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1SCIENCE ET SPIRITUALISME IOI <b*Æj,o..=fln«- 'f‘ école qui a soulevé déjà tant et de si âpres luttes. Lors de l’apparition de la théorie de Copernic, Galilée, quoique pleinement convaincu de la justesse de cette théorie, s’abstint de l’enseigner pendant quelques années, voulant, avant de soulever la tem pête de controverses que ne pouvait manquer de pro voquer l’abandon du système de Ptolémée, attendre que sa situation universitaire fût mieux assise. La même prudence se retrouve aujourd’hui. Je connais des hommes qui hésitent à témoigner quelque intérêt (je ne veux pas dire à accorder foi, ce serait prématuré, mais à témoigner quelque intérêt) pour les phéno mènes dont il s’agit, avant d’avoir conquis une situa tion incontestée par leurs travaux dans d’autres voies. En matière scientifique, la prudence est nécessaire et le vrai progrès est lent; mais, je ne crains pas de le dire, cette hésitation que j’ai rencontrée chez beau coup, en face de faits non orthodoxes, n’est pas d’ac— cord avec les hautes traditions scientifiques. Nous sommes, je suppose, un peu effrayés de ce que pensent les autres: nous tenons en grand respect les opinions de nos aînés et de nos maîtres, et comme le sujet leur est désagréable, nous restons silencieux. Cette attitude expectante s’allie du reste fort bien avec la défiance que nous ressentons à l’égard de nos propres forces. Nous sentons bien que, au delà de nos connaissances actuelles, s’étend une vaste région en contact avec plusieurs branches déjà connues de la science et qu’un esprit cultivé est à même d’abor der; mais nous savons aussi que, faute d’explorations scientifiques, des imposteurs se sont emparés de ce
2102 L’INITIATION domaine depuis des siècles et que, aujourd’hui, à moins d’une attention excessive, nous risquons, à nous y aventurer, de tomber dans quelque fondrière. Voyons donc ce qu’est ce domaine dont l’explora tion est jugée si dangereuse. Limitrophe à la fois à la physique et à la psychologie, cette région, intermé— diaire entre l’esprit et la matière, est bornée au nord par la psychologie, au sud par la physique, à l’est. par la physiologie, et à l’ouest par la pathologie et la médecine. Un psychologue tente-t-il de s‘y avancer en tâtonnant, il se transforme en métaphysicien. Un physicien qui s’y est aventuré a perdu pied et est devenu l'objet de la répulsion de ses anciens frères. Les biologistes regardent ce territoire d’un mauvais œil et en nient l’existence; quelques médecins prati ciens, après avoir gardé longtemps cette attitude malveillante, commencent à annexerïune partie de la frontière occidentale. Toute la contrée paraît habitée par des sauvages adonnés encore, autant qu’on en peut juger à distance, à de grossières superstitions. Peut-être quelques hardis voyageurs ont-ils traversé le pays à la hâte et en ont-ils relevé le plan grossier, mais leurs récits paraissent peu dignes de foi. Pourquoine pas laisser cela aux métaphysiciens ? Je le déclare, ce territoire ne leur a été que trop long— temps abandonné. Ils ne l’ont exploré qu’avec des moyens insuffisants. Chez les grands philosophes, les connaissances physiques étaient néêessairement limitées. C’étaient des hommes de génie, et leurs écrits, convenablement interprétés, peuvent en dire long; mais ils ne sauraient nous suffire, à nous autres
3SCIENCE ET SPIRITUALISME 1 03 _ .. ,- *W,fifVIl'f‘7fl-fllv* .....-«-,._ physiciens; les méthodes de ces philosophes ne sont pas nos méthodes. Ils sont un peu dans la situation de quelqu’un qui lancerait un ballon au—dessus d’une contrée et jugerait cette contrée d’après les images partielles et fugitives que lui renverrait un miroir attaché au ballon. Peut-être ont-ils vu plus que nous ne pensons, mais ils semblent avoir deviné beaucoup plus encore qu’ils n’ont vu. Notre méthode est toute différente. Nous progres— sons lentement en partant d’une base d’opérations bien établie et en organisant le pays à mesure que nous avançons; nous établissons des forts, nous tra çons des routes et nous explorons le pays de fond en comble. Nos conquêtes sont plus lentes, mais aussi plus sûres. Peut-être, sur ces nouveaux territoires, rencontrerons-nous les psychologues; j’espère qu’ils viendront à notre rencontre, mais ne faut-il pas que quelqu’un commence ? Sur notre frontière, la relation entre la vie et l’é— nergie parait offrir un point d’attaque. La conserva tion de la vie est un lien commun; la relation entre la vie et l’énergie est encore incqmprise. La vie n’est pas de l’énergie : la mort d’un animal n’affecte pas le moins du monde la somme de l’énergie; toutefois, un animal vivant exerce sur l’énergie une action qu’il n’exerce plus mort. La vie est un principe diri geant qui n’a pas encore trouvé sa place dans le domaine de la physique. Si le transfert de l’énergie s’explique par l’accomplissement d’un travail, la direction de l’énergie n’exige aucun travail, elle ne demande que de la force. Qu’est-ce donc que la force P . ..-—vpu=r..anm ..æ:afi
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1SCIENCE ET SPIRITUALISME IOI <b*Æj,o..=fln«- 'f‘ école qui a soulevé déjà tant et de si âpres luttes. Lors de l’apparition de la théorie de Copernic, Galilée, quoique pleinement convaincu de la justesse de cette théorie, s’abstint de l’enseigner pendant quelques années, voulant, avant de soulever la tem pête de controverses que ne pouvait manquer de pro voquer l’abandon du système de Ptolémée, attendre que sa situation universitaire fût mieux assise. La même prudence se retrouve aujourd’hui. Je connais des hommes qui hésitent à témoigner quelque intérêt (je ne veux pas dire à accorder foi, ce serait prématuré, mais à témoigner quelque intérêt) pour les phéno mènes dont il s’agit, avant d’avoir conquis une situa tion incontestée par leurs travaux dans d’autres voies. En matière scientifique, la prudence est nécessaire et le vrai progrès est lent; mais, je ne crains pas de le dire, cette hésitation que j’ai rencontrée chez beau coup, en face de faits non orthodoxes, n’est pas d’ac— cord avec les hautes traditions scientifiques. Nous sommes, je suppose, un peu effrayés de ce que pensent les autres: nous tenons en grand respect les opinions de nos aînés et de nos maîtres, et comme le sujet leur est désagréable, nous restons silencieux. Cette attitude expectante s’allie du reste fort bien avec la défiance que nous ressentons à l’égard de nos propres forces. Nous sentons bien que, au delà de nos connaissances actuelles, s’étend une vaste région en contact avec plusieurs branches déjà connues de la science et qu’un esprit cultivé est à même d’abor der; mais nous savons aussi que, faute d’explorations scientifiques, des imposteurs se sont emparés de ce
2102 L’INITIATION domaine depuis des siècles et que, aujourd’hui, à moins d’une attention excessive, nous risquons, à nous y aventurer, de tomber dans quelque fondrière. Voyons donc ce qu’est ce domaine dont l’explora tion est jugée si dangereuse. Limitrophe à la fois à la physique et à la psychologie, cette région, intermé— diaire entre l’esprit et la matière, est bornée au nord par la psychologie, au sud par la physique, à l’est. par la physiologie, et à l’ouest par la pathologie et la médecine. Un psychologue tente-t-il de s‘y avancer en tâtonnant, il se transforme en métaphysicien. Un physicien qui s’y est aventuré a perdu pied et est devenu l'objet de la répulsion de ses anciens frères. Les biologistes regardent ce territoire d’un mauvais œil et en nient l’existence; quelques médecins prati ciens, après avoir gardé longtemps cette attitude malveillante, commencent à annexerïune partie de la frontière occidentale. Toute la contrée paraît habitée par des sauvages adonnés encore, autant qu’on en peut juger à distance, à de grossières superstitions. Peut-être quelques hardis voyageurs ont-ils traversé le pays à la hâte et en ont-ils relevé le plan grossier, mais leurs récits paraissent peu dignes de foi. Pourquoine pas laisser cela aux métaphysiciens ? Je le déclare, ce territoire ne leur a été que trop long— temps abandonné. Ils ne l’ont exploré qu’avec des moyens insuffisants. Chez les grands philosophes, les connaissances physiques étaient néêessairement limitées. C’étaient des hommes de génie, et leurs écrits, convenablement interprétés, peuvent en dire long; mais ils ne sauraient nous suffire, à nous autres
3SCIENCE ET SPIRITUALISME 1 03 _ .. ,- *W,fifVIl'f‘7fl-fllv* .....-«-,._ physiciens; les méthodes de ces philosophes ne sont pas nos méthodes. Ils sont un peu dans la situation de quelqu’un qui lancerait un ballon au—dessus d’une contrée et jugerait cette contrée d’après les images partielles et fugitives que lui renverrait un miroir attaché au ballon. Peut-être ont-ils vu plus que nous ne pensons, mais ils semblent avoir deviné beaucoup plus encore qu’ils n’ont vu. Notre méthode est toute différente. Nous progres— sons lentement en partant d’une base d’opérations bien établie et en organisant le pays à mesure que nous avançons; nous établissons des forts, nous tra çons des routes et nous explorons le pays de fond en comble. Nos conquêtes sont plus lentes, mais aussi plus sûres. Peut-être, sur ces nouveaux territoires, rencontrerons-nous les psychologues; j’espère qu’ils viendront à notre rencontre, mais ne faut-il pas que quelqu’un commence ? Sur notre frontière, la relation entre la vie et l’é— nergie parait offrir un point d’attaque. La conserva tion de la vie est un lien commun; la relation entre la vie et l’énergie est encore incqmprise. La vie n’est pas de l’énergie : la mort d’un animal n’affecte pas le moins du monde la somme de l’énergie; toutefois, un animal vivant exerce sur l’énergie une action qu’il n’exerce plus mort. La vie est un principe diri geant qui n’a pas encore trouvé sa place dans le domaine de la physique. Si le transfert de l’énergie s’explique par l’accomplissement d’un travail, la direction de l’énergie n’exige aucun travail, elle ne demande que de la force. Qu’est-ce donc que la force P . ..-—vpu=r..anm ..æ:afi
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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