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1I 94 L’INITIATION du reste, — il l’a amplement prouvé par la manière dont il s’est jeté dans la mêlée, ne s’occupant pas si ses derrières étaient sauvés, et, en vrai fils des Gaules, marchant droit de l’avant, — homme d’action par dessus tout, en dépit de ses allures régulièrement pa cifiques de l’homme de lettres, il est aussi, et ceci com plète bien son portrait, un convaincu des études maudites. Très sincèrement, encore qu’avec quelques réti— cences, il en fait l’aveu. « J’ai assisté à une expérience de ce genre, comme par hasard, car les confesseurs recommandent d’évi— ter ces sortes de séances (I), » dit—il dans son dernier livre, la Dernière bataille, en parlant d’un fait de lévi— tation survenu au cours d’une séance spirite. Ce comme par hasard apparaît, en vérité, comme une sorte d’acte de contrition. Ne démontre-t-il pas, en effet, que M. Drumont, bon chrétien cependant, et chrétien avant tout, même, bien‘ que les prêtres re— commandent de ne pas s’occuper de ces études qu’ils ne condamnent pas absolument, mais qu’ils sont en revanche fort tentés d’anathématiser, a été vaincu et conquis par leurs attraits puissants? Et, de fait, en d’autres nombreux passages de son livre, M. Drumont se montre occultiste convaincu. Non seulement il est spirite, mais aussi chiroman— cien, graphologue, astrologue peut—être ; il admet la science des anciens sorciers, celle des magiciens, et il croit aux hantises. (I) Ed. Drumont, la Dernière Bataille, p. 516.
2UN OCCULTISTE INATTENDU 195 Une courte excursion à travers la Dernière bataille nous en va fournir la preuve aussi complète que pos sible. C’est d’abord comme chiromancien, et comme Chiromancien singulièrement érudit, — ne cite—t—il pas en note un passage des Physz‘ognomica et chiru— mantica specz‘ala de Rodolphe Goglenius, — qu’à l’occasion du général Boulanger, M. Drumont se dévoile comme un « ADEPTE ». « En regardant la main d’hommes très différents, la main d’Alexandre Dumas, d’Edison, d’Albert de Mun, d’Alphonse Baudet, j’ai retrouvé la ligne de soleil, la ligne des nobles curiosités pour tout ce qui touche à la Nature ou à l’Homme, la ligne de lumière et de gloire qui n’existe pas dans d’autres mains. Cer tains individus, créés pour vivre d’une vie grisâtre, monotone et végétative, n’ont pas de saturnienne, pas de ligne de destinée. Il est facile de contrôler ces obser— vations ; ce quiprouve que l’étude de la main est une science très positive, très expérimentale, reposantsur des données plus exactes que beaucoup d’autres sciences (I). » Un tel langage, en vérité, n’est pas d’un simple ama teur. Est-ce encore un amateur qui eût été obsédé, —-— c’est le terme même qu’emploie M. Drumont, —— par le souvenir d’une honnête maison bourgeoise, — « une maison très convenable, sans être luxueuse, où l’on ne recevait pas de locataires suspects et où il était (1) Bd. Drumont, la Dernière bataille,p. 16°.]
3196 L’INITIATION défendu de faire du bruit (1), » —- et où, durant l’es— pace de quelques années, les faits tragiques de toutes natures se sont hâtivement succédé? Plusieurs cas de folie, trois intanticides, des suicides, des viols, des accidents divers, des jeunes filles mises à mal par des bourgeois sans scrupules qui les jetaient ensuite dehors une fois qu’elles étaient grosses de leurs œuvres, un concierge ignoble dont la seule joie était de « dire des saletés aux petites filles de la maison » et à qui « les pères venaient donner des coups », tel est le bilan passablement sinistre de i’existence d’un im meuble durant quelques années, bilan que n’eût certes pas songé à dresser, avec une semblable idée des influences fatales de l’au-delà, un observateur ordi— naire et non quelque peu initié. Où celui-ci n’aurait vu que des coïncidences curieuses, sans doute, mais enfin sans autre intérêt, M. Drumont a deviné des circonstances cachées et qui inexorablement s’appe santissaient sur toutes ces destinées. Est-ce encore d’un amateur quelconque, ou d’un véritable occultiste, ce langage qu’il rapporte avoir tenu, sur la simple vue d’une lettre et d’un portrait, à une dame amie proche de convoler en de justes noces P « N’épousez pas, lui dis—je; c’est un vénu— sz'aque noir de la plus dangereuse espèce et l’écriture est celle d’un empoisonneur. Si vous ne vous en rap portez pas à moi, je vous ferai faire un horoscope complet. Je connais dans un faubourg de Paris une femme qui est marquée du signe des pythonisses et (l) Ed. Drumont, la Dernière bataille, p. 212.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1I 94 L’INITIATION du reste, — il l’a amplement prouvé par la manière dont il s’est jeté dans la mêlée, ne s’occupant pas si ses derrières étaient sauvés, et, en vrai fils des Gaules, marchant droit de l’avant, — homme d’action par dessus tout, en dépit de ses allures régulièrement pa cifiques de l’homme de lettres, il est aussi, et ceci com plète bien son portrait, un convaincu des études maudites. Très sincèrement, encore qu’avec quelques réti— cences, il en fait l’aveu. « J’ai assisté à une expérience de ce genre, comme par hasard, car les confesseurs recommandent d’évi— ter ces sortes de séances (I), » dit—il dans son dernier livre, la Dernière bataille, en parlant d’un fait de lévi— tation survenu au cours d’une séance spirite. Ce comme par hasard apparaît, en vérité, comme une sorte d’acte de contrition. Ne démontre-t-il pas, en effet, que M. Drumont, bon chrétien cependant, et chrétien avant tout, même, bien‘ que les prêtres re— commandent de ne pas s’occuper de ces études qu’ils ne condamnent pas absolument, mais qu’ils sont en revanche fort tentés d’anathématiser, a été vaincu et conquis par leurs attraits puissants? Et, de fait, en d’autres nombreux passages de son livre, M. Drumont se montre occultiste convaincu. Non seulement il est spirite, mais aussi chiroman— cien, graphologue, astrologue peut—être ; il admet la science des anciens sorciers, celle des magiciens, et il croit aux hantises. (I) Ed. Drumont, la Dernière Bataille, p. 516.
2UN OCCULTISTE INATTENDU 195 Une courte excursion à travers la Dernière bataille nous en va fournir la preuve aussi complète que pos sible. C’est d’abord comme chiromancien, et comme Chiromancien singulièrement érudit, — ne cite—t—il pas en note un passage des Physz‘ognomica et chiru— mantica specz‘ala de Rodolphe Goglenius, — qu’à l’occasion du général Boulanger, M. Drumont se dévoile comme un « ADEPTE ». « En regardant la main d’hommes très différents, la main d’Alexandre Dumas, d’Edison, d’Albert de Mun, d’Alphonse Baudet, j’ai retrouvé la ligne de soleil, la ligne des nobles curiosités pour tout ce qui touche à la Nature ou à l’Homme, la ligne de lumière et de gloire qui n’existe pas dans d’autres mains. Cer tains individus, créés pour vivre d’une vie grisâtre, monotone et végétative, n’ont pas de saturnienne, pas de ligne de destinée. Il est facile de contrôler ces obser— vations ; ce quiprouve que l’étude de la main est une science très positive, très expérimentale, reposantsur des données plus exactes que beaucoup d’autres sciences (I). » Un tel langage, en vérité, n’est pas d’un simple ama teur. Est-ce encore un amateur qui eût été obsédé, —-— c’est le terme même qu’emploie M. Drumont, —— par le souvenir d’une honnête maison bourgeoise, — « une maison très convenable, sans être luxueuse, où l’on ne recevait pas de locataires suspects et où il était (1) Bd. Drumont, la Dernière bataille,p. 16°.]
3196 L’INITIATION défendu de faire du bruit (1), » —- et où, durant l’es— pace de quelques années, les faits tragiques de toutes natures se sont hâtivement succédé? Plusieurs cas de folie, trois intanticides, des suicides, des viols, des accidents divers, des jeunes filles mises à mal par des bourgeois sans scrupules qui les jetaient ensuite dehors une fois qu’elles étaient grosses de leurs œuvres, un concierge ignoble dont la seule joie était de « dire des saletés aux petites filles de la maison » et à qui « les pères venaient donner des coups », tel est le bilan passablement sinistre de i’existence d’un im meuble durant quelques années, bilan que n’eût certes pas songé à dresser, avec une semblable idée des influences fatales de l’au-delà, un observateur ordi— naire et non quelque peu initié. Où celui-ci n’aurait vu que des coïncidences curieuses, sans doute, mais enfin sans autre intérêt, M. Drumont a deviné des circonstances cachées et qui inexorablement s’appe santissaient sur toutes ces destinées. Est-ce encore d’un amateur quelconque, ou d’un véritable occultiste, ce langage qu’il rapporte avoir tenu, sur la simple vue d’une lettre et d’un portrait, à une dame amie proche de convoler en de justes noces P « N’épousez pas, lui dis—je; c’est un vénu— sz'aque noir de la plus dangereuse espèce et l’écriture est celle d’un empoisonneur. Si vous ne vous en rap portez pas à moi, je vous ferai faire un horoscope complet. Je connais dans un faubourg de Paris une femme qui est marquée du signe des pythonisses et (l) Ed. Drumont, la Dernière bataille, p. 212.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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