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1LE CONCILE DE NICÉE I I façon des vampires, en buvant des gorgées de sang. Les politiciens d’aujourd’hui, qui prennent encore sa défense, disent que cette façon de concevoir la divinité a fait la civilisation et fut le salut du monde. « — Si la doctrine arienne eût prévalu, a écrit M. le duc de Broglie, Jésus-Christ n’eût été qu’un demidieu. A côté ou au-dessus de lui, la crédulité populaire n’eût pas manqué de placer d’autres êtres surhumains, pour établir quelques échelons entre le Ciel et la Terre. » Il nous semble qu’en dépit de la divinité de Jésus, la crédulité populaire s’est suffisamment livrée à ce genre de fabrication. Si ces saints, parfaitement surhumains, puisqu’ils font tous des miracles, chacun dans sa spécialité, ces Madones, noires ou blanches, ces Notre-Dame de la Salette, de Lourdes et d’autres lieux, dont les chapelles font concurrence au maîtreautel du Dieu suprême, ne sont pas au-dessus de lui, elles sont, du moins, tout à côté et diffèrent peu de la légion païenne rangée autour de Jupiter. La superstition naïve a beau changer d’étiquette, elle est la même dans tous les temps, ainsi, hélas 1 qu’un peu plus haut, ou (si l’on veut) un peu plus bas, la politique religieuse ou la religion politique. ' Eugène Nus.
21 12 l’initiation i,®A!U.lICIHATI©W La matière solide peut passer à l’état liquide, de > celui-ci à l’état vaporeux et de l’état vaporeux à l’état gazeux; dans ce dernier état elle est invisible, c’està-dire qu’elle ne modifie plus pour nous les vibrations lumineuses ; aussi le vulgaire croit-il que la matière à à l’état gazeux est anéantie. Pourtant il est facile de • comprendre que, si nous voyons encore les vapeurs et si nous ne voyons plus les gaz, c’est que notre œil n’a pas une portée suffisante pour arriver à ce résul tat et que, si nous trouvions le moyen d’étendre la portée de notre œil, il pourrait nous faire percevoir les gaz tout comme il nous fait percevoir la matière dans ses autres états. Les gaz existent,.quoique invisibles ; les chimistes 3e savent bien. Il y a encore d’autres choses qui • existent sans qu’on puisse les percevoir directement: la chaleur, l’électricité, le magnétisme. Les effets pro- ■ duits dans le monde par ces choses prouvent que les : substances appartenant au monde invisible sont aussi . bien des réalités que les subtances appartenant au ; monde visible. - Il y a encore d’autres choses qui sont invisibles: nos sentiments, nos idées, etqui cependant produisent •des effets dans le monde physique. Rien peut-il prol’hallucination i3 duire des effets ? A coup sûr non. Les idées sont donc quelque chose ; il est vrai qu’elles n’appartiennent pas à la classe des objets physiques, qu’on ne peut pas les ranger parmi les choses matérielles ; mais forcément, elles appartiennent à un certain ordre d’existence que nous pouvons nommer le monde idéel. Nous devons alors considérer les idées comme des faits d’ordre idéel, tandis que les objets physiques sont des faits d’ordre matériel. Le sens commun accepte les idées, comme tout le reste, sans en rechercher la nature ni l’origine ; si d’aventure son attention est attirée là-dessus, comme il n’a qu’un critérium pour estimer la réalité, à savoir les qualités physiques, il perçoit immédiatement que les idées sont dépourvues de ces qualités, d’où il con clut aussitôt qu’elles sont des non-réalités, des choses qui n’existent pas, des riens. II pense que l’homme les crée en les tirant du néant et qu’en disparaissant de sa conscience, elles retombent dans le néant. Cette opinion sert de base à la théorie de la créa tion ex nihilo et aussi à la croyance au néant, idées répandues chez tous les hommes dépourvus d’éduca tion philosophique, comme ¡lest facile de le constater dans leurs raisonnements qui fréquemment les con tiennent à leur insu. Parmi les philosophes occiden taux, il en est peu qui aient su s’élever à la conception de l’existence réelle des idées, qui aient reconnu en elles des êtres et des objets appartenant à un ordre d’existence différent del’ordre matériel. Pourtant, si les idées sont des êtres, — et il n’est pas besoin de longues réflexions pour le comprendre, — il faut bien
3l’initiation 14 qu’elles appartiennent à un ordre d’existence, lequel, pour être différentde l’ordre physique, n’en comprend pas moins, comme celui-ci, dès objets et des êtres variés. Parmi leurs qualités, les êtres ont la capacité d’entrer en rapport les uns avec les autres ; la percep tion des êtres de l’ordre physique est un rapportentre eux et nous ; ce rapport manque entre nous et les êtres de l’ordre idéel, —chez le commun des hommes. Nous percevons les êtres de l’ordre physique au moyen de nos sens ; si nous ne percevons pas les êtres de l’ordre idéel, c’est que nous manquons de sens propres à leur perception ; mais, si l’humanité recevait des sens nouveaux, ou si, ce qui revient à peu près au même, ses sens actuels pouvaient être appro priés à la perception du monde idéel, nous pourrions avoir une connaissance expérimentale des êtres peu plant ce monde. L’état de gaz et l’état d’idée, de même que l’état de chaleur, d’électricité, de magnétisme, ont un carac tère commun : celui d’être hors de la portée immédiate de nos sens ; ils appartiennent tous au monde invi sible. dont le monde idéel est une portion. Le monde invisible a une frontière commune avec le mond physique, comme nous le montre la disparition de la matière passant à l’état de gaz. Nous avons vu que, si notre œil ne perçoit pas les gaz, ce n’est point parce que ceux-ci manquent d’exis tence, mais bien parce que notre œil n’a pas une por tée suffisante pour les apercevoir. En occultisme, on appelle une portion du monde invisible voisine de
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LE CONCILE DE NICÉE I I façon des vampires, en buvant des gorgées de sang. Les politiciens d’aujourd’hui, qui prennent encore sa défense, disent que cette façon de concevoir la divinité a fait la civilisation et fut le salut du monde. « — Si la doctrine arienne eût prévalu, a écrit M. le duc de Broglie, Jésus-Christ n’eût été qu’un demidieu. A côté ou au-dessus de lui, la crédulité populaire n’eût pas manqué de placer d’autres êtres surhumains, pour établir quelques échelons entre le Ciel et la Terre. » Il nous semble qu’en dépit de la divinité de Jésus, la crédulité populaire s’est suffisamment livrée à ce genre de fabrication. Si ces saints, parfaitement surhumains, puisqu’ils font tous des miracles, chacun dans sa spécialité, ces Madones, noires ou blanches, ces Notre-Dame de la Salette, de Lourdes et d’autres lieux, dont les chapelles font concurrence au maîtreautel du Dieu suprême, ne sont pas au-dessus de lui, elles sont, du moins, tout à côté et diffèrent peu de la légion païenne rangée autour de Jupiter. La superstition naïve a beau changer d’étiquette, elle est la même dans tous les temps, ainsi, hélas 1 qu’un peu plus haut, ou (si l’on veut) un peu plus bas, la politique religieuse ou la religion politique. ' Eugène Nus.
21 12 l’initiation i,®A!U.lICIHATI©W La matière solide peut passer à l’état liquide, de > celui-ci à l’état vaporeux et de l’état vaporeux à l’état gazeux; dans ce dernier état elle est invisible, c’està-dire qu’elle ne modifie plus pour nous les vibrations lumineuses ; aussi le vulgaire croit-il que la matière à à l’état gazeux est anéantie. Pourtant il est facile de • comprendre que, si nous voyons encore les vapeurs et si nous ne voyons plus les gaz, c’est que notre œil n’a pas une portée suffisante pour arriver à ce résul tat et que, si nous trouvions le moyen d’étendre la portée de notre œil, il pourrait nous faire percevoir les gaz tout comme il nous fait percevoir la matière dans ses autres états. Les gaz existent,.quoique invisibles ; les chimistes 3e savent bien. Il y a encore d’autres choses qui • existent sans qu’on puisse les percevoir directement: la chaleur, l’électricité, le magnétisme. Les effets pro- ■ duits dans le monde par ces choses prouvent que les : substances appartenant au monde invisible sont aussi . bien des réalités que les subtances appartenant au ; monde visible. - Il y a encore d’autres choses qui sont invisibles: nos sentiments, nos idées, etqui cependant produisent •des effets dans le monde physique. Rien peut-il prol’hallucination i3 duire des effets ? A coup sûr non. Les idées sont donc quelque chose ; il est vrai qu’elles n’appartiennent pas à la classe des objets physiques, qu’on ne peut pas les ranger parmi les choses matérielles ; mais forcément, elles appartiennent à un certain ordre d’existence que nous pouvons nommer le monde idéel. Nous devons alors considérer les idées comme des faits d’ordre idéel, tandis que les objets physiques sont des faits d’ordre matériel. Le sens commun accepte les idées, comme tout le reste, sans en rechercher la nature ni l’origine ; si d’aventure son attention est attirée là-dessus, comme il n’a qu’un critérium pour estimer la réalité, à savoir les qualités physiques, il perçoit immédiatement que les idées sont dépourvues de ces qualités, d’où il con clut aussitôt qu’elles sont des non-réalités, des choses qui n’existent pas, des riens. II pense que l’homme les crée en les tirant du néant et qu’en disparaissant de sa conscience, elles retombent dans le néant. Cette opinion sert de base à la théorie de la créa tion ex nihilo et aussi à la croyance au néant, idées répandues chez tous les hommes dépourvus d’éduca tion philosophique, comme ¡lest facile de le constater dans leurs raisonnements qui fréquemment les con tiennent à leur insu. Parmi les philosophes occiden taux, il en est peu qui aient su s’élever à la conception de l’existence réelle des idées, qui aient reconnu en elles des êtres et des objets appartenant à un ordre d’existence différent del’ordre matériel. Pourtant, si les idées sont des êtres, — et il n’est pas besoin de longues réflexions pour le comprendre, — il faut bien
3l’initiation 14 qu’elles appartiennent à un ordre d’existence, lequel, pour être différentde l’ordre physique, n’en comprend pas moins, comme celui-ci, dès objets et des êtres variés. Parmi leurs qualités, les êtres ont la capacité d’entrer en rapport les uns avec les autres ; la percep tion des êtres de l’ordre physique est un rapportentre eux et nous ; ce rapport manque entre nous et les êtres de l’ordre idéel, —chez le commun des hommes. Nous percevons les êtres de l’ordre physique au moyen de nos sens ; si nous ne percevons pas les êtres de l’ordre idéel, c’est que nous manquons de sens propres à leur perception ; mais, si l’humanité recevait des sens nouveaux, ou si, ce qui revient à peu près au même, ses sens actuels pouvaient être appro priés à la perception du monde idéel, nous pourrions avoir une connaissance expérimentale des êtres peu plant ce monde. L’état de gaz et l’état d’idée, de même que l’état de chaleur, d’électricité, de magnétisme, ont un carac tère commun : celui d’être hors de la portée immédiate de nos sens ; ils appartiennent tous au monde invi sible. dont le monde idéel est une portion. Le monde invisible a une frontière commune avec le mond physique, comme nous le montre la disparition de la matière passant à l’état de gaz. Nous avons vu que, si notre œil ne perçoit pas les gaz, ce n’est point parce que ceux-ci manquent d’exis tence, mais bien parce que notre œil n’a pas une por tée suffisante pour les apercevoir. En occultisme, on appelle une portion du monde invisible voisine de
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