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1LES EGGRÉGORES 195 III Bereschith bara Elo'im ath aschamaïm ath Haaris. Par sa vertu principiante (par la tête) lui, les Dieux, a créé le ciel et la terre. Elo'im dit: Voici Adam devenu semblable à l’un de nous, connaissant le bien et le mal; empêchons donc qu’il ne tende la main pour toucher l'arbre de vie et qu’il ne vive éternellement. (Les commentateurs pré— tendent qu’ici Dien plaisante!!!) Elo'im se repentit d’avoir fait l’homme! Assurément cet Elo‘im n’est pas le Dieu immuable et parfait dans sa sagesse. Les théo— logiens assurent que tout avait été créé pour le mieux et que le péché d’Adam a seul introduit le mal et le V désordre dans le monde. Le péché en ce cas aurait fait une créature nou velle. Assurément le lion n’est pas fait pour manger de l’herbe et l’on se demande si l’araignée est organisée pour autre chose que pour faire de la toile et dévorer les mouches. La loi de la nature n’est pas seulement une loi d’Amour, c’est une loi de guerre, de destruction et d’absorption mutuelle. Dieu a-t-il refait une nature mauvaise ? l‘homme a-t-il pu la faire ? Est-ce le diable qui l’a faite? Oh! oh! je vous attends ici. Le diable serait—il créateur? C’est un Dieu alors quasi anus ex nobis. Dieu, dit-on, a créé toutes choses. Nemo daz‘ quod
2196 L’INITIATION non habet; at qui Deus non habet formant, ergo formam dare non potest. Spiritus beati formam sponte sua acquirunt, et necessario quia limitati sunt: porro forma est rationalis determinatio limitis. Soliergo spiritus creati formam dare possunt quod est creare. Substancz‘a æterna est et non creatur, nisi æterna volitione Dei. Omne quoa’ creatur sub ratz’one alz‘cuj us formæ destruinecesse est quia omnis forma definita necessario finitur. IV Jésus a dit: le prince de cemonde est déjà jugé, et il n’y a rien en moi qui lui appartienne. L’esprit du monde a-t—il changé depuis Jésus-Christ, et le prince qui le gouverne n’est-il pas toujours le même? Jésus avait envoyé les apôtres comme des agneaux au milieu des loups. Les loups d’abord les ont mangés, mais leurs successeurs se sont faits loups, et ils ont régné en ce monde. Que signifie ce gémissement des îles loin taines lorsque Tamy, se dressant sur la proue de son navire, cria que le grand Pan était mort? Qu’est—ce que ce mystérieux Eggrégore qui est en— chaîné sur le Caucase et qui doit un jour détrôner Jupi ter quand Hercule aura brisé de nouveau sa chaîne? Pourquoi le grand crucifié n’est-il pas un blasphéma teur lorsqu’il se nomme le Beni-Eloïm, lui qui apparaît radieux sur le Thabor entre les Eggre’gores de Moïse et d’Elie? N’a—t-il pas dit lui—même : «Mon père est plus grand que moi»? N’a-t-il pas dit : «Je vais vers mon père,
3LES EGGRÉGORES I97 vers votre Dieu et mon Dieu »?Ego dixi:diiestis et jilz'i excelsi; omnes et sicuthomines moriemini. Est-ce que l’homme n’est pas réellement créature? Il crée libre ment par la science et fatalement par la vie. Sa chair pullule de mondes invisibles; il est le Jéhovah aveugle et sourd d’une infinité d’animalcules qui ne le con naissent pas et qu’il ne connaît pas. Les révélateurs religieux, en nous disant de crier vers Dieu, de réunir sans cesse nos voix et de faire violence au Ciel, ne semblent-ils supposer que nous devons nous révéler nous-mêmes à notre Eggrégore pour qu’il s’aperçoive de notre existence et qu’il prenne pitié de nous ? Le monde, providentiel dans son ensemble, est fataldans ses détails ; l’architecte est sublime, mais les maçons ! V A qui les fourmis demandent—elles justice quand le pied d’un rustre les écrase? Elles ne s’adressent à personne. Elles travaillent avec activité pour rebâtir leurs magasins; elles luttent avec intelligence contre l’aveugle fatalité. Qu’une puce nous morde, nous ne faisons pas comme le sot de la fable de La Fontaine; nous n’appe lons pas les Dieux à notre aide, nous écrasons l’in secte sans colère, mais aussi sans pitié. Je trouve que M. Tartufe n’aurait pas tort, S’il le faisait sincè rement, de se reprocher D’avoir pris une puce en faisant sa prière, Et de l’avoir tuée avec trop de colère. \
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES EGGRÉGORES 195 III Bereschith bara Elo'im ath aschamaïm ath Haaris. Par sa vertu principiante (par la tête) lui, les Dieux, a créé le ciel et la terre. Elo'im dit: Voici Adam devenu semblable à l’un de nous, connaissant le bien et le mal; empêchons donc qu’il ne tende la main pour toucher l'arbre de vie et qu’il ne vive éternellement. (Les commentateurs pré— tendent qu’ici Dien plaisante!!!) Elo'im se repentit d’avoir fait l’homme! Assurément cet Elo‘im n’est pas le Dieu immuable et parfait dans sa sagesse. Les théo— logiens assurent que tout avait été créé pour le mieux et que le péché d’Adam a seul introduit le mal et le V désordre dans le monde. Le péché en ce cas aurait fait une créature nou velle. Assurément le lion n’est pas fait pour manger de l’herbe et l’on se demande si l’araignée est organisée pour autre chose que pour faire de la toile et dévorer les mouches. La loi de la nature n’est pas seulement une loi d’Amour, c’est une loi de guerre, de destruction et d’absorption mutuelle. Dieu a-t-il refait une nature mauvaise ? l‘homme a-t-il pu la faire ? Est-ce le diable qui l’a faite? Oh! oh! je vous attends ici. Le diable serait—il créateur? C’est un Dieu alors quasi anus ex nobis. Dieu, dit-on, a créé toutes choses. Nemo daz‘ quod
2196 L’INITIATION non habet; at qui Deus non habet formant, ergo formam dare non potest. Spiritus beati formam sponte sua acquirunt, et necessario quia limitati sunt: porro forma est rationalis determinatio limitis. Soliergo spiritus creati formam dare possunt quod est creare. Substancz‘a æterna est et non creatur, nisi æterna volitione Dei. Omne quoa’ creatur sub ratz’one alz‘cuj us formæ destruinecesse est quia omnis forma definita necessario finitur. IV Jésus a dit: le prince de cemonde est déjà jugé, et il n’y a rien en moi qui lui appartienne. L’esprit du monde a-t—il changé depuis Jésus-Christ, et le prince qui le gouverne n’est-il pas toujours le même? Jésus avait envoyé les apôtres comme des agneaux au milieu des loups. Les loups d’abord les ont mangés, mais leurs successeurs se sont faits loups, et ils ont régné en ce monde. Que signifie ce gémissement des îles loin taines lorsque Tamy, se dressant sur la proue de son navire, cria que le grand Pan était mort? Qu’est—ce que ce mystérieux Eggrégore qui est en— chaîné sur le Caucase et qui doit un jour détrôner Jupi ter quand Hercule aura brisé de nouveau sa chaîne? Pourquoi le grand crucifié n’est-il pas un blasphéma teur lorsqu’il se nomme le Beni-Eloïm, lui qui apparaît radieux sur le Thabor entre les Eggre’gores de Moïse et d’Elie? N’a—t-il pas dit lui—même : «Mon père est plus grand que moi»? N’a-t-il pas dit : «Je vais vers mon père,
3LES EGGRÉGORES I97 vers votre Dieu et mon Dieu »?Ego dixi:diiestis et jilz'i excelsi; omnes et sicuthomines moriemini. Est-ce que l’homme n’est pas réellement créature? Il crée libre ment par la science et fatalement par la vie. Sa chair pullule de mondes invisibles; il est le Jéhovah aveugle et sourd d’une infinité d’animalcules qui ne le con naissent pas et qu’il ne connaît pas. Les révélateurs religieux, en nous disant de crier vers Dieu, de réunir sans cesse nos voix et de faire violence au Ciel, ne semblent-ils supposer que nous devons nous révéler nous-mêmes à notre Eggrégore pour qu’il s’aperçoive de notre existence et qu’il prenne pitié de nous ? Le monde, providentiel dans son ensemble, est fataldans ses détails ; l’architecte est sublime, mais les maçons ! V A qui les fourmis demandent—elles justice quand le pied d’un rustre les écrase? Elles ne s’adressent à personne. Elles travaillent avec activité pour rebâtir leurs magasins; elles luttent avec intelligence contre l’aveugle fatalité. Qu’une puce nous morde, nous ne faisons pas comme le sot de la fable de La Fontaine; nous n’appe lons pas les Dieux à notre aide, nous écrasons l’in secte sans colère, mais aussi sans pitié. Je trouve que M. Tartufe n’aurait pas tort, S’il le faisait sincè rement, de se reprocher D’avoir pris une puce en faisant sa prière, Et de l’avoir tuée avec trop de colère. \
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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