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18 l’initiation Cet intermédiaire joue le même rôle que l’électri cité, lors de la transmission d’une dépêche. Il unit les complémentaires et répète strictement dans l’un d’eux les modifications imprimées par l’autre. A l’attrac tion correspondra donc un moyen d’action universel. Comment choisir un meilleur terme que celui qui désigne les phénomènes de l’aimant : le magnétisme ? La parcelle de fer a de Y amour ou de l’affinité pour l’aimant. Dans cette tendance attractive, essentielle, réside seulement l’amour. Mais c’est grâce à l’in fluence exercée par cet aimant sur le champ des forces ambiantes, grâce à ce que l’on a appelé le fluide ma gnétique (qui, comme la chaleur, la lumière ou l’électricité n’est qu’une modalité du mouvement) que cet amour peut se réaliser, passer de puissance en acte. Nous appelerons donc magnétisme universel (i) le moyen de réalisation de l’amour dans tous les plans et nous dirons, résumant tout ce qui précède : L’amour est l’attraction des complémentaires au moyen du magnétisme universel. Inutile de rappeler que, de même que le mot attrac tion change de nom suivant les plans d’action (cohésion, affinité, instinct, etc.), de même le mot magnétisme affectera une foule d’expressions particu lières au plan d’action. Retenons seulement que, dans l’animalité et dans l’espèce humaine, c’est la force nerveuse qui représentera l’adaptation à ce plan du magnétisme universel. (i) Les kabbalistes et les alchimistes ont donné à ce prin cipe le nom bien poétique de Lumière astrale
2UNE DÉFINITION GENERALE DE L’AMOUR 9 Nous n’avons plus qu’une conséquence à détermi ner pour achever l’analyse de l’amour, telle que nous l’avons précisée au début de cette étude. Nous con naissons le caractère, l’objet et le moyen d’action de l’amour ; ii nous reste à chercher son but, sa fin. A cette question : quel est le but de l’amour? la réponse est immédiatement fournie par le bon sens : une création. C’est ici que la difficulté commence. L’amour a pour but une création ; mais ce serait une grosse erreur, à notre avis, que de penser que la création poursuivie est toujours matérielle, physique. La fin de l’amour peut consister dans la création d’un sentiment assez durable, parfois, pour persister jusqu’à la mort. L’amour peut aussi se complaire dans la création d’une idée, dans la réalisation d’un idéal. C’est maintenant que nous pouvons saisir toute la grandeur de l’analyse de Platon. Il y a différents amours, ou mieux, il y a différents plans dans les manifestations de l’amour, non seule ment pour la matière organique, mais aussi pour les organismes animaux et pour l’homme. L’amour commence, dans l’humanité, à l’amour de l’âme pour le corps dans lequel le retient la force ner veuse ; il se continue par l’amour de l’enfant pour sa mère, de l’homme pour la femme aimée ; mais peut aussi s’élever jusqu’à l’amour de l’artiste pour son idéal : la Beauté; du savant pour son idéal, la Vérité; ou du mystique pour son idéal : la Divinité. De toutes ces manifestations de l’amour résultera une création ; mais combien peu souvent cette créa
310 l’initiation tion sera matérielle! Dans la grande majorité des cas, elle sera intellectuelle et Vidée créée dans l’œuvre d’un Colomb, par l’amour delà vérité, sera aussi vivace et, osons le dire, aussi vivante que n’importe quel enfant résultant de l’amour d’un homme pour une femme. De même que l’amoureux est prêt à sacrifier sa vie pour l’objet aimé. Colomb n’est-il pas prêt à tout sur monter pour satisfaire sa passion intellectuelle et l'ar tiste n’est-il pas prêt à supporter la misère pour atteindre son idéal ? Et si nous voulions une preuve plus palpable encore de l’existence de ces créations intellectuelles, la femme nous la fournirait immédiatement. La femme, intuitive des grandes vérités par nature, n’est-elle pas jalouse, quand elle aime vraiment, de ■l’amour de l’artiste pour cet idéal, qu’elle ne connaît pas, mais en qui elle sent une rivalité d’autant plus dangereuse que le temps ne fait qu’accroître les char mes des amours intellectuelles ? Consultez sur ce point tous nos romanciers et souvenez-vous de YŒuvre d’Emile Zola dans laquelle ce fait est admi rablement étudié. Nous pourrions développer longtemps encore notre définition; mais notre intention est d’indiquer plutôt qued’explorer complètement le champ des déductions possibles; aussi nous arrêterons-nous ici en donnant la définition générale que nous avons obtenue : l’amour est l’attraction des complémentaires au moyen du magnétisme universel et en vue d’une créa tion spirituelle ou matérielle. Papus.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
18 l’initiation Cet intermédiaire joue le même rôle que l’électri cité, lors de la transmission d’une dépêche. Il unit les complémentaires et répète strictement dans l’un d’eux les modifications imprimées par l’autre. A l’attrac tion correspondra donc un moyen d’action universel. Comment choisir un meilleur terme que celui qui désigne les phénomènes de l’aimant : le magnétisme ? La parcelle de fer a de Y amour ou de l’affinité pour l’aimant. Dans cette tendance attractive, essentielle, réside seulement l’amour. Mais c’est grâce à l’in fluence exercée par cet aimant sur le champ des forces ambiantes, grâce à ce que l’on a appelé le fluide ma gnétique (qui, comme la chaleur, la lumière ou l’électricité n’est qu’une modalité du mouvement) que cet amour peut se réaliser, passer de puissance en acte. Nous appelerons donc magnétisme universel (i) le moyen de réalisation de l’amour dans tous les plans et nous dirons, résumant tout ce qui précède : L’amour est l’attraction des complémentaires au moyen du magnétisme universel. Inutile de rappeler que, de même que le mot attrac tion change de nom suivant les plans d’action (cohésion, affinité, instinct, etc.), de même le mot magnétisme affectera une foule d’expressions particu lières au plan d’action. Retenons seulement que, dans l’animalité et dans l’espèce humaine, c’est la force nerveuse qui représentera l’adaptation à ce plan du magnétisme universel. (i) Les kabbalistes et les alchimistes ont donné à ce prin cipe le nom bien poétique de Lumière astrale
2UNE DÉFINITION GENERALE DE L’AMOUR 9 Nous n’avons plus qu’une conséquence à détermi ner pour achever l’analyse de l’amour, telle que nous l’avons précisée au début de cette étude. Nous con naissons le caractère, l’objet et le moyen d’action de l’amour ; ii nous reste à chercher son but, sa fin. A cette question : quel est le but de l’amour? la réponse est immédiatement fournie par le bon sens : une création. C’est ici que la difficulté commence. L’amour a pour but une création ; mais ce serait une grosse erreur, à notre avis, que de penser que la création poursuivie est toujours matérielle, physique. La fin de l’amour peut consister dans la création d’un sentiment assez durable, parfois, pour persister jusqu’à la mort. L’amour peut aussi se complaire dans la création d’une idée, dans la réalisation d’un idéal. C’est maintenant que nous pouvons saisir toute la grandeur de l’analyse de Platon. Il y a différents amours, ou mieux, il y a différents plans dans les manifestations de l’amour, non seule ment pour la matière organique, mais aussi pour les organismes animaux et pour l’homme. L’amour commence, dans l’humanité, à l’amour de l’âme pour le corps dans lequel le retient la force ner veuse ; il se continue par l’amour de l’enfant pour sa mère, de l’homme pour la femme aimée ; mais peut aussi s’élever jusqu’à l’amour de l’artiste pour son idéal : la Beauté; du savant pour son idéal, la Vérité; ou du mystique pour son idéal : la Divinité. De toutes ces manifestations de l’amour résultera une création ; mais combien peu souvent cette créa
310 l’initiation tion sera matérielle! Dans la grande majorité des cas, elle sera intellectuelle et Vidée créée dans l’œuvre d’un Colomb, par l’amour delà vérité, sera aussi vivace et, osons le dire, aussi vivante que n’importe quel enfant résultant de l’amour d’un homme pour une femme. De même que l’amoureux est prêt à sacrifier sa vie pour l’objet aimé. Colomb n’est-il pas prêt à tout sur monter pour satisfaire sa passion intellectuelle et l'ar tiste n’est-il pas prêt à supporter la misère pour atteindre son idéal ? Et si nous voulions une preuve plus palpable encore de l’existence de ces créations intellectuelles, la femme nous la fournirait immédiatement. La femme, intuitive des grandes vérités par nature, n’est-elle pas jalouse, quand elle aime vraiment, de ■l’amour de l’artiste pour cet idéal, qu’elle ne connaît pas, mais en qui elle sent une rivalité d’autant plus dangereuse que le temps ne fait qu’accroître les char mes des amours intellectuelles ? Consultez sur ce point tous nos romanciers et souvenez-vous de YŒuvre d’Emile Zola dans laquelle ce fait est admi rablement étudié. Nous pourrions développer longtemps encore notre définition; mais notre intention est d’indiquer plutôt qued’explorer complètement le champ des déductions possibles; aussi nous arrêterons-nous ici en donnant la définition générale que nous avons obtenue : l’amour est l’attraction des complémentaires au moyen du magnétisme universel et en vue d’une créa tion spirituelle ou matérielle. Papus.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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