Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1SCIENCE ET SPIRITUALISME 107 nique, l’écriture, etc. Un code convenu d’avance, le langage, et un intermédiaire matériel de communica tion, sont les modes connus de transmission des pen sées. Ne peut-il donc exister ‘ainsi un intermédiaire immatériel (éthéré peut—être) P Est—il donc impossible qu’une pensée puisse être transportée d’une personne à une autre par un processus auquel nous ne sommes pas accoutumés et à l’égard duquel nous ne savons rien encore? Ici j’ai l’évidence pour moi. J’affirme que j’ai vu et je suis parfaitement convaincu du fait. D’autres ont vu aussi. Pourquoi alors parler de cela à voix basse comme d’une chose dont il faille rougir? De quel droit rougirions—nous donc de la vérité ? Après tout, quand nous nous y serons accoutumés, cela ne paraîtra plus aussi étrange. Ce n’est peut-être qu’une conséquence naturelle de la communauté de vie ou des relations de famille entre tous les êtres vivants. La transmission de la vie peut être comparée à beaucoup d’égards à la transmission du magné tisme, et tous les aimants sont reliés sympathique— ment, de sorte que, s’ils sont convenablement sus— pendus, toute vibration de l’un d’eux se répercute sur tous les autres, fussent-ils éloignés de t 50 millions de kilomètres. On objecte quelquefois que, si la télépathie existe, elle ne se produit qu’avec les formes inférieures de vie et que nous y échappons à mesure que les hémisphères cérébraux se développent; que les faits que nous rele vons sont les restes d’une faculté en décadence et non le germe d’un sens nouveau et fécond; qu’enfin le progrès n’a rien à espérer de l’étude de ces phéno
2108 L’INITIATION mènes. Il peut être exact que nous soyions, en effet, en présence d’un mode primitif de communication d’êtres vivants moins parfaits que nous; mais que n’avons-nous pas à apprendre dans l’étude de ces âges primitifs! L’objection, si elle était admise, ne pourrait-elle pas être retournée contre l’embryologie, et ces phénomènes ne peuvent-ils, d’un autre côté, être considérés comme une indication d’un mode plus élevé de communication qui survivra à l’état tempo— raire auquel nous sommes habitués. J'ai parlé de l’action directe apparente de l’esprit sur l’esprit et d’une action possible de l’esprit sur la matière. Mais nous sommes ici en pays neuf, et on peut concevoir aussi que la matière puisse réagir sur l’esprit, suivant un mode qu’actuellement nous ne pouvons imaginer que d’une façon assez obscure. Pourquoi la barrière qui jusqu’ici a séparé l’esprit de la matière ne pourrait-elle pas être écartée graduelle— ment comme l’ont été déjà tant d’autres barrières? Pourquoi ne pourrions-nous pas arriver à une per ception plus complète de l’unité de la nature telle que les philosophes l’ont déjà rêvée ? Je ne m’inquiète pas des résultats. Ce qui m’im porte, c’est que nous fassions des recherches et que, quittant les sentiers battus, nous ne laissions pas à des profanes le soin d’ouvrir de nouveaux horizons scientifiques aux yeux qui ne veulent pas voir. On dira peut-être que les recherches de ce genre ne sont pas des travaux de physique et ne nous regardent pas. Qu’en savez vous, tant que vous n’avez pas essayé? En cela, je me fie à mon instinct; je crois
3SCIENCE ET SPIRITUALISME 109 qu’il y a quelque chose dans ces régions qui nous con cerne comme physiciens. Cela peut aussi concerner d’autres sciences; mais peu m’importe. Ainsi la bio logie s’en occupera quelque jour, mais les biologistes ont leur région; nous avons la nôtre. et nous n’avons pas besoin d’ajourner nos recherches pour savoir ce qu’ils feront. Notre science, la physique ou philoso phie naturelle, dans son sens le plus large, est la reine des sciences : nous devons conduire, et non nous laisser guider. Et, je le répète, ayons foi dans l’intel— ligibilité de l’Univers : c’est le grand credo qui a guidé toutes les tentatives intellectuelles et assuré les pro grès scientifiques. Tout d’abord les choses paraissent mystérieuses. Une comète, la foudre, l’aurore, la pluie sont autant de phénomènes mystérieux pour qui les voit la pre— mière fois. Mais vienne le flambeau de la science et leurs relations avec d’autres phénomènes mieux con nus apparaissent; ils cessent d’être des anomalies, et si un certain mystère plane encore sur eux, c’est le mystère qui enveloppe les objets les plus familiers de la vie de chaque jour. _ Conduites au hasard, les opérations d’un chimiste ne seraient qu’un mélange indescriptible d’efferves cences, de précipités, de changements de couleur et de nature; mais, guidées par la théorie qui groupe et coordonne les faits, ces opérations deviennent intelli gibles, et les explosions mêmes qui peuvent se pro duire sont susceptibles d’explications. D‘ailleurs la doctrine de l’intelligibilité ultime de vrait être adoptée aussi dans les autres branches de la
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1SCIENCE ET SPIRITUALISME 107 nique, l’écriture, etc. Un code convenu d’avance, le langage, et un intermédiaire matériel de communica tion, sont les modes connus de transmission des pen sées. Ne peut-il donc exister ‘ainsi un intermédiaire immatériel (éthéré peut—être) P Est—il donc impossible qu’une pensée puisse être transportée d’une personne à une autre par un processus auquel nous ne sommes pas accoutumés et à l’égard duquel nous ne savons rien encore? Ici j’ai l’évidence pour moi. J’affirme que j’ai vu et je suis parfaitement convaincu du fait. D’autres ont vu aussi. Pourquoi alors parler de cela à voix basse comme d’une chose dont il faille rougir? De quel droit rougirions—nous donc de la vérité ? Après tout, quand nous nous y serons accoutumés, cela ne paraîtra plus aussi étrange. Ce n’est peut-être qu’une conséquence naturelle de la communauté de vie ou des relations de famille entre tous les êtres vivants. La transmission de la vie peut être comparée à beaucoup d’égards à la transmission du magné tisme, et tous les aimants sont reliés sympathique— ment, de sorte que, s’ils sont convenablement sus— pendus, toute vibration de l’un d’eux se répercute sur tous les autres, fussent-ils éloignés de t 50 millions de kilomètres. On objecte quelquefois que, si la télépathie existe, elle ne se produit qu’avec les formes inférieures de vie et que nous y échappons à mesure que les hémisphères cérébraux se développent; que les faits que nous rele vons sont les restes d’une faculté en décadence et non le germe d’un sens nouveau et fécond; qu’enfin le progrès n’a rien à espérer de l’étude de ces phéno
2108 L’INITIATION mènes. Il peut être exact que nous soyions, en effet, en présence d’un mode primitif de communication d’êtres vivants moins parfaits que nous; mais que n’avons-nous pas à apprendre dans l’étude de ces âges primitifs! L’objection, si elle était admise, ne pourrait-elle pas être retournée contre l’embryologie, et ces phénomènes ne peuvent-ils, d’un autre côté, être considérés comme une indication d’un mode plus élevé de communication qui survivra à l’état tempo— raire auquel nous sommes habitués. J'ai parlé de l’action directe apparente de l’esprit sur l’esprit et d’une action possible de l’esprit sur la matière. Mais nous sommes ici en pays neuf, et on peut concevoir aussi que la matière puisse réagir sur l’esprit, suivant un mode qu’actuellement nous ne pouvons imaginer que d’une façon assez obscure. Pourquoi la barrière qui jusqu’ici a séparé l’esprit de la matière ne pourrait-elle pas être écartée graduelle— ment comme l’ont été déjà tant d’autres barrières? Pourquoi ne pourrions-nous pas arriver à une per ception plus complète de l’unité de la nature telle que les philosophes l’ont déjà rêvée ? Je ne m’inquiète pas des résultats. Ce qui m’im porte, c’est que nous fassions des recherches et que, quittant les sentiers battus, nous ne laissions pas à des profanes le soin d’ouvrir de nouveaux horizons scientifiques aux yeux qui ne veulent pas voir. On dira peut-être que les recherches de ce genre ne sont pas des travaux de physique et ne nous regardent pas. Qu’en savez vous, tant que vous n’avez pas essayé? En cela, je me fie à mon instinct; je crois
3SCIENCE ET SPIRITUALISME 109 qu’il y a quelque chose dans ces régions qui nous con cerne comme physiciens. Cela peut aussi concerner d’autres sciences; mais peu m’importe. Ainsi la bio logie s’en occupera quelque jour, mais les biologistes ont leur région; nous avons la nôtre. et nous n’avons pas besoin d’ajourner nos recherches pour savoir ce qu’ils feront. Notre science, la physique ou philoso phie naturelle, dans son sens le plus large, est la reine des sciences : nous devons conduire, et non nous laisser guider. Et, je le répète, ayons foi dans l’intel— ligibilité de l’Univers : c’est le grand credo qui a guidé toutes les tentatives intellectuelles et assuré les pro grès scientifiques. Tout d’abord les choses paraissent mystérieuses. Une comète, la foudre, l’aurore, la pluie sont autant de phénomènes mystérieux pour qui les voit la pre— mière fois. Mais vienne le flambeau de la science et leurs relations avec d’autres phénomènes mieux con nus apparaissent; ils cessent d’être des anomalies, et si un certain mystère plane encore sur eux, c’est le mystère qui enveloppe les objets les plus familiers de la vie de chaque jour. _ Conduites au hasard, les opérations d’un chimiste ne seraient qu’un mélange indescriptible d’efferves cences, de précipités, de changements de couleur et de nature; mais, guidées par la théorie qui groupe et coordonne les faits, ces opérations deviennent intelli gibles, et les explosions mêmes qui peuvent se pro duire sont susceptibles d’explications. D‘ailleurs la doctrine de l’intelligibilité ultime de vrait être adoptée aussi dans les autres branches de la
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.