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1LES MONUMENTS ALCHIMIQUES DE PARIS 105 _ .. . ..__— ,s, w .wn w. q -,,v,w,r—r.«amq_nsaaml au portail central que se trouvent les cinq vierges sages et les cinq vierges folles qui préoccupent tant l’alchimiste Claude Frollo dans le roman de V. Hugo : Notre—Dame de Paris. Nous mentionnerons encore, au portail de gauche, le pilier qui divise l’entrée et qui représente un évêque foulant aux pieds un dragon. Gobineau en a parlé et Cambriel après lui. Nous donnerons l’explication de ce dernier : « Au bas de cet hiéroglyphe... se trouvent, du côté gauche et du côté de l’Hôtel-Dieu (l’ancien), deux petits ronds pleins et saillants représentant les natures métalliques brutes ou sortant de la mine... Du côté opposé sont aussi les deux mêmes ronds ou natures, mais travaillées ou dégagées des crasses qu’elles apportent des mines lesquelles ont servi à leur création. Et en face, du côté du parvis, sont aussi les deux mêmes ronds ou natures, mais perfectionnées ou totalement dégagées de leurs crasses par le moyen des précédentes fusions. Les premières représentent les corps métalliques qu’il faut prendre pour commen cer le travail hermétique. Les deuxièmes, travaillées, nous manifestent leur vertu intérieure et se rapportent à cet homme qui est dans une caisse, lequel, étant entouré et couvert de flammes de feu, prend naissance dans le feu. Et les troisièmes, perfectionnées ou tota lement dégagées de ,leurs crasses, se rapportent au dragon babylonien Ou mercure philosophal, dans lequel se trouvent réunies toutes les vertus des natures métalliques... Cet évêque porte un doigt à sa bouche pour dire à ceux qui le voient et qui viennent prendre connaissance de ce qu’il représente : « Si vous recon
2I 06 L'INITIATION naissez et devinez ce que je représente par cet hiéro— glyphe, misez-vous... » Toutes ces sculptures existent encore en partie; celles dont nous allons parler ont été détruites. On voyait à droite, en entrant dans la nef, une statue colossale de saint Christophe. Il était représenté tra versant les eaux, portant l’enfantJésus sur ses épaules. Cette statue avait vingt-huit pieds de haut. Élevée en 1413 par Antoine des Essarts, elle existait encore au XVIII" siècle. Des Essarts, avait vu décapiter aux Halles SOn frère Pierre (compromis comme lui dans le parti du duc de Bourgogne), et lui-même ne s’était échappé de sa prison que par miracle; la statue de saint Christophe n’était que l’accomplissement d’un vœu formé dans sa fuite. Il n’y avait donc rien d’alchimique lei-dedans, ce \I‘ŒW qui n’empêcha pas les souffleurs de voir dans cette ' statue un symbole de la matière. Ce qui les fortifiait dans cette opinion, c’est que, dans les roseaux figurés aux pieds de saint Christophe et aussi sur le piédes— tal de la statue d’Antoine des Essarts, étaient repré— sentées deux fioles. Au bas de la nef, à gauche, on voyait une pierre tombale adossée au mur de l’église, à côté de l’escalier de la tour. Cette pierre justifiait l’attention des alchi mistes par sa singularité. Elle pouvait se décomposer en trois parties. Dans le plan supérieur ou monde céleste, on voyait Jésus-Christ nimbé, assis, un globe sous les pieds. Sa droite levée fait le signe ésotérique qui commande le mystère; de sa gauche il tient un livre ouvert; deux glaives lui sortent de la bouche. Il ;-...
3LES MONUMENTS ALCHIMIQUES DE PARIS 107 est entouré de flammes et d’une rangée de douze anges Aux quatre coins sont figurés quatre anges sonnant de la trompette. Le Christ, c’est la pierre au rouge; les douze anges, les douze opérations; les quatre musi ciens célestes, les quatre éléments ; le globe symbolise la perfection. Le plan médian est occupé par un homme ressuscitant d’un tombeau. A droite, un homme tient un calice d’où sortent quatre serpents; à gauche, un saint nimbé tient un livre fermé: tout ceci a trait à la pierre au blanc. Dans le plan inférieur gît un cadavre dévoré par des vers : c’est la représentation de la pierre au noir; opération : la putréfaction; cou leur : la tête de corbeau. En résumé, les trois plans figurent les trois principes: le corps, l’esprit et l'âme (soufre, sel et mercure), et enfin l’évolution passant successivement du noir au blanc, puis au rouge. A part cette pierre tumulaire du chanoine Étienne Yvert et de la statue de saint Christophe, la plupart des autres hiéroglyphes et surtout le portail étaient attribués à Guillaume de Paris. « De plus, des alchi mistes assurent, nous dit Sauval, que c’est lui qui a faitériger à l’entrée du parvis, tout devant l’Hôtel-Dieu, cette statue longue et mal faite qu’on y voit avec des serpents à ses pieds, mais ils ne savent pas si c’est sa figure ou celle du Mercure.\Car, comme ancienne ment les écoles publiques se tenaient au parvis, d’ail leurs que le parvis est une place et que cette figure est placée dans un carrefour, des savants tiennent que c’est un Mercure ou Therme placé là à l’imitation des anciens. » Et plus loin : « C’est, disent-ils, le même évêque Guillaume qui a fait graver au portail une
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES MONUMENTS ALCHIMIQUES DE PARIS 105 _ .. . ..__— ,s, w .wn w. q -,,v,w,r—r.«amq_nsaaml au portail central que se trouvent les cinq vierges sages et les cinq vierges folles qui préoccupent tant l’alchimiste Claude Frollo dans le roman de V. Hugo : Notre—Dame de Paris. Nous mentionnerons encore, au portail de gauche, le pilier qui divise l’entrée et qui représente un évêque foulant aux pieds un dragon. Gobineau en a parlé et Cambriel après lui. Nous donnerons l’explication de ce dernier : « Au bas de cet hiéroglyphe... se trouvent, du côté gauche et du côté de l’Hôtel-Dieu (l’ancien), deux petits ronds pleins et saillants représentant les natures métalliques brutes ou sortant de la mine... Du côté opposé sont aussi les deux mêmes ronds ou natures, mais travaillées ou dégagées des crasses qu’elles apportent des mines lesquelles ont servi à leur création. Et en face, du côté du parvis, sont aussi les deux mêmes ronds ou natures, mais perfectionnées ou totalement dégagées de leurs crasses par le moyen des précédentes fusions. Les premières représentent les corps métalliques qu’il faut prendre pour commen cer le travail hermétique. Les deuxièmes, travaillées, nous manifestent leur vertu intérieure et se rapportent à cet homme qui est dans une caisse, lequel, étant entouré et couvert de flammes de feu, prend naissance dans le feu. Et les troisièmes, perfectionnées ou tota lement dégagées de ,leurs crasses, se rapportent au dragon babylonien Ou mercure philosophal, dans lequel se trouvent réunies toutes les vertus des natures métalliques... Cet évêque porte un doigt à sa bouche pour dire à ceux qui le voient et qui viennent prendre connaissance de ce qu’il représente : « Si vous recon
2I 06 L'INITIATION naissez et devinez ce que je représente par cet hiéro— glyphe, misez-vous... » Toutes ces sculptures existent encore en partie; celles dont nous allons parler ont été détruites. On voyait à droite, en entrant dans la nef, une statue colossale de saint Christophe. Il était représenté tra versant les eaux, portant l’enfantJésus sur ses épaules. Cette statue avait vingt-huit pieds de haut. Élevée en 1413 par Antoine des Essarts, elle existait encore au XVIII" siècle. Des Essarts, avait vu décapiter aux Halles SOn frère Pierre (compromis comme lui dans le parti du duc de Bourgogne), et lui-même ne s’était échappé de sa prison que par miracle; la statue de saint Christophe n’était que l’accomplissement d’un vœu formé dans sa fuite. Il n’y avait donc rien d’alchimique lei-dedans, ce \I‘ŒW qui n’empêcha pas les souffleurs de voir dans cette ' statue un symbole de la matière. Ce qui les fortifiait dans cette opinion, c’est que, dans les roseaux figurés aux pieds de saint Christophe et aussi sur le piédes— tal de la statue d’Antoine des Essarts, étaient repré— sentées deux fioles. Au bas de la nef, à gauche, on voyait une pierre tombale adossée au mur de l’église, à côté de l’escalier de la tour. Cette pierre justifiait l’attention des alchi mistes par sa singularité. Elle pouvait se décomposer en trois parties. Dans le plan supérieur ou monde céleste, on voyait Jésus-Christ nimbé, assis, un globe sous les pieds. Sa droite levée fait le signe ésotérique qui commande le mystère; de sa gauche il tient un livre ouvert; deux glaives lui sortent de la bouche. Il ;-...
3LES MONUMENTS ALCHIMIQUES DE PARIS 107 est entouré de flammes et d’une rangée de douze anges Aux quatre coins sont figurés quatre anges sonnant de la trompette. Le Christ, c’est la pierre au rouge; les douze anges, les douze opérations; les quatre musi ciens célestes, les quatre éléments ; le globe symbolise la perfection. Le plan médian est occupé par un homme ressuscitant d’un tombeau. A droite, un homme tient un calice d’où sortent quatre serpents; à gauche, un saint nimbé tient un livre fermé: tout ceci a trait à la pierre au blanc. Dans le plan inférieur gît un cadavre dévoré par des vers : c’est la représentation de la pierre au noir; opération : la putréfaction; cou leur : la tête de corbeau. En résumé, les trois plans figurent les trois principes: le corps, l’esprit et l'âme (soufre, sel et mercure), et enfin l’évolution passant successivement du noir au blanc, puis au rouge. A part cette pierre tumulaire du chanoine Étienne Yvert et de la statue de saint Christophe, la plupart des autres hiéroglyphes et surtout le portail étaient attribués à Guillaume de Paris. « De plus, des alchi mistes assurent, nous dit Sauval, que c’est lui qui a faitériger à l’entrée du parvis, tout devant l’Hôtel-Dieu, cette statue longue et mal faite qu’on y voit avec des serpents à ses pieds, mais ils ne savent pas si c’est sa figure ou celle du Mercure.\Car, comme ancienne ment les écoles publiques se tenaient au parvis, d’ail leurs que le parvis est une place et que cette figure est placée dans un carrefour, des savants tiennent que c’est un Mercure ou Therme placé là à l’imitation des anciens. » Et plus loin : « C’est, disent-ils, le même évêque Guillaume qui a fait graver au portail une
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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