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1io6 l’initiation jours croissant, les vivifiant de sa spontanéité, y créant l’esprit d’indépendance, de liberté., légalité, bouleversant les sociétés dans la fermentation des luttes, des rivalités,des guerres, des révolutions. Enfin, de ce bouillonnement même sort l’idée ÜUnilé, de synthèse, essence première de l’Esprit, qui, par l’ex cès même des rivalités, par les lenteurs de leur équi libre incertain, appelle la Fraternité. C’est la quatrième étape à laquelle nous arrivons, la France en tête. Il s’y présente une difficulté particulière, pleine de dangers. L’Esprit a perdu pour ainsi dire sa propre unité en disparaissant dans la multiplicité de l’indi vidu ; ce n’est plus lui qui peut agir, c’est à la sponta néité de chaque personnalité pour laquelle il s’est sacrifié, qu’il appartient maintenant d’accomplir la synthèse suprême, et si ces personnalités échouent en cette tâche divine, leur société périt, tombe en pous sière, se décompose ; c’est au profit d’une autre plus digne que le cycle recommence. Les anciens avaient résumé fort ingénieusement cette théorie dans le mythe d’Osiris, massacré par Typhon, mis en pièces et reconstitué par Isis après mille efforts sans cesse contrariés. Ainsi, quand arrive l’apogée de cette période, la Mort est comme en lutte avec la vie supérieure ; il /¿iwi vaincre par la Fraternité ou mourir dans l’Anar chie (i). Les anarchistes et les nihilistes de tout temps sont des sen sitifs particulièrement capables de percevoir la présence simulPRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE 107 Deux tableaux de forme quaternaire vont faire comprendre d’un coup d’œil cette action simultanée d’Involution de l’Esprit actif et d’Évolution du Monde inerte appelé à la Vie. TABLEAU DE L’INVOLUTION (OU DESCENTE DE L’ESPRIT) 1 Unité (Tous les individus sont gouvernés). 2 Liberté (Indivi3 Egalité (Individualiondequelques-uns — les plus vaillants). nombre plus grand —les plus intelligents). 4 Multiplicité ( Individuation générale — tous gouver nant; nécessitant la Vie su périeure ou la Mort — Fra ternité ou Anarchie. tanée de ces deux puissances divines : la Mort et la Vie, mais sans pouvoir en percevoir les rôles respectifs. Quand un Être individuel ne peut, par ses propres efforts, atteindre le degré suprême de perfectionnement qui est le but de la vie, la Nature le transporte dans un milieu nouveau où son progrès puisse se poursuivre vers ce but, quoique plus lentement; c’est l’office de la Mort: les descendants du défunt aidés de son héritage, poursuivent après lui la marche invincible de la Vie universelle dans le monde d’où il est retiré parce que sa présence y serait une entrave. Il y pourrait subsister beau coup plus longtemps, si par un effort extraordinaire, il avait su se rendre utile à cet universel progrès. Telle est la tradition de tous les temps ; la Mort est la loi générale de l’homme ter restre à cause de sa faiblesse. Mais il est moins difficile, surtout à mesure que l’Humanité avance en âge, de prolonger la vie sociale d’un peuple par
2io8 l’initiation TABLEAU DE L’ÉVOLUTION (OU ASCENSION VERS L’UNITÉ) 4 Individualisme égalitaire (formation de la Plèbe ou 4° classe), démocra tie complète. Fraternité ou Mort de la Nation. 2 Autocratie mili taire (formation de la Noblesse. 2'classe sociale) (Ex.-, la Grèce et Rome). 3 Emporocratie (formation de la bourgoisie. 3° classe sociale), tendances répu blicaines (Ex.-, les peoples mo 1er nés. 1 Unité de la foule dans l’ignorance (formation du Sacerdorce, i" classe sociale). Autocratie religieuse (théocratie) Ex.-. L’Asie antique. II. — L’organisme social Les considérations précédentes ont fait voir le rôle primordial de la Fraternité ; elles ont montré aussi que la Fraternité est le Principe qui transporte le mo bile de la conduite sociale, de l’individuel à l’Univeradaptation convenable au progrès général : il est surtout bien plus avantageux de le faire puisqu'une nation est un élément d’ordre supérieur de l’Humanité. La Mort d'une Nation exi geant ¡’éducation parla fatalité d’une Nation nouvelle et orphe line ne peut que retarder le progrès universel. Aujourd’hui la Fraternité, qui déjà commence à s’accomplir, est la Puissance qui s’offre à nos volontés, pour sauver chacune de nos sociétés de la Mort, de V Anarchie, et se sauver elle-même avec elles de longues angoiges.
3PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE I Og sel, pour réaliser la synthèse seule capable de conserver l’Unité de la masse. Mais cette notion très vague en core ne nous dit rien sur les moyens simples et immé diatement pratiques d’accomplir la synthèse sociale. Pour les connaître, il faut d’abord étudier d’un peu plus près l’être social considéré comme un organisme vivant et progressif. Le plan même d’une pareille étude demande des considérations spéciales, à cause delà nature particu lière de cet organisme. Les biologistes qui jusqu’ici n’ont entendu trouver d’autres lois que celles de la Nature naturée, c’est-àdire de la fatalité, ont dû les chercher spécialement là où elle agit sans perturbation d’aucune force sponta née ; dans la sphère de la vie matérielle, seule. C’est même encore de là qu’ils tendent à s'élever jusqu’à la découverte de la finalité des êtres, comme l’a tenté particulièrement Darwin. Notre méthode doit être précisément inverse, parce que c’est la finalité de la société qui doit en déterminer l’organisation. Est-ce en effet dans la Nature que l’on place cette finalité, on voudra qu’il soit donné à cha cun selon ses besoins, selon ses désirs même. A l’op posé est-ce en Dieu, on voudra que chaque personna lité se résigne à l’absolutisme d’un pouvoir indiscu table. Veut-on que X’Homme seul soit la fin de la société, alors, pliant tout, soit aux données de sa rai son logique, soit aux impulsions de sa passion, ou l’on se constituera selon les rigueurs de la formule économique et juridique, ou l’on abandonnera la direction de toutes choses aux fluctuations d’une maI I 2 l’initiaton Aux premières correspondent tous les problèmes de ¡’Économie (création, distribution, capitalisation des richesses privées ou publiques. Les fonctions de relation sont doubles : les pre mières plutôt passives consistent : i° Dans la sensation interne ou externe des émo tions et des besoins ; elle s’exerce par les représentants des membres individuels (députés) et ceux de la So ciété auprès des autres sociétés (consuls et diplomates en tant qu’agents d’information) ; 2° Dans la translation, ou immixtion d’une société dans la vie d’une autre dans le but d'en profiter pour soi-même (elle s’accomplit par les mêmes agents, consuls ou diplomates, en tant que protecteurs et gou verneurs de leurs nationaux). Le second genre de fonctions de relation — celles actives — comprend : i° Les fonctions de combativité (armes offensives et défensives et contentieux : armée, police, magistrature) 2° Celles de reproduction de l’individu ou de l’en semble (questions de famille, de naturalisation, de colonisation), et, comme extension, celles d’éducation du citoyen en tant que citoyen, de propagande, d’apos tolat des principes de la nation. On approche ainsi des fonctions supérieures . A celles de relation correspond l’ensemble d’or ganes (ou système), nommé Gouvernement. La troisième classe de fonctions, celles à.’Évolution, est triple encore : Elles ont d’abord pour but minimum de faire passer l’agrégation de l’état de simple grdkpement à ■»
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1io6 l’initiation jours croissant, les vivifiant de sa spontanéité, y créant l’esprit d’indépendance, de liberté., légalité, bouleversant les sociétés dans la fermentation des luttes, des rivalités,des guerres, des révolutions. Enfin, de ce bouillonnement même sort l’idée ÜUnilé, de synthèse, essence première de l’Esprit, qui, par l’ex cès même des rivalités, par les lenteurs de leur équi libre incertain, appelle la Fraternité. C’est la quatrième étape à laquelle nous arrivons, la France en tête. Il s’y présente une difficulté particulière, pleine de dangers. L’Esprit a perdu pour ainsi dire sa propre unité en disparaissant dans la multiplicité de l’indi vidu ; ce n’est plus lui qui peut agir, c’est à la sponta néité de chaque personnalité pour laquelle il s’est sacrifié, qu’il appartient maintenant d’accomplir la synthèse suprême, et si ces personnalités échouent en cette tâche divine, leur société périt, tombe en pous sière, se décompose ; c’est au profit d’une autre plus digne que le cycle recommence. Les anciens avaient résumé fort ingénieusement cette théorie dans le mythe d’Osiris, massacré par Typhon, mis en pièces et reconstitué par Isis après mille efforts sans cesse contrariés. Ainsi, quand arrive l’apogée de cette période, la Mort est comme en lutte avec la vie supérieure ; il /¿iwi vaincre par la Fraternité ou mourir dans l’Anar chie (i). Les anarchistes et les nihilistes de tout temps sont des sen sitifs particulièrement capables de percevoir la présence simulPRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE 107 Deux tableaux de forme quaternaire vont faire comprendre d’un coup d’œil cette action simultanée d’Involution de l’Esprit actif et d’Évolution du Monde inerte appelé à la Vie. TABLEAU DE L’INVOLUTION (OU DESCENTE DE L’ESPRIT) 1 Unité (Tous les individus sont gouvernés). 2 Liberté (Indivi3 Egalité (Individualiondequelques-uns — les plus vaillants). nombre plus grand —les plus intelligents). 4 Multiplicité ( Individuation générale — tous gouver nant; nécessitant la Vie su périeure ou la Mort — Fra ternité ou Anarchie. tanée de ces deux puissances divines : la Mort et la Vie, mais sans pouvoir en percevoir les rôles respectifs. Quand un Être individuel ne peut, par ses propres efforts, atteindre le degré suprême de perfectionnement qui est le but de la vie, la Nature le transporte dans un milieu nouveau où son progrès puisse se poursuivre vers ce but, quoique plus lentement; c’est l’office de la Mort: les descendants du défunt aidés de son héritage, poursuivent après lui la marche invincible de la Vie universelle dans le monde d’où il est retiré parce que sa présence y serait une entrave. Il y pourrait subsister beau coup plus longtemps, si par un effort extraordinaire, il avait su se rendre utile à cet universel progrès. Telle est la tradition de tous les temps ; la Mort est la loi générale de l’homme ter restre à cause de sa faiblesse. Mais il est moins difficile, surtout à mesure que l’Humanité avance en âge, de prolonger la vie sociale d’un peuple par
2io8 l’initiation TABLEAU DE L’ÉVOLUTION (OU ASCENSION VERS L’UNITÉ) 4 Individualisme égalitaire (formation de la Plèbe ou 4° classe), démocra tie complète. Fraternité ou Mort de la Nation. 2 Autocratie mili taire (formation de la Noblesse. 2'classe sociale) (Ex.-, la Grèce et Rome). 3 Emporocratie (formation de la bourgoisie. 3° classe sociale), tendances répu blicaines (Ex.-, les peoples mo 1er nés. 1 Unité de la foule dans l’ignorance (formation du Sacerdorce, i" classe sociale). Autocratie religieuse (théocratie) Ex.-. L’Asie antique. II. — L’organisme social Les considérations précédentes ont fait voir le rôle primordial de la Fraternité ; elles ont montré aussi que la Fraternité est le Principe qui transporte le mo bile de la conduite sociale, de l’individuel à l’Univeradaptation convenable au progrès général : il est surtout bien plus avantageux de le faire puisqu'une nation est un élément d’ordre supérieur de l’Humanité. La Mort d'une Nation exi geant ¡’éducation parla fatalité d’une Nation nouvelle et orphe line ne peut que retarder le progrès universel. Aujourd’hui la Fraternité, qui déjà commence à s’accomplir, est la Puissance qui s’offre à nos volontés, pour sauver chacune de nos sociétés de la Mort, de V Anarchie, et se sauver elle-même avec elles de longues angoiges.
3PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE I Og sel, pour réaliser la synthèse seule capable de conserver l’Unité de la masse. Mais cette notion très vague en core ne nous dit rien sur les moyens simples et immé diatement pratiques d’accomplir la synthèse sociale. Pour les connaître, il faut d’abord étudier d’un peu plus près l’être social considéré comme un organisme vivant et progressif. Le plan même d’une pareille étude demande des considérations spéciales, à cause delà nature particu lière de cet organisme. Les biologistes qui jusqu’ici n’ont entendu trouver d’autres lois que celles de la Nature naturée, c’est-àdire de la fatalité, ont dû les chercher spécialement là où elle agit sans perturbation d’aucune force sponta née ; dans la sphère de la vie matérielle, seule. C’est même encore de là qu’ils tendent à s'élever jusqu’à la découverte de la finalité des êtres, comme l’a tenté particulièrement Darwin. Notre méthode doit être précisément inverse, parce que c’est la finalité de la société qui doit en déterminer l’organisation. Est-ce en effet dans la Nature que l’on place cette finalité, on voudra qu’il soit donné à cha cun selon ses besoins, selon ses désirs même. A l’op posé est-ce en Dieu, on voudra que chaque personna lité se résigne à l’absolutisme d’un pouvoir indiscu table. Veut-on que X’Homme seul soit la fin de la société, alors, pliant tout, soit aux données de sa rai son logique, soit aux impulsions de sa passion, ou l’on se constituera selon les rigueurs de la formule économique et juridique, ou l’on abandonnera la direction de toutes choses aux fluctuations d’une maI I 2 l’initiaton Aux premières correspondent tous les problèmes de ¡’Économie (création, distribution, capitalisation des richesses privées ou publiques. Les fonctions de relation sont doubles : les pre mières plutôt passives consistent : i° Dans la sensation interne ou externe des émo tions et des besoins ; elle s’exerce par les représentants des membres individuels (députés) et ceux de la So ciété auprès des autres sociétés (consuls et diplomates en tant qu’agents d’information) ; 2° Dans la translation, ou immixtion d’une société dans la vie d’une autre dans le but d'en profiter pour soi-même (elle s’accomplit par les mêmes agents, consuls ou diplomates, en tant que protecteurs et gou verneurs de leurs nationaux). Le second genre de fonctions de relation — celles actives — comprend : i° Les fonctions de combativité (armes offensives et défensives et contentieux : armée, police, magistrature) 2° Celles de reproduction de l’individu ou de l’en semble (questions de famille, de naturalisation, de colonisation), et, comme extension, celles d’éducation du citoyen en tant que citoyen, de propagande, d’apos tolat des principes de la nation. On approche ainsi des fonctions supérieures . A celles de relation correspond l’ensemble d’or ganes (ou système), nommé Gouvernement. La troisième classe de fonctions, celles à.’Évolution, est triple encore : Elles ont d’abord pour but minimum de faire passer l’agrégation de l’état de simple grdkpement à ■»
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