Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1.. I. I.0 I .-_'*H 106 L’INITIATXON Tout l’ouvrage de M. Huysmans converge vers la Messe Noire et à chaque page on promet monts et merveilles quand on abordera enfin cette terrible question. Or le chapitre XIX nous présente une scène d’hys— téro-pornographie qu’on peut décorer d’un nom quel conque, mais qui ne répond en rienàce que nous enseignent tous les « vieux bouquins » concernant la Messe Noire. Je ne parle pas des paroles prononcées, ni des variations de la forme générale, je parle du rituel symbolique qui doit être immuable. La Messe Noire, c’est le culte rendu par l’aliénation mentale aux fantômes de l’imagination malade. La Nature fait vivre, le sorcier instruit tue. La Nature fait pousser les germes, le sorcier cherche à les faire regresser. Ce que la Nature fait en positif, le magicien noir le fait toujours en négatif. De là, certaines pratiqucs_tou jours semblables. \ Ainsi il ne saurait y avoir de Messe Noire véritable sans effusion de sang. Il ne saurait non plus y avoir Messe Noire sans qu’une croix renversée ne préside à la cérémonie. Eliphas Lévi, que M. Huymans n’a sans doute pas pris la peine de consulter, décrit plusieurs fois la Messe Noire et son symbolisme dans son Histoire de la Magie (p. 290, p. 3r4). Y a-t-il quelques expériences concernant l’action d’un symbole droit ou renversé c’est-à—dire pris en signe de Magie blanche et en signe de Messe Noire? Nous avons eu l’idée d’essayer l’action du Penta
2LA-BAS I O 7 gramme (étoile à cinq pointes), accompagné de carac tères hébraïques, sur les sujets hypnotiques. Grande fut notre surprise de constater que cette action existait, qu’elle différait du tout au tout suivant que la figure était droite ou renversée; et que cette action existait bien en prenant toutes les précautions pour éviter la suggestion. Notre expérience a été répétée avec plein succès à Paris par M. le comte de Constantin, à Carcas— sonne par M. X..., ingénieur des arts et manufactures, à Bruxelles par M. Vurgey et ses amis du Groupe Kumris, en variant les précautions qui excluaient toute idée de suggestion antérieure. Dans le siècle demier il s’est trouvé un aliéné qui, doué de pouvoirs maléfiques, disait la Messe de Sang et faisait des « apports » ad hoc dans'le calice et sur les hosties. C’était Vintras. Qu’on relise donc le grimoire d’Honorius, Ou les descriptions d’Eliphas Lévi, ou le récit des actes de Vintras; on verra que le symbolisme est toujOurs observé : effusion de sang ou renversement de la croix. Rien de pareil ne se trouve dans le chapitre XIX de Là-Bas. C’est pourtant, si je ne me trompe, le clou du livre. _ Voilà en quelques pages les objections les plus impor tantes qu’on peut adresser à l’ouvrage de M. Huys mans sur le côté purement technique et traditionnel. Passons à l’érudition des personnages. Q 44
3108 L’lNlTIATION L’ÉRUDITXON Nul d'entre les occultistes ne prétend, je pense. posséder intégralement la Science infuse. Aussi acceptai-je très naturellement l’accusation portée contre nous, persuadé que j’allais trouver grâce à M. Huysmans des enseignements inédits, ou des ouvrages de magie inconnus des écrivains modernes en ces matières, dans cet exposé présenté avec tant d’assurance. A cet effet j’analysai chapitre par chapitre les idées émises, je fis aussi patiemment qu’un critique alle mand la liste des livres ou des auteurs cités dans Lei-Bas et voici, à peu près, le résultat de mon en quête: Laissant de côté les documents qui se rapportent à l’histoire générale de Gille. de Rais, tirée de deux vo lumes, je trouve, par ordre de matières, pour les ouvrages de Science occulte : Sur la Sorcellerie, cinq ouvrages principaux : La Mystique de Gorres (chap. 111 ; chap. V : chap. IX);’ L’œuvre de Delrz‘o et celle de Bodin (chap. l X); Plus un manuel d’exorcismes (cité p. 140) de Plan— fin; Les œuvres de Sénz’strari (chap. IX). La Mystique de Gorres forme le fonds de l’érudition spéciale des héros de M. Huysmans. ‘ Sur la Magie, deux ouvrages : '
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1.. I. I.0 I .-_'*H 106 L’INITIATXON Tout l’ouvrage de M. Huysmans converge vers la Messe Noire et à chaque page on promet monts et merveilles quand on abordera enfin cette terrible question. Or le chapitre XIX nous présente une scène d’hys— téro-pornographie qu’on peut décorer d’un nom quel conque, mais qui ne répond en rienàce que nous enseignent tous les « vieux bouquins » concernant la Messe Noire. Je ne parle pas des paroles prononcées, ni des variations de la forme générale, je parle du rituel symbolique qui doit être immuable. La Messe Noire, c’est le culte rendu par l’aliénation mentale aux fantômes de l’imagination malade. La Nature fait vivre, le sorcier instruit tue. La Nature fait pousser les germes, le sorcier cherche à les faire regresser. Ce que la Nature fait en positif, le magicien noir le fait toujours en négatif. De là, certaines pratiqucs_tou jours semblables. \ Ainsi il ne saurait y avoir de Messe Noire véritable sans effusion de sang. Il ne saurait non plus y avoir Messe Noire sans qu’une croix renversée ne préside à la cérémonie. Eliphas Lévi, que M. Huymans n’a sans doute pas pris la peine de consulter, décrit plusieurs fois la Messe Noire et son symbolisme dans son Histoire de la Magie (p. 290, p. 3r4). Y a-t-il quelques expériences concernant l’action d’un symbole droit ou renversé c’est-à—dire pris en signe de Magie blanche et en signe de Messe Noire? Nous avons eu l’idée d’essayer l’action du Penta
2LA-BAS I O 7 gramme (étoile à cinq pointes), accompagné de carac tères hébraïques, sur les sujets hypnotiques. Grande fut notre surprise de constater que cette action existait, qu’elle différait du tout au tout suivant que la figure était droite ou renversée; et que cette action existait bien en prenant toutes les précautions pour éviter la suggestion. Notre expérience a été répétée avec plein succès à Paris par M. le comte de Constantin, à Carcas— sonne par M. X..., ingénieur des arts et manufactures, à Bruxelles par M. Vurgey et ses amis du Groupe Kumris, en variant les précautions qui excluaient toute idée de suggestion antérieure. Dans le siècle demier il s’est trouvé un aliéné qui, doué de pouvoirs maléfiques, disait la Messe de Sang et faisait des « apports » ad hoc dans'le calice et sur les hosties. C’était Vintras. Qu’on relise donc le grimoire d’Honorius, Ou les descriptions d’Eliphas Lévi, ou le récit des actes de Vintras; on verra que le symbolisme est toujOurs observé : effusion de sang ou renversement de la croix. Rien de pareil ne se trouve dans le chapitre XIX de Là-Bas. C’est pourtant, si je ne me trompe, le clou du livre. _ Voilà en quelques pages les objections les plus impor tantes qu’on peut adresser à l’ouvrage de M. Huys mans sur le côté purement technique et traditionnel. Passons à l’érudition des personnages. Q 44
3108 L’lNlTIATION L’ÉRUDITXON Nul d'entre les occultistes ne prétend, je pense. posséder intégralement la Science infuse. Aussi acceptai-je très naturellement l’accusation portée contre nous, persuadé que j’allais trouver grâce à M. Huysmans des enseignements inédits, ou des ouvrages de magie inconnus des écrivains modernes en ces matières, dans cet exposé présenté avec tant d’assurance. A cet effet j’analysai chapitre par chapitre les idées émises, je fis aussi patiemment qu’un critique alle mand la liste des livres ou des auteurs cités dans Lei-Bas et voici, à peu près, le résultat de mon en quête: Laissant de côté les documents qui se rapportent à l’histoire générale de Gille. de Rais, tirée de deux vo lumes, je trouve, par ordre de matières, pour les ouvrages de Science occulte : Sur la Sorcellerie, cinq ouvrages principaux : La Mystique de Gorres (chap. 111 ; chap. V : chap. IX);’ L’œuvre de Delrz‘o et celle de Bodin (chap. l X); Plus un manuel d’exorcismes (cité p. 140) de Plan— fin; Les œuvres de Sénz’strari (chap. IX). La Mystique de Gorres forme le fonds de l’érudition spéciale des héros de M. Huysmans. ‘ Sur la Magie, deux ouvrages : '
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.