement. Le dernier précepte semble au premier abord beau coup moins raisonnable que les autres; sa compréhen sion peut cependantjeter une vive lumière sur l’essence de la culture bouddhique. Ordonner le secret au sujet des pouvoirs spirituels, indique implicitement que le développement de ceux—ci constitue une ou plusieurs étapes de la Voie; l’importance de la première prohi bition s’aperçoit aussi bien plus complètement; on voit que ces pouvoirs spirituels peuvent donner de nouvelles forces à Tan/m, au désir de vivre, et être même le moyen d'une perversité bien plus dange reuse, s’ils ne sont l’attribut de personnes d’une très haute moralité; les ignorants qui en entendent parler (1) La loi de Manou nous semble mieux adapté sur ce point à la réalité des choses : elle ne réclame la continence pour le Brahmane qu‘avant son initiation, et après qu’il a terminé sa vie domestique, c‘est—à—dire lorsqu’il a vu naître son petit—fils.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
11 12 L’INITIATION même aussi un moine qui entretient un commerce charnel n’est plus un moine, il n’est pds un disciple du fils des Sakyas. De cela tu dois t’abstenir ta vie durant. « A un moine ordonné, il est défendu de prendre ce qui ne lui est pas donné, ce qu'on qualifie vol, pas même un brin d’herbe, etc. « A un moine ordonné, il est défendu de priver sciemment un être de sa vie, pas même un ver ou une fourmi. Le moine quiprive sciemment un être humain de sa vie quand ce ne serait que par la destruction d’unfœtus, celui—là n’est plus un moine, etc. « A un moine ordonné, il est défendu de se vanter daucune perfection surhumaine, pas même jusqu’à dire : «Je demeure volontiers dans une maison vide. » Le moine qui dans un mauvais dessein et par avidité se vante faussement et mensongèrement d’une perfec— tion surhumaine, que ce soit un état de méditation ou de ravissement, ou de concentration, ou d’éléva tion, ou du chemin de la délivrance, ou du fruit de la délivrance, celui—là n’est plus un moine, etc. (I). En périodes de purification, on adjoint aux obs er vances précédentes les trois suivantes : Ne faire qu’un repas par jour, à midi. N’écouter, ne regarder, n’exécuter aucune danse, chant, ou musique profanes, aucune représentation théâtrale. Ne porter ni bijoux, ni parure, n’user d’aucun (I) OLDENBERG, le Bouddha, sa vie, sa doctrine, sa commu nauté, traduit par A. Faucher. Paris, Alcan, I894, in-8, PP- 349. 350. 599.
2SUR LA MORALE BOUDDHIQUE 113 parfum. Un détachement plus profond des objets du goût, de la vue, de l’ouïe et de l'odorat est ainsi obtenu. Enfin, lorsque le fidèle passe de l’état de novice à celui de moine, il prend en outre les deux résolutions de ne dormir que sur un lit bas et dur (1), et de vivre en état de pauvreté volontaire. — Le contrôle sur le sommeil, et l’agrandissement duchamp de la cons— cience est facilité par la première résolution, et la seconde résume toutes les neuf précédentes. On trouvera dans le précieux recueil l’1milaz‘z’on de Bouddha toutes les illustrations désirables de ces préceptes. Essayons de résumer le but envisagé par ces pres— criptions. Ce but est d’arriver à la suppression de la douleur; or la douleur est causée par l’existence, et l’existence par l’effet de la loi de Karma et de la volonté de vivre (Tarz’ka). Les vœux énoncés plus haut sont des préservatifs employés contre ces deux forces sur le plan physique, et le « chemin à huit branches » que nous allons décrire tout à l’heure sera le remède approprié au plan spirituel. Sans être partisan d’une continence absolue, ou peut reconnaître l’influence prépondérante qu’exerce cette pratique sur le développement du corps astral inférieur. En même temps, lorsqu’elle est observée par l’effet d’une extinction radicale des désirs, et non par celui d’une volonté exaltée, cette pratique anni— (1) Certaines sectes obligent même à ne dormir qu’assis.
31 14 L’lNITIATION hile toute une grande partie des tendances sensuelles: autant d’auxiliaires enlevés à la volonté de vivre (1) ; autant de facteurs puissants éliminés pour un nou veau Karma. Le respect de la propriété détruit également la pos sessivité; ses effets sont si évidents qu’il est inutile de s’y arrêter davantage. Il en est de même du respect de toute existence; dans toute créature est emprisonné. l’embryon spi rituel appelé plus tard à l’immortalité consciente; détruire une des formes de cette pure lumière divine, c’est se mettre en opposition avec le grand courant d’Évolution du Kosmos; c’est imiter les Mages Noirs; tôt ou tard, l’imprudent sera broyé fatalement. Le dernier précepte semble au premier abord beau coup moins raisonnable que les autres; sa compréhen sion peut cependantjeter une vive lumière sur l’essence de la culture bouddhique. Ordonner le secret au sujet des pouvoirs spirituels, indique implicitement que le développement de ceux—ci constitue une ou plusieurs étapes de la Voie; l’importance de la première prohi bition s’aperçoit aussi bien plus complètement; on voit que ces pouvoirs spirituels peuvent donner de nouvelles forces à Tan/m, au désir de vivre, et être même le moyen d'une perversité bien plus dange reuse, s’ils ne sont l’attribut de personnes d’une très haute moralité; les ignorants qui en entendent parler (1) La loi de Manou nous semble mieux adapté sur ce point à la réalité des choses : elle ne réclame la continence pour le Brahmane qu‘avant son initiation, et après qu’il a terminé sa vie domestique, c‘est—à—dire lorsqu’il a vu naître son petit—fils.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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