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1LES GRANDS INITIÉS 1 07 nrv!î . 7 ..,_ wr. présente un Moïse moins mystique, mais aussi mer veilleusement étudié. La description de l’alliance de la Providence et du Prophète dans la Vision du Sinaî‘ est de tous points fort remarquable; Voyez-en la conclusion, véritable révélation des secrets de l’éso— térisme pratique : « Moïse sortit de cette vision comme anéanti. Il crut un instant que son corps avait été consumé par le feu de l’Ether. Mais son esprit était plus fort. Quand il redescendit vers le temple de Jétro, il se trouva prêt pour son œuvre. Son idée vivante mar— chait devant lui comme i’Ange'armé du glaive de feu. » ORPHÉE, contemporain de Moïse, reçoit en Egypte la même initiation que ce dernier. Mais le génie véri table de l’initiateur grec apparaît dans l’adaptation de l’initiation à un peuple plus artiste et plus féminin que le peuple juif. Orphée nous apparaît comme le grand révélateur de l’Amour dans toutes ses conséquences occultes. C’est là la caractéristique véritable de la tra dition occidentale et nous devons hautement féliciter M. Schuré d’avoir développé ce côté si peu connu de l’histoire du héros grec. Il faut cependant dire que cette étude est celle où l’auteur a surtout donné cours à la merveilleuse intuition fpoétique qui nous apparaît dans son livre si beau et si peu connu de Vercz‘ngétorix (1). Comme tous les véritables adeptes, Orphée couronne sa carrière par l’immolation volontaire à la grandeur de la Grèce. Il meurt tué par (1_) Vcrcingétorix. Pièce en 3 actes et en vers par Edouard Schuré. Pans, 1882, in—8°. v .1 _ ,
2108 L’INITIATION \- , les Bacchantes dont il a renversé la funeste initia tion. PYTHAGORE. Le chef véritable de tout le mouvement philosophique et scientifique de l’Occident. On ne peut exclusivement le rattacher ni à l’Orient ni à VOC cident, c’est le lien entre les deux initiations, le cer— veau assez puissant pour traduire la symbolisme et la rêverie orientales dans le langage concis et positif aimé desOccidentaux. Pythagore,ainsi que l’a montré Fabre D’Olivet, nous transmet clairement toutes les doctrines théosophiques, mais avec une méthode et une précision qui feront toujours notre admiration. Initié aux centresles plus divers et les plus élevés, il réalise une synthèse religieuse, scientifique et sociale et meurt en véritable adepte tué en défendant son idée. L’étude sur ce grand philosophe est une des plus belles comme méthode et comme érudition qu’ait réalisées M. Schuré. ' PLATON est présenté d’une manière toute nouvelle et nous ne doutons pas que l'Université ne proteste de la plus drôle de façon en voyant détruire histori quementl’idéal qu’elle s’était fait de grand Platon : un professeur de Sorbonne. Tout, du reste, dans le livre de notre auteur est fait pour exaspérer au summum la sainte et routinière Université..... Consolons—nous toutefois en songeant que dans soixante ans elle commencera peut—être à professer ces doctrines qui l’efiarouchent tant aujourd’hui. Jésus. Il m’est absolument impossible de faire une analyse de la Vie de Jésus de M. Schuré. C’est un tra vail tellement important et si compact, qu’essayer de
3LES GRANDS INITIES 109 le résumer serait un sacrilège. Il faut le lire en entier dans l’original. Disons cependant qu’ici comme par tout, l’auteur a voulu présenter l’homme s’élevant, par ses efforts personnels, à la conscience divine. Cette Vie de Jésus est incontestablement le chef—d’œuvre du livre tout entier. Nous ne doutons. pas qu’elle ne soulève de nombreuses polémiques dans les clans catholiques et franc—maçonniques. Les théories mystiques de la transfiguration, de la résurrection et de la tentation sont réduites à des données scienti fiques tout en conservant leur réalité comme phéno mènes magiques. Ce n’est pas un des côtés les moins curieux du travail de M. Schuré. INFLUENCE SOCIALE, SCIENTIFIQUE ET RELIGIEUSE DES GRANDS INITIES 1“ Influence sociale. —— Nous avons considéra blement développé certaines sciences depuis l’antiquité. Le XIX° siècle ne se lasse pas d’admirer les merveilles positives qu’il a produites; mais il ne tient guère compte de tout ce qu’il a perdu. Les usines géantes dressent partout leurs fumeuses cheminées, les trains rapides parcourent les contrées en sifflant, on peut parler à travers l’Atlantique ; mais des gens meurent de faim à Paris et à Londres. La femme ne peut plus vivre seule en restant honnête, la société toute entière est semblable à un corps richement paré, mais rongé intérieurement d’une affreuse maladie ; la société s’écroule! Car l’une des sciences les plus importantes que nous ayons perdues, c’est celle de l’organisation
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES GRANDS INITIÉS 1 07 nrv!î . 7 ..,_ wr. présente un Moïse moins mystique, mais aussi mer veilleusement étudié. La description de l’alliance de la Providence et du Prophète dans la Vision du Sinaî‘ est de tous points fort remarquable; Voyez-en la conclusion, véritable révélation des secrets de l’éso— térisme pratique : « Moïse sortit de cette vision comme anéanti. Il crut un instant que son corps avait été consumé par le feu de l’Ether. Mais son esprit était plus fort. Quand il redescendit vers le temple de Jétro, il se trouva prêt pour son œuvre. Son idée vivante mar— chait devant lui comme i’Ange'armé du glaive de feu. » ORPHÉE, contemporain de Moïse, reçoit en Egypte la même initiation que ce dernier. Mais le génie véri table de l’initiateur grec apparaît dans l’adaptation de l’initiation à un peuple plus artiste et plus féminin que le peuple juif. Orphée nous apparaît comme le grand révélateur de l’Amour dans toutes ses conséquences occultes. C’est là la caractéristique véritable de la tra dition occidentale et nous devons hautement féliciter M. Schuré d’avoir développé ce côté si peu connu de l’histoire du héros grec. Il faut cependant dire que cette étude est celle où l’auteur a surtout donné cours à la merveilleuse intuition fpoétique qui nous apparaît dans son livre si beau et si peu connu de Vercz‘ngétorix (1). Comme tous les véritables adeptes, Orphée couronne sa carrière par l’immolation volontaire à la grandeur de la Grèce. Il meurt tué par (1_) Vcrcingétorix. Pièce en 3 actes et en vers par Edouard Schuré. Pans, 1882, in—8°. v .1 _ ,
2108 L’INITIATION \- , les Bacchantes dont il a renversé la funeste initia tion. PYTHAGORE. Le chef véritable de tout le mouvement philosophique et scientifique de l’Occident. On ne peut exclusivement le rattacher ni à l’Orient ni à VOC cident, c’est le lien entre les deux initiations, le cer— veau assez puissant pour traduire la symbolisme et la rêverie orientales dans le langage concis et positif aimé desOccidentaux. Pythagore,ainsi que l’a montré Fabre D’Olivet, nous transmet clairement toutes les doctrines théosophiques, mais avec une méthode et une précision qui feront toujours notre admiration. Initié aux centresles plus divers et les plus élevés, il réalise une synthèse religieuse, scientifique et sociale et meurt en véritable adepte tué en défendant son idée. L’étude sur ce grand philosophe est une des plus belles comme méthode et comme érudition qu’ait réalisées M. Schuré. ' PLATON est présenté d’une manière toute nouvelle et nous ne doutons pas que l'Université ne proteste de la plus drôle de façon en voyant détruire histori quementl’idéal qu’elle s’était fait de grand Platon : un professeur de Sorbonne. Tout, du reste, dans le livre de notre auteur est fait pour exaspérer au summum la sainte et routinière Université..... Consolons—nous toutefois en songeant que dans soixante ans elle commencera peut—être à professer ces doctrines qui l’efiarouchent tant aujourd’hui. Jésus. Il m’est absolument impossible de faire une analyse de la Vie de Jésus de M. Schuré. C’est un tra vail tellement important et si compact, qu’essayer de
3LES GRANDS INITIES 109 le résumer serait un sacrilège. Il faut le lire en entier dans l’original. Disons cependant qu’ici comme par tout, l’auteur a voulu présenter l’homme s’élevant, par ses efforts personnels, à la conscience divine. Cette Vie de Jésus est incontestablement le chef—d’œuvre du livre tout entier. Nous ne doutons. pas qu’elle ne soulève de nombreuses polémiques dans les clans catholiques et franc—maçonniques. Les théories mystiques de la transfiguration, de la résurrection et de la tentation sont réduites à des données scienti fiques tout en conservant leur réalité comme phéno mènes magiques. Ce n’est pas un des côtés les moins curieux du travail de M. Schuré. INFLUENCE SOCIALE, SCIENTIFIQUE ET RELIGIEUSE DES GRANDS INITIES 1“ Influence sociale. —— Nous avons considéra blement développé certaines sciences depuis l’antiquité. Le XIX° siècle ne se lasse pas d’admirer les merveilles positives qu’il a produites; mais il ne tient guère compte de tout ce qu’il a perdu. Les usines géantes dressent partout leurs fumeuses cheminées, les trains rapides parcourent les contrées en sifflant, on peut parler à travers l’Atlantique ; mais des gens meurent de faim à Paris et à Londres. La femme ne peut plus vivre seule en restant honnête, la société toute entière est semblable à un corps richement paré, mais rongé intérieurement d’une affreuse maladie ; la société s’écroule! Car l’une des sciences les plus importantes que nous ayons perdues, c’est celle de l’organisation
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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