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1104 L’INITIATION et comment les êtres vivants la dépensent-ils? La totalité des choses par lesquelles chacun doit ad mettre que les actions sont guidées ne renferme t-elle pas le futur tout comme le passé, et nos tenta tives de déduction des actes du seul passé ne sont elles pas des tentatives vaines (i) ? De quelle façon la matière peut-elle être déplacée, guidée, dérangée par l’intermédiaire des êtes vivants ? Comment s’exerce la puissance directrice qui règle les événe— ments? Peut-être le temps n’est—il qu’un mode relatif d’en visager les choses; nous progressons à travers des phénomènes à une allure définie, et nous interprétons objectivement l’avancement subjectif des faits, comme si les événements se produisaient successivement, quand, au contraire, ils existent peut-être aussi bien dans le futur que dans le passé. Qui dit que ce n’est pas nous qui arrivons vers eux et non eux qui se pro 'duisent successivement ? Est—ce qu’un voyageur monté dans un train à vitesse invariable et n’en sortant ja mais ne serait pas tout à fait incapable de concevoir la coexistence des paysages dont la succession lui appa raîtrait, au contraire, comme nécessaire? Qui dit que, si nous pouvions une fois arriver à concevoir l’exis— tence actuelle du passé et du futur, nous ne recon naîtrions pas plus aisément que tous deux peuvent avoir une influence sur toute action présente et que leur ensemble constitue le « plan maximum », ce tout que, me semble—t-il, nous sommes poussés à recher (1) J‘ai entendu l'expression en ré i lpar le futur », pour la première fois,_dans une conversation avec .- ‘. F1tzgerald, qui paraissait la considerer comme applicable à tousles événements, sans exception. n w'é Fi"
2SCIENCE ET SPIRITUALISME 105 cher, et qui apparaît comme la fin définie et préconçue de l’action des êtres ? La matière inanimée est régie par le vis a tergo ; elle n’est influencée que par le passé (I). Réalisez certaines conditions et l’effet suivra. Les tentatives faites pour étendre le même principe aux êtres vivants et con scients ont eu peu de succès. Ces êtres semblent tra vailler dans un but déterminé et être régis par quel que chose qui n’est pas encore palpable. Réalisez avec eux certaines conditions, et vous ne pourrez pas pré— dire à coup sûr leur action, car ils ont un sens d’option et de libre arbitre. Leurs actes sont—ils réellement arbi— traires et indéterminés — ce qui est fort peu probable — ou sont—ils régis par le futur, aussi bien que par le passé ? Imaginons qu’il en soit ainsi, ces êtres seraient, si vous voulez, des automates, mais des automates vivants, et présenteraient tous les caractères dela vie. Mais, avec leurs connaissances purement expérimen— tales, nécessairement limitées par la capacité de la mémoire et bornées au passé, ils seront incapables de prédire les actes parce qu’ils ne disposeront pas de l’ensemble de renseignements nécessaires à cet effet. Ne peut—on arriver ainsi graduellement à une concep tion plus claire de la vie? ' Comment la force s’exerce—t—elle, et qu’est-ce, en définitive, que la force ? C’est là une question qui ne peut guère être posée ici d’une façon intelligible, sauf pour ceux‘qui ont abordé et médité ces questions. Mais, j’ose le dire, il y a là quelque chose que n’a pas (I) Naturellement ce n’est pas une affirmation, mais une suggestion. Il eut être erroné d‘établir une telle distmctxon entre la mat1ère an1mee et a matière mammee.
3106 L’INITIATION prévu la physique orthodoxe; oui, je le déclare, la physique moderne n’est pas complète et, dans la voie que j’indique, de grands progrès sont possibles. Mais allons plus loin. Cette dépense de force, dé— terminée par un acte de volonté, par quel mécanisme s’efiectue—t-ellei’ N’existe-t-il pas une lacune dans nos connaissances entre l’idée consciente d’un mouve ment et la libération de l’énergie musculaire néces— saire à .son accomplissement? Et s’il en est ainsi, comment pouvons—nous savoir si un corps ne peut être mis en mouvement par un acte de volonté sans le contact matériel auquel nous sommes habitués ? Je n’ai pas constaté le fait; deux ou trois tentatives que j’ai faites dans ce sens ne m’ont pas donné satisfaction, mais d’autres peuvent avoir été plus heureux. En tout cas, ne convient—il pas d’attendre de nouveaux faits avant de nier la possibilité des phénomènes ? La dé— couverte d’un nouveau mode de communication par une action plus immédiate peut-être à travers l’éther n’est nullement incompatible, il faut le dire, avec le principe de la conservation de l’énergie ni avec aucune de nos connaissances actuelles, et ce n’est pas faire preuve de sagesse que se refuser à examiner des phé— nomènes parce que nOus croyons être sûrs de leur impossibilité. Comme si notre connaissance de l’uni— vers était complète ! Tout le monde sait qu’une pensée éclose dans notre cerveau peut être transmise au cerveau d’une autre personne, moyennant un intermédiaire convenable, par une libération d’énergie sous forme de son, par exemple, ou par l’accomplissement d’un acte méca
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1104 L’INITIATION et comment les êtres vivants la dépensent-ils? La totalité des choses par lesquelles chacun doit ad mettre que les actions sont guidées ne renferme t-elle pas le futur tout comme le passé, et nos tenta tives de déduction des actes du seul passé ne sont elles pas des tentatives vaines (i) ? De quelle façon la matière peut-elle être déplacée, guidée, dérangée par l’intermédiaire des êtes vivants ? Comment s’exerce la puissance directrice qui règle les événe— ments? Peut-être le temps n’est—il qu’un mode relatif d’en visager les choses; nous progressons à travers des phénomènes à une allure définie, et nous interprétons objectivement l’avancement subjectif des faits, comme si les événements se produisaient successivement, quand, au contraire, ils existent peut-être aussi bien dans le futur que dans le passé. Qui dit que ce n’est pas nous qui arrivons vers eux et non eux qui se pro 'duisent successivement ? Est—ce qu’un voyageur monté dans un train à vitesse invariable et n’en sortant ja mais ne serait pas tout à fait incapable de concevoir la coexistence des paysages dont la succession lui appa raîtrait, au contraire, comme nécessaire? Qui dit que, si nous pouvions une fois arriver à concevoir l’exis— tence actuelle du passé et du futur, nous ne recon naîtrions pas plus aisément que tous deux peuvent avoir une influence sur toute action présente et que leur ensemble constitue le « plan maximum », ce tout que, me semble—t-il, nous sommes poussés à recher (1) J‘ai entendu l'expression en ré i lpar le futur », pour la première fois,_dans une conversation avec .- ‘. F1tzgerald, qui paraissait la considerer comme applicable à tousles événements, sans exception. n w'é Fi"
2SCIENCE ET SPIRITUALISME 105 cher, et qui apparaît comme la fin définie et préconçue de l’action des êtres ? La matière inanimée est régie par le vis a tergo ; elle n’est influencée que par le passé (I). Réalisez certaines conditions et l’effet suivra. Les tentatives faites pour étendre le même principe aux êtres vivants et con scients ont eu peu de succès. Ces êtres semblent tra vailler dans un but déterminé et être régis par quel que chose qui n’est pas encore palpable. Réalisez avec eux certaines conditions, et vous ne pourrez pas pré— dire à coup sûr leur action, car ils ont un sens d’option et de libre arbitre. Leurs actes sont—ils réellement arbi— traires et indéterminés — ce qui est fort peu probable — ou sont—ils régis par le futur, aussi bien que par le passé ? Imaginons qu’il en soit ainsi, ces êtres seraient, si vous voulez, des automates, mais des automates vivants, et présenteraient tous les caractères dela vie. Mais, avec leurs connaissances purement expérimen— tales, nécessairement limitées par la capacité de la mémoire et bornées au passé, ils seront incapables de prédire les actes parce qu’ils ne disposeront pas de l’ensemble de renseignements nécessaires à cet effet. Ne peut—on arriver ainsi graduellement à une concep tion plus claire de la vie? ' Comment la force s’exerce—t—elle, et qu’est-ce, en définitive, que la force ? C’est là une question qui ne peut guère être posée ici d’une façon intelligible, sauf pour ceux‘qui ont abordé et médité ces questions. Mais, j’ose le dire, il y a là quelque chose que n’a pas (I) Naturellement ce n’est pas une affirmation, mais une suggestion. Il eut être erroné d‘établir une telle distmctxon entre la mat1ère an1mee et a matière mammee.
3106 L’INITIATION prévu la physique orthodoxe; oui, je le déclare, la physique moderne n’est pas complète et, dans la voie que j’indique, de grands progrès sont possibles. Mais allons plus loin. Cette dépense de force, dé— terminée par un acte de volonté, par quel mécanisme s’efiectue—t-ellei’ N’existe-t-il pas une lacune dans nos connaissances entre l’idée consciente d’un mouve ment et la libération de l’énergie musculaire néces— saire à .son accomplissement? Et s’il en est ainsi, comment pouvons—nous savoir si un corps ne peut être mis en mouvement par un acte de volonté sans le contact matériel auquel nous sommes habitués ? Je n’ai pas constaté le fait; deux ou trois tentatives que j’ai faites dans ce sens ne m’ont pas donné satisfaction, mais d’autres peuvent avoir été plus heureux. En tout cas, ne convient—il pas d’attendre de nouveaux faits avant de nier la possibilité des phénomènes ? La dé— couverte d’un nouveau mode de communication par une action plus immédiate peut-être à travers l’éther n’est nullement incompatible, il faut le dire, avec le principe de la conservation de l’énergie ni avec aucune de nos connaissances actuelles, et ce n’est pas faire preuve de sagesse que se refuser à examiner des phé— nomènes parce que nOus croyons être sûrs de leur impossibilité. Comme si notre connaissance de l’uni— vers était complète ! Tout le monde sait qu’une pensée éclose dans notre cerveau peut être transmise au cerveau d’une autre personne, moyennant un intermédiaire convenable, par une libération d’énergie sous forme de son, par exemple, ou par l’accomplissement d’un acte méca
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