Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1LA TRADITION CHEZ LES DRUIDES 107 mière céleste, il a sa liberté, le devoir de dominer l’ennemi Drwg, et l’appui de la grâce (i). Au milieu de ces alternatives, 1 homme choisit; s’il s’incline vers l’existence inférieure, fuyant la lumière reconnue, s’il jalouse la condition de ceux qu’il est chargé d’élever, s’abaissant vers eux au lieu de les attirer à lui, fatalement, la série des existences le ra mène au niveau inférieur qui fut son idéal. Si, au contraire, s’élevant sans cesse, il se fait le tabernacle de Dieu, s’il désire la lumière et tend son être vers elle, la grâce, qui n’est autre qu’une des forces du destin, l’illumine et l’élève : il pénètre Gwynfid (2) et sa vie angélique. Il est alors dans le monde moyen de et dans les noms propres mythologiques Angra Mayna (Zend) Angat, Angota (religions africaines, des génies ou symboles du mal, figure le mouvement égoïste et enveloppant, astringent, de l'adversaire Cythraul, comme le fait r< marquer M. Pictet, s’oppose sans cesse à ce que l'homme échappe au cercle d'abord pour passer dans celui de Gwgnfyd 11 est assez intéressant de retrouver ici non seulement les idées, mais encore l’hiérogramme et même la méthode graphique connue dans la tradi tion sémitique. Cythraul recevra plus loin le nom de Drwg, dragon du seui à rapprocher du sanscrit druh et du rend Druy Sous ce nom il exprime plutôt l’instrument temporaire de Dieu dans l’ac complissement de ses desseins. ( 1 ; La sympathie de Dieu ou consentement aux visées pro videntielles. Cette science des correspondances, ou magie, ne s’acquiert que par la purification et le dégagement continuel de notre awen primitif. Cf. IV, xvi. (21 Cf. le si remarquable article de Papusdans V/nitiation de nov. 1893 sur VEtat de trouble. Gwynfyd, monde heureux, plé nitude est symboliquement et philologiquement aussi rapprochable de p (Cosmog. de Moise,ch. 11, p. 76). L'évolution d’Abred à Gwynfyd ainsi expliquée est absolument conforme à la tradition kabbalistique : la vision de l'Echelle de Jacob, Hénoch élevé au rang de Mettatron, sont des symboles et des enseignements de lumière identiques.
2l’initiation jo8 l’esprit: échelon de l’échelle lumineuse, il n’a plus comme détermination individuelle qu’un nom (Forme, Vocation), un rôle supérieur (Privilège, Qualité), un rôle inférieur (Utilité, Awen) (i), mais cet état har monique n’est pas une immobilité et la progression (i) Dans cette sphère l’être possède une triple connaissance (Tr. XXXV), qui lui a permis de triompher de ¡ adversaire: il connaît sa nature propre, sa cause et son mode d'action, dette nature propre, comme l’expliquent les triades voisines, c’est la connaissance de sa sphère, forme ou vocation. C’est cette sphère qu’il était donné à l’homme primitivement d'élaborer et de surveiller (Gen. II, i 5). Sa cause, c’est Ceugant: sa mé moire retrouvée lui donne conscience de sa qualité, c’est-à-dire du rôle qu’il joue par rapport à la série des êtres plus ou moins parfaits. Enfin son mode d’action ou Awen mérite une étude très spéciale. M. Pictet traduit ce mot par génie primitif, tout en remarquant ,p. 64) qu'il signifie exactement le flux, l’épan chement spontané de lame, un talent naturel. Tout homme à son awen, mais il lui est rarement donné d'en jouir dans la vie (p. 65). Quelque soin que le traducteur ait mis à rendre ce mot, il faut convenir que le véritable sens reste, volontairement ou non, caché. Le seul mot qui doit traduire Awen gst magie. Dans le cercle de Gwynfyd l’homme retrouve l’emploi de sa faculté magique primitive. Nul commentaire ne vaudrait à ce sujet ces quelques lignes de F. d'OIivet. Adam parle: « Mon amour dans l’Eden était pur et simple comme moi : c était un sentiment mêlé avec ma vie et qui ne me paraissait pas en être distinct. Je n’aurais pu cesser d'aimer quand même je l'aurais ■voulu L amour était comme le principe de mon être et la lu mière de ma vie. A présent au contraire, mon être en est devenu le principe et ma vie s’en est détachée... » —Quand j'étais dans mon Eden au printemps de ma vie immortelle et dans le calme de mon innocence, j’avais reçu en principe de l'Eternel Dieu la faculté créatrice telle qu'il l'a Jui même, mais seulement dans le rapport de mon existence à la science; car tu ne dois pas oublier que j'avais été fait à l'image des Dieux et jouissant de toutes leurs prérogatives. J’avais reçu cette faculté afin que ■jepusseembellir à mon grémon séjourde toutes les productions •de la nature élémentaire, et le peupler de toutes les créatures inférieures à moi... » (Caïn, p. 187 et p. 210).
3LA TRADITION CHEZ LES DRUIDES IO9. (t. XII, XL, XLVI), s’exécute de Gwynfyd vers Cenyant. Telle est dans toute sa grandeur et simplicité la doctrine que rythmaient les Bardes : les dogmes tra ditionnels y sont visibles et nous les avons assez indi qués au cours de notre exposition pour y insister à nouveau. Déjà quelques auteurs, et d’une plus grande autorité, furent frappés de ces ressemblances. M. Amédée Thierry, après avoir remarqué le caractère double de cette religion, secrète et métaphysique chez les Druides, extérieure et grossière pour la masse, ajoute ces mots : « Maintenant, si l’on demande comment le Druidisme prit naissance chez les Kimris et de quelle source découlaient ces frappantes similitudes entre sa doctrine fondameniale et la doctrine fonda mentale des religions secrètes de l’Orient, entre plu sieurs de ses cérémonies et les cérémonies pratiquées à Samothrace, en Asie, dans l’Inde on ne trouverait point cette question éclaircie par l'histoire. Ni les documents recueillis par les écrivains étrangers, ni les traditions nationales n’en donnent une solution positive. Mais on peut raisonnablement supposer que les Kimris pendant leur long séjour, soit en Asie, soit sur les frontières de l’Asie et de l’Europe, furent initiés à des idées et à des institutions qui, circulant alors d’un peuple à l'autre, parcouraient toutes les régions orientales du monde. » Cette origine faut-il l’admettre comme définitive ou bien avec d’autres auteurs, fautil pénétrer plus avant encore dans le passé et recher cher du côté de la Perse ce point où se perd toute
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LA TRADITION CHEZ LES DRUIDES 107 mière céleste, il a sa liberté, le devoir de dominer l’ennemi Drwg, et l’appui de la grâce (i). Au milieu de ces alternatives, 1 homme choisit; s’il s’incline vers l’existence inférieure, fuyant la lumière reconnue, s’il jalouse la condition de ceux qu’il est chargé d’élever, s’abaissant vers eux au lieu de les attirer à lui, fatalement, la série des existences le ra mène au niveau inférieur qui fut son idéal. Si, au contraire, s’élevant sans cesse, il se fait le tabernacle de Dieu, s’il désire la lumière et tend son être vers elle, la grâce, qui n’est autre qu’une des forces du destin, l’illumine et l’élève : il pénètre Gwynfid (2) et sa vie angélique. Il est alors dans le monde moyen de et dans les noms propres mythologiques Angra Mayna (Zend) Angat, Angota (religions africaines, des génies ou symboles du mal, figure le mouvement égoïste et enveloppant, astringent, de l'adversaire Cythraul, comme le fait r< marquer M. Pictet, s’oppose sans cesse à ce que l'homme échappe au cercle d'abord pour passer dans celui de Gwgnfyd 11 est assez intéressant de retrouver ici non seulement les idées, mais encore l’hiérogramme et même la méthode graphique connue dans la tradi tion sémitique. Cythraul recevra plus loin le nom de Drwg, dragon du seui à rapprocher du sanscrit druh et du rend Druy Sous ce nom il exprime plutôt l’instrument temporaire de Dieu dans l’ac complissement de ses desseins. ( 1 ; La sympathie de Dieu ou consentement aux visées pro videntielles. Cette science des correspondances, ou magie, ne s’acquiert que par la purification et le dégagement continuel de notre awen primitif. Cf. IV, xvi. (21 Cf. le si remarquable article de Papusdans V/nitiation de nov. 1893 sur VEtat de trouble. Gwynfyd, monde heureux, plé nitude est symboliquement et philologiquement aussi rapprochable de p (Cosmog. de Moise,ch. 11, p. 76). L'évolution d’Abred à Gwynfyd ainsi expliquée est absolument conforme à la tradition kabbalistique : la vision de l'Echelle de Jacob, Hénoch élevé au rang de Mettatron, sont des symboles et des enseignements de lumière identiques.
2l’initiation jo8 l’esprit: échelon de l’échelle lumineuse, il n’a plus comme détermination individuelle qu’un nom (Forme, Vocation), un rôle supérieur (Privilège, Qualité), un rôle inférieur (Utilité, Awen) (i), mais cet état har monique n’est pas une immobilité et la progression (i) Dans cette sphère l’être possède une triple connaissance (Tr. XXXV), qui lui a permis de triompher de ¡ adversaire: il connaît sa nature propre, sa cause et son mode d'action, dette nature propre, comme l’expliquent les triades voisines, c’est la connaissance de sa sphère, forme ou vocation. C’est cette sphère qu’il était donné à l’homme primitivement d'élaborer et de surveiller (Gen. II, i 5). Sa cause, c’est Ceugant: sa mé moire retrouvée lui donne conscience de sa qualité, c’est-à-dire du rôle qu’il joue par rapport à la série des êtres plus ou moins parfaits. Enfin son mode d’action ou Awen mérite une étude très spéciale. M. Pictet traduit ce mot par génie primitif, tout en remarquant ,p. 64) qu'il signifie exactement le flux, l’épan chement spontané de lame, un talent naturel. Tout homme à son awen, mais il lui est rarement donné d'en jouir dans la vie (p. 65). Quelque soin que le traducteur ait mis à rendre ce mot, il faut convenir que le véritable sens reste, volontairement ou non, caché. Le seul mot qui doit traduire Awen gst magie. Dans le cercle de Gwynfyd l’homme retrouve l’emploi de sa faculté magique primitive. Nul commentaire ne vaudrait à ce sujet ces quelques lignes de F. d'OIivet. Adam parle: « Mon amour dans l’Eden était pur et simple comme moi : c était un sentiment mêlé avec ma vie et qui ne me paraissait pas en être distinct. Je n’aurais pu cesser d'aimer quand même je l'aurais ■voulu L amour était comme le principe de mon être et la lu mière de ma vie. A présent au contraire, mon être en est devenu le principe et ma vie s’en est détachée... » —Quand j'étais dans mon Eden au printemps de ma vie immortelle et dans le calme de mon innocence, j’avais reçu en principe de l'Eternel Dieu la faculté créatrice telle qu'il l'a Jui même, mais seulement dans le rapport de mon existence à la science; car tu ne dois pas oublier que j'avais été fait à l'image des Dieux et jouissant de toutes leurs prérogatives. J’avais reçu cette faculté afin que ■jepusseembellir à mon grémon séjourde toutes les productions •de la nature élémentaire, et le peupler de toutes les créatures inférieures à moi... » (Caïn, p. 187 et p. 210).
3LA TRADITION CHEZ LES DRUIDES IO9. (t. XII, XL, XLVI), s’exécute de Gwynfyd vers Cenyant. Telle est dans toute sa grandeur et simplicité la doctrine que rythmaient les Bardes : les dogmes tra ditionnels y sont visibles et nous les avons assez indi qués au cours de notre exposition pour y insister à nouveau. Déjà quelques auteurs, et d’une plus grande autorité, furent frappés de ces ressemblances. M. Amédée Thierry, après avoir remarqué le caractère double de cette religion, secrète et métaphysique chez les Druides, extérieure et grossière pour la masse, ajoute ces mots : « Maintenant, si l’on demande comment le Druidisme prit naissance chez les Kimris et de quelle source découlaient ces frappantes similitudes entre sa doctrine fondameniale et la doctrine fonda mentale des religions secrètes de l’Orient, entre plu sieurs de ses cérémonies et les cérémonies pratiquées à Samothrace, en Asie, dans l’Inde on ne trouverait point cette question éclaircie par l'histoire. Ni les documents recueillis par les écrivains étrangers, ni les traditions nationales n’en donnent une solution positive. Mais on peut raisonnablement supposer que les Kimris pendant leur long séjour, soit en Asie, soit sur les frontières de l’Asie et de l’Europe, furent initiés à des idées et à des institutions qui, circulant alors d’un peuple à l'autre, parcouraient toutes les régions orientales du monde. » Cette origine faut-il l’admettre comme définitive ou bien avec d’autres auteurs, fautil pénétrer plus avant encore dans le passé et recher cher du côté de la Perse ce point où se perd toute
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.