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1100 LINITIATION v - ૺT"Y. . Les deux opinions contraires quon sest faites, ou quon persiste a se faire de nous, sont également fausses. Nous ne sommes ni les hommes dune école, ni ceux dune secte. Partis de tous les points de lhorizon social, nous navons pas dautre but, nous ne connais sons pas dautre intérêt que la défense de la société ellemême, parce que nous ne la comprenons pas, nous nadmettons pas quelle puisse subsister sans Dieu, autant dire sans justice, sans bonheur, sans liberté, sans respect delle-même; car Dieu, représen tant léternité et la perfection, est le dernier mot et la suprême garantie de toutes ces choses. Questce que la justice, quest-ce que lhonneur, quest-ce que la liberté, quest-ce que la moralité humaine, sils ne re posent pas sur des lois éternelles, et comment conce voir des lois éternelles sans un éternel législateur P Pour la liberté en particulier, nous avons remarqué quelle court les mêmes risques, quelle Ïsouዿre les mêmes dommages avec lathéisme qui avec le fanatisme aveugle des anciens âges. « Loin dêtre une secte présomptueuse qui prétend se mettre à la place de la tradition, de la foi de tous les âges, des religions qui se sont partagé et se partagent encore le respect du genre humain, nous avons ap pelé toutes ces religions, sans leur demander aucun sacriዾce du côté de leurs dogmes, à sunir entre elles contre leur ennemi commun, cestà-dire contre la théisme. De cette manière, si nous réussissons - et notre succès dépend de vous, il est dans le vœu una nime des générations nouvelles, nous sauverons
2LIDÉE DE DIEU rot ensemble la foi et la tolérance, nous mettrons dac cord la religion et la liberté ; non pas une religion de notre invention, non pas une liberté de fantaisie, identique à lanarchie ou au despotisme, mais la vieille religion et la vieille liberté, qui nexistent pas si elles ne sont conçues comme éternelles. Ainsi donc, comme je le disais il ny a quun ins tant, nous ne sommes ni des révolutionnaires ni des utopistes, mais des hommes de paix et de concilia tion, des hommes pratiques qui appellent à eux tou tes les forces vives de la société pour la sauver de la ruine et de labaissement. Cette déclaration faite -et comment aurions nous pu nous dispenser de la faire ? nous rencon trons devant nous une question capitale. la seule question que je me suis proposé de traiter devant vous, la seule peut-être qui vous ait attirés dans cette enceinte. En vous annonçant que je me propo sais de la traiter, jai voulu dire seulement que jespé rais lui ôter quelques-unes des obscurités, joserai ajouter quelque chose .de leffroi quelle présente ou quon sefforce de lui faire présenter àla masse des intelligences. Cette question, je la place dans la bouche de nos contradicteurs, en employant les termes dont je sup pose quil leur conviendrait de se servir. « Vous dites que vous ne pouvez concevoir la société sans Dieu ; mais Dieu, tel que vous le com prenez, et de quelque manière quon le comprenne, peutil se concevoir avec la science arrivée au degré de maturité où nous la voyons aujourdhui P » _.,_ v .;v '.-h
31 02 LINITIATION .L.-- Je crois bien quon complèterait leur pensée en ajoutant : « Lidée de Dieu est absolument incompa tible avec la science ; il faut choisir entre les deux: par cela seul que vous admettez lune, vous répudiez lautre. » Ce terrible dilemme ne date pas daujourdhui : il est déjà très ancien ; il est contemporain de tous les systèmes de philosophie qui donnaient pour origine à la nature le hasard ou le jeu aveugle des éléments de la matière. Mais, pour ne pas remonter trop haut dans lhistoire de la pensée humaine, jen ferai honneur à Auguste Comte, le père du positivisme. Selon Comte et ses disciples, lhistoire de lesprit humain se partage en trois grandes périodes. Dans la première, lhomme voyait partout la main de la_ Divi mité et ne croyait quen elle : cétait la période théo logique. Dans la seconde,lhomme, subissant la puis sance des idées ou des pures abstractions créées par son intelligence, ne sinquiétait pas de la réalité des choses ; peului importaient les faits: cétait la pé riode métaphysique, comme qui dirait le règne des hypothèses et des chimères. Enዾn, dans la troisième période, lesprit de lhomme sest attaché uniquement aux faits quil connaît par son expérience ou qui frappent ses sens. Ces faits ou ces phénomènes, il sest donné la tâche de les observer, de les analyser, sans sinquiéter de leurs causes ni de leur raison dêtre. Cette dernière période, dans laquelle nous vivons et dont nous ne sortirons pas, cest celle de la science positive ou simplement de la science. Là, il ny a pas de place pour laction, ni même pour lidée de la Di . .. 1...... «vr-rnmr .» . vvrr
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1100 LINITIATION v - ૺT"Y. . Les deux opinions contraires quon sest faites, ou quon persiste a se faire de nous, sont également fausses. Nous ne sommes ni les hommes dune école, ni ceux dune secte. Partis de tous les points de lhorizon social, nous navons pas dautre but, nous ne connais sons pas dautre intérêt que la défense de la société ellemême, parce que nous ne la comprenons pas, nous nadmettons pas quelle puisse subsister sans Dieu, autant dire sans justice, sans bonheur, sans liberté, sans respect delle-même; car Dieu, représen tant léternité et la perfection, est le dernier mot et la suprême garantie de toutes ces choses. Questce que la justice, quest-ce que lhonneur, quest-ce que la liberté, quest-ce que la moralité humaine, sils ne re posent pas sur des lois éternelles, et comment conce voir des lois éternelles sans un éternel législateur P Pour la liberté en particulier, nous avons remarqué quelle court les mêmes risques, quelle Ïsouዿre les mêmes dommages avec lathéisme qui avec le fanatisme aveugle des anciens âges. « Loin dêtre une secte présomptueuse qui prétend se mettre à la place de la tradition, de la foi de tous les âges, des religions qui se sont partagé et se partagent encore le respect du genre humain, nous avons ap pelé toutes ces religions, sans leur demander aucun sacriዾce du côté de leurs dogmes, à sunir entre elles contre leur ennemi commun, cestà-dire contre la théisme. De cette manière, si nous réussissons - et notre succès dépend de vous, il est dans le vœu una nime des générations nouvelles, nous sauverons
2LIDÉE DE DIEU rot ensemble la foi et la tolérance, nous mettrons dac cord la religion et la liberté ; non pas une religion de notre invention, non pas une liberté de fantaisie, identique à lanarchie ou au despotisme, mais la vieille religion et la vieille liberté, qui nexistent pas si elles ne sont conçues comme éternelles. Ainsi donc, comme je le disais il ny a quun ins tant, nous ne sommes ni des révolutionnaires ni des utopistes, mais des hommes de paix et de concilia tion, des hommes pratiques qui appellent à eux tou tes les forces vives de la société pour la sauver de la ruine et de labaissement. Cette déclaration faite -et comment aurions nous pu nous dispenser de la faire ? nous rencon trons devant nous une question capitale. la seule question que je me suis proposé de traiter devant vous, la seule peut-être qui vous ait attirés dans cette enceinte. En vous annonçant que je me propo sais de la traiter, jai voulu dire seulement que jespé rais lui ôter quelques-unes des obscurités, joserai ajouter quelque chose .de leffroi quelle présente ou quon sefforce de lui faire présenter àla masse des intelligences. Cette question, je la place dans la bouche de nos contradicteurs, en employant les termes dont je sup pose quil leur conviendrait de se servir. « Vous dites que vous ne pouvez concevoir la société sans Dieu ; mais Dieu, tel que vous le com prenez, et de quelque manière quon le comprenne, peutil se concevoir avec la science arrivée au degré de maturité où nous la voyons aujourdhui P » _.,_ v .;v '.-h
31 02 LINITIATION .L.-- Je crois bien quon complèterait leur pensée en ajoutant : « Lidée de Dieu est absolument incompa tible avec la science ; il faut choisir entre les deux: par cela seul que vous admettez lune, vous répudiez lautre. » Ce terrible dilemme ne date pas daujourdhui : il est déjà très ancien ; il est contemporain de tous les systèmes de philosophie qui donnaient pour origine à la nature le hasard ou le jeu aveugle des éléments de la matière. Mais, pour ne pas remonter trop haut dans lhistoire de la pensée humaine, jen ferai honneur à Auguste Comte, le père du positivisme. Selon Comte et ses disciples, lhistoire de lesprit humain se partage en trois grandes périodes. Dans la première, lhomme voyait partout la main de la_ Divi mité et ne croyait quen elle : cétait la période théo logique. Dans la seconde,lhomme, subissant la puis sance des idées ou des pures abstractions créées par son intelligence, ne sinquiétait pas de la réalité des choses ; peului importaient les faits: cétait la pé riode métaphysique, comme qui dirait le règne des hypothèses et des chimères. Enዾn, dans la troisième période, lesprit de lhomme sest attaché uniquement aux faits quil connaît par son expérience ou qui frappent ses sens. Ces faits ou ces phénomènes, il sest donné la tâche de les observer, de les analyser, sans sinquiéter de leurs causes ni de leur raison dêtre. Cette dernière période, dans laquelle nous vivons et dont nous ne sortirons pas, cest celle de la science positive ou simplement de la science. Là, il ny a pas de place pour laction, ni même pour lidée de la Di . .. 1...... «vr-rnmr .» . vvrr
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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