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1x 06 L’INITIATION dans la division, la multiplicité, la souffrance, pour être repris (mais morcelé peut—être) par le grand cou rant universel (d’où, pour l’individu, peines de la vie future; pour le groupe social, mort dans l'impuis sance). ' 3° Les moyens d’action de l’homme sont: Le travail, par lequel il réalise le progrès social et avec lui le bonheur individuel terrestre croissant. La volonté, qui lui permet dans sa sphère d’agir librement pour se perfectionner lui-même et les autres: liberté limitée dans ses écarts, comme on vient de le dire, par les peines fatales sur les récompenses provi dentielles dès qu'elle atteint les lois universelles ou quand elle les seconde. Il y a donc mauvaise volonté et bonne volonté, vice et vertu. La conscience morale, instrument providentiel, qui l’avertit quand.sa volonté s’égare ou dans quelle direction elle doit manœuvrer (et dans les occasions essentielles seulement), d’où le repentir, le remords ou la satisfaction, qui sont les premières peines ou les premières récompenses de la conduite. L’intelligence, instrument spirituel des plus puis sants, secondée par la providence des principes et de l’inspiration, qui éclaire à la fois le travail humain et la conscience dans ses détails, leùr montrant sans cesse la voie que le progrès ouvre en avant de son présent. Enfin la Religion, aspiration de l’homme versl’Es prit, nécessaire pour entretenir son courage au tra vail par lafoi dans l'universelle harmonie, la clarté de son intelligence par l’inspiration, la pureté et la vivacité de sa conscience, la sainteté de sa volonté. —w.—————a—m - ..-f,.,uu.z u '«g‘.«“ùflflr Â
2SUR LA MORALE BOUDDHIQUE 107 C’est l’orientation de l'homme vers. DIEU qui, par sa providence, l’appelle à une ascencion libre vers la vie spirituelle, c’est-à-dire vers la vie de beauté et d’harmonie suprême. _ (A l’appui de ces données théologiques, on résumera la psychologie et la morale.) FÇ-CH. BARLET fillR I.A jltorus fiuruaruu Le bouddhisme, affirmait en Sorbonne M. Léon de Rosny, il y a quelques années, compte trente mille adeptes à Paris, trois cent mille en France, cinq cent millions sur la terre (1). Quelles sont les raisons d’un si grand succès, et comment se fait—il « que la religion du plus grand nombre soit en faveur auprès des plus éclairés ? » On trouverait à ces deux pourquoi beaucoup de parce que; mais nous ne les enumérerons pas aujourd’hui: nous voulons simple ment, à l’occasion d’un nouveau et précieux volume que vient d’éditer la maison Chamuel (2), remettre sous les yeux de nos lecteurs les principales cohcep (I) ÉMILE CERE, Bréviaire du Bouddhiste. Paris, E. K0bb, in-18. (2) L‘Imitation du Bouddha, maximes pour chaque jour de l’année recueillies par Bownm,traduites de l'anglais par L. de Langle et J. Hervez. Introduction de RENÉ LORRAIN. 1 vol. in-8 carré. . .. ...._:_t, ,'.L ;.;..vl:. .. I‘nNL 1......,.. ., . . _ .
3108 L’INITIATION tiens de cette pure philosophie, que les étudiants de la tradition occidentale négligent peut-être trop d’appro fondir. Le caractère général de l’intellectualité hindoue réside dans sa perception de l’irréalité du monde créé; au delà du XL° siècle avant Jésus-Christ, l'ésotérisme védique, legs des Atlantes, régnait seul sur les sujets de Ram; mais, conformément à la loi fatidique des choses, à l’influence spécialisante des vagues de vie, la mentalité de la race n’assentit bientôt plus que des fragments de la synthèse occulte: Cette synthèse dégénéra dans les trois systèmes bien connus (subdivisés à leur tour en deux parties): 1° Mimansa etVedanta, philosophie de la révélation; 2° Nyaya, dialectique de Gotama, et Vaiséchika (philosophie de l’individualité) de Kapila, philosophie de la raison; 3° Yoga de Patandjali, Sank/zya de Kapila, philo sophie de la nature. Il est à remarquer que ces systèmes s’occupent soit de la métaphysique, soit de la cosmologie, soit de la raison abstraite; leur conclusion inavouée accuse la petitesse de l’homme en face de la nature; seule, l’andrologie ésotérique des Védas avait marqué dans une antiquité déjà fort oubliée par les Indous la place de l’homme dans le système de l’Univers; par une réaction fatale, le bouddhisme fut la grande revendi— cation de la volonté humaine, affirmant et exagérant même sa puissance vis—à-vis de la nature (dont elle démontre l'illusoire avec une vigueur sublime, et des dieux qu’elle ignore totalement. — - A. ..‘_,‘..‘-!'F<_:
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1x 06 L’INITIATION dans la division, la multiplicité, la souffrance, pour être repris (mais morcelé peut—être) par le grand cou rant universel (d’où, pour l’individu, peines de la vie future; pour le groupe social, mort dans l'impuis sance). ' 3° Les moyens d’action de l’homme sont: Le travail, par lequel il réalise le progrès social et avec lui le bonheur individuel terrestre croissant. La volonté, qui lui permet dans sa sphère d’agir librement pour se perfectionner lui-même et les autres: liberté limitée dans ses écarts, comme on vient de le dire, par les peines fatales sur les récompenses provi dentielles dès qu'elle atteint les lois universelles ou quand elle les seconde. Il y a donc mauvaise volonté et bonne volonté, vice et vertu. La conscience morale, instrument providentiel, qui l’avertit quand.sa volonté s’égare ou dans quelle direction elle doit manœuvrer (et dans les occasions essentielles seulement), d’où le repentir, le remords ou la satisfaction, qui sont les premières peines ou les premières récompenses de la conduite. L’intelligence, instrument spirituel des plus puis sants, secondée par la providence des principes et de l’inspiration, qui éclaire à la fois le travail humain et la conscience dans ses détails, leùr montrant sans cesse la voie que le progrès ouvre en avant de son présent. Enfin la Religion, aspiration de l’homme versl’Es prit, nécessaire pour entretenir son courage au tra vail par lafoi dans l'universelle harmonie, la clarté de son intelligence par l’inspiration, la pureté et la vivacité de sa conscience, la sainteté de sa volonté. —w.—————a—m - ..-f,.,uu.z u '«g‘.«“ùflflr Â
2SUR LA MORALE BOUDDHIQUE 107 C’est l’orientation de l'homme vers. DIEU qui, par sa providence, l’appelle à une ascencion libre vers la vie spirituelle, c’est-à-dire vers la vie de beauté et d’harmonie suprême. _ (A l’appui de ces données théologiques, on résumera la psychologie et la morale.) FÇ-CH. BARLET fillR I.A jltorus fiuruaruu Le bouddhisme, affirmait en Sorbonne M. Léon de Rosny, il y a quelques années, compte trente mille adeptes à Paris, trois cent mille en France, cinq cent millions sur la terre (1). Quelles sont les raisons d’un si grand succès, et comment se fait—il « que la religion du plus grand nombre soit en faveur auprès des plus éclairés ? » On trouverait à ces deux pourquoi beaucoup de parce que; mais nous ne les enumérerons pas aujourd’hui: nous voulons simple ment, à l’occasion d’un nouveau et précieux volume que vient d’éditer la maison Chamuel (2), remettre sous les yeux de nos lecteurs les principales cohcep (I) ÉMILE CERE, Bréviaire du Bouddhiste. Paris, E. K0bb, in-18. (2) L‘Imitation du Bouddha, maximes pour chaque jour de l’année recueillies par Bownm,traduites de l'anglais par L. de Langle et J. Hervez. Introduction de RENÉ LORRAIN. 1 vol. in-8 carré. . .. ...._:_t, ,'.L ;.;..vl:. .. I‘nNL 1......,.. ., . . _ .
3108 L’INITIATION tiens de cette pure philosophie, que les étudiants de la tradition occidentale négligent peut-être trop d’appro fondir. Le caractère général de l’intellectualité hindoue réside dans sa perception de l’irréalité du monde créé; au delà du XL° siècle avant Jésus-Christ, l'ésotérisme védique, legs des Atlantes, régnait seul sur les sujets de Ram; mais, conformément à la loi fatidique des choses, à l’influence spécialisante des vagues de vie, la mentalité de la race n’assentit bientôt plus que des fragments de la synthèse occulte: Cette synthèse dégénéra dans les trois systèmes bien connus (subdivisés à leur tour en deux parties): 1° Mimansa etVedanta, philosophie de la révélation; 2° Nyaya, dialectique de Gotama, et Vaiséchika (philosophie de l’individualité) de Kapila, philosophie de la raison; 3° Yoga de Patandjali, Sank/zya de Kapila, philo sophie de la nature. Il est à remarquer que ces systèmes s’occupent soit de la métaphysique, soit de la cosmologie, soit de la raison abstraite; leur conclusion inavouée accuse la petitesse de l’homme en face de la nature; seule, l’andrologie ésotérique des Védas avait marqué dans une antiquité déjà fort oubliée par les Indous la place de l’homme dans le système de l’Univers; par une réaction fatale, le bouddhisme fut la grande revendi— cation de la volonté humaine, affirmant et exagérant même sa puissance vis—à-vis de la nature (dont elle démontre l'illusoire avec une vigueur sublime, et des dieux qu’elle ignore totalement. — - A. ..‘_,‘..‘-!'F<_:
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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