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1UN OCCULTISTE INATTENDU 197 qui dit tout. J’aipour ami aussi, aufond d’une pro— vince, un vieux magicien qui en sait plus long que Merlin l’enchanteur ; ,à force de vivre dans les bois, il ressemble à un meneur de loups; mais quand il s'agit d’obliger ceux que j’aime, il vient lui—même à Paris pour examiner les types et fixer les points (I). » Mais, en vérité, il n’y a pas à dire contre, si M. Drumont, vivant voici tantôt deux ou trois siècles, se fût alors avisé d'écrire en un ouvrage un passage semblable, il se fût fort exposé au fagot et eût bien pu, tout comme les sorcières. convaincues de s'être ren— dues au sabbat démoniaque, aller sur le bûcher, vêtu de la simple chemise soufrée, brûler à petit feu, en digne martyr de la science maudite. Notre époque, très sceptique et à la fois très encline à croire au merveilleux, — peut-être parce que la majeure partie des hommes, ne sachant se passer de cro'yances, ne trouvent pas dans les' légendes reli— gieuses une matière suffisante à leurs appétits cré dules, —— est assez tendre pour quiconque a des rap ports plus ou moins avoués avec les puissances mys térieuses. Pourquoi, au reste, de leur vivant, crémerait—on les nécromants P Les pratiques de la sorcellerie de jadis, mais ne sont-elles point, à l’heure présente, devenues celles de la science officielle P « En réalité il n'y a que le costume de modifié. Pre nez les vieux livres de sorcellerie, et vous y verrez la description de toutes les opérations auxquelles se et (x) Edouard Drumont, la Dernière bataille, p. 218.
2I 98 L’INITIATION livrent nos hypnotiseurs en vogue. Le sabbat ne se tient plus dans la lande, il a lieu dans des salles offi cielles; mais on y reproduit toute la mise en scène, ou y retrouve tout le personnel du sabbat : des femmes auxquelles on persuade qu'elles sont changées en chattes et qui miaulent, d’autres auxquelles on suggère d'embrasser leur voisin, des convulsion naires, des frénétiques, des insensibilisées, toutes les passes, toutes les incantations, tous les procédés des magiciens du passé (1). » Le tableau est assez exact, et, comme M. Drumont, on peut croire qu’en pareille matière nous ferons plus d’un pas vers l’autrefois. « Nous en reviendrons tout simplement aux procès de sorcellerie ; on a eu bien tort, vous le constater, de rire des savants vénérables qui ont écrit des in—folio entiers sur les moyens de chasser les mauvais Esprits ; on sera content quelque jour de retrouver ces volumes trop vite oubliés, et l’on sera d’accord POUR TROUVER QU’IL Y AVAIT DE BONNES CHOSES LA-DEDANS (2). » Mais, est-il besoin de le faire remarquer, nous y sommes revenus, et en plein, aux fameux procès de sorcellerie des temps moyenâgeux. Tout au plus manque-t-il la torture ! Quant au reste, tout y est. N’avons-nous pas vu, en effet, il y a quelques mois, un avocat faire acquitter son clientpar le jury, en dépit que le crime eût été constaté, qu’il fût avoué par l’accusé, uniquement sur cette raison que le coupable avait cédé à des suggestions dont il n'était point le maître ! (x! Ed. Drumont, la Dernière bataille, p. Sou. (2)1d.,ibid., p. 512. ' ""\I
3‘ UN OCCULTISTE INATTENDU 199 N’est-ce pas là tout simplement une sorte d’adapta tion au droit criminel de la théorie de l’envoûtement? Pourquoi alors s’étonnerait-on, si un jury, si un tribunal acceptent la possibilité de pareilles actions magiques, qu’un simple écrivain leur accorde sa con fiance? . Au surplus, M. Édouard Drumont ne parle pas à la légère : Experte crede Roberto, peut-il dire; et il a observé de par lui-même des phénomènes! Ainsi, chacun de ses amis, à l’heure fatale des Sé parations terrestres, lui envoie un message extra postal. Voyez, du reste, comme il en parle lui»mêmez « Le soir je revis mon ami. Son visage exprimait une sérénité presque joyeuse; je le quittai vers mi— nuit, et, une heure après, j’entendis trois coups espacés frappés dans ma muraille. Tous ceux qui m’ont aimé, à quelque distance qu’ils soient de moi, mefont ainsi leurs adieux en partantpour le grand voyage : c’est un bruitpartz’culz’er et qui ne ressemble à aucun autre; il a je ne sais quoi de solennel sans être eflrayant et fazt vibrer quelque chose en moi; je ne m’y trompe jamais et je me dis : Je vais apprendre la nouvelle d’une mort demain (1). » M. Édouard Drumont est un spirite, et il a vu voler au plafond des .guéridons sollicités durant quelques minutes par les mains d’un concierge. Aussi croit—il, et croit-il fermement, aux manifesta tions des esprits, comme du reste il croità l’Église. « La vérité est que nous sommes enveloppés de mystères, \\ (1)Ed. Drumont, la Dernière Bataille, p. 264. nwflz“Wvæx- M.__M‘ ,W_,L...«,,_ . . ....-»u\-ur-_ -y- - A __.._.... . _.«. ..--— v—...n. .- n. _.-u .,r. .._JM'<'.. ....=..«v.....-.ur. k. Eavv‘o.u...q . >r. _-,u.- si..1-.. .
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1UN OCCULTISTE INATTENDU 197 qui dit tout. J’aipour ami aussi, aufond d’une pro— vince, un vieux magicien qui en sait plus long que Merlin l’enchanteur ; ,à force de vivre dans les bois, il ressemble à un meneur de loups; mais quand il s'agit d’obliger ceux que j’aime, il vient lui—même à Paris pour examiner les types et fixer les points (I). » Mais, en vérité, il n’y a pas à dire contre, si M. Drumont, vivant voici tantôt deux ou trois siècles, se fût alors avisé d'écrire en un ouvrage un passage semblable, il se fût fort exposé au fagot et eût bien pu, tout comme les sorcières. convaincues de s'être ren— dues au sabbat démoniaque, aller sur le bûcher, vêtu de la simple chemise soufrée, brûler à petit feu, en digne martyr de la science maudite. Notre époque, très sceptique et à la fois très encline à croire au merveilleux, — peut-être parce que la majeure partie des hommes, ne sachant se passer de cro'yances, ne trouvent pas dans les' légendes reli— gieuses une matière suffisante à leurs appétits cré dules, —— est assez tendre pour quiconque a des rap ports plus ou moins avoués avec les puissances mys térieuses. Pourquoi, au reste, de leur vivant, crémerait—on les nécromants P Les pratiques de la sorcellerie de jadis, mais ne sont-elles point, à l’heure présente, devenues celles de la science officielle P « En réalité il n'y a que le costume de modifié. Pre nez les vieux livres de sorcellerie, et vous y verrez la description de toutes les opérations auxquelles se et (x) Edouard Drumont, la Dernière bataille, p. 218.
2I 98 L’INITIATION livrent nos hypnotiseurs en vogue. Le sabbat ne se tient plus dans la lande, il a lieu dans des salles offi cielles; mais on y reproduit toute la mise en scène, ou y retrouve tout le personnel du sabbat : des femmes auxquelles on persuade qu'elles sont changées en chattes et qui miaulent, d’autres auxquelles on suggère d'embrasser leur voisin, des convulsion naires, des frénétiques, des insensibilisées, toutes les passes, toutes les incantations, tous les procédés des magiciens du passé (1). » Le tableau est assez exact, et, comme M. Drumont, on peut croire qu’en pareille matière nous ferons plus d’un pas vers l’autrefois. « Nous en reviendrons tout simplement aux procès de sorcellerie ; on a eu bien tort, vous le constater, de rire des savants vénérables qui ont écrit des in—folio entiers sur les moyens de chasser les mauvais Esprits ; on sera content quelque jour de retrouver ces volumes trop vite oubliés, et l’on sera d’accord POUR TROUVER QU’IL Y AVAIT DE BONNES CHOSES LA-DEDANS (2). » Mais, est-il besoin de le faire remarquer, nous y sommes revenus, et en plein, aux fameux procès de sorcellerie des temps moyenâgeux. Tout au plus manque-t-il la torture ! Quant au reste, tout y est. N’avons-nous pas vu, en effet, il y a quelques mois, un avocat faire acquitter son clientpar le jury, en dépit que le crime eût été constaté, qu’il fût avoué par l’accusé, uniquement sur cette raison que le coupable avait cédé à des suggestions dont il n'était point le maître ! (x! Ed. Drumont, la Dernière bataille, p. Sou. (2)1d.,ibid., p. 512. ' ""\I
3‘ UN OCCULTISTE INATTENDU 199 N’est-ce pas là tout simplement une sorte d’adapta tion au droit criminel de la théorie de l’envoûtement? Pourquoi alors s’étonnerait-on, si un jury, si un tribunal acceptent la possibilité de pareilles actions magiques, qu’un simple écrivain leur accorde sa con fiance? . Au surplus, M. Édouard Drumont ne parle pas à la légère : Experte crede Roberto, peut-il dire; et il a observé de par lui-même des phénomènes! Ainsi, chacun de ses amis, à l’heure fatale des Sé parations terrestres, lui envoie un message extra postal. Voyez, du reste, comme il en parle lui»mêmez « Le soir je revis mon ami. Son visage exprimait une sérénité presque joyeuse; je le quittai vers mi— nuit, et, une heure après, j’entendis trois coups espacés frappés dans ma muraille. Tous ceux qui m’ont aimé, à quelque distance qu’ils soient de moi, mefont ainsi leurs adieux en partantpour le grand voyage : c’est un bruitpartz’culz’er et qui ne ressemble à aucun autre; il a je ne sais quoi de solennel sans être eflrayant et fazt vibrer quelque chose en moi; je ne m’y trompe jamais et je me dis : Je vais apprendre la nouvelle d’une mort demain (1). » M. Édouard Drumont est un spirite, et il a vu voler au plafond des .guéridons sollicités durant quelques minutes par les mains d’un concierge. Aussi croit—il, et croit-il fermement, aux manifesta tions des esprits, comme du reste il croità l’Église. « La vérité est que nous sommes enveloppés de mystères, \\ (1)Ed. Drumont, la Dernière Bataille, p. 264. nwflz“Wvæx- M.__M‘ ,W_,L...«,,_ . . ....-»u\-ur-_ -y- - A __.._.... . _.«. ..--— v—...n. .- n. _.-u .,r. .._JM'<'.. ....=..«v.....-.ur. k. Eavv‘o.u...q . >r. _-,u.- si..1-.. .
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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