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198 L’INITIATION corporation, àl’égard du paria. Je serais très fâché que les observations que je vais présenter sur ces sujets défendus puissent tirer quelque poids de cette cir constance qu’elles ont été présentées du haut de cette chaire. Je tiens d’autant plus à faire des réserves ex— presses à cet égard, que c’est le seul reproche que je craigne. Pour le reste, je suis prêt à affronter les ré— probations que ne peuvent manquer de soulever ceux qui pénètrent dans une région où les feux de la contro— verse ne sont pas encore éteints et à propos de laquelle l’unité de vues, peu désirable d’ailleurs, est absolu ment impossible. Ce serait une platitude que de dire que nos aspira tions nous portent toujours vers la vérité et que jamais celle—ci ne nous a été voilée. Nos ancêtres ont beau coup lutté et beaucoup souffert pour conquérir le droit de libre examen, et arriver à pouvoir poursuivre leurs recherches libres de toute entrave ; aussi les voyons-nous toujours prêts à examiner en lui-même tout phénomène qui se présente à eux età le suivre dans toutes ses conséquences. Aujourd’hui, cette dis— position d’esprit s’est affaiblie; l’amas des connais— sances déjà acquises, la nécessité de consacrer le la— beur de nombreux travailleurs à la coordination et à l’étude de leurs relations intimes, en sont la cause, Mais ce serait grand dommage si notre attention était tout entière absorbée par ce que nous savons déjà etsi nos yeux perdaient l’habitude de sonder l’au—delà et en venaient à se refuser à percevoir l’existence de régions auxquelles ces mêmes procédés d’investigations, qui se sont montrés si féconds déjà, peuvent être étendus, et r _.__‘
2SCIENCE ET SPIRITUALISME qui nous promettent des résultats inappréciables et peut-être complètement inattendus. Pour moi, ma con viction est faite ; nos,procédés ordinaires d’observation et d’expérience établissent d’une façon nette l’exis tence d’une telle région dans laquelle se produisent ces phénomènes que la science refuse pourtant d’ad mettre et auxquels tout savant bien pensant ferme ses oreilles. Telle est, par exemple, la question de savoir s’il a été établi ou non, par expériences directes, qu’un mode de communication existe entre des esprits en dehors des moyens ordinaires de perception et des organes sensoriels connus; si ce mode existe, com— ment l’expliquer? L’hypothèse de quelque organe sensoriel inconnu parait peu probable; peut—êtrey a-t-il influence directe particulière sur l’éther, peut être le phénomène est—il plus subtil encore. On ne sait rien à cet égard. Pour abréger ce discours, on a baptisé ce phénomène du nom de télépathie ou trans— mission des pensées; mais rien ne dit que des recher— ches ultérieures ne montreront pas que cette dénomi nation est incorrecte. C’est justement ces recherches ultérieures qui sont nécessaires. Cette transmission est—elle une vérité P est—elle une fiction? il n’est pas, je crois, de société scientifique reconnue qui accepte la lecture d’une note sur un semblable sujet (I). Sans doute, certains savants ont étudié ces questions pour leur propre satisfaction; d’autres ne demandent qu’à se rendre à l’évidence, et, lq_(r)lCesg;eâtitlàge aietudant qu'une simple supposition. Je ne sache pas ne es .
3100 L’INITIATION u——-n—n-.. '. “Q“. 1 E-.æn—.. <\ 5-...‘1. 'I.. _ tenant leur esprit ouvert, suspendent leurjugement; mais ce ne sont que des exceptions. La grande majo— rité, je crois être en droit de le dire, est hostile à ces recherches et délibérément opposée à leur discussion. Et cela, non pas après un examen prolongé, ce qui justifierait l’opposition, mais souvent sans examen du tout. Quelques supercheries dans des séances publiques, les artifices d’un charlatan, cela suffit pour décliner tout examen ultérieur. Que des individus tiennent cette ligne de conduite, cela est, en somme, assez naturel, occupés et intéres— sés qu’ils peuvent être par d’autres recherches. Per sonne n’est tenu d’examiner toutes choses; mais il est d’usage, dans la plupart des branches de l’activité humaine, que ceux qui sont restés en dehors des recherches faites dans une spécialité s’en rapportent à ceux qui s’en sont occupés. Quelques—uns, il est vrai, fondent leur refus d’exa men desnouveaux faits sur quelques résultats négatifs obtenus; mais quel monceau de résultats négatifs ne faudrait-il pas pour contrebalancer un seul résultat positif? Au surplus, ce n’est pas des individualités que je veux m’occuper, mais de l'attitude des corps scientifiques. Ces associations d’hommes de science sont les gardiennes des traditions chèrement acquises d’observation libre et sans contrainte des faits de la nature, et leur refus d’accepter l’évidence, laborieu sement acquise et discrètement présentée par des observateurs de compétence incontestée dans d’autres branches, serait un coup terrible porté à leurs préro— gatives et marquerait un retour aux erreurs d’une
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
198 L’INITIATION corporation, àl’égard du paria. Je serais très fâché que les observations que je vais présenter sur ces sujets défendus puissent tirer quelque poids de cette cir constance qu’elles ont été présentées du haut de cette chaire. Je tiens d’autant plus à faire des réserves ex— presses à cet égard, que c’est le seul reproche que je craigne. Pour le reste, je suis prêt à affronter les ré— probations que ne peuvent manquer de soulever ceux qui pénètrent dans une région où les feux de la contro— verse ne sont pas encore éteints et à propos de laquelle l’unité de vues, peu désirable d’ailleurs, est absolu ment impossible. Ce serait une platitude que de dire que nos aspira tions nous portent toujours vers la vérité et que jamais celle—ci ne nous a été voilée. Nos ancêtres ont beau coup lutté et beaucoup souffert pour conquérir le droit de libre examen, et arriver à pouvoir poursuivre leurs recherches libres de toute entrave ; aussi les voyons-nous toujours prêts à examiner en lui-même tout phénomène qui se présente à eux età le suivre dans toutes ses conséquences. Aujourd’hui, cette dis— position d’esprit s’est affaiblie; l’amas des connais— sances déjà acquises, la nécessité de consacrer le la— beur de nombreux travailleurs à la coordination et à l’étude de leurs relations intimes, en sont la cause, Mais ce serait grand dommage si notre attention était tout entière absorbée par ce que nous savons déjà etsi nos yeux perdaient l’habitude de sonder l’au—delà et en venaient à se refuser à percevoir l’existence de régions auxquelles ces mêmes procédés d’investigations, qui se sont montrés si féconds déjà, peuvent être étendus, et r _.__‘
2SCIENCE ET SPIRITUALISME qui nous promettent des résultats inappréciables et peut-être complètement inattendus. Pour moi, ma con viction est faite ; nos,procédés ordinaires d’observation et d’expérience établissent d’une façon nette l’exis tence d’une telle région dans laquelle se produisent ces phénomènes que la science refuse pourtant d’ad mettre et auxquels tout savant bien pensant ferme ses oreilles. Telle est, par exemple, la question de savoir s’il a été établi ou non, par expériences directes, qu’un mode de communication existe entre des esprits en dehors des moyens ordinaires de perception et des organes sensoriels connus; si ce mode existe, com— ment l’expliquer? L’hypothèse de quelque organe sensoriel inconnu parait peu probable; peut—êtrey a-t-il influence directe particulière sur l’éther, peut être le phénomène est—il plus subtil encore. On ne sait rien à cet égard. Pour abréger ce discours, on a baptisé ce phénomène du nom de télépathie ou trans— mission des pensées; mais rien ne dit que des recher— ches ultérieures ne montreront pas que cette dénomi nation est incorrecte. C’est justement ces recherches ultérieures qui sont nécessaires. Cette transmission est—elle une vérité P est—elle une fiction? il n’est pas, je crois, de société scientifique reconnue qui accepte la lecture d’une note sur un semblable sujet (I). Sans doute, certains savants ont étudié ces questions pour leur propre satisfaction; d’autres ne demandent qu’à se rendre à l’évidence, et, lq_(r)lCesg;eâtitlàge aietudant qu'une simple supposition. Je ne sache pas ne es .
3100 L’INITIATION u——-n—n-.. '. “Q“. 1 E-.æn—.. <\ 5-...‘1. 'I.. _ tenant leur esprit ouvert, suspendent leurjugement; mais ce ne sont que des exceptions. La grande majo— rité, je crois être en droit de le dire, est hostile à ces recherches et délibérément opposée à leur discussion. Et cela, non pas après un examen prolongé, ce qui justifierait l’opposition, mais souvent sans examen du tout. Quelques supercheries dans des séances publiques, les artifices d’un charlatan, cela suffit pour décliner tout examen ultérieur. Que des individus tiennent cette ligne de conduite, cela est, en somme, assez naturel, occupés et intéres— sés qu’ils peuvent être par d’autres recherches. Per sonne n’est tenu d’examiner toutes choses; mais il est d’usage, dans la plupart des branches de l’activité humaine, que ceux qui sont restés en dehors des recherches faites dans une spécialité s’en rapportent à ceux qui s’en sont occupés. Quelques—uns, il est vrai, fondent leur refus d’exa men desnouveaux faits sur quelques résultats négatifs obtenus; mais quel monceau de résultats négatifs ne faudrait-il pas pour contrebalancer un seul résultat positif? Au surplus, ce n’est pas des individualités que je veux m’occuper, mais de l'attitude des corps scientifiques. Ces associations d’hommes de science sont les gardiennes des traditions chèrement acquises d’observation libre et sans contrainte des faits de la nature, et leur refus d’accepter l’évidence, laborieu sement acquise et discrètement présentée par des observateurs de compétence incontestée dans d’autres branches, serait un coup terrible porté à leurs préro— gatives et marquerait un retour aux erreurs d’une
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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