Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1SUR LA MORALE BOUDDHIQUE 109 C’est ce caractère fondamental du Bouddhisme qui en fait avant toutla plus belle doctrine de morale que le monde ait jamais possédée. it <l# « De même que la grande mer, 6 disciples, n’est pénétrée que d’une seule saveur, la saveur du sel, de même aussi, ô disciples, cette doctrine et cet ordre ne sont pénétrés que d’une saveur, celle de la déli— vrance (I). « Voici, 6 moines, la vérité sainte sur la douleur: la naissance est douleur, la vieillesse est douleur, la maladie est douleur, la mort est douleur, l’union avec ce que l’on n’aime pas est douleur, la séparation d’avec ce que l’on aime est douleur, ne pas obtenir son désir est douleur; en résumé, le quintuple atta chement aux choses terrestres (2) est douleur. » (Ser mon de Bénarès). ' Ainsi donc toute vie est douleur (3). Cette douleur vient de la vie même; elle en est l’at tribut inséparable: « Voici, 6 moines, la vérité sainte sur l’origine de douleur: c’est la soif(de l’existence) qui conduit de renaissance en renaissance, accompagnée du plaisir et de la convoitise, qui trouve çà et là son plaisir : la (I) Cullavagga,‘ IX, 1, 4., cit. par Oldenberg, trad. franç., p. 208. (2) L’attachement au corps, aux sensations, aux représenta tions, aux formations, à la conscience. (Oldenberg, Koppen, 1, pp. 214, 222.) (3) Cf. Soutta des signes distinctifs du non-moi. Oldenberg, p. 216. -
21 10 L’INITIATION soifde plaisirs,la soi/“d’existence, la soif de puissance. « Voici, 6 moines, la vérité sainte sur la suppres sion de la douleur: l'extinction de cette soif par l’anéantissement complet du désir, en bannissant le désir, en y renonçant, en s’en délivrant, en ne lui laissant pas de place. « Voici, 6 moines, la vérité sainte sur le chemin qui mène à la suppression de la douleur: c'est le chemin sacré à huit branches, qui s’appelle foi pure, volonté pure, langage pur, action pure, moyens d’existence purs, application pure, attention pure, méditation pure. » Telles sont les quatre vérités fondamentales du Bouddhisme. ‘ Il en ressort cette conséquence non exprimée dans les textes et qu’on laisse le soin de découvrir à la méditation des fidèles: l’ensemble de ce qui constitue la personnalité d’un homme n’est qu'une écorce de stra— tifications successives accumulées sur le soi par le pouvoir du Karma cosmique et du Karma individuel. Pour se débarrasser de ces dépôts des renaissances, il faut donc, en les abandonnant, abolir toutes les ten dances inférieures qu'ils développent fatidiquement. C’est ainsi que la morale bouddique est avant tout prohibitive; ses préceptes sont pour la plu partnégatifs. Nous allons les énumérer, en expliquant leurs effets, d’après les conceptions mêmes qui leur ont donné naissance (1). _(i) Nous ne connaissons dans cet ordre d’idées qu'une étude fane par Mohini dans le Théosophist. ‘
3SUR LA MORALE BOUDDIIIQUE ‘ ’III . ce Lorsqu’un laïque a subi les cérémonies de l’ordi— nation, pour achever de lui donner ce caractère de religieux mendiant (bis/chou), on lui communique ses nouvelles obligations. Les voici d’après des textes reproduits par Koppen, Oldenberg et Chaboseau: PRESCRIPTIONS PHYSIQUES. —— « La nourriture de celui qui a quitté ses foyers pour mener une vie errante doit être ces quelques bribes qu’il obtient en mendiant. Son vêtement doit être fait des chifl’ons qu’il ramasse. Son lieu de repos doit être au pied des arbres dans laforêt. Sa médecine doit être l'urine fétide de la vache (1) ; de pieux laïques peuvent adou cir ces rigueurs, mais le bikschu doit les accepter en y restant indifférent. Par ces quatre jprescriptions, le moine est complètement détaché3du bien—être physi que; il n’est à charge en aucune manière à la société, il dompte complètement les préférences de son être impulsif (2). PRESCRIPTIONS MORALES. —-« A un moine ordonné, il est défendu d’entretenir un commerce charnel, même avec une bête. Le moine qui entretient un commerce charnel n’est plus un moine: il n’est pas un disciple du fils des Sakyas. Tout de même qu'un homme dont la tête a été tranchée ne peut vivre avec le tronc, de (I) Là-dedans est comprise la défense d’user d‘aucune bois son enivrante, et de toute drogue hallucinatoire ou soporifique: ce qui forme les cinq vœux ou Pantscha sila. (A. CHABOSEAU, Essai sur la philosophie bouddique. Paris, G. Carré 1891, in-8, pp. 76 et 599.) , (2) Telle est la première phase de magie pratique.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1SUR LA MORALE BOUDDHIQUE 109 C’est ce caractère fondamental du Bouddhisme qui en fait avant toutla plus belle doctrine de morale que le monde ait jamais possédée. it <l# « De même que la grande mer, 6 disciples, n’est pénétrée que d’une seule saveur, la saveur du sel, de même aussi, ô disciples, cette doctrine et cet ordre ne sont pénétrés que d’une saveur, celle de la déli— vrance (I). « Voici, 6 moines, la vérité sainte sur la douleur: la naissance est douleur, la vieillesse est douleur, la maladie est douleur, la mort est douleur, l’union avec ce que l’on n’aime pas est douleur, la séparation d’avec ce que l’on aime est douleur, ne pas obtenir son désir est douleur; en résumé, le quintuple atta chement aux choses terrestres (2) est douleur. » (Ser mon de Bénarès). ' Ainsi donc toute vie est douleur (3). Cette douleur vient de la vie même; elle en est l’at tribut inséparable: « Voici, 6 moines, la vérité sainte sur l’origine de douleur: c’est la soif(de l’existence) qui conduit de renaissance en renaissance, accompagnée du plaisir et de la convoitise, qui trouve çà et là son plaisir : la (I) Cullavagga,‘ IX, 1, 4., cit. par Oldenberg, trad. franç., p. 208. (2) L’attachement au corps, aux sensations, aux représenta tions, aux formations, à la conscience. (Oldenberg, Koppen, 1, pp. 214, 222.) (3) Cf. Soutta des signes distinctifs du non-moi. Oldenberg, p. 216. -
21 10 L’INITIATION soifde plaisirs,la soi/“d’existence, la soif de puissance. « Voici, 6 moines, la vérité sainte sur la suppres sion de la douleur: l'extinction de cette soif par l’anéantissement complet du désir, en bannissant le désir, en y renonçant, en s’en délivrant, en ne lui laissant pas de place. « Voici, 6 moines, la vérité sainte sur le chemin qui mène à la suppression de la douleur: c'est le chemin sacré à huit branches, qui s’appelle foi pure, volonté pure, langage pur, action pure, moyens d’existence purs, application pure, attention pure, méditation pure. » Telles sont les quatre vérités fondamentales du Bouddhisme. ‘ Il en ressort cette conséquence non exprimée dans les textes et qu’on laisse le soin de découvrir à la méditation des fidèles: l’ensemble de ce qui constitue la personnalité d’un homme n’est qu'une écorce de stra— tifications successives accumulées sur le soi par le pouvoir du Karma cosmique et du Karma individuel. Pour se débarrasser de ces dépôts des renaissances, il faut donc, en les abandonnant, abolir toutes les ten dances inférieures qu'ils développent fatidiquement. C’est ainsi que la morale bouddique est avant tout prohibitive; ses préceptes sont pour la plu partnégatifs. Nous allons les énumérer, en expliquant leurs effets, d’après les conceptions mêmes qui leur ont donné naissance (1). _(i) Nous ne connaissons dans cet ordre d’idées qu'une étude fane par Mohini dans le Théosophist. ‘
3SUR LA MORALE BOUDDIIIQUE ‘ ’III . ce Lorsqu’un laïque a subi les cérémonies de l’ordi— nation, pour achever de lui donner ce caractère de religieux mendiant (bis/chou), on lui communique ses nouvelles obligations. Les voici d’après des textes reproduits par Koppen, Oldenberg et Chaboseau: PRESCRIPTIONS PHYSIQUES. —— « La nourriture de celui qui a quitté ses foyers pour mener une vie errante doit être ces quelques bribes qu’il obtient en mendiant. Son vêtement doit être fait des chifl’ons qu’il ramasse. Son lieu de repos doit être au pied des arbres dans laforêt. Sa médecine doit être l'urine fétide de la vache (1) ; de pieux laïques peuvent adou cir ces rigueurs, mais le bikschu doit les accepter en y restant indifférent. Par ces quatre jprescriptions, le moine est complètement détaché3du bien—être physi que; il n’est à charge en aucune manière à la société, il dompte complètement les préférences de son être impulsif (2). PRESCRIPTIONS MORALES. —-« A un moine ordonné, il est défendu d’entretenir un commerce charnel, même avec une bête. Le moine qui entretient un commerce charnel n’est plus un moine: il n’est pas un disciple du fils des Sakyas. Tout de même qu'un homme dont la tête a été tranchée ne peut vivre avec le tronc, de (I) Là-dedans est comprise la défense d’user d‘aucune bois son enivrante, et de toute drogue hallucinatoire ou soporifique: ce qui forme les cinq vœux ou Pantscha sila. (A. CHABOSEAU, Essai sur la philosophie bouddique. Paris, G. Carré 1891, in-8, pp. 76 et 599.) , (2) Telle est la première phase de magie pratique.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.