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1L» reproduction des articles inédits publiés psr L'Initiation est formellement interdite, à moins d'autorisation sjiéciale. PARTIE INITIATIQUE £13 ÜOÏffllS ®3 SME*1’ (i) L’éditeur Flammarion met en vente ce jour même l'œuvre posthume d’Eugène Nus « Vivisection, du Catholicisme ».Nous sommes autorisés spécialement à présenter à nos lecteurs un extrait de cet ouvrage remarquable que tous les spiritualistes voudront posséder. Jamais une telle lumière n’avait été pro jetée sur les origines et l’évolution du catholicisme. (En vente chez Charnue!, 29, rue de Trévise, 3 fr.) Défrayés des frais de voyage par les finances de l’Etat, des quatre points cardinaux les évêques accou rurent. Ils seraient venus de la lune, si la lune eût eu des évêques, pour voir un Empereur chrétien. Il y a désaccord sur leur nombre. Le chiffre officiel de l’Eglise en inscrit trois cent dix-huit. Selon le patriarche Eutychius, renommé par ses biographes pour sa profonde connaissance des choses ecclésias tiques, il y en eut deux mille quarante-huit. Mais il paraît que Constantin, pour circonscrire le débat dans des limites possibles, fut obligé d’éliminer la plupart de ces chefs d’Eglise. (i)
2LE CONCILE DE NICÉE 3 « Ayant entendu les avis de tous les évêques assem- « blés, écrit Eutychius, il fut étonné de la diversité « des croyances. Il yen avait qui faisaient deux Dieux « du Christ et de sa mère, qu’ils subordonnaient éga- « lement au Dieu suprême ; c’étaient les Barbares ou « Marcionites ; d’autres, c’étaient les Sabelliens, fai- « saient naître le Verbe du Père, comme la flamme « de la flamme ; d’autres encore, les Eliens, faisaient « traverser Marie par le dit Verbe, comme de l’eau : « entré par l’oreille, le Verbe était sorti par où sortent « les enfants. Il y en avait qui faisaient créer l’Homme- « Christ par Dieu même, pour l’envoyer habiter dans « fils de Marie qui avait ainsi pu être appelé Fils de « Dieu, ce Dieu étant unique et simple de substance « comme de personne, sans Verbe ni Saint-Esprit : « c’étaient les Pauliniens de Paul de Samosate. Les « Marcionites reconnaissaient trois Dieux ; le bon, le « mauvais et le moyen. » Ces diverses opinions pouvaient certes se soutenir, ni plus ni moins que les autres. Mais, au lieu de l’unité, on abordait le chaos. Trois cent dix-huit s’en tendant pour réprouver les systèmes de leurs collègues, Constantin leur confia la tâche d’établir un Credo commun, dans lequel il se chargeait de ranger toutes ces Eglises. Même dans les trois cent dix-huit, sélectés par l’Empereur, la plupart étaient peu aptes à digérer ces matières métaphysiques. Au dire de l’évêque Sabinus, qui recueillit les Actes du Concile, les pères de Nicée étaient aussi simples et aussi ignorants que, hélas ! ils étaient grossiers. D’après les historiens de l’Eglise, le début ne fut
3l'initiation 4 pas heureux. Selon Socrate de Sozomène, les Pères, croyant n’avoir été appelés en présence de Constantin que pour l’entretenir de leurs affaires personnelles, « oublièrent en un instant ce qui n’importait qu’à la religion et au culte, se prirent de violentes querelles, et s’accusèrent réciproquement avec une indécence et un acharnement indicibles. » Beaucoup remirent à l’Empereur des mémoires relatant les méfaits dont ils accusaient leurs collèguès. - On croit, dit l’abbé Fleury, que ce furent les évêques ariens qui se rendirent coupables de cette infraction à la fraternité chrétienne. Si le brave abbé eût penché pour Arius, on croirait probablement que ce furent les évêques orthodoxes qui dénoncèrentleursconfrères. Eusèbe de Césarée, quoique inclinant vers l’hérésie, raconte le fait sans commentaire, et la postérité, quelque reculée qu’elle soit, n’éclaircira jamais ce point, car Constantin, en plein concile, lança au feu tous ces libelles sans vouloir y jeter les yeux. « — Quand il entra dans l’assemblée, disent les « pieux écrivains, couvert de pourpre, d’or et de pier « reries, ses yeux baissés et la rougeur de son front « respiraient une douceur royale. Il refusa de s’asseoir « avant que tous les évêques eussent pris leur place « et lui eussent fait signe d’en faire autant. Alors il « s’assit humblement sur une chaise basse, toute bril- « lante d’ornements en or. » Sa réponse au discours d’Eusèbe de Césarée, qui lui souhaite la bienvenue, ne fut pas moins empreinte de modestie et de douceur : « — Il conjura ces très chers ministres de Dieu de
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1L» reproduction des articles inédits publiés psr L'Initiation est formellement interdite, à moins d'autorisation sjiéciale. PARTIE INITIATIQUE £13 ÜOÏffllS ®3 SME*1’ (i) L’éditeur Flammarion met en vente ce jour même l'œuvre posthume d’Eugène Nus « Vivisection, du Catholicisme ».Nous sommes autorisés spécialement à présenter à nos lecteurs un extrait de cet ouvrage remarquable que tous les spiritualistes voudront posséder. Jamais une telle lumière n’avait été pro jetée sur les origines et l’évolution du catholicisme. (En vente chez Charnue!, 29, rue de Trévise, 3 fr.) Défrayés des frais de voyage par les finances de l’Etat, des quatre points cardinaux les évêques accou rurent. Ils seraient venus de la lune, si la lune eût eu des évêques, pour voir un Empereur chrétien. Il y a désaccord sur leur nombre. Le chiffre officiel de l’Eglise en inscrit trois cent dix-huit. Selon le patriarche Eutychius, renommé par ses biographes pour sa profonde connaissance des choses ecclésias tiques, il y en eut deux mille quarante-huit. Mais il paraît que Constantin, pour circonscrire le débat dans des limites possibles, fut obligé d’éliminer la plupart de ces chefs d’Eglise. (i)
2LE CONCILE DE NICÉE 3 « Ayant entendu les avis de tous les évêques assem- « blés, écrit Eutychius, il fut étonné de la diversité « des croyances. Il yen avait qui faisaient deux Dieux « du Christ et de sa mère, qu’ils subordonnaient éga- « lement au Dieu suprême ; c’étaient les Barbares ou « Marcionites ; d’autres, c’étaient les Sabelliens, fai- « saient naître le Verbe du Père, comme la flamme « de la flamme ; d’autres encore, les Eliens, faisaient « traverser Marie par le dit Verbe, comme de l’eau : « entré par l’oreille, le Verbe était sorti par où sortent « les enfants. Il y en avait qui faisaient créer l’Homme- « Christ par Dieu même, pour l’envoyer habiter dans « fils de Marie qui avait ainsi pu être appelé Fils de « Dieu, ce Dieu étant unique et simple de substance « comme de personne, sans Verbe ni Saint-Esprit : « c’étaient les Pauliniens de Paul de Samosate. Les « Marcionites reconnaissaient trois Dieux ; le bon, le « mauvais et le moyen. » Ces diverses opinions pouvaient certes se soutenir, ni plus ni moins que les autres. Mais, au lieu de l’unité, on abordait le chaos. Trois cent dix-huit s’en tendant pour réprouver les systèmes de leurs collègues, Constantin leur confia la tâche d’établir un Credo commun, dans lequel il se chargeait de ranger toutes ces Eglises. Même dans les trois cent dix-huit, sélectés par l’Empereur, la plupart étaient peu aptes à digérer ces matières métaphysiques. Au dire de l’évêque Sabinus, qui recueillit les Actes du Concile, les pères de Nicée étaient aussi simples et aussi ignorants que, hélas ! ils étaient grossiers. D’après les historiens de l’Eglise, le début ne fut
3l'initiation 4 pas heureux. Selon Socrate de Sozomène, les Pères, croyant n’avoir été appelés en présence de Constantin que pour l’entretenir de leurs affaires personnelles, « oublièrent en un instant ce qui n’importait qu’à la religion et au culte, se prirent de violentes querelles, et s’accusèrent réciproquement avec une indécence et un acharnement indicibles. » Beaucoup remirent à l’Empereur des mémoires relatant les méfaits dont ils accusaient leurs collèguès. - On croit, dit l’abbé Fleury, que ce furent les évêques ariens qui se rendirent coupables de cette infraction à la fraternité chrétienne. Si le brave abbé eût penché pour Arius, on croirait probablement que ce furent les évêques orthodoxes qui dénoncèrentleursconfrères. Eusèbe de Césarée, quoique inclinant vers l’hérésie, raconte le fait sans commentaire, et la postérité, quelque reculée qu’elle soit, n’éclaircira jamais ce point, car Constantin, en plein concile, lança au feu tous ces libelles sans vouloir y jeter les yeux. « — Quand il entra dans l’assemblée, disent les « pieux écrivains, couvert de pourpre, d’or et de pier « reries, ses yeux baissés et la rougeur de son front « respiraient une douceur royale. Il refusa de s’asseoir « avant que tous les évêques eussent pris leur place « et lui eussent fait signe d’en faire autant. Alors il « s’assit humblement sur une chaise basse, toute bril- « lante d’ornements en or. » Sa réponse au discours d’Eusèbe de Césarée, qui lui souhaite la bienvenue, ne fut pas moins empreinte de modestie et de douceur : « — Il conjura ces très chers ministres de Dieu de
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