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1LES MONUMENTS ALCHIMIQUES DE PARIS de toutes les autres fondations de Flamel;elle fut détruite peu à peu par les visiteurs superstitieux et cupides qui enlevaient l’un des fragments de pierre comme souvenir, l’autre des morceaux du métal doré pour en essayer la vertu. Du temps de Borel, il y avait quatre plaques dorées à l’arcade, trois du temps de Gohorry et plus du tout au xvm' siècle. Enfin, en I761, cette arcade fut reconstruite, et ce qui restait disparut. Cette même année 1389, Flamel fit élever à ses frais le petit portail de l’église Saint—Jacques-la-Boucherie, vis-à-vis la rue de Marivaux. Il y était représenté avec Pernelle sa femme, et au jambage occidental de cette porte était sculpté un petit ange tenant en ses mains un disque de pierre dans lequel avait été enchâssé une rondelle de marbre noir où était enclavée une croix en or hermétique. Cet or magique dut tenter bien des fois les souffleurs; pourtant il ne fut dérobé qu’au milieu du XVII° siècle par un alchimiste indélicat mais avide. En 1407, Flamel fit élever une seconde arcade au charnier des Saints-Innocents, bien plus intéressante que la première, car Flamel nous en a lui-même donné la double explication hermétique et théologique dans son Livre des figures hiéroglyphiques. On trouvera une reproduction de ces figures en tête des Théories etSymboles, de M. Poisson. Sur le.côté de l’arche on voyait d’abord une écritoire enfermée dans une petite niche, c’estle symbole de l’œuf philosophique enfermé dans l’Athanor. A gauche se tenait saint Paul, vêtu d’une robe
2100 L’INITIATION ____ W._. .__ V... “V“ .. citrine brodée d’or, tenant un glaive nu ; à ses pieds Flamel lui-même vêtu d’une robe orangée, blanche et noire, c’est l’indication symbolique des couleurs que prend la pierre philosophale quand elle passe du noir au blanc. A côté, c’est-à-dire au milieu de l’arche, sur champ vert, trois personnages ressuscitent , deux hommes et une femme entièrement blancs, deux anges au-dessus et, dominant les anges, la figure du Sauveur venant juger le monde, vêtu d’une robe citrine et blanche. Le champ vert indique qu’entre autres cou leurs de l’œuvre, entre la noirceur et la blancheur, paraît quelque temps la verdeur. Les trois ressuscités sont le corps, l’esprit et l’âme (Soufre, Sel et Mercure), composants de la pierre. Le Seigneur, c’est la pierre au blanc ou petit élixir. A droite, faisant pendant à saint Paul,on voyait saint Pierre vêtu d’une robe rouge, ayant une clef dans la dextre; à ses pieds est agenouillée Pernelle vêtue d’une robe orangée ; ce groupe symbolise la couleur rouge qui apparaît en dernier lieu et indique l’heu reuse réussite de l’œuvre. On trouve donc, en procé dant de gauche à droite, les trois couleurs principales de l’œuvre. Les figures moins importantes distribuées dans des cartels au-dessous des trois groupes ci-dessus décrits symbolisaient les principes de la matière et les opérations du Grand—Œuvre. Telles étaient les principales fondations de Flamel; mais, comme cetadepte avaitfaitdécorer d’hiéroglyphes toutes les maisons qu’il possédait, toutes les églises dont il avait été le bienfaiteur, les alchimistes visi taient, outre le charnier des Innocents et l’église
3LES MONUMENTS ALCHIMIQUES DE PARIS IOI Saint-Jacques, le portail de Sainte-Geneviève-des Ardents, ses nombreuses maisons de la rue de Mont— morency et de la rue Saint-Martin, l’église Saint Nicolas-des-Champs, la chapelle de l’hôpital Saint— Gervais, etc. De ces nombreux monuments il ne reste rien ou presque rien: l’église mutilée Saint-Nicolas— des-Champs, le clocher de l’église Saint-Jacques—de-læ Boucherie, connu sous le nom de tour Saint—Jacques, et la pierre tumulaire de Nicolas Flamel conservée au musée de Cluny ! Si quelques-unes des églises dotées par Flamel ont été détruites par le vandalisme révolu tionnaire, plusieurs de ses fondations ont eu surtout à souffrir de la cupidité des souffleurs: telles, les arcades du charnier des Innocents et surtout la maison qu’il habitait au coin de la rue de Marivaux et de la rue des Escripvains en face le petit portail de l'église Saint Jacques-de-la—Boucherie. Sauval nous en fait l’histoire en quelques lignes. C’était la cave de la maison de la rue des Écrivains qui était le plus visitée, car c’est là que, selon la tradition, Flamel s’enfermait pour travailler. En 1624, un capucin alchimiste, le Père Pacifique, y fit sans résultat exécuter de grandes fouilles; après lui, ce fut un riche seigneur allemand qui bouleversa la maison, sans rien trouver du reste. Puis une bonne femme qui habitait la maison trouva, dans un endroit non encore remué, quelques matras pleins de pierre philosophale; mais, ignorant ce que c’était, elle jeta le tout, le prenant sans doute pour quelque drogue inconnue, peut—être dangereuse. Les recherches et les fouilles ne cessèrent que lorsque la maison elle—même eut cessé d’exister.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES MONUMENTS ALCHIMIQUES DE PARIS de toutes les autres fondations de Flamel;elle fut détruite peu à peu par les visiteurs superstitieux et cupides qui enlevaient l’un des fragments de pierre comme souvenir, l’autre des morceaux du métal doré pour en essayer la vertu. Du temps de Borel, il y avait quatre plaques dorées à l’arcade, trois du temps de Gohorry et plus du tout au xvm' siècle. Enfin, en I761, cette arcade fut reconstruite, et ce qui restait disparut. Cette même année 1389, Flamel fit élever à ses frais le petit portail de l’église Saint—Jacques-la-Boucherie, vis-à-vis la rue de Marivaux. Il y était représenté avec Pernelle sa femme, et au jambage occidental de cette porte était sculpté un petit ange tenant en ses mains un disque de pierre dans lequel avait été enchâssé une rondelle de marbre noir où était enclavée une croix en or hermétique. Cet or magique dut tenter bien des fois les souffleurs; pourtant il ne fut dérobé qu’au milieu du XVII° siècle par un alchimiste indélicat mais avide. En 1407, Flamel fit élever une seconde arcade au charnier des Saints-Innocents, bien plus intéressante que la première, car Flamel nous en a lui-même donné la double explication hermétique et théologique dans son Livre des figures hiéroglyphiques. On trouvera une reproduction de ces figures en tête des Théories etSymboles, de M. Poisson. Sur le.côté de l’arche on voyait d’abord une écritoire enfermée dans une petite niche, c’estle symbole de l’œuf philosophique enfermé dans l’Athanor. A gauche se tenait saint Paul, vêtu d’une robe
2100 L’INITIATION ____ W._. .__ V... “V“ .. citrine brodée d’or, tenant un glaive nu ; à ses pieds Flamel lui-même vêtu d’une robe orangée, blanche et noire, c’est l’indication symbolique des couleurs que prend la pierre philosophale quand elle passe du noir au blanc. A côté, c’est-à-dire au milieu de l’arche, sur champ vert, trois personnages ressuscitent , deux hommes et une femme entièrement blancs, deux anges au-dessus et, dominant les anges, la figure du Sauveur venant juger le monde, vêtu d’une robe citrine et blanche. Le champ vert indique qu’entre autres cou leurs de l’œuvre, entre la noirceur et la blancheur, paraît quelque temps la verdeur. Les trois ressuscités sont le corps, l’esprit et l’âme (Soufre, Sel et Mercure), composants de la pierre. Le Seigneur, c’est la pierre au blanc ou petit élixir. A droite, faisant pendant à saint Paul,on voyait saint Pierre vêtu d’une robe rouge, ayant une clef dans la dextre; à ses pieds est agenouillée Pernelle vêtue d’une robe orangée ; ce groupe symbolise la couleur rouge qui apparaît en dernier lieu et indique l’heu reuse réussite de l’œuvre. On trouve donc, en procé dant de gauche à droite, les trois couleurs principales de l’œuvre. Les figures moins importantes distribuées dans des cartels au-dessous des trois groupes ci-dessus décrits symbolisaient les principes de la matière et les opérations du Grand—Œuvre. Telles étaient les principales fondations de Flamel; mais, comme cetadepte avaitfaitdécorer d’hiéroglyphes toutes les maisons qu’il possédait, toutes les églises dont il avait été le bienfaiteur, les alchimistes visi taient, outre le charnier des Innocents et l’église
3LES MONUMENTS ALCHIMIQUES DE PARIS IOI Saint-Jacques, le portail de Sainte-Geneviève-des Ardents, ses nombreuses maisons de la rue de Mont— morency et de la rue Saint-Martin, l’église Saint Nicolas-des-Champs, la chapelle de l’hôpital Saint— Gervais, etc. De ces nombreux monuments il ne reste rien ou presque rien: l’église mutilée Saint-Nicolas— des-Champs, le clocher de l’église Saint-Jacques—de-læ Boucherie, connu sous le nom de tour Saint—Jacques, et la pierre tumulaire de Nicolas Flamel conservée au musée de Cluny ! Si quelques-unes des églises dotées par Flamel ont été détruites par le vandalisme révolu tionnaire, plusieurs de ses fondations ont eu surtout à souffrir de la cupidité des souffleurs: telles, les arcades du charnier des Innocents et surtout la maison qu’il habitait au coin de la rue de Marivaux et de la rue des Escripvains en face le petit portail de l'église Saint Jacques-de-la—Boucherie. Sauval nous en fait l’histoire en quelques lignes. C’était la cave de la maison de la rue des Écrivains qui était le plus visitée, car c’est là que, selon la tradition, Flamel s’enfermait pour travailler. En 1624, un capucin alchimiste, le Père Pacifique, y fit sans résultat exécuter de grandes fouilles; après lui, ce fut un riche seigneur allemand qui bouleversa la maison, sans rien trouver du reste. Puis une bonne femme qui habitait la maison trouva, dans un endroit non encore remué, quelques matras pleins de pierre philosophale; mais, ignorant ce que c’était, elle jeta le tout, le prenant sans doute pour quelque drogue inconnue, peut—être dangereuse. Les recherches et les fouilles ne cessèrent que lorsque la maison elle—même eut cessé d’exister.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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